RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]

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Satine


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MessageSujet: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Sam 30 Mai - 14:06

Au fond du gouffre






=> Île de Circée


Elle faiblissait, cette drôle d'étoile dans un ciel obscurcit par la nuit. Des heures durant, son odyssée s'était étiré pour s'étioler, ne devenir que souffrance. Mais au delà de celle-ci, des douleurs physiques, des muscles qui se déchiraient, hurlaient leur protestation, dans sa tête, tout n'était que chaos et désespoir. Si la folie guettait son esprit, que la Sirène Maléfique se sentait seule, sa présence la faisait avancer. Qu'importe que la fatigue pesait sur elle comme une enclume, Mary Red était déterminée à voler, à fuir, à s'exiler. Ô elle aurait dû le faire depuis fort longtemps, mais sa combativité et le soutien de ceux qu'elle aimait ne lui avait jamais fait défaut. Jusqu'à ce jour. On lui avait tourné le dos, on lui avait tout prit, elle avait tout gâché. Elle allait disparaître. Se terrer dans un trou pour ne plus jamais voir le jour.

Elle comptait bien dépérir quelque part, qu'on lui autorise ou non cette délivrance, la Sirène s'en moquait bien. N'était-elle pas la maîtresse de son destin ?

Soudain, l'étoile se décrocha de sa trame ténébreuse et elle fila, fila encore et toujours, d'une manière inexorable pour s'écraser dans un tertre inconnu. Rude fut la chute, elle avait creusé un large sillon dans la terre, elle s'en était brisé les ailes, meurtrie la chair, mais, hélas, Mary était toujours en vie. Face à ce fait et fourbue de douleur, elle sombra dans l'inconscience, au beau milieu d'une forêt où elle avait fait fuir tous les animaux. Des oiseaux s'en étaient allés avec force de cris effrayés pour revenir en groupe, en une drôle de procession, couvant de leurs petits yeux brillants, cette silhouette fumante et inanimée.

« Mais ? Qu'avons nous-là ? » s'étonnait une forme penchée vers la jeune femme, une main soutenant son menton tandis que l'autre restait agrippée à un grand bâton garnit de gris-gris, de crocs et d'animaux morts. « Mae fy merch , yn awr yr ydych yn esquintée dda gan Llyr ! » (Ma fille ! Te voilà bien esquintée, par Llyr ! )

La fille de Jack O'Bannon ne répondit pas, ses yeux étaient pourtant grands ouverts, immobiles et secs paraissant vidés de toutes émotions. Qu'un coup de bâton s'essaya de susciter. Sans grand succès de prime abord, jusqu'à ce que, à force de détermination, une main ne vienne briser le bâton d'une simple pression. L'aura éclatante de la jeune femme aurait eu de quoi effrayer le premier quidam venu. Pas elle, pas la petite vieille qui continuait de la regarder en souriant, d'un sourire édenté mais tranquille. En ravivant l'esprit de Satine, attisant les braises du désespoir, elle avait fait renaître un feu destructeur et violent que les arbres alentours durent essuyer. Sa rage fini par s'éteindre.

« Tu ne laisses dans ton sillage que cendre et sang pas vrai gamine ? » L'intéressée qui avait la lèvre éclatée et bleuies cracha aux pieds de la vieille pie. « Et malpolie en plus. »

« T'es qui au juste la vieille, fous moi la paix. Ou sinon … »

L'aura de l'ancienne se modifia légèrement, des fumerolles bleutées s'échappèrent des pores de sa peau pour danser dans l'air. Des signes qu'elles ne reconnaissaient pas se dessinèrent sur ses joues creuses et ridées, laissant deviner un pouvoir colossal et ancestral dans un même temps. Cela n'empêcha pas la pirate de continuer à se montrer menaçante.

« Ou sinon quoi jeune fille ? Tu vas me tuer, me mentir, me trahir, tout gâcher ? »

Ces paroles la figèrent sur place, la laissant muette de stupéfaction. « Mais comment ? »

Son interlocutrice avança, faisant froisser sa cape de moire dans l'herbe clairsemée. Arrivée à sa hauteur, elle la considéra un bref instant, ne perdant pas de son sourire puis, sans douceur, plaqua son pouce contre son front. Une marque rouge et parfaitement ronde fut apposée sur elle, virant au bleu roi et palpitant d'une énergie la privant de sa rage, son moteur dans ses combats. Puis, la tirant vers elle car Satine était trop grande pour ses mains expertes et son dos fatigué, la sorcière bleue marmonna quelque chose dans un dialecte très ancien tout en finissant d'étudier sa pupille devenues aussi rouge que le sang.

« Tu es tombée bien bas, fille des Eaux. Te voilà au fond du gouffre. Je suppose qu'à présent tu ne peux que remonter, ou pas. Maintenant, dors. »

La main de la magicienne frappa encore le même point et Mary s'effondra parmi les cendres, emportant avec elle les images tempétueuses de ses derniers écueils.

Comme le noir était beau.





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Satine


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Sam 30 Mai - 16:23

Dormir et mourir







Ce fut pour elle un long, très long repos réparateur, un sommeil sans rêves. Plongée dans un état second, Mary Red s'éveillait parfois légèrement pour voir des ombres se mouvoir autour d'elle. Mais c'était pour mieux glisser dans l'inconscience et côtoyer le noir.

Elle ouvrit un œil puis le second avant de les plisser, agacée par la lumière du jour qui filtrait au travers des rideaux miteux. Le chant des oiseaux montaient crescendo à ses oreilles, d'une façon si désagréable qu'elle colla son oreiller contre sa figure. L'accalmie fut de courte durée qu'une main la débarrassa de son bouclier improvisé. Satine grommela avant de tourner le dos à la vieille bique qui avait eut la culot de la tirer de son sommeil ! Pourquoi la faisait-elle chier celle-là ? Mais au fait, où était-elle ? Tout en se frottant les yeux, elle considéra la pièce dans laquelle elles se trouvaient d'un œil morne. Un « c'est laid » sorti de sa bouche et la vieille lui octroya une petite tape sur le nez de son bâton rafistolé et ce, pour toute réponse. La pirate rouspéta et au lieu de se relever, chercha à trouver refuge sous ses draps. La vieille femme ne lui laissa pas ce plaisir et continua à la harceler jusqu'à ce que notre Sirène soit debout sur ses deux pieds.

« T'as une mine affreuse ma fille. » Mary bailla. « T'as pas vu ta gueule la morue. »

L'intéressée esquissa un sourire qui en disait long : elle était amusée par la situation, troublée dans un même temps que la Marina ne lui pose aucunes questions. Était-ce par total désintérêt ou parce que c'était autre chose que lui dictait son sang ? La sorcière bleue la vit l'observer intensément. Oh il était vrai que la vieille bique qu'elle était n'était plus de la dernière fraîcheur ! On pourrait facilement lui donner la centaine d'année, bien qu'elle tienne encore bien debout, vaillamment, le dos pas trop déformé par la main du temps. Son visage était clairsemé de rides profondes, des rides de tristesse et de joie. Les affres du temps qui galope. Elle était loin son enfance. Elle conservait quand même une épaisse crinière argentée, des yeux brillants et vifs d'intelligence, d'un vert aussi pur que l'émeraude.

« Bon enlève moi ta Scale gamine, ça fait trois jours d'affilés que tu ronfles avec ça sur le dos, et c'est toi qui pue la morue. »

Piquée au vif, la demoiselle obtempéra quand même. Trois jours ? Le regard perdu dans le vague, elle songeait à bien trop de choses pour qu'elle entende la harpie lui crier … elle ne savait trop quoi. Comme on chasse une mouche trop volubile, elle esquissa un geste d'impatience. Or on l'entraîna avec plus de force qu'elle ne l'aurait suspecté chez la vieille peau, vers une … sorte de baignoire en bois remplie à ras bord d'eau. Quand elle poussa Mary sans ménagement dedans, elle, gronda.

« BORDEL mais elle est gelée ! T'aurais pu me laisser le temps de me désaper, non ? »

Seulement la druidesse s'en était allée ailleurs, la laissant seule dans son bain. Si d'ordinaire elle appréciait en prendre, là, elle n'en éprouvait pas du tout l'envie. Un grand vide se saisissait d'elle et, après un temps où elle resta debout au milieu, les bras ballants, Mary O'Bannon entreprit de se dévêtir.

« Mais qu'est-ce que tu essayes de faire gamine ?! »

Les yeux de jades de Mary rencontrèrent ceux courroucés de la vieille qui l'avait choppé par les mandibules. Obligée de reprendre de l'air, le point sur son front la faisait souffrir le martyr. La jeune femme chercha à se gratter la peau jusqu'à se l'arracher, pourvu que le feu qu'elle ressentait cesse. La poigne de la sorcière s'accentua, la douleur s'évapora instantanément.

« Poses tes fesses ici et arrêtes tes conneries, veux-tu ? Essayer de te noyer ... n'importe quoi ... » Elle avait réussi à la mettre de mauvaise humeur, un bon point pour elle. Moins quand la bonne femme se prit à l’ausculter longuement, encore là sans faire preuve de douceur. Elle l'arrêta quand son investigation se fit plus poussée. Encore pire quand elle tenta de lui faire entendre qu'elle voulait de son sang. « Je crains pas ton poison, encore moins tes pouvoirs ridicules ma fille. Ah les O'Bannon. C'est plus ce que c'était. »

Les sourcils de Mary se froncèrent à l'entente de son nom de famille. Mais là encore, la vieille n'obtient aucunes questions de sa part. Cela semblait la contrariée. La vieille souffla, exaspérée.

« T'en es pas à ton premier, hein ? » finit-elle par dire après un moment de silence où Mary en avait profité pour se rallonger, se rouler en boule, les yeux grands ouverts. « Mon premier quoi ? »

« Ton premier enfant. »

Mary lâcha un petit rire sans joie. Sa tête roula vers la dame assise sur une chaise non loin d'elle, laissant sa chevelure encore blanche, se froisser. Ses enfants, les deux premiers l'avaient renié, par sa faute, les deux autres, arrachées.

« Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » L’œil de la sorcière bleue se para d'un drôle d'éclat. « Parce que t'en attends un autre. »

Un lourd silence pesant flotta, à peine perturbé par les bruits d'au dehors. Puis, calmement, la Sirène Maléfique se redressa, nue, magnifique éclairée par cette lumière dorée, pour éclater de rire. Pour la première fois depuis des lustres, la vieille eut un frisson dans le dos.

Elle ne l'arrêta pas quand elle s'en alla en claquant la porte derrière elle. En regardant au dehors, elle vit que la pluie menaçait.

La sorcière se leva à son tour pour aller préparer un peu de thé.





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Satine


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Sam 30 Mai - 23:39

Nimuë







Sous une pluie battante, Mary Red fuyait, elle courrait à en perdre haleine. À quoi voulait-elle échapper ? Cela importait peu pour le moment, pourvu qu'elle puisse lui échapper. Échapper à quoi songeait-elle en passant sous les bras feuillus des arbres, avalant sa silhouette immaculée. En continuant sa course et ayant pour seule mise sa peau à nue, la voilà qu'elle s'écorchait les bras, les jambes et le buste laissant de larges entailles qui se résorberaient très vite grâce à son sang. Tout en même temps, la belle pleurait tout son saoul, toutes les larmes jusque là contenues se déversaient continuellement sur ses joues. L'un de ses pieds se prit dans une grosse racine noueuse et la pirate chuta, ou se laissa chuter car elle ne fit rien pour se rattraper. En se recroquevillant, luisante, ruisselante à cause de l'eau qui tombait sur elle – comme les malheurs – Mary Red songea qu'elle avait tout gâché. Et que tout avait été de sa faute. Celsius avait eut raison de lui enlever ses filles ! Elle était un danger.

