RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]

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Satine


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MessageSujet: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Mer 1 Juil - 18:06

Où suis-je ?







Où suis-je?

Péniblement, Satine ouvrait les yeux, mais ne vit rien d'autre qu'une forme indistincte devant elle. Elle se souvenait vaguement que Nimuë l'avait guidé jusqu'à son lit pour qu'elle y trouve du repos. Ces derniers jours passés avec elle ne lui en avait apporté que peu, pourtant, elle passait la majeure partie de ses journées alitée, trop faible pour pouvoir prétendre à faire quoique ce soit. Et encore moins marcher. Les rares fois où la Sirène s'assoupissait, s'était pour se réveiller haletante et en sueur, au bord de la panique. Chaque fois qu'elle glissait vers le Royaume des Rêves s'était pour mieux être chassée, traquée par une sorte de bête sauvage à l’œil brillant, aussi noir que la nuit. Cette dernière se ruait sur elle, ses crocs saillants toujours plus proches, prêts à la mordre. La jeune femme se réveillait à chaque fois en hurlant, sentant l'animal refermer ses mâchoires sur son bras.

Le reste de ses nuits, elle les passait recroquevillée, à pleurer sur son passé qu'elle perdrait à tout jamais. Dans quelques heures

Où suis-je?

Mais cette dernière nuit, cette ultime nuit semblait différente. Elle possédait quelque chose de … réel. Sans se l'expliquer, la jeune femme était telle qu'elle était autrefois : grande et élancée, d'une beauté sauvage avec ces cheveux fauves, ces prunelles pareilles à la mer. Aveugle dans son Monde, dans celui-ci, elle pouvait voir ce qu'elle désirait. Un long sentier tortueux se dressa bientôt devant elle, et, aussitôt, elle reconnu les pourtours de ce mont Yomotsu où elle avait failli être précipitée. Son cœur se serra dans sa poitrine.

C'est un rêve, il n'y a que moi ici. constata t-elle en faisant quelques pas dans la poussière. Je ne comprends pas. Même ici elle se sentait perdue et faible, pauvre fleur solitaire et blanche, au milieu de toute cette grisaille. Oneiros ? Non, je ne pense pas.

Elle continua à cheminer, sentant qu'il fallait qu'elle se rende au sommet de ce mont. Étrangement, quand elle sentit le vent se lever, balayer sa chevelure comme une oriflamme dressée dans la vallée, Satine en ressentit la morsure sur sa peau. Et eu la surprise de se voir dans son plus simple appareil. Tant pis, il n'y avait de toute façon personne ici. Un sentiment de tristesse accaparait son cœur et ses pensées, mais chaque fois qu'elle en remontait le cours, elle perdait le fil. Nimuë m'avait prévenu que ma mémoire me ferait vite défaut. Je ne pensais pas que ce serait si rapide. Vais-je perdre tous mes souvenirs ?

Satine se préparait à cette éventualité, le cœur serré.

Pourquoi suis-je ici? se demandait-elle sans relâche alors qu'elle s'écorchait les pieds. Ici aussi je ressens la douleur.

Et tandis qu'elle continuait de se demander pourquoi elle se trouvait là, la voici enfin arrivée tout en haut. D'ici, la jeune femme pouvait contempler l'ensemble de ce paysage désolé, moribond. Où tout n'était que sable gris-argent. Mon nouveau Sanctuaire ? Je crois … oui je crois que je suis déjà venue ici.

C'était flou, si flou que l'instant d'après, elle avait oublié. Ses yeux se tournèrent alors vers le gouffre, cette gueule béante qui semblait l'appeler. Ses pieds s'immobilisèrent à quelques centimètres du bord, et, doucement, la belle se pencha pour contempler le vide.

Je sens un souffle chaud sur mon cou ...

Une bien agréable sensation.