Non, c'était faux, personne n'a le droit de déposséder une mère de ses enfants.

Une sourde colère enflamma ses sens, la faisant se relever vivement et attaquer les troncs d'arbres avec ses mains. Elle tentait de faire exploser son cosmos mais n'y parvenait pas, à sa grande surprise. Cette brûlure au front qu'elle avait ressenti tout à l'heure se manifesta de nouveau. Satine voulu hurler, mais aucun son n'échappèrent à la barrière de ses lèvres. Tremblante comme une feuille, elle s'attaqua quand même à mains nues, à des présences invisibles, des ennemis tapis dans l'ombre.

Celsius paierait pour ça. Bien qu'il clamait haut et fort vouloir la protéger contre elle-même, elle, savait que ce n'était qu'une punition pour dissimuler autre chose. Sa haine envers le Juge de la Wyvern. Ses mots avaient été plus acérés que des lames, son geste, impardonnable, l'était tout autant que la gifle dont elle fut gratifiée par celui qui disait l'aimer plus que de raison. Lui aussi n'avait rien comprit. Ils ne la connaissaient pas. Ils avaient tous les deux choisit de se détourner d'elle, l'un en choisissant les Spectres, l'autre en s'enfuyant comme un lâche au lieu de l'affronter. Ses poings se crispèrent. Elle aussi, elle pouvait parler ! Satine se sentait démunie, égoïste, traîtresse.

Elle avait tout gâché.

L'eau ne cesserait-elle donc jamais de chuter du ciel ? Quel était cet endroit, pourquoi ce déluge ne cessait pas ? Pourquoi souffrait-elle à ce point ? Les genoux ramenés contre sa poitrine la Sirène finit par s'endormir, épuisée.

« Allez viens gamine, on rentre. »

La vieille bonne femme était encore là, à la regarder, à sentir cette immense tristesse affluer dans ce cœur meurtri.

« Rien n'est irrattrapable pour un cœur aimant, et le tien, Satine, en déborde. C'est ça qui t'as mené à ta perte. »

La pirate sanguinaire leva un regard interrogateur vers la bonne femme un peu sorcière. À moins qu'elle ne le soit véritablement... en se redressant, la fille de Jack s'appuya sur elle, sur cette épaule étrangement solide. Ne formulant aucunes paroles, toutes deux regagnèrent cette petite chaumière perdue dans le brouillard et la verdure. Isolée du reste du monde.

« Tiens enfile ça, ce sera un peu grand mais au moins tu n'attraperas pas la mort. »

Elle voulut répondre, mais la Sirène ne le pouvait plus. « T'es muette ma fille, la marque ancienne de Nimuë te prives de la parole pour un temps. Nimuë c'est moi, mais c'est aussi la maîtresse de cette île. » expliqua la druidesse en lui tendant une tasse fumante d'un thé très parfumé. « Puisque tu ne poses aucunes questions, et c'est mieux ainsi, c'est moi qui te donnerais les réponses, au fur et à mesure. L'enfant que tu portes – continua t-elle après une pause – il va mourir avant d'arriver à terme, tu le sais ? »

Face à sa mine sombre, la vieille Nimuë sut qu'elle s'en était douté, sans vraiment s'interroger plus avant. La nature de ce poison qui coulait dans ses veines tuait tout, ça avait certains avantages mais aussi quelques inconvénients. Fort heureusement pour elle, la Sirène, sans doute inconsciemment, avait érigé une bulle de cosmos autour de ce petit être grandissant en son sein.

« Tu as l'instinct d'une louve, et le don pour t'attirer les emmerdes. Faut croire que c'est de famille, même si Callista s'en sort bien mieux que toi … comme si tu détournais le mauvais œil. Ah, ah ce serait pas étonnant. T'es la plus féroce des deux, mais aussi la plus con. »

Satine O'Bannon ne réagissait toujours pas, son regard glissait vers le sol, sa main, vers son ventre.

« Le Dieu Oneiros à raison, un jour tu seras aussi libre qu'un oiseau. C'est auprès de moi que tu apprendras à l'être. Parce que je suis toi, d'une certaine manière. Mais bon sang, on a du travail. Mais avant ça termine ton thé, et endors-toi, tu diras au Dieu Oracle que je le salut bien. »

Cette nuit là, Mary Red fit un rêve étrange où elle se vit mourir.





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Dim 31 Mai - 20:48

Des songes étranges







Mary Red combattait des démons aux faces hideuses qui sortaient des ombres les uns après les autres pour se jeter sur elle et tenter de la déchiqueter entre leurs crocs. Elle évoluait dans la noirceur la plus épaisse ce qui n'arrangeait en rien, la visibilité sur ses assaillants. Il lui semblait voir de temps à autre, les pourtours d'un pont d'un navire, son mât, l'équipage du Black Pearl. Et Barbossa fauché par une ombre dotée d'une grande faux. Que se passait-il donc ? La clameur d'un orage dans le lointain se fit entendre, des gargouillis immonde d'une gorge que l'on tranche aussi. Recouverte d'un sang puant et poisseux la Sirène Maléfique fut tout à coup éblouie par l'éclat lumineux d'un éclair zébrant le cieux de pourpre et d'or. La faucheuse que la pirate avait vu danser tout à l'heure en avait profité pour se glisser dans son dos. Surprise de sentir des doigts noueux s'enrouler autour de sa gorge, Satine sentait sa vie peu à peu lui filer entre les doigts.

Et en contemplant le visage de la Mort, elle reconnut celui d'Arbhaal. Ce regard haineux fut la dernière chose qu'elle garda de ce cauchemar.

Elle aurait dû hurler et perturber ainsi la nuit si elle n'était pas devenue muette. Le front en sueur, il fallut du temps à la belle pour récupérer son calme, tâcher de contrôler les battements erratiques de son cœur. Il faisait encore très noir au dehors, et, prenant soin de marcher sur la pointe des pieds, Mary se faufila pour sortir de la maisonnée. À la faveur des ombres qu'offraient la nuit, la jeune pirate trouva un chemin qui la mena au bord de l'eau. Le chant des vagues parvint à l'apaiser quelque peu.

Si Arbhaal était effectivement sa Mort, elle ne comprendrait jamais pourquoi il n'avait pas voulut lui offrir cet ultime présent. Pourquoi ? Il aurait ainsi pu la garder éternellement à ses côtés ! N'y aspirait-il donc pas ? Et à présent, où était-il ? Ne serait-il pas étonné de pas la voir mener la marche sur le Sanctuaire d'Athéna ? À tous les coups, il n'avait écouté que son orgueil soi-disant trahi et révélé sa trahison. Quant au Seigneur des Ronces … il était fort probable qu'il se soit terré lui aussi quelque part, ruminant de sombres pensées. Avaient-ils d'odieux projets pour elle ? Ô ils en avaient fait bien assez, non ?

Les pieds nus de Mary s'enfonçaient dans un sable aussi blanc que neige, encore légèrement humide par cette pluie qui avait enfin cessé. Pendant quelques heures, Satine se prit à lancer des cailloux pour perturber la surface lisse de la Mer. Où était-elle tombée ? Et pourquoi avait-elle perdu la parole et son cosmos dans un même temps ? Cette vieille folle lui avait dit que c'était là la volonté de Nimuë. Étrangement, ce nom lui disait quelque chose, comme un ancien chant apprit par sa mère. Elle aimerait bien qu'Ann soit là auprès d'elle. Elle avait besoin de quelqu'un, d'une épaule sur laquelle elle pourrait pleurer.

Sans s'en rendre compte l'eau commençait à lécher ses orteils, les bras de l'astre du jour se lever pour embraser la ligne d'horizon. Alors la Sirène se redressa et en se retournant, elle tomba nez à nez avec sa mère. Ou plutôt une réminiscence d'elle. La mère et la fille échangèrent une longue étreinte durant laquelle Élisabeth lui fredonna cette chanson qu'elle lui avait apprit. « Elle chassait les paroles mielleuses des hommes » avait-elle dit cette fois-là. Tout à fait apaisée, la jeune femme se recula, mais sa mère, elle, l'arrêta d'un geste pour poser sa main libre sur sa joue gauche. À ce contact Mary senti sa peau brûler, comme la dernière fois.

De nouvelles marques, comme des griffures, deux au total, s'étiraient du milieu de sa pommette jusqu'au dessus de son oreille. Elle regarda sa mère sans comprendre, stupéfaite. À ses côtés apparaissaient l'ombre de quatre silhouettes. Mary eut un mouvement de recul en reconnaissant ses enfants. Ses jumelles, nichées dans le creux des bras de sa … non, ce n'était pas sa mère. Mais elle-même.

Cette chevelure immaculée, ce regard serein l'avait trompé tant elle ne lui ressemblait guère en cette heure. Serait-il possible qu'elle commençait à s'éveiller à un autre monde en ayant libérer sa mère du joug de Barbe-Noir ? Et Ann ?

Elle comprit alors qu'elles avaient toujours été les Filles d'Amphitrite, la Magicienne. Leur Gardienne, leur mère.

« Tu commences à entrevoir le canevas de ton Destin, c'est bien ma fille, te voilà éveillée, je ferais de toi une initiée de l'ancien savoir atlante. Une très vieille magie que ta mère, par le chant des Eaux, a commencé à t'enseigner. »

La vieille sorcière, d'un coup de bâton, effaça les présences fantomatiques, faisant cliqueter les gris-gris en un tintement étrangement mélodieux.

« Mais avant cela je vais t'offrir le plus précieux des cadeaux, celui que tu convoites depuis fort longtemps. Ta Mort. »

Le bras de la druidesse, d'un coup, se leva vers Satine.





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Mer 3 Juin - 20:35

L'Onde







Le Temple d'Amphitrite et de son époux était calme, d'une douce quiétude qu'un adolescent goûtait avec un certain ravissement, bien que retenu. Son visage était fermé et austère, froid, de ceux qui étaient touchés par la contrariété. Cela faisait trois jours. Trois jours qu'il portait la culpabilité d'actes et de paroles qu'il regrettait désormais de toute son âme. Mais sa colère avait été une amie plus que fidèle le nourrissant de fiel et d'une haine dirigée contre une mère toujours absente. Cette compagne précieuse s'était avérée être une ennemie redoutable. Chaque fois qu'il refermait ses yeux pour prier, pour dormir ou pour tout simplement rêvasser, Lune revoyait le visage de sa mère se décomposer. Quelle grande tristesse avait-elle dû ressentir. Seulement, bien qu'il n'aurait pas dû s'y prendre ainsi, laisser éclater sa hargne de la sorte, il savait qu'il avait eut raison de se rebeller, de lui dire ce qu'il pensait.

Des bruits de pas derrière lui l'arrachèrent à ses pérégrinations silencieuses : quelqu'un approchait et il devinait à la cadence de cette démarche, que sa sœur arrivait avec un plateau plein de victuailles qu'il ne toucherait pas.

Callista arriva à pas de loup pour le surprendre et l'obliger ainsi à refermer ses mâchoires sur un morceau de pain. Manquant de s'étouffer, il allait chasser sa sœur quand un mouvement dans l'air le fit s'immobiliser. D'une main impérieuse, le garçon arrêta Callista, lui ordonnant dans le plus grand silence, de l'imiter. Les flammes des chandelles vacillèrent, un son de clochettes s'éleva alors que des murmures l'accompagnait. Les adolescents le pressentait : le voile entre les Mondes se déchirait.

« C'est maman ! » hurla la sœur de Lune en voulant s'élancer vers cette présence fantomatique qui se manifestait. « MAMAN ! »

Ils virent Mary Red être frappée d'un trait de lumière qui la transperça en plein cœur. Les leurs palpitaient à l'unisson avant qu'un lien ne se brise. Le corps de leur mère toucha le sol sans bruit, terriblement silencieux dans sa chute. Des larmes de sang s'écoulaient sur ce visage livide marqué de signes inquiétants, palpitant d'une magie inconnue. Le fils d'Astre n'avait jamais rien appréhendé de pareil, pourtant très au fait dans ce domaine. Peu à peu la vision s'estompa. Avaient-ils rêvé ?

La peur s'installait dans leurs tripes. Ils cherchèrent alors à prévenir qui de droit.

***


« Te voilà bénie par la main d'Amphitrite mon enfant. Comme ton père, te voici immortelle … d'une certaine façon. L'Onde te possède, et tu possède l'Onde. Sens-tu ton cœur ralentir au point de ne plus l'entendre ? »

Enfin son corps lui répondait. Enfin elle put bouger les doigts, serrer sa main pour la ramener contre sa poitrine. Elle aurait pu éviter l'assaut mais n'avait rien fait.

Mary Red avait toujours voulu ardemment mourir.

Le vert de ses yeux avaient déserté ses iris : elles étaient ternes, presque grises. Aveugles. De quoi la privait-on encore ? Tous ses sens allaient-ils lui être retiré ?! Nimuë contemplait son œuvre, cette pauvre petite chose naviguant dans l'incertitude la plus obscure. La Sorcière Bleue continuerait jusqu'au bout et ce malgré les protestations, les pleurs, les suppliques ! C'était son destin de la relever vers la lumière !

« Car tu es ma petite-fille, Satine ! »




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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Dim 14 Juin - 18:37

Il y a un temps pour tout







Il y a un temps pour tout.

« Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter, et un temps pour arracher le plant,

un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures, un temps pour démolir et un temps pour construire. »


Parfaitement immobile, la moitié de son corps nu perturbant l'onde, Mary récitait d'anciennes paroles que d'autres avant elle, avaient prononcé. Un lien, comme un serment. Légèrement, la jeune femme tressaillit quand on versa de l'eau sur sa tête.

« Il y a aussi un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser,

un temps pour jeter des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s'en abstenir. »


Des gouttes d'eau filaient dans sa chevelure parfaitement blanche, qui, telle la neige, épousait le creux de ses épaules, glissait dans son dos pour se fondre dans l'élément primordial. Celui qui connotait la vie et la renaissance. À demi ses paupières jusque-là closes, se rouvrirent. Elles ne discernaient rien, seulement des ombres et une vive lumière qui la blessait. Elle sentit des mains noueuses dégager ses cheveux pour se poser en travers de ses épaules, l'obliger à plonger encore. Petit à petit …

« Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour conserver et un temps pour jeter,
un temps pour déchirer et un temps pour recoudre, un temps pour garder le silence et un temps pour parler.

Un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. »


Satine avait de plus en plus de mal à parler tant sa voix vacillait. Il lui était pénible de lutter contre les sortilèges de la Sorcière Bleue qui la privait du sens de la vue et de la parole, comme ça, si aisément, d'un simplement claquement de doigt. La nuit dernière, alors qu'elle l'avait assise devant un grand miroir, entreprenant de brosser sa chevelure, la vieille s'était essayée à lui narrer d'anciennes légendes atlantes, finissant par lui dire, ou plutôt de lui faire comprendre que tout ceci était nécessaire pour que son Destin s'accomplisse. Il fallait qu'elle soit préparée à tout perdre, pour mieux revenir.

Car il y a un temps pour toutes choses.

Elle prit une grande bouffée d'air avant que sa tête ne s’enfonce sous la surface miroitante du lac, disparaissant tout à fait dans le noir. Lentement Satine glissa au fin fond des abysses pour côtoyer les poissons curieux de la visite d'une étrangère dans leur monde de silence. Aussitôt son esprit troublé par le rituel de l'Onde s'apaisa et quelques bulles s'échappèrent de sa bouche pour galoper au dessus d'elle.

Quelle sensation étrange, grisante ! Avec lenteur, ses prunelles aveugles s'essayèrent à percer le rideau de ténèbres aux alentours, sans grand succès. Ce n'était pas important, car il y avait un temps pour toutes choses.

Et comme elle en était consciente à présent.

Il y avait eu pour elle un moment pour naître, éloignée de tout, avec sa sœur, un temps pour mourir, précédé par un désir si fort qu'elle avait dansé avec elle, un temps pour planter et arracher, grandir et balayer son enfance – avait-elle seulement existé ? - son innocence. Un temps pour tuer ses ennemis, un temps pour soigner ses plaies, trop nombreuses, toujours trop nombreuses. À quoi bon vouloir les panser toutes ? Il y avait eu un temps pour construire, un autre pour démolir, c'était le lot de tout à chacun. Or elle semblait plus douée pour détruire … Un temps pour rire, un temps pour pleurer, chanter et danser. Satine eut un sourire. Bien sûr, elle avait eu quelques moments de bonheur, des souvenirs chaleureux auprès de ceux qu'elle aimait. Un temps pour jeter des pierres ou en ramasser, d'embrasser, de s'esquiver. Son visage reprit son expression grave et chagrinée. Un temps pour chercher, se perdre, garder, jeter, déchirer, recoudre, parler ou bien se taire.

Elle serait le silence.

Un temps pour aimer et haïr. Faire la guerre ou la paix. Tout ceci, Satine O'Bannon l'avait vécu et l'oublierait pour toujours.

Car était venu le temps de l'Oubli. Viendrait un jour le temps de se souvenir à nouveau.

Satine ferma les yeux, se détachant du monde. Immobile, sa silhouette happée, la jeune femme s'endormit.





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Mer 1 Juil - 14:11

Un élancement au coeur le souleva, comme une sorte de hoquet cruel. Celsius souleva ses paupières. Autour de lui, la pénombre régnait. Elle n'était pas réelle mais artificielle ; il pouvait voir un fin rayon de lumière transpirer à travers les volets. Dès qu'il eut la conviction qu'il ne se rendormirait pas, il se leva. La couche, bien qu'il le savait déjà, était toujours aussi étrangement confortable pour un meuble de voyage. Ses yeux s'habituèrent promptement à l'obscurité, son esprit se hâtant de le resituer dans un espace qu'il connaissait pourtant fort bien. La chandelle qu'il avait allumée pour lui tenir compagnie avait voilà longtemps rendu l'âme dans une flaque de cire. Combien de temps avait-il été endormi ?

Quelques heures, peut-être... Quatre était son record depuis qu'ils étaient en mer. Le mouvement de la houle n'était nullement en tort, au contraire ; il lui trouvait quelque chose d'apaisant. C'était probablement grâce à lui qu'il parvenait ne serait-ce qu'à fermer l'œil. La douleur ne l'avait pas quitté depuis, et malgré tous ses efforts, les marins commençaient à y voir. C'était pour cela qu'il réduisait autant que possible la promiscuité en se calfeutrant dans la cabine du capitaine, celle que Mary et lui avaient autrefois partagé. Il n'avait même pas eu besoin de la demander ; Barbossa la lui avait offert de bon coeur, l'enjoignant de se reposer. Pris de court, il s'était contenté d'obéir.

Il avait d'abord failli mal le prendre, avant d'admettre qu'il ne serait sur le pont d'aucune utilité. Autant préserver ses forces pour le moment où ce serait à lui seul de jouer. Ce n'est peut-être pas un si mauvais bougre, finalement, se dit-il en y repensant. Si les circonstances avaient été différentes, il aurait pu se surprendre à apprécier la croisière. Ce n'était pas la première fois qu'il chevauchait les flots à bord du Black Pearl, mais il se découvrait une sensibilité toute nouvelle à leur appel. Était-ce à cause de sa renaissance sous la bannière d'Atlantis, ou parce qu'il était trop obnubilé par la pirate, sa pirate encore alors, pour réellement y prêter attention ?

Ses pas - excessivement habiles pour qui vient de se réveiller - le menèrent vers la salle de bain, ou ce qui en tenait lieu. En général, il faisait l'effort d'utiliser les zones communes, n'étant pas capitaine de ce vaisseau et ayant peur de chatouiller les susceptibilités de tout un chacun. Mais pour une fois, il éprouvait le besoin d'attendre encore quelques minutes avant de rejoindre le grouillement hardi des nautoniers. Il hésita à allumer la lumière, mais renonça aussi vite qu'il y avait pensé. Il n'avait pas envie de voir sa tête, si paradoxal que ce soit. Se contentant de se jeter de l'eau sur le visage, il tâcha d'éviter soigneusement l'œil accusateur de son reflet dans le miroir.

Ses yeux tombèrent sur la baignoire, qu'il n'avait qu'entraperçue jusque là. Immédiatement, les larmes lui montèrent aux yeux. Il les réprima, de peur qu'elles ne soient de sang. Les matelots n'avaient pas l'air très bien informés sur cette singularité de sa part ; Mary n'avait pas dû avoir le coeur à leur en parler. Autant éviter de briser le sceau du secret pour ne pas la dénoncer dans la foulée... Quel qu'en soit le danger. Il avait l'intention de mourir encore une fois s'il le fallait, mais pas de saigner. Il fit quelques pas pour dégourdir ses jambes ankylosées par la traversée ; il n'avait pas l'habitude de rester en place pendant si longtemps, même les précédentes fois où Satine l'avait fait monter à son bord. Ils n'étaient pas vraiment restés passifs, fallait-il préciser...

Sur le bureau trônait la missive remise par Kappa à destination de Jack O'Bannon. Après une minute d'observation silencieuse, le Roi des Ronces la ramassa et la fit rouler entre ses doigts. Il avait promis de la mener à son destinataire, elle et tout ce qu'elle contenait. Il le ferait, oui... Mais pas tout de suite. Il avait encore besoin de la Stella Rubius, et ce n'était pas parce que sa vie en dépendait. L'avoir entre les doigts au moment où il la trouverait. Même sans savoir si Jack accepterait de la sceller, à tout le moins risquait-il de la lui retirer. Il ne pouvait accepter cela, pas avant de l'avoir sauvée. Une fois cela fait, ils en feraient bien ce qu'ils voudraient. Mais en attendant... Il plia la lettre et l'escamota dans un pan de sa tunique, s'assurant de ne pas la perdre.

Désolé, Kappa. Ça attendra.

La suite de son parcours devait le mener sur le pont. Au préalable, il prit soin de reconstituer son masque impassible. Que celui-ci soit tombé ne voulait pas dire qu'il devait le montrer à tout le monde. La clameur de l'équipage l'accueillit aussitôt, que ce soient les discussions ordinaires ou les ordres criés à la volée. Le navire n'était jamais inactif ; même de nuit, il fallait bien quelqu'un pour le diriger, pour éviter qu'il aille se perdre dans les flots noirs de l'oubli. Même si le Black Pearl était un galion légendaire, il n'était pas à l'abri du naufrage... Quand bien même Mary avait réussi à le lui éviter jusqu'à présent. Mais, pour autant qu'il pouvait en juger, tout l'équipage faisait montre d'une compétence au-delà de la normale.