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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Jeu 2 Juil - 19:46

Je suis là…

Lentement, avec ce subtil mélange de fermeté et de douceur qui me caractérisait avec elle, je saisis ses hanches pour l’attirer vers moi, loin de l’abysse qu’elle contemplait. A peine son corps heurta-t-il le mien que mes lèvres vinrent se poser sur son coup de cygne en une caresse pleine de promesses. Je restais là, corps contre corps, chair contre chair, à simplement aimer cette femme. Comment étais-je parvenu en un tel lieu ? C’était un mystère. J’avais fini par succomber à l’épuisement du haut de mon trône de pierre, et ma psyché, bénie soit-elle, m’avait attirée ici. Près d’elle. Les erreurs, les injures, la souffrance infligée, la rancune, plus rien n’existait. La fraicheur de sa peau nue semblait narguer le brasier qui courrait sous la mienne. Nos deux corps dans le plus simple appareil frissonnèrent à l’unisson d’une passion qui me submergea de son impérieuse présence. J’en étais l’esclave et nul autre asservissement n’aurait su tant me combler.

Satine…

Je soupirais ce mot. Je buvais ce mot, je le savourais, je le laissais exprimer ce que mon cœur ressentait. L’une de mes mains remonta le long de ses courbes généreuses pour venir saisir son menton délicat, dans un mouvement volontairement lent et sensuel. Puis, d’un coup sec, je la fis virevolter telle la plus magnifique des ballerines pour la faire atterrir contre mon torse glabre. Nos yeux se croisèrent et semblèrent se noyer l’un dans l’autre en une parfaite harmonie. Elle était la seule au monde à pouvoir raviver à ce point la vie de l’homme au détriment du juge. Et je ne pouvais qu’apprécier ce don unique en cet instant ô combien précieux.

Est-ce un rêve ?

J’eus peur de me trouver face à une odieuse chimère de mon esprit épuisé et las. Un mirage se présentant l’objet de mon désir alors que je tremblais de la perdre. Mes mains tremblèrent mais je refusais de la lâcher de peur qu’elle ne s’évapore de nouveau. Je ne voulais plus jamais l’abandonner, même si ce n’était qu’une illusion passagère.

Je me souviens… De la première fois où j’ai vu tes boucles flamboyantes. Tu te rappelles ? D’ailleurs, je ne me suis jamais vraiment excuser d’avoir fait bruler ta demeure et ton précieux vin… Heureusement que tu étais là pour me ramener sur le bon chemin. Cette escapade sur ton bateau… Tu t’étais mise dans ton bain devant moi, qui n’avait jamais vu de femme nue. Je crois que c’est à ce moment-là que je suis tombé fou amoureux de toi… Non à cause de ton physique mais de ce grain de folie, de rébellion, d’impudeur.

Un sourire tendre se dessina sur mes lèvres avant que je ne me penche pour l’embrasser de toute la force de ma passion.
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Satine


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Jeu 2 Juil - 21:44

Ne m'oublie pas







Oh c'est pour te dire au revoir que je suis ici? Satine eut un petit sourire. Je sais que tu es là, tu as toujours été là pour moi ...

Le jeune homme la captura entre ses bras vigoureux, comme si il craignait qu'elle ne s'évanouisse. Pourtant, elle savait que le temps leur était compté. Ce doux songe ne serait pas éternel et pourrait même prendre une tournure plus brutale. Seulement voilà, Satine ne se sent pas le courage de lui avouer cette terrible vérité.

Que bientôt, je t'oublierais.

Elle se laissa faire, se laissa guider sans mot dire mais frissonna de tout son être quand il lui murmura son prénom. Pas Mary, Satine, juste Satine. Comme ses caresses allaient lui manquer, son regard, son amour aussi. Mais il était trop tard pour faire machine arrière. Les derniers événements avaient scellé son Destin pour toujours. Et ce fut avec cette pensée qui lui enserrait le cœur que la Sirène alla trouver refuge dans les bras de son amant. Son précieux amour qui n'aurait jamais dû naître. Mais qui existait bel et bien, se suffisant à lui même, précieux aussi, qui telle une fleur, bravait le vent des tempêtes.

Pourtant, aux tréfonds de son âme, la jeune femme savait qu'il s'éteindrait en même temps que le rituel débuterait. Cette perspective la fit verser des larmes amères, se laissant aller à son chagrin tandis qu'elle posait sa tête contre son torse. Ce brasier lui manquerait, elle qui avait tant aimé s'y brûler. Nullement préparée à cette dernière entrevue, la pirate y voyait toutefois une chance. Oui une bénédiction ! On lui laissait l'opportunité de faire ses adieux, de se confesser aussi.

Je n'y arriverais pas.

Ils n'évoluaient pas dans un rêve. Ils semblaient plus perdus entre deux mondes, à naviguer dans un décor qui n'avait rien de beau, avec sa grisaille et cette froideur environnante. Non, s'ils avaient été dans un rêve, nul doute qu'ils auraient été là-bas sur son navire, à revivre ce moment dont il parlait, justement. Ce souvenir pas si lointain d'eux la fit redresser la tête vers son visage. En affrontant le doré de ses yeux, Satine capitula.

« Bien sûr que je m'en rappelle. » Elle aurait voulu y ajouter un je m'en souviendrais pour toujours mais ce serait un odieux mensonge. Et elle ne voulait plus de ça. Plus de mensonge, de cachotterie. Or elle se souvenait que la fois où elle avait énoncé la vérité, toute crue, ceci s'était soldé par … ça « Ce n'est pas la première fois que l'on se rencontrait, souviens-toi. Et puis … tu me fais marcher ! J'étais pas la première femme que … non, t'es sérieux ? »

On sentait dans le timbre de sa voix qui lui en coûtait de jouer encore ce rôle. Même si cet air mutin qu'elle affichait n'était pas totalement feint, il fut vite balayé par une expression de détresse pure. Que la belle n'aurait sut dissimuler plus longtemps.

« Je ne sais pas pourquoi nous sommes ici. Mais j'ai l'impression que l'on m'offre une chance de te faire mes adieux. D'ici quelques heures … je … je … » Comme il lui était pénible de lui dire ces mots ! Elle aurait préféré que sa langue soit écorchée. Qu'on la lui arrache. Pendant un temps, secourable, il se pencha sur elle pour l'embrasser avec passion. Mais ... « Je perdrais tous mes souvenirs. Je vais t'oublier. »

Ses bras se resserrèrent autour de sa taille. « S'il te plaît, n'oublie pas ta promesse, n'oublie pas de me garder un place auprès de toi, quand mon heure sera venue. Et oublie … le reste … »

Soudain, Satine se souvint d'une phrase de Nimuë, aussitôt la jeune femme se recroqueville sur elle-même. Un combat intérieur prit place dans sa conscience oscillante. Ce serait un terrible coup de lui dire qu'elle attendait un enfant de lui, surtout maintenant qu'il savait qu'elle oublierait jusqu'à son existence. Surtout quand la Sorcière Bleue l'avait prévenu de la forte probabilité qu'il ne puisse survivre à son sang empoisonné. Une myriade de sentiments se bousculaient sur son minois de porcelaine. C'est si dur … Je ne veux pas te faire plus de mal. C'est pour ça que j'ai pris cette décision.

Les mots lui échappèrent malgré elle, ses yeux turquoises s'écarquillèrent. « J'attends un enfant de toi, Arbhaal. »





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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Ven 3 Juil - 15:08