La piraterie a encore de beaux jours devant elle. Il n'était pas au bout de cette pensée que le clapotis des vagues attira son attention. Tout autour du navire, des sirènes avaient formé un cortège voilà plusieurs jours déjà, une escorte vers l'inconnu. Elles ne sortaient que rarement de l'eau, se contentant le plus souvent d'être des ombres à sa surface, mais quand elles le faisaient, c'était lui qu'elles observaient. Lui, ou plutôt la pierre précieuse qu'il portait au poignet, et il y avait des jours où le terme lui semblait affreusement réducteur pour tout ce qu'elle représentait. C'était pour lui - pour elle - qu'elles étaient là, impossible de s'y tromper. Ils s'étaient donc fait forts de les suivre, faisant fi de leur légende mortifère...

Soudain, le temps parut se gâter. Des nuages d'orage s'amoncelèrent dans un ciel encore clair la seconde d'avant. Le roulement de l'orage ne tarda pas à leur emplir les oreilles. Comme si cela ne suffisait pas, leurs éclaireuses des fonds marins leur désignèrent l'avant, puis s'en retournèrent vers les profondeurs dont elles étaient natives. Devant eux, il n'y avait rien ; que des eaux calmes auparavant, désormais agitées par l'orage à venir. À son bras, la Stella Rubius se mit à chauffer. Ce n'était pas une chaleur cuisante, ni même désagréable. Elle avait quelque chose de réconfortant, un peu comme celle d'un foyer. Elle rentre chez elle, comprit-il instantanément.

D'instinct, il leva le bras vers le ciel. La gemme se mit à luire plus vivement, irradiant d'un scintillement irréel. Un éclair creva la voûte pour venir le frapper de plein fouet, sans qu'il en ressente la moindre douleur. Plusieurs matelots reculèrent, ne comprenant pas ce qui était en train de se passer ; la plupart restèrent fascinés. La fureur des éléments redoubla d'intensité, les prenant au piège dans une tourmente dont ils ne sortiraient pas vivants. À moins que.

« Je ne sais pas ce que tu es, clama-t-il par-dessus le souffle de la tempête. Je ne le saurai sans doute jamais. Et tu sais quoi ? Je m'en moque. Je n'ai pas besoin de le savoir. Tout ce que je sais, c'est que j'ai besoin de toi pour me mener jusqu'à elle. » Il inspira puissamment. Comme réagissant à ses mots, la pierre sembla étinceler davantage. « Je ne suis sans doute rien pour toi. Juste un autre humain qui abuse de ton pouvoir dans son propre intérêt. Et tu aurais sans doute raison. Non seulement je l'ai fait, mais je vais encore le faire. Parce que j'ai besoin de toi, là, maintenant. J'ai besoin de toi pour m'ouvrir le passage, besoin de toi pour la sortir de là. Tu sais de qui je parle, pas vrai ? Tu as passé tellement de temps à ses côtés, n'essaie pas de me faire croire que tu puisses l'ignorer. Ne veux-tu pas la sauver ? » Seul le tonnerre lui répondit, plus violent à chaque instant. « Non, pas sans quelque chose en échange... C'est comme ça que vous fonctionnez, je me trompe ? Et bien tu sais quoi ? Cette vie que tu m'as donnée, reprends-la. Mon corps, mon âme, ma mémoire... Prends ce que tu veux de moi, mais je ne suis pas venu ici pour faire demi-tour. Alors tu vas me la ramener, que tu le veuilles ou non. « Son cosmos explosa dans ses parages, luisant d'un éclat semblable, de milles nuances d'amarante. « Je ne te laisse... Pas le choix ! »

Le bracelet brilla comme jamais. Des fissures apparurent à la surface de sa peau, des crevasses d'où rayonnait un pouvoir d'un autre monde. Un gigantesque fracas résonna, comme si le ciel était de verre et que la foudre venait de le rompre. Le bateau manqua d'être repoussé, noyé par les flots déchaînés... Et l'instant d'après s'écrasa sur la terre ferme. Celsius n'eut pas le temps de comprendre qu'il passa par-dessus bord, roulant dans la boue et la poussière. Là où il n'y avait rien, une île venait d'apparaître. Une fatigue accablante - mortelle ? - s'abattit sur le Chevalier des Fleurs avant qu'il ait pu ne serait-ce que penser célébrer sa victoire. La pluie les avait suivis jusqu'ici, s'évertuant à détremper son corps meurtri.

Son bras tout entier était engourdi, toujours attaché à lui mais ne répondant plus à ses ordres. Comme s'il ne lui appartenait plus - comme s'il était devenu autre chose. Face contre terre, il n'eut pas sitôt esquissé le geste de se relever que le monde autour de lui - quel qu'il soit - se mit à tourner. Plaquant une main sur son visage, il prit appui sur ce qui semblait être un arbre pour se relever. Et l'équipage, allait-il bien ? Pas le temps de vérifier. Ce n'était pas de l'ingratitude de sa part : ils étaient préparés à braver tous les périls pour sauver leur capitaine. S'ils ne la retrouvaient pas, tout aurait été vain. Plus trébuchant que galopant, il se mit en marche vers la seule présence qu'il pouvait sentir au loin...


Dernière édition par Celsius le Mer 1 Juil - 18:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Mer 1 Juil - 16:28

Qui suis-je ?







Et le Monde connu un véritable déferlement de puissance qui alla jusqu'à faire trembler les abysses. Quelqu'un venait d'outrepasser ses droits, à l'instant même où l'Onde venait de se greffer dans le cœur de la Sirène Maléfique : Nimuë ne laisserait pas l'impudent impuni. Aussi se retira t-elle dans les ombres, se drapant d'un voile moiré qui la recouvrait toute entière. Telle une créature reptilienne, elle alla serpenter jusqu'au malheureux porteur de la Stella Rubius. Qui jamais, au grand jamais, n'aurait dû quitter le cou de Satine. Par sa faute, sa négligence, elle avait engendré bien des malheurs, ainsi que des convoitises … à n'en point douter. Ô comme la Sorcière Bleue était lasse, mais tout ceci était nécessaire, pour l'avenir, pour que les lendemains soient plus cléments. Son regard se porta une dernière fois vers les eaux placides où la jeune femme reposait encore. Elle avait bon espoir pour qu'elle retrouve son chemin seule. Auquel cas … chassant cette idée saugrenue, Nimuë se fondit dans les ténèbres pour suivre la progression d'un jeune homme aux cheveux rouges. Son nez se fronça, il portait la Marque d'une Malédiction qui la dégoûtait et qui l'avait dégoûté plus encore en la sentant chez sa Fille de l'Eau.

D'un coup Nimuë abandonna son habit d'invisibilité pour se dresser devant celui qu'on nommait Celsius, Roi des Ronces. Lame au clair, prête à lui faucher la gorge.

Qui es-tu?

Enveloppée d'un cocon qui la protégeait de l'eau, Satine ouvrit un regard aveugle sur ce Monde noir et inquiétant. Pourtant, dans son esprit, l'image d'une belle femme à la crinière rouge se formait pour l'accaparer toute entière. Comme si il n'existait plus qu'elle. Cette femme, elle la connaissait très bien. Son double lui sourit.

Je suis toi idiote. Ou non, j'étais toi, Mary Red. Crois-moi toutes les deux, on est pas sorties du sable.

Et moi, qui suis-je à présent ?  après un soupir, sa jumelle lui répondit. Satine, juste Satine, et ça s'arrête là, j'crois.

Satine ne comprenait pas bien et remua dans sa bulle, qu'elle perça par inadvertance. La mine de Mary Red se fit contrariée. Elles n'avaient plus beaucoup de temps maintenant que le sortilège était à l’œuvre.

Tu vas être Immortelle Satine, c'est ce que tu as toujours voulu … enfin, Immortelle … disons que tu vas être dotée d'un don exceptionnel, tu demanderas au vieux, il te dira. N'oublie pas en qui se porte ta confiance. Elle nous a assuré un futur plus clément. Voilà … maintenant tu sais quel rôle tu dois jouer. Tu vas oublier le reste, m'oublier aussi. C'est sans doute pas plus mal. Un radieux sourire se dessinait sur ses lippes. Mary Red alla enlacer son double et verser ses dernières larmes amères qui allèrent se mêler à l'eau. Sa Renaissance ne tarderait plus. Au revoir, Satine.

Au revoir …

Déjà son nom lui échappait. Pourtant autrefois c'était elle qui se l'était choisit, et avec soin. Le rôle qu'elle s'était elle-même fabriqué volait en éclat pour mourir avec l'écume. Sur le point d'être totalement submergée, la bulle creva et elle se retrouva encore enveloppée par le noir. Sa silhouette, nue et blanche rejoignit le fond, ses mains, frôlèrent le sable et sa douceur. Il lui fallut un moment pour comprendre qu'elle était en train de se noyer tant elle ressentait une chaleureuse quiétude. L'air allait lui manquer, son esprit en avait conscience. Il était temps que son corps réagisse.

Mais elle n'y parvenait pas.

« Je pourrais t'égorger ici et maintenant, Celsius des Poissons. Il me serait si facile de trancher ces chairs, là, il me suffirait d'un geste, précis et vif. Tu crèverais alors en t'étouffant dans ton propre sang empoisonné, comme un chien. C'est tout ce que tu mériterais après ce que tu viens de faire. Briser mon dôme, bon sang, t'es un sacré connard, tu le sais ça ? » Elle relâcha son étreinte et repoussa le corps du jeune homme avant de cracher à ses pieds. « Pfeuh mais regardes-toi ! Une vraie loque humaine, même mes petits chéris ne voudraient pas de toi ! T'es pathétique mon pauvre garçon. Et t'as traîné toute la clique en plus ! »

Les pirates encore groggy, se rassemblaient tant bien que mal sur le rivage. Nimuë avec sa vue perçante – fait assez étonnant vu son âge – les voyait se redresser comme ils pouvaient. Ils devaient être sacrément perdus ! Soulevant son bâton, faisant tinter ses gris-gris, elle couvrit d'un geste, l'ensemble de l'équipage qu'elle plongea dans un profond sommeil.

« Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi, hein ? J'avais pas besoin d'un invité surprise … »

Tout à coup la vieille femme fronça des sourcils, les faisant se rejoindre au milieu de son front profondément ridé. L'espace d'un instant, elle fut contrariée par quelque chose qui paraissait vraiment la mettre en colère : en témoigne ces éclairs au fond de ses prunelles turquoises.

« Bon gardes-le pour toi pour le moment mais Callista vient d'être enlevée par l'autre là, je me perds avec ses conquêtes. Ah le con ! Bon, suis-moi, et fermes-la. Ah et prends ça, ça te soulageras. Un temps. Par contre ça va te filer la nausée. »

Elle lui donna quelques herbes au goût très amer. Plantes qu'il n'avait jamais vu jusqu'à maintenant. Sans autre forme de cérémonie, Nimuë commença à s'éloigner.

« Au fait, je suis Nimuë O'Bannon. Et grouilles toi, on va tout louper. »

Je n'y arrive pas.

Satine commençait à paniquer, des bulles d'airs s'échappaient de sa bouche, précieuses mais définitivement perdues. Comme elles, elle devait s'échapper, regagner la surface.

Il y a un temps pour tout se rappela t-elle en faisant le vide dans son esprit. Peu à peu, en continuant sa prière, celle qu'elle avait prononcé avant de partir sous les eaux, elle se vit parer d'un halo lumineux, violacé. Elle sentit le bout de ses doigts s'animer. Enfin, elle put battre des mains et des pieds.