https://www.youtube.com/watch?v=XCcmb2K0MH4

Je la tenais contre mon corps, et il me sembla l’espace d’un instant que nous ne faisions qu’un. Satine et Arbhaal se muaient en une entité indépendante, puissante, impérieuse née de notre osmose, de notre confiance, de notre amour. Nulle force au monde n’aurait été en mesure de me faire lâcher cette femme. Mes bras constituaient un cocon protecteur, prêts à la protéger contre toute intrusion, toute douleur ou souffrance. Je ne tremblais pas en entendant ces mots tant redoutés. Bien que mon cœur se fissura, ma chaleur corporelle ne varia pas d’un iota. Je souffrais en silence, incapable d’exprimer mon désarroi. M’oublier ? Nous oublier ? Comment le croire ? Les craintes nées des révélations de l’amie de Gilles prenaient donc une sinistre tangibilité. Je me devais d’y faire face sans entrer dans le déni. Notre amour était si fort, si précieux, comment croire qu’il pourrait fondre par l’effet d’une simple sorcellerie ? Pourtant, Satine en semblait persuadé. Lui donner de faux espoirs serait trop cruel. Je m’y refusais. Toutefois, une certitude me vint et je m’exprimais pour lui faire partager la foi qui m’animait.

Si je suis parvenu à te séduire une fois, pourquoi ne pourrais-je pas recommencer ? Que ton amour pour moi soit endormi ou véritablement effacé, je ferais en sorte de le ressusciter. Oublier ne veut pas dire que le reproduire est impossible. C’est un nouveau défi, voilà tout. En attendant, j’ai bien assez d’amour pour nous deux…

C’est alors que le coup fatal tomba. D’abord par ses larmes, cette pluie de l’âme qui me faisait tant souffrir lorsqu’elle tombait des yeux de ma douce Satine. Puis par cette révélation inattendue. Ce choc que je n’avais pas anticipé, pas prévu. Stupide que j’étais, pourquoi n’avais-je jamais envisagé une telle possibilité ? Les dieux étaient décidément bien moqueurs pour qu’un tel bonheur tombe en un moment si tragique. Moi, père ? L’idée même avait de quoi me faire exploser de rire, de bonheur et de terreur à la fois. Un juge des enfers, impitoyable et cruel guerrier tel que moi pouvait-il apporter autre chose que du malheur à un enfant innocent ? Moi, le porteur de mort, qui venait d’offrir la vie… Une larme, solitude argentée, coula le long de ma joue pour venir mourir dans la chevelure flamboyante de ma mie. L’annonce du sort de Satine n’était pas parvenue à me faire trembler, mais cette nouvelle y parvint. Je ne contrôlais plus rien, ni mon corps, ni mon cœur. Avais-je déjà été aussi heureux ? Non. Et pourtant cette fois joie de courte durée, je le savais, ce qui la rendait d’autant plus précieuse. Avec la plus infinie douceur, je posais une main moite entre les hanches de ma femme, cherchant à ressentir la présence de mon héritier.

Tu ne pouvais me faire plus beau cadeau… Cet… cet enfant sera le symbole de notre histoire. Son existence même contrera toute la sorcellerie du monde. Même si tu m’oublie, il servira de rappel, de témoignage destiné à prouver au monde entier que notre bonheur et notre amour étaient bel et bien réels.

Je baissais alors le menton pour embrasser le haut de son front, en un geste protecteur et attentionné. Les dieux reprennent, les dieux donnent…

Je te fais une nouvelle promesse, Satine. Moi vivant, il ne manquera jamais de rien. Il ne connaitra jamais l’enfance malheureuse que tu as connue, les privations ou la peur du lendemain. Je le protégerais du monde entier, s’il le faut.
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Satine


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Ven 3 Juil - 16:10

Tout ceci a un sens ?








« Nous trois. » rectifia t-elle dans un sourire des plus sincères. « Le moins que l'on puisse dire, c'est que les O'Bannon sont fertiles. »

Elle affirmait cela un peu au hasard, ou pour son propre compte. Car après tout, elle ne connaissait pas de frères ou de sœurs à Jack son père. Et Ann n'avait jamais enfanté encore. À sa connaissance, car, si il y avait bien une chose dont on pouvait être sûre sur sa famille, c'était qu'elle demeurait secrète et surprenante. Sa rencontre avec sa grand-mère en était le parfait exemple. Serait-il possible que ses enfants soient la chose à laquelle elle pourrait toujours se rattacher, qu'importe les malheurs et les tourments qui l'accableraient ? Arbhaal accueillait la nouvelle mieux qu'elle ne l'aurait jamais soupçonné. Satine lui en était reconnaissante. Comme elle pouvait l'aimer, lui et sa foi inébranlable.

Malgré les lourds nuages noirs se profilant à l'horizon, c'était cette foi-là qui aurait raison de tout. Ne disait-on pas que l'amour était plus fort que tout ?

Pourtant il subsistait doutes et craintes dans le cœur de la Sirène Maléfique car il se pourrait qu'elle change radicalement et que l'alchimie entre ces deux êtres ne soit plus possible. « Imagine que je ne sois plus jamais la même ? Que la pirate que tu as connu soit morte ? Qu'il n'existe plus de fougue, ce grain de folie que tu aimes tant chez moi ? … Il se pourrait que tu ne m'aimes plus. Alors tout s'éteindrait définitivement et je ne le veux pas. »

Cette éventualité était envisageable : la marque d'Amphitrite, ou l'Onde, aurait un impact conséquent aussi bien sur son physique, que sur sa personnalité de feu. Ceci n'était pas sans leur rappeler cet épisode au temple du Lion, où ils s'étaient affrontés, lui, féroce, s'opposant à la volonté de son Impératrice ayant prit possession de la jeune femme.

Avec une infinie délicatesse, Satine alla récolter la larme unique roula sur la joue de son aimé avant qu'elle ne se heurte à sa chevelure, la conservant au creux de sa paume. Ainsi emprisonnée, peut-être la garderait-elle cristallisée autour de son cou, en « souvenir ».

« J'ai si peur … » confia t-elle dans un murmure presque inaudible.

Elle redoutait les moments à venir. Rien que de penser à sa prochaine rencontre avec la Wyvern lui serrait le cœur. La jeune Satine ne le reconnaîtrait pas, se méfierait sans doute de ses paroles, de ses gestes, tout se serait envolé dans une bourrasque de vent. Comme il était si aisé de les manipuler, eux, simples mortels. Aurait-elle la force de s'insurger une dernière fois ? Elle craignait bien que non.

Car si elle tenait debout, fière et robuste sur ses deux jambes ici, la réalité était toute autre. Sa main chercha la sienne, la plaçant au niveau de son ventre. Déjà la vie était à l’œuvre, ce merveilleux don qu'on lui avait offert. Sur ce point, Satine ne pouvait se dire malheureuse. Peut-être, oui peut-être devait-elle y voir un signe. Une opportunité de vivre une vie plus sereine, entourée de ses enfants semblait se dessiner devant elle.

N'était-ce pas ce qu'elle avait toujours voulu ?

« Comment voudrais-tu l'appeler ? » Si par miracle, le poison ne le ou la tue pas ... « Surtout n'en parles à personne. Je ferais en sorte que cet enfant naisse dans le plus grand secret, afin de le protéger. S'il sera un précieux souvenir, une surprise sans doute à mon … « éveil », je reste persuadée que je le chérirai. »

Sa dernière requête à Nimuë, Satine O'Bannon l'avait trouvé en cet instant. Elle lui demanderait de camoufler son état le plus longtemps possible, et, quand l'heure sonnera, elle se rendrait aussitôt sur son île. Restait à persuader la vieille sorcière qu'elle connaissait encore si peu. Seulement, l’aïeule demeurait sa dernière accroche, elle n'avait d'autre choix que de s'y raccrocher. De toutes ses forces.

« N'oublie pas que je suis une lionne, je le protégerai aussi. » Sa joue se posa contre son cœur. Sa voix trembla quand elle lui dit ces mots : « Tu vas terriblement me manquer, Arbhaal. »

Mais ce sentiment de manque, de perte, restera t-il, après?

Tant de questions se bousculaient dans son esprit torturé. « Je ne sais pas quand nous nous reverrons, mais si un jour je dois revenir, tu me trouveras … en Italie, au milieu de ce petit vignoble que je ferais renaître de mes mains, ce lieu restera mon refuge. Notre refuge. »

Cette promesse faite à elle-même, elle s'efforça de le graver dans son cœur. Profondément, dans l'espoir qu'elle ne meurt pas, qu'elle se meut en une sorte de sentiment instinctif. Toujours soudés l'un à l'autre, le couple ressemblait à une statue de marbre, dont l'immobilité parfaite, faisait écho à l'éternité. Que leur amour demeure !