Enfin !

Pour autant, même une fois qu'elle ait percé le voile de ténèbres de ce Monde de Silence, subsistait le noir. Elle prit une profonde inspiration avant de gagner maladroitement le rivage, fatiguée, ses muscles semblant se déchirer à chacun de ses mouvements. Un sentiment de panique grimpait en elle et ce fut en pleurs que la jeune femme s'accrocha à une branche immergée dans l'eau. De toutes ses forces elle s'y accrocha, une douleur lancinante lui vrillant les tempes. Tout en crachant encore de l'eau, Satine tenta de se mettre debout, mais ses jambes douloureuses, ne purent lui offrir un appui suffisant. Ainsi s'effondra t-elle une fois de plus dans la boue, se traînant sans s'en rendre compte, aux pieds de la Sorcière Bleue et de Celsius, spectateurs de son retour.

Un regard appuyé dans la direction de l'ancien Saint et Nimuë contempla celle qui fut autrefois Mary Red.

Je suis Satine … Satine …





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Mer 1 Juil - 18:51

« Vous devez vraiment me haïr pour ne pas le faire. »

Il esquissa un pâle sourire. Qu'elle lui fasse donc rendre gorge ; il ne s'en porterait que mieux. S'il lui était parfois arrivé de se dire qu'il aurait mieux fait de rester mort, ce n'était jamais tant qu'à cet instant. S'il ne faisait pas quelque chose rapidement, son bras consumé le rendrait fou de douleur. C'était chose étrange à dire pour un être empoisonné, mais il lui semblait être victime d'un mal plus profond, quelque chose d'aussi sombre et ancien que le monde lui-même. La colère de Poséidon ? Et pourquoi pas, après tout. Ce n'est pas le premier dieu que je déchaînerais.

Fait étrange, son bras avait été meurtri de part en part, mais pas une goutte de sang n'en avait coulé. En place de plaies ouvertes, ses blessures étaient autant de crevasses, de craquelures dans la chair. Qu'on le pare d'un peu plus de poussière et on le prendrait pour une terre asséchée, morte de désespoir de ne voir aucune pluie arriver. Malheur à qui veut faire trembler la terre, interpréta le roi sans couronne. En sus, ses veines semblaient apparaître en surbrillance ; sa peau était une carte sur laquelle un halo pourpre renseignait la Route du Sang.

« On me le dit souvent. » répondit-il quand on lui demanda s'il se savait être un sacré connard. « Une personne en particulier. Je suppose que vous savez qui c'est. »

Il n'était, en effet, pas difficile de le deviner. Celsius ne s'étonna pas une seule seconde de la voir sortir de nulle part, et cela n'avait rien à voir avec sa formation au cosmos. Il était venu ici pour trouver Mary. Qu'elle lui dise où elle était ou qu'elle le tue, mais qu'elle ne lui fasse pas perdre plus de temps. Il fut d'ailleurs tenté de lui demander son chemin, mais il apparut bien vite que l'aïeule n'était pas femme à se laisser commander.
Quand elle se « débarrassa » de l'équipage, l'empoisonneur ne put rien faire : à peine avait-il tourné la tête dans leur direction qu'ils étaient déjà tous endormis. Il aurait pourtant juré que se trouvaient à bord au moins un ou deux éveillés. Endormis... Si pas plus, se fit-il la remarque, mais sa défiance coutumière n'avait pas sa place ici. Pourquoi tous les tuer ? Il était seul responsable de cette folie. Si elle devait abattre quelqu'un, c'était lui.

Elle sembla pourtant renoncer à cette idée, au moins pour autant. Celsius ne lui en fut pas reconnaissant, car il n'éprouvait aucun sentiment à son égard. Car il ne savait pas quoi penser d'elle, oui, mais aussi et surtout parce que son être tout entier se tournait vers Mary. L'autre ? Qui ça, l'autre ? fut-il tenté de demander, mais il comprit sans délai qu'il ferait mieux de se taire. Callista... Ann, se rappela-t-il avec un temps de retard. Au-dehors, quel jeu pervers était encore en train de se jouer ?

« O'Bannon ? » répéta-t-il sans comprendre.

Et il sut vite qu'il n'en saurait pas davantage. Ce nom en disait déjà long. La famille, encore et toujours. songea-t-il dans un éclair de dépit. Pendant toute son enfance, ce concept-même l'avait fui comme la peste ; il semblait que ce soit son tour d'être pourchassé. Encore une ancêtre perdue, oubliée, présumée morte depuis une éternité. Ça commence à en faire un paquet, pensa-t-il avant d'espérer qu'elle ne puisse lire dans les pensées. Mais est-ce que cela excusait ce qu'elle avait pu lui faire ? Ce serait à lui d'en décider - en autant qu'il soit encore en état.

Après un moment d'hésitation, il avala les herbes qu'elle lui tendait. Il n'en avait jamais vu de pareilles, et la prudence aurait recommandé de ne pas y toucher avant de savoir d'où elles venaient. Sur le moment, il s'en fichait : elles ne pourraient pas lui faire de mal. Si elles le soignaient, tant mieux ; sinon, tant pis. Pourvu que ce soit rapide, pensa-t-il en mâchant. Et s'il songeait principalement à la douleur à l'origine, leur goût parfaitement infect s'ajouta promptement à la liste des raisons. La main toujours plaquée sur l'épaule du bras opposé, il s'engagea à sa suite.

Il aurait pu avoir mille et une question à lui poser, mais aucune ne lui vint. Peut-être parce que la vieille femme appartenait probablement à ces personnages cryptiques qui, quoi que vous leur demandiez, ne savent que vous répondre par une autre énigme. Ou était-ce le genre de trait que le franc-parler des O'Bannon suffisait à contrecarrer ? L'envie lui passa de le vérifier, plus encore quand une étrange jeune femme jaillit des eaux à leur pieds. Il avait beau ne pas savoir qui elle était, son éducation voulut qu'il l'aidât à se relever malgré son bras en carafe.

Ce n'est que quand il s'appliqua à lui ôter ses cheveux du visage qu'il comprit. Oh, elle avait changé, oui, mais ce n'était pas la première fois qu'il la voyait avec les cheveux blancs. Son visage, sa silhouette, le reste de sa personne, rien de tout cela n'avait changé - si ce n'est peut-être l'expression matoise que l'on avait coutume de la voir arborer, portée disparue, mais contrairement à beaucoup, ce n'était pas la seule qu'il lui connaissait. La différence majeure résidait dans son regard, lequel renvoyait un message radicalement différent de celui qu'il avait l'habitude d'y voir quand s'y reflétait son portrait.
Elle ne me reconnaît pas.

« Que lui avez-vous fait ? » Il n'y avait dans sa voix pas de menace, pas de terreur : juste l'incompréhension la plus sincère qui soit.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Jeu 2 Juil - 10:11

Qui es-tu ?







Merci ... souffla t-elle en pensée en se sentant soutenue par une main habile qu'elle pensait appartenir à Nimüe. Satine se rendit vite compte que ce n'était pas elle, assurément, la vieille ne possédait pas des muscles aussi puissants au toucher. Son visage se froissa par l'incompréhension, puis l'inquiétude. Qui es-tu?

On l'aide, c'était tout ce qui comptait sur l'instant. Trop frêle pour réagir, Satine laissa l'inconnu lui ôter les mèches de cheveux qui lui barraient le visage. Une fois le rideau levé, la jeune femme pu entendre une voix d'homme interroger quelqu'un Nimuë, lui demandant ce qu'elle lui avait fait. De qui parle t-il?. La Sorcière Bleue haussa les épaules, s'approchant du couple avec lenteur, s'appuyant sur son bâton une fois arrivée à leur hauteur. Longuement, tandis que sa petite-fille tremblait de tous ses membres, probablement effrayée, la vieille l'observa, contemplait son œuvre sans dissimuler sa satisfaction. Un marmonnement plus tard, et elle lui répondit.

« Je n'ai fais rien d'autre que suivre la volonté de notre Impératrice. Depuis sa naissance, elle avait des grands projets pour elle. Disons qu'il était temps. Elle le savait, et s'est laissée guider en toute connaissance de cause. Tu sais, Celsius, on obtient rien sans quelques sacrifices … Aveugle et muette, elle aura aussi perdu la mémoire. Pour que l'Onde s'accapare de son cœur. »

J'ai tout oublié?

Des sacrifices. N'importe quel mortel aura tôt fait d'être confronté à cette réalité, celle des souffrances engendrées par la Vie. Ils avaient été créé pour ça, pour divertir tout un panthéon, ne leur en déplaise. Satine n'avait pas échappé à cette règle : elle plus que quiconque avec Celsius, avaient été marqués, maudits. Nimuë estimait qu'elle était chanceuse, oui, bénie d'avoir été choisie par « Elle » car on lui offrait la chance de tout recommencer.

« C'est une Fille de l'Eau à présent elle appartient à Amphitrite, sera sa Prêtresse, en quelque sorte, comme mon fils Jack est devenu le Prêtre de l'Empereur. Elle s'y est préparée, et devra continuer à apprendre auprès de moi. La Sirène que tu as connu est morte. »

Finit-elle avec une pointe de gravité dans la voix. Un instant, ses prunelles se posèrent sur le bras sacrifié de l'ancien Saint : on n'obtient rien sans quelques sacrifices. D'un mouvement du menton, elle le désigne.

« Tu as risqué gros, ça aurait pu être pire crois-moi. Il n'y a qu'elles qui devraient porter la Stella Rubius. Elles en sont sa gardienne. »

Qui es-tu?

Très doucement ses doigts se portèrent vers le visage du jeune homme qu'elle osa à peine toucher, par crainte, oui mais de quoi ? Les contours de ces lèvres, de ce nez, ces pommettes ne lui rappellent rien. Un sentiment de vide s'installait en elle tel un poison qui, bientôt, la fit frissonner plus encore. Ses yeux, parés de cette étrange immobilité propre aux aveugles, semblaient se perdre. Malgré ses efforts de mémoire, Satine se heurtait à des images floues, incertaines. Elle ne tarda pas à se recroqueviller sur elle-même.

J'ai mal ...

On aurait dit que ses os avaient été broyés, et ce mal de tête persistant ne la quitterait pas de si tôt.

« Elle va être très malade pendant quelques jours, la fièvre pourrait la terrasser. Sans mes soins, elle rejoindra le Royaume des Morts. Tu vas m'aider à la transporter, puis tu repartiras sur le Black Pearl. »

Ce n'était pas une demande, c'était un ordre. Nimuë n'attendit pas de réponse, pas de consentement. Elle s'en fichait pas mal. Parce qu'elle savait qu'il le ferait. Les paroles étaient vaines de toutes façons. On ne pouvait défaire ce qui venait d'être tissé.

« Elle t'a oublié, tu ne pourras rien y changer. C'est une chance pour toi, saisit-la. »

Sur ces derniers conseils, la sorcière s'éloigna pour regagner sa chaumière, ouvrir la porte et la laisser grande ouverte. En chantonnant, elle commença à préparer du thé ainsi que quelques herbes. La nuit qui se profilait risquait d'être longue. Sans se retourner, elle déclara.

« Déposes-la sur le lit et va t-en. »





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Jeu 2 Juil - 15:31

« Les dieux se sont assez joués de nous, vous ne croyez pas ? » Il darda vers elle son regard d'un bleu de glacier. « Non, je suppose que vous vous en fichez. »

Il n'y avait même pas d'hostilité dans sa voix, juste une froide constatation. Ça n'en finirait donc jamais ? La volonté de l'impératrice. De grands projets. Rien que ça. Toute leur vie - leurs vies, même, dans son cas - étaient donc voués à servir leurs sombres visées ? Quand avaient-ils signé pour ça ? Celsius ne s'en souvenait pas. Néanmoins, Nimuë avait fait mouche en disant que Satine l'avait accepté. Oh, il aurait pu nier, dire qu'elle n'avait aucune preuve... Mais au fond de lui, il savait. Il savait que tout cela était vrai, et qu'il n'y pourrait rien changer. Ça y est, la partie est finie.

Docile - lui-même s'en étonna -, il la porta donc à la cahute que lui indiquait la sorcière. Un terme qu'il lui aurait attribué même sans avoir assisté à une démonstration de ces pouvoirs. En un sens, il était presque heureux que la majeure partie de son arbre généalogique se soit perdu dans l'oubli, si cela pouvait lui éviter d'être pris dans ce genre d'engrenage. Se plier ainsi à ses directives n'était pas de la résignation de sa part ; il l'acceptait. Que pouvait-il faire d'autre ? C'était tout ce qu'il lui restait. Pas une fois au cours du trajet il ne baissa les yeux vers Mary, de peur de ce qu'il verrait - une étrangère. Une inconnue parfaite et complète, ne le reconnaissant pas plus qu'il ne le faisait.

Faible, elle l'était : il pouvait la sentir frémir sous ses doigts, plus légère qu'elle ne l'avait été - depuis quand n'avait-elle pas mangé ? Il préféra ne pas le demander, ne pas donner motif supplémentaire à la colère qui couvait. Mais d'ailleurs, vers qui la tourner ? En chemin, Nimuë l'entretint au sujet de ce qu'il portait au poignet, ce qui avait été son sésame vers cette odieuse vérité. La Stella Rubius n'était pas faite pour lui, ça, il le savait. Il l'avait senti. Et sa chair était partie pour s'en souvenir un long moment... Si elle s'en remettait jamais. Il voyait mal comment les fêlures que comportaient son bras pourraient un jour disparaître... Surtout avec l'étrange lueur qui en émanait.

« Ce ne sera plus longtemps un problème. »

Soit parce que Jack la récupérerait, soit parce qu'il ne verrait pas le jour se lever... L'état de son bras pouvait fort bien finir par le tuer. Dans tous les cas, la fin du voyage semblait sur le point d'arriver. Et pourquoi pas ? Mary était morte. Elle avait péri pour donner naissance à une autre personne. Son ombre n'avait plus lieu d'être... Et cela faisait longtemps qu'il n'avait plus sa place en ce monde. La gemme n'avait fait que lui donner un sursis, une dernière étincelle de vie. Dans quel but ?
Je ne le saurai sans doute jamais, conclut-il, et c'était sans doute mieux ainsi. Il en avait soupé, des desseins des dieux. Maintenant qu'ils semblaient se lasser de lui, peut-être allait-il pouvoir se laisser aller. Partir à la dérive. Personne n'a d'intérêt pour un jouet cassé. Il était un pantin aux fils coupés ; comment les fondateurs de ce monde s'en amuseraient-ils, s'ils ne pouvaient plus les tirer ? Il effleura la pierre du bout des doigts, habité de l'idée marginale qu'elle n'était pas pressée de le quitter. Cela fait-il si longtemps que tu n'as eu personne à dévorer ?

Enfin, ils arrivèrent à destination. C'était peut-être parce qu'il avait la tête trop pleine, mais cela lui avait paru horriblement long. Avec obligeance, il l'installa dans son lit, toujours aussi choquée de la sentir si fragile... Si égarée. Est-ce que c'est ma faute ? Est-ce que c'est moi qui ai fait ça ? Le Roi des Ronces ne le croyait pas. Néanmoins, si elle ne lui revenait pas pleine et entière, il n'en avait pas moins une part de responsabilité. Elle ne pouvait plus parler, non, mais ses attitudes le faisaient pour elle ; il restait dans ses gestes quelque chose d'elle telle qu'il la connaissait, le fantôme de celle qu'elle avait été. Cela ne faisait pas un pli : elle voulait savoir qui il était.

Que répondre à cela ? Il se passa la main sur le visage. Ses sens lui hurlaient d'affecter n'en rien savoir, de la laisser là et de partir sans répondre. Mais n'était-ce pas ce qu'il avait déjà trop fait ? N'était-ce pas justement pour ça qu'elle était là ? Il pourrait lui donner son nom, et après ? La belle affaire. Elle ne savait plus qui il était, et à en croire sa » gardienne », ne s'en souviendrait probablement jamais. Tout cela avait été arraché de sa mémoire, comme il convient pour toute page trop vivement tournée. Et à présent, ce livre doit être refermé. Mais tout n'était pas perdu. S'il prenait le temps de lui réapprendre, peut-être que...
Non. Il se tourna vers elle avec un sourire narquois.

« Je suis le capitaine Jack Rackham, mais vous pouvez m'appeler Calico Jack. Et vous êtes... Hum, notre prisonnière. Nous vous avons dissimulée ici en attendant que votre père paie votre rançon. Je venais simplement voir comment vous alliez. » Il désigna Nimuë d'un large geste de la main. « Notre acolyte ici présente m'a informé que vous aviez été victime d'une vilaine méningite. Tâchez de bien vous soigner, je ne voudrais pas que vous passiez l'arme à gauche avant que nous ayons pu percevoir notre butin. Sur ce... Nous nous reverrons quand je serai un homme riche ! »

Sans crier gare, il attrapa sa nuque pour plaquer ses lèvres sur les siennes, puis bondit en arrière. Affaiblie ou pas, Mary était toujours Mary (Enfin... Presque) et un accident serait vite arrivé. Il serait seul à comprendre la valeur de ce baiser, mais que pouvait-il y faire ? C'était toujours mieux que rien. Je commence à avoir une certaine expérience des baisers d'adieux. Ici, au moins, personne ne viendrait la déranger. Ni Arbhaal, ni les Marinas, ni qui que ce soit.
Et surtout pas ce sacré connard de Chevalier des Poissons. Avant qu'elle n'ait pu ne serait-ce que songer à le suivre, il referma la porte derrière lui. Il doutait qu'elle en ait la force, mais on ne sait jamais... Aussitôt, son visage s'assombrit alors qu'il revenait à la hauteur de Nimuë, sans toutefois la regarder. Elle n'apprécierait pas la colère qu'elle y verrait, et lui-même n'avait aucune envie de la montrer. C'était pour le mieux, alors pourquoi enrager ?

« Je veux votre parole qu'il ne lui arrivera rien. »

Pas plus que vous ne lui avez déjà fait. Néanmoins, il se devait de reconnaître que Mary était brisée. Elle avait besoin de temps pour se reconstruire, et il avait les mains trop sales que pour l'aider à rassembler ses éclats. Quoi qu'il puisse penser d'elle, cette vieille femme était de sa famille... Pour les avoir côtoyés tout au long de ces dernières années, il savait mieux que bien que chez les O'Bannon, la famille, c'est sacré. Si même cette crapule de Jack faisait un effort pour s'y tenir, on pouvait supposer que sa mère - quel âge pouvait-elle avoir ? - elle aussi s'y appliquerait. Dans le cas contraire... Et bien, je n'aurai qu'à casser une autre fenêtre.

« Ne lui dites rien pour sa soeur. Je vais m'en occuper. » Si j'arrive jusque là. « Si vous avez, j'aimerais bien un petit remontant. »

Il ne pouvait pas s'enivrer, mais le goût de l'alcool le réveillerait.
Et puis, si je suis censé être un pirate, j'ai intérêt à m'habituer.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Jeu 2 Juil - 16:41

Pour quelques patates







Bien sûr que Nimuë se fichait pas mal des déboires d'un simple humain. Un humain qui s'était vu octroyé beaucoup trop de choses : l'amour d'une Sirène, deux enfants à chérir, et enfin un nouveau corps plus robuste que le précédent, plus beau, plus fort. Atlante. Il n'en aurait que vaguement le titre, à quoi pouvait-il prétendre d'autre ? Grommelant sa mauvaise humeur dans sa barbe, la Sorcière Bleue attisa les braises de l'âtre avant de poser sa lourde marmite, seule, pour faire chauffer sa soupe. Avisant du contenu, elle se prit à penser que quelques patates pour agrémenter le tout ne serait pas du luxe. Aussi, alors que le jeune homme aux prétentions démesurées déposait son fardeau au travers de son lit, elle se mit en quête de retrouver son châle afin de sortir. Lors de sa recherche, la vieille dame s'immobilisa en entendant les paroles de Celsius. Contre toute attente, elle se prit à rire joyeusement à gorge déployée tant ces propos lui paraissaient incongrus. Pourquoi sortait t-il des imbécillités pareilles ?!

Cherchait-il à se faire haïr, ou quelque chose s'y rapprochant ? Il jouait à un jeu dangereux, mais de ça, Nimuë ne saurait l'en dissuader. C'était son choix après tout. Gérer la perte de Mary ne serait sans doute pas une mince affaire. Loin d'être sans cœur, l’aïeule le laisserait faire. Tant qu'il ne faisait pas tout voler en éclat. C'était de toute façon trop tard pour pouvoir prétendre à vouloir changer la donne : elle aussi devrait entamer une nouvelle odyssée, solitaire.

Mais quand le Roi de Ronce alla cueillir sans douceur aucune un baiser sur les lèvres de la jeune femme, Nimuë en tressaillit d'avance. Pour ce qu'il allait déclencher. Toute envie de rire s'envola et sa main se referma sur l'habit recherché. Se constituant un visage impassible – autant que faire se peut, autant le camoufler en rouspétant contre tout et n'importe quoi – la vieille bonne femme retourna à ses fourneaux faisant mine de ne pas l'entendre refermer la porte derrière lui. La main armée d'une grosse cuillère en bois, elle la tapota à plusieurs reprises contre le récipient.

Il lui fallait vite un prétexte pour s'éloigner de la tempête à venir. Eh bien, justement, en repensant à ses patates …

« Ici il ne peut rien arriver, nous sommes dans MON Sanctuaire. Enfin, presque rien. Tu avais une sacrée carte en main et je n'aurais jamais pensé … enfin, bref. Avant de te donner de ma gnôle, ma précieuse gnôle, tu vas lever et bouger tes petites fesses – bien qu'appétissantes, mais ce ne sont plus des choses de mon âge ah ah … - et venir avec moi chercher des patates. Me regardes pas comme ça. J'ai mal au dos et je sais que ces couillons en ont probablement plein la cale ! »

Sans demander son reste, ajustant son châle sur ses épaules, elle lui prit le bras pour l'entraîner au dehors. Sur le chemin, tout en lui tapotant la main – celle abîmée – Nimuë le rassura sur plusieurs points.

« Si tu crois que je vais la laisser partir dans cet état, tu te mets le doigt dans l’œil. Et je suis bien contente d'entendre que tu me seras utile finalement ! Brave petit. » elle continua d'effleurer les doigts de Celsius. « C'était une connerie de se mêler des affaires des Saints. Je ne sais pas à quoi joue mon fils, mais pour sûr, ça va mal finir. Si il se prend une belle déculottée, il m'entendra rire depuis mes confins, tiens ! »

Peu à peu, sans qu'il s'en rende compte de prime abord, voilà que le bras de l'ancien chevalier se paraît de quelques vieux symboles de la Cité Perdue. Une énergie bleue palpita, pulsant dans ces veines figées. Le sang ne tarda pas à affluer de nouveau, le poison reprenant ses droits.