« Je ne crois pas au hasard Arbhaal, je n'y ai jamais cru … et j'espère de tout mon cœur que tout ceci aura un sens, un jour ou l'autre. »





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Arbhaal


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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Jeu 16 Juil - 19:07

Je l’écoutais, la gorge nouée par l’émotion et, avouons-le, pas une peur terrible, corrosive. J’entendais ses doutes, l’expression de sa légitime frayeur. Pouvait-elle perdre ce qui faisait-elle la femme que j’aimais ? Non. Non ! Impossible qu’une sorcellerie quelconque puisse à ce point changer quelqu’un d’aussi fort de caractère et d’âme que ma Satine.

Je n’ai pas envie d’avoir peur de l’avenir. Effacer des souvenirs n’est pas modifier l’essence même du cœur. Ta mémoire sera peut-être vide, mais ton cœur lui… N’oubliera pas. J’en suis persuadé. Souviens toi mon amour, lorsque l’esprit de la déesse des océans avait dérobé ton corps. N’étais-je pas parvenu à te ramener ? N’avais-tu pas trouvé la force de revenir ?

Bien que douloureuse à plus d’un titre, cette expérience avait été incroyable. Je n’avais pas hésité à défier une déesse enragée pour la femme que je tenais dans mes bras. Que pouvait donc la magie noire face à notre lien unique ? Rien ! Mon étreinte se resserra machinalement, comme si mes bras seuls pouvaient la retenir contre moi telle qu’elle était. La question qu’elle me posa alors me fit sourire, dissipant momentanément ma crainte.

Un nom… Oui, il faut lui donner un nom à ce petit miracle…

Cruel dilemme. Un patronyme venu de la mythologie ? Un prénom moderne peut être ? Je n’avais jamais pensé à ce type d’interrogation, et je m’en mordais aujourd’hui les doigts.

Pourquoi pas Soter ? C'est le nom d'un esprit divin. Celui de la délivrance du mal. Ou alors Antéros, le dieu de l'amour réciproque. As-tu toi même une idée ?

J’aurais tant voulu pouvoir l’élever, prendre soin de lui. Si Satine avait accouchée avant sa perte de mémoire, je crois que j’aurais pris mon enfant sous ma protection, mais malheureusement le destin ne me laisserait pas cette chance. A moins que…

Satine. Je viendrais vous retrouver lorsqu’il sera né. Que ce soit en Italie ou ailleurs. Dans le cas où tu ne serais plus en mesure de t’occuper de lui, je le recueillerais. Je ne veux pas que notre enfant grandisse entouré de ceux qui t’auront fait tant de mal…

Oui, j’étais peut être un père bien étrange, mais je me refusais de devenir un parent absent, susceptible d’abandonner son héritier à la première famille d’accueil venu. Surtout si Jack en venait à désirer éduquer son petit-fils. Je restais impuissant face au mal qui allait engloutir ma Satine, mais il n’en serait pas de même pour notre enfant. Mes mains tremblèrent mais je restais là, immobile contre cette femme tant aimée, tant chérie.

Notre amour était impossible, imprévisible. Personne n’aurait pu y croire, pas même nous. Et pourtant, nous avons lutté contre les nôtres, contre les dogmes de nos divinités, ou les préjugés. Ce n’est qu’une épreuve de plus. Nous la surmonterons une fois encore. Tu es la seule femme de ma vie, mon unique amour. Rien ne personne ne changera jamais ça.

Je levais la paume de la main vers le ciel obscur et y concentrait l’essence même de mon cosmos. Une flamme crépitante y naquit pour venir danser sur ma peau.