« J'suis pas sûre que cela suffira, m'enfin, maintenant tu connais le chemin. »

Ses yeux se levèrent pour contempler la silhouette majestueuse du Black Pearl. Une lueur de nostalgie commença à danser et la vieille eut un sourire matois.

« Hm … à l'abordage ! »

Tout ceci pour quelques patates.

Le regard perdu vers le plafond, Satine ne bougeait plus. Sur ses lèvres elles sentaient encore le poids de celles de cet homme. Ce Jack et leur goût légèrement iodé. Au moment même où il lui avait volé un baiser, un flot d'images ininterrompu s'était déversé dans son esprit. Elle revoyait ce même personnage – avec des cheveux plus longs – lui sourire, couver sur elle un regard dont elle ne comprenait pas la portée, le sens. Pourquoi la fixer ainsi ? Elle le voyait allongé à ses côtés, elle le revoyait dans une large baignoire qui les avait accueillit. Pourquoi? Puis il y eut les cris, les larmes et le sang. Ces images-là firent naître détresse dans son cœur. Son sentiment de vide ne faisait que s'intensifier au fil de ces secondes. Quand la porte de sa chambre claqua, suivie peu après par celle de l'entrée, Satine se laissa glisser dans ce manège infernal qui la fit hurler.

Laissez-moi ! 

Déjà débutait une lutte contre ses démons intérieurs, ces images issues du passé métamorphosées en noirs démons aux gueules béantes. Ceux-là même ayant peuplés ses dernières nuits. Ses mains, dans la réalité, s'agrippèrent de toute leur force aux draps déjà trempés de sueur. Ses yeux se révulsèrent et le signe trônant au milieu de son front se prit à luire plus intensément que jamais. Son corps fut prit de convulsions et cette lutte sembla durer une éternité.

Laissez-moi ! Pitié !

Tous ses muscles tendus à l'extrême lui faisait souffrir mille maux, si bien qu'elle avait l'impression qu'on les lui arrachait un à un, tant pis si elle souffrait. Qui s'en souciait ? Certainement pas ce pirate prêt à devenir très riche grâce à elle. Par inadvertance, elle se mordit profondément la langue, comme point final à cette crise. Un goût métallique s'installa peu à peu, à mesure que son corps, enfin, recommençait à lui répondre.

Un cauchemar? se demanda t-elle tandis que le bout de ses ongles raclaient le parquet sur lequel elle était tombée. Ceux-là s'étaient arrachés et des marques sur le sol témoignaient de la virulence de sa … perdition. Le prix à payer. Je dois me relever.

Cependant elle en était parfaitement incapable. Aussi resta t-elle étendue sur le sol, déplorable petite chose amaigrie, couvertes d'ecchymoses et de sang, à laisser ses larmes rouler sur ses joues plus pâles que jamais.

Sa pirate était morte.

De retour sur le pas de la porte, les bras chargés de victuailles – et pas que de patates – Nimuë marqua une courte pause sur le seuil. Sans se retourner, elle lui dit d'une voix blanche.

« Tu devrais t'en aller, tu n'aimerais pas la voir comme ça. Pars, garde un joli souvenir d'elle et pars. Tu as une mission désormais. »





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Lun 13 Juil - 18:33

Le Chevalier des Fleurs se contenta de suivre l'ancêtre, comme un automate. Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Plus rien ne semblait avoir de sens, pas plus que n'en avait sa présence ici. Tout au long du trajet, il ne put s'empêcher de jeter des coups d'oeil en arrière – comme s'il s'attendait à voir surgir à tout instant Mary, la vraie Mary, pas le spectre qu'elle était devenue – au sens propre, cette fois. La clarté de ses cheveux semblait souligné cet aspect de pâle reflet ; Satine avait toujours été flamboyante. Pas terne et incolore... Mais les flammes blanches ne sont-elles pas plus chaudes que les rouges ?

Son bras continuait de le lancer, mais la douleur semblait en effet s'être calmée. Pour combien de temps, ça, il n'avait aucun moyen de le savoir. Malgré l'invitation de l'aïeule, il ne comptait pas revenir ici – pas de sitôt. Il aurait assez de cette blessure surnaturelle pour lui rappeler que ce qu'il y avait vu était bien vrai – qu'il n'y avait rien à faire. Athéna enseignait qu'il y avait toujours un espoir, mais le Roi des Ronces n'avait plus assez d'innocences en lui pour encore y croire. Au moins autant que l'amour, voilà peut-être ce qui l'avait détourné de sa lumière. Il avait vu le monde, et ce qu'il avait vu n'était pas pour lui plaire.

Je vis. Je meurs. Je vis encore. Pourquoi ? Il avait échappé aux fils du destin, était sorti des sentiers battus pour tracer sa propre voie. Mais encore fallait-il savoir où elle menait. C'était ironique, pour peu qu'on y pense. Des hommes se battaient toute leur vie pour ne pas devoir suivre ce qu'on avait prévu pour eux. Lui avait réussi à s'en délivrer, mais n'avait aucune idée d'où il devait aller. Était-ce un autre piège tendu par les dieux pour punir ceux qui échappaient à leur emprise, ou les conséquences de sa propre sottise ? Ses pas semblaient le mener droit vers le vide. La Sirène, elle, était déjà tombée.

Des veinures continuaient d'apparaître en surbrillance sur sa peau, comme un tatouage illuminé. À croire que son sang devenait phosphorescent se changeait en magma venimeux et malveillant. Oh, il pouvait vivre avec ça : c'était un moindre mal. Les doutes qu'il avait sur sa capacité à enlever la Stella Rubius sans en payer le prix, cependant, ne faisaient que se confirmer. Plus ça allait, plus elle s'intégrait à son système, s'évertuait à faire partie de lui. Et plus ça allait, plus il était convaincu que Poséidon ne savait pas lui-même ce qu'il avait créé. Que se passerait-il, une fois qu'elle serait complètement enracinée ?

Quelque chose lui disait qu'il ne serait plus là pour y assister.

« Qu'est-ce au juste que cet endroit ? »

C'est la seule chose qu'il lui demanda de tout le trajet. Il n'avait pas la tête à parler ; qu'il ait pu se forcer à desserrer les lèvres – lui si expert dans l'art de les fermer – était déjà un exploit. Il eut été intéressant de lui demander son âge... Mais il connaissait assez la propension à l'entourloupe qui circulait dans la famille pour savoir qu'elle répondrait forcément à côté. Il en avait de toute façon assez vu pour ne s'étonner de rien ; elle lui aurait dit qu'elle était déjà vieille à l'aube du monde qu'il l'aurait crue sans discuter. Acheminant la charge qu'elle lui avait collé sur le dos, il garda le silence pour le reste du voyage.

Une fois rentré, il déposa sa charge sans délai. Dommage qu'il ne soit pas d'humeur à rire ; se dire qu'il avait fait tout ce trajet pour porter des tubercules aurait eu quelque chose d'hilarant. Mary aurait sans doute été la première à s'en amuser... Mais Mary n'était plus là. Il ne me reste que son ombre. Son regard à l'azur fade comme un ciel d'averse dévia vers la porte qu'il avait lui-même fermée. Il leva la main pour la pousser, puis se ravisa. Je pourrais lui dire que c'était une blague. Elle serait sans doute en colère, mais elle finirait par me croire. Je lui dirais que je l'aime encore une fois, et tout recommencerait.

Mais c'était bien là le problème. Assez de tout ça.

Entre ses doigts levés, tendus vers un univers où il ne pouvait aller, une rose pourpre se matérialisa. Loin de celles, parfaites, qu'il avait l'habitude de créer, celle-ci semblait déjà au bord de la mort. Cela ne la rendait pas moins belle pour autant ; au contraire, elle y gagnait une splendeur nouvelle. Son rouge n'en était que plus éclatant, de la même manière qu'une flamme brille plus intensément avant de s'éteindre enfin. Pareille à la bougie qu'il avait regardée mourir jusqu'à ce que l'emporte le sommeil, au cours de la dernière nuit. La fleur lui périt à la main ; ses pétales allèrent se répandre sur le sol – qui passant entre les lattes du plancher, qui se glissant sous la porte. Eux non plus ne mettraient pas longtemps avant de disparaître...

« Prenez soin d'elle. »

L'entrée se referma avec un bruit de sort que l'on scelle.
La rose s'est fanée, mais le parfum demeure.


* * *
On se serait cru un lendemain de cuite. La plupart des matelots titubaient, grognaient en se tenant la tête, quand ils ne se mettaient pas à vomir tout leur saoul par-dessus bord. Ce charmant spectacle n'émut pas Celsius le moins du monde quand enfin il retourna au navire. Il ne sut combien de temps il avait passé à errer dans la forêt, s'il s'était perdu en chemin ou s'il avait marché droit. Et cela n'avait pas la moindre espèce d'importance. Il n'était pas pressé. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était de remettre la lettre à Jack, et puis... Et puis quoi ? Il verrait à ce moment-là. Si déjà être séparé de la Stella Rubius ne le faisait pas tomber en poussière, et que Jack ne lui faisait pas trancher le col pour avoir osé la porter.

Entre autres choses. Ça faisait beaucoup de « si », mais il n'en avait plus rien à faire. Par bonheur, si son bras peinait encore à se remettre de ses excès, ses jambes étaient en parfait état de marche. Il lui suffit d'un bond pour se projeter sur la passerelle, ignorant les pièges sournois du décor. La vue depuis le pont n'était pas plus glorieuse que celle qu'il avait dehors, mais au moins cela semblait un peu plus animé. Ceux déjà valides traînaient vers les cabines leurs frères endormis, tandis que d'autres s'occupaient de vérifier que le navire n'avait subi aucune avarie – ce qui était le cas, si curieux que ce soit.

La silhouette sombre qui l'attendait lui fit l'impression d'un bourreau au pied de l'échafaud.

« Et mam'zelle Mary, elle est où ? »
« Elle ne vient pas avec nous. »

Il eut la surprise de voir que l'oeil de Barbossa n'en abritait aucune, un peu comme s'il s'attendait déjà à ce résultat. Cela pouvait se comprendre : il les avait entraînés à la poursuite de chimère, sans autre assurance que sa seule intuition. Il pouvait s'estimer heureux qu'ils ne lui aient pas tranché la gorge durant le trajet, et qu'ils ne soient pas en état de le faire maintenant. Mais non, il y avait plus que ça. L'homme lui avait toujours semblé un peu bizarre et il commençait à comprendre pourquoi. Se faufilant entre les malheureux qui peinaient à se remettre de leur gueule de bois paranormale, il gagna l'accès à la cabine.

Il l'avait occupée pendant toute la durée du voyage, seul. Pourtant, pas une seule fois elle ne lui avait semblé aussi vide. Peut-être parce que le fantôme de Mary qui semblait la hanter, l'habiter de son aura s'était évaporé en même temps que la perspective de son retour à bord. Étrangement, il n'avait jamais remarqué le tricorne qui pendait au dos de la porte, rivé à une sorte de porte-manteau improvisé – et menaçant de choir à chaque instant. Un « cadeau » de la part du charpentier de bord, devinait-il – lequel avait apparemment bien fait de ne pas plutôt devenir ébéniste.