Choisis, mon amour. Quel motif dois-je graver sur ma peau comme hommage à notre passion ? Quelle figure fera vaciller ton cœur, même si ta mémoire ne s’en souvient plus ?
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Jeu 16 Juil - 20:34

Une marque indélébile







C'était vrai, elle le pensait capable de tout, quitte à braver tous les dangers, l'impossible pour elle. Son unique amour. Il s'était dressé, inflexible et plein de fougue, face à la Déesse Amphitrite, qu'importe qu'il s'y soit brisé les ailes en essayant de la ramener. Une lueur de reconnaissance gravitait dans les yeux de Satine, elle lui souriait, plus que jamais. Il venait de chasser pour un temps ses doutes et ses craintes. Dans un soupir, elle allait se lover entre ses bras, quand, s'essayant à trouver quelques prénoms pour leur futur enfant, elle stoppa son geste.

« Soter ? Soter de porc ? T'es sérieux là ? » Elle fit la grimace avant d'éclater de rire. Son visage, après quelques secondes d'hilarité, redevint sérieux. « Antéros … Oui … Antéros, c'est parfait. »

Cette fois elle alla poser sa tête contre son torse, savourant chaque instant passé auprès de lui. C'était les derniers moments de bonheur qu'ils vivaient. Qu'ils pourraient vivre … L'angoisse et la peur enserraient une fois encore sa gorge. De le voir si enclin à vouloir préserver son « petit miracle » - ces deux mots ne faisant que faire naître un autre sourire sur les lippes de Satine – la jeune pirate su que l'avenir ne pourrait pas être si noir. Mais elle n'était pas d'accord sur ce point et elle lui fit savoir.

« Non, on ne m'arrachera plus aucuns de mes enfants. » Ses prunelles brillaient d'une certaine férocité. Son visage se leva vers le sien. « Je profiterais de tout ceci pour me retirer du « Monde ». Je songe, malgré tout, qu'une vie de tranquillité m'attends. Avec mes enfants. Ce serait un doux rêve, n'est-ce pas ? J'entrevois même l'illusion que tu y participe activement … »

Une illusion, une chimère car Satine savait pertinemment tout le devoir et la dévotion que le Juge portait aux Enfers. Mais elle décidait de ne plus lui en tenir rigueur. Chacun devait faire ses choix, quitte à emprunter des chemins différents. Cela ne voulait pas dire qu'ils ne se recroiseraient jamais et qu'ils n'évolueraient plus ensemble sur un même sentir. Qu'il soit lumineux ou sombre.

« J'espère que tu dis vrai, oh oui, je l'espère ardemment. Ô mon Juge … »

Elle le vit concentrer son cosmos dans sa main, créant ainsi une flamme noire, crépitante d'une énergie sombre. La jeune femme à la flamboyante chevelure le dévisagea interloquée. Face à cette idée, le visage de Satine s'assombrit, se perdant dans ses pensées. Avaient-ils vraiment besoin de cela pour se reconnaître ?

Une marque indélébile.

« Une flamme. » annonça t-elle subitement en levant ses prunelles vers lui. « Oui une flamme noire » répéta t-elle en l'observant, pleine d'amour et d'espérance. « Je pense que je me souviendrais toujours … »

Mutine, elle laissa sciemment sa phrase traîner en longueur avant d'annoncer, un sourire taquin sur les lèvres. « Oui je me souviendrai toujours que tu as cramé toutes mes vignes ! Fou que tu es … »

Elle glissa dans sa main libre la sienne, nouant ses doigts avec force.

« Mais je veux que tu laisses une marque sur moi aussi … »

Selon elle, il n'y avait pas de raison. Et les cicatrices, la pirate sanguinaire qu'elle avait été connaissait ! Même si on les lui avait toutes ôté …





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Ven 17 Juil - 17:20

Le nom était donc bel et bien choisi. Rien que d’entendre ce simple mot, mon cœur battait la chamade. Il n’était pas encore né, mais je l’aimais déjà. Et sa mère aussi. Son commentaire sur ma proposition me fit éclater de rire, fait étrange dans un tel lieu de mort et à un moment si tragique. C’était ma Satine ça… Redevenu soudain sérieux, je l’écoutais avec calme me priver de l’opportunité d’élever mon enfant. Je comprenais ses sentiments, mais je souffrais d’être victime de cette situation terrible. Que faire ? Rien à part attendre. Il me faudrait revenir vers elle en tant qu’homme anonyme et non en tant que juge, si je voulais avoir une chance d’approcher mon propre enfant. Une flamme de colère embrasa mon cœur. Quels monstres pouvaient nous infliger un tel sort ?! Et pourquoi ? Un jour, j’aurais la réponse et je leur ferais payer au centuple le prix de ce drame. Satine eut tôt fait de déterminer la figure qui saurait lui revenir en mémoire le moment venu. Une flamme noire ? L’idée se prêtait à sourire. Cette image pouvait soit me représenter moi-même, soit définir notre relation. Ardente, obscure, vivace, passionnée. Un feu éternel. J’avançais mon visage vers celui, ô combien magnifique, de ma mie et l’embrassait avec la plus infinie douceur. De ma main libre, je libérais un mince liseré ardent qui vint se glisser le long de mon flanc pour monter vers mon cou. Sur son passage les flammes se gravèrent sur ma chair, sans que je n’y prête attention, tant la brève souffrance s’effaçait face au bonheur du moment. Je guidais alors les doigts de Satine, tenus dans mon autre main, vers mon cœur. Le feu puissant vint aussitôt danser autour de cette peau si douce, sans y laisser la moindre trace. Après quelques instants de ce traitement, un magnifique tatouage représentant une longue flamme obscure vint parer le côté gauche de mon buste, passant au plus proche de mon cœur. Point central de cet harmonieux dessin à jamais gravé sur ma chair, la paume de main de Satine surmontées de ses doigts joints offrait la vision d’une larme de chair.

Voilà mon cadeau. Une preuve de notre amour. Pour ne jamais oublier…

Un sentiment étrange me serra aussitôt la gorge. Machinalement, je tournais le regard vers mes mains pour les voir devenir translucide. Une seconde plus tard et tout mon être eut à subir ce sort. Loin de là, à une distance indéfinie et si lointaine, mon corps endormi commençait à s’éveiller. Notre bulle d’intimité, cet instant si précieux avant une perte dont je ne pouvais mesurer la morsure allait d’un instant à l’autre exploser. Je resserrais mon étreinte autour de cette femme pour lui communiquer une dernière fois tout cet amour qu’elle méritait. Pour pouvoir la rassurer par ma présence avant que le néant ne nous arrache l’un à l’autre.

Je vous retrouverais… Je t’en fais le serment ! Aucune divinité n’a jamais été en mesure de nous séparer. Ce n’est pas une misérable sorcellerie qui y parviendra. Ta mémoire vivra toujours en moi. Et en notre enfant… Prends soin de lui.

J’éclatais d’un petit rire nerveux, accompagné de tremblements.

J’espère qu’il n’héritera pas de l’entêtement de ses parents… Sinon nous aurons fort à faire…

Ce fut sur un dernier baiser que mon corps s’évapora, laissant dans son sillage quelques flammèches sombres et larmes vite évaporées. Emportant avec moi dans mon éveil, le souvenir de ce rêve ô combien réel et qui, difficile d’en douter, me serait d’un grand réconfort dans les temps à venir.
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Ven 17 Juil - 18:51

Promesse scellée







Ne jamais oublier, ne jamais s'oublier. Voilà la promesse qu'ils échangeaient dans son feu ardent, une flamme noire comme signature de tout ceci. Serait-ce leur dernier baiser leur dernière étreinte ? Son cœur se gonflait de tristesse face à cette perspective. Le peu de foi qui existait chez elle s'envolait au moment où elle le vit commencer à disparaître. Son corps s'effaçait peu à peu pour la laisser derrière lui. Malgré tout, il tentait là encore de la préserver en l'étreignant avec force. Il ne fallait pas qu'elle pleure. Il