Celsius s'empara de la coiffe, et la fit tourner entre ses doigts. Sans même avoir besoin de s'en approcher, il pouvait sentir le parfum des cheveux de Mary. Ceux au creux desquels son nez avait tant de fois passé la nuit. Sans doute ce pourquoi il se sentit en paix, malgré la puissante vague de nostalgie que son simple contact envoya rouler au fond de son âme. Et puis, il n'y avait pas lieu de s'y attacher ; avant d'être un objet personnel, c'était un emblème de l'autorité à bord. Il revenait de plein droit au capitaine, quel qu'il soit, et c'était le seul à pouvoir l'arborer. L'effleurant une dernière fois, il ressortit de la cabine pour le remettre au second, désormais premier.

« Je crois que ceci vous revient de droit. »

Le forban s'en empara, le fit pivoter pour l'observer d'une manière étrangement semblable à la sienne un instant avant cela. Celsius s'apprêta à repartir quand il le retint par le bras.

« J'dis pas que j'en veux pas, c'est qu'c'est un bigre de joli chapeau... Mais j'voudrais pas qu'on croie que j'essaie d'vous piquer votre place, Captain Jack. »

Celsius leva un sourcil. Il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit qu'on le coiffait du symbole de pouvoir, lui enfonçant jusqu'aux yeux. D'une main maladroite, il dégagea son champ de vision juste à temps pour voir Barbossa se diriger vers la barre. Autour d'eux, les hommes achevaient de se relever, retournant à leur poste sans délai. Ce n'était pas qu'ils se moquaient d'elle, non... C'étaient qu'ils partageaient son opinion. Elle avait bien mérité un peu de repos. Son regard s'égara sur les bois qu'il venait de traverser, la brume ensorcelée qui semblait les envelopper de là où il était. Même s'il voulait revenir, en retrouverait-il jamais le chemin ? Oui, sans aucun doute... Il n'aurait qu'à suivre celui que son coeur lui dicterait. Un sourire survola ses lèvres ; une brise marine cingla son visage. Ils s'étaient perdus et la Mer les rappelait.

« Alors, où qu'c'est qu'on va ? Parce que je voudrais pas dire, mais c'est qu'on se fait chier. Pis y'a rien de tel que le grand air pour décuver. »
« Là où le vent nous porte. »

Pourvu qu'il ne soit pas empoisonné.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Lun 13 Juil - 21:50

Invitée surprise






Prendre soin d'elle. La vieille Nimuë eut un sourire énigmatique : Satine savait très bien s'occuper d'elle-même, toute seule. Cheminer, solitaires sur des sentiers tortueux, les O'Bannon avaient toujours marché là-bas, vers l'inconnu. Un feu unique coulait dans leurs veines, et ce goût pour l'aventure ne pourrait jamais s'effacer. Bien que l'Onde faisait son œuvre, bien qu'elle, la vieille sorcière bleue devait jouer son rôle de chaperon, elle fut tout de même soulagée, en ouvrant la porte de la chambre, de n'y voir personne. Une assiette pleine de pommes de terre fumantes en main, l’aïeule ne put s'empêcher de partir dans un rire tonitruant.

« Tu es bien une O'Bannon, ma petite fille. »

Alors, tournant le dos à la pièce en pagaille où flottait une odeur métallique, elle retourna à ses affaires, pourvu qu'on lui laisse un peu de répit avant de devoir quitter son sanctuaire. L'idée de la poursuivre maintenant lui semblait de toute façon ridicule et dérisoire. Il y avait bien un Jack pour veiller sur elle … Son sourire s'élargit, la vieille observa un moment la porte de l'entrée que Celsius avait poussé quelque temps plus tôt. Dans peu de temps, le Roi des Ronces lèverait les voiles, sans avoir conscience que la Reine était à son bord. Probablement perdue, mais répondant à un appel qu'elle n'avait su réprimer.

Il avait été si pressant : avait-elle deviné pour sa sœur, chair de sa chair, sang de son sang ? Ou bien cherchait-elle à retrouver son premier amour, la mer ?

D'iode et d'ambre son parfum emplissait ses narines, faisant naître dans son cœur, des sensations étranges. Mélange d'excitation et de profond respect. Sans se l'expliquer, Satine O'Bannon se sentait chez elle, plus encore quand ses pieds foulèrent le bois clair qui composait le Pearl. Elle avait profité du manque de vigilance des pirates pour se faufiler – manquant de se faire prendre à chaque mauvais pas – dans le ventre du navire, parmi les ténèbres, puisque là était sa place. Elle fut surprise de constater que, malgré son état, elle était parvenue à trouver son chemin. Comme si elle était guidée par autre chose que ses yeux. Déjà Satine apprenait, se relevait. Comme Nimüe lui avait expliqué.

Il y a un temps pour tout.

Une présence à ses côtés lui offrait le courage qui lui faisait défaut, lui chuchotant des paroles réconfortantes à son oreille. Cette personne qui conversait dans sa tête lui intimait de sortir maintenant. Ses oreilles entendirent le bruit de pas de plusieurs hommes qui s'éloignaient, grimpant quatre à quatre les escaliers qui les mèneraient sur le pont. Ni une ni deux, Satine O'Bannon s'engouffra dans une pièce, une cabine qui avait une odeur de nostalgie. Après avoir prit soin de refermer la porte derrière elle, l'ancienne capitaine demeura un long moment immobile, le regard fixe tandis qu'une légère vibration dans l'air se manifestait peu à peu. Un chant à ses oreilles. Ses doigts caressèrent amoureusement la boîte dans laquelle sommeillait son écaille. Elle, elle la reconnaissait, et la revoir lui donna du baume au cœur.

Je sais qui tu es, et tu sais qui je suis.

Mais tout à coup, le charme fut rompu : quelqu'un arrivait. Elle trouva refuge sous le grand lit, n'ayant trouvé d'autres alternatives sur le moment. En fait – encore – la jeune femme n'avait pas réfléchit pour se laisser guider. Ventre à terre, un peu honteuse et fatiguée, l'invitée surprise ne cilla pas, pas tant que la personne qui venait d'entrer – probablement un matelot au service de ce Jack – s'affairait à … déverser de l'eau dans quelque chose. Les sourcils froncés, un autre gaillard – pas le capitaine, elle ne reconnaissait pas sa démarche, beaucoup moins lourde et pataude que ces deux là - fit lui aussi irruption en criant sur le premier.

« Triple buses, qu'est-ce que tu fous ?! » le concerné balbutia, somme toute gêné en constatant son erreur. « Désolé, l'habitude, c'est que Mary … »

Mary ? Ce nom ne fit que faire grandir sa contrariété. Qui était cette Mary ? Les deux pirates quittèrent la cabine non sans diviser d'une manière plus amicale. L'eau était chaude, d'une température idéale. Sans s'en rendre compte un sourire se prit à trôner sur le visage de Satine qui, sans hésiter davantage, se glissa dans la baignoire. Un soupir de contentement s'échappa de sa gorge, et aussitôt, elle se sentit revivre. La jeune aveugle avait l'impression que c'était là une vieille et implacable habitude qu'elle venait de contenter.

Je suis déjà venue ici.

Elle se souvint des paroles de l'homme de tout à l'heure. Si elle avait été sa prisonnière, elle risquait gros en revenant dans les filets de son ravisseur, non ? Cette pensée en entraînant d'autre, l'ancienne pirate vagabonda longtemps dans son royaume embrumé. Mais déjà on levait les amarres. Déjà on empruntait le chemin des eaux. Quitter cet endroit chargé de magie, mais pour aller où ? Satine se le demandait bien, tandis qu'elle se laissait aller, prenant une profonde inspiration avant d'aller sous l'eau. En ouvrant ses prunelles, elle ne distingua rien d'autre qu'un piètre jeu d'ombres et de lumières qui l'agaça.

Quelques bulles s'échappèrent pour crever à la surface de l'eau.

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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   Mar 5 Jan - 10:20

Réveille-toi !







- Réveille toi !

Où suis-je ? Ça y est ? Je suis enfin morte ? Non, je ne le suis pas, pas tout à fait. Il y avait quelqu'un qui m'exhortait à revenir. Pourquoi le ferais-je ? Je suis bien ici, personne pour me faire chier. Pas de Celsius, pas d'Arbhaal rien ni personne, juste moi. Avec mes pensées. Mais même ça, ça ne me plaisait pas vraiment. J'avais toujours fait en sorte de ne pas trop rêvasser sur moi-même. C'est en tombant dans ce piège que je m'étais tranchée la gorge et mit fin à mes jours. On ne pouvait pas dire que je regrettais ce que j'avais fait. C'était bien pire que ça, j'étais allée trop loin et, dans ce moment passager de folie, j'avais définitivement sombré. J'avais tué ce qui restait de moi, de la Sirène Maléfique, de Mary Red, de Satine O'Bannon. À présent que j'ouvrais les yeux je voyais toute l'immensité du Monde qui me faisait face, noir, imposant mais pas oppressant pour autant. J'étais toute seule avec pour seule compagnie ma solitude. Je me redressais finalement, agacée par l'appel répété de cette voix que je reconnaissais. La vieille Nimuë pouvait aller se faire foutre, je ne reviendrais pas. Pas avant d'avoir une bonne raison de le faire.

Silhouette blanche et seule, je pars sur un sentier au hasard, à l'aventure.

- Réveille toi !

Toujours elle. Pourquoi ne me laissait-elle donc pas en paix ? Pourquoi est-ce que la Wyvern était venue me chercher ? J'aurais pu être heureuse, même dans le mensonge. Il avait fallut qu'il s'en mêle. Comme toujours. Malgré moi un petit sourire s'esquissa sur mes lèvres. On avait beau dire, quand bien même il était un rustre, un être violent et orgueilleux, tout drapé dans sa fierté mal placée, il était parvenu, à sa façon à me rendre heureuse. Et Celsius … Mon sourire était mort. Le Saint des Poissons avait toujours veillé sur moi, d'une manière ou d'une autre, quitte à aller dans les pires extrémités pour me sauver. Je l'avais moi-même fait et si c'était à refaire, je le referais. J'arrêtais mes pas, ne sachant que faire, où aller, où me rendre. Deux chemins. L'un s'enfonçait dans les ténèbres, l'autre vers la lumière. En tendant l'oreille je pouvais entendre plus nettement la voix nasillarde de la Sorcière Bleue. Elle me cherchait.

La vie face à la mort, je devais faire un choix.

Ne l'avais-je pas fais ? N'avais-je pas choisi la vie en acceptant de partager la vie de Cel' ? Non, j'avais opté pour la mort dès l'instant où mes doigts avaient trouvé la garde du poignard. Celui-là même que l'ancien Saint m'avait confié, dans les geôles de l'île de Circé. Je me retrouvais à la croisée des chemins, inerte mais le cœur battant.

- Réveille toi !

Je n'en ai pas vraiment envie. Je n'ai aucune raison de le faire ! J'en ai assez de souffrir et de faire souffrir ceux qui avaient la malchance de croiser ma route. Ici, je ne faisais de mal à personne. On ne regretterait pas celle qui apportait dans son sillage, calamité, malheur, chaos. Voilà ce que j'étais. J'étais pire qu'une simple Sirène Maléfique. Les Dieux avaient décidé de faire de moi un instrument grotesque et monstrueux. Destinée à l'Ombre.

Je soupire, je fais un pas vers les Ténèbres.

- Reviens !

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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]   

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[Septembre 1755] L'exil de la Sirène Maléfique [Lieu inconnu]

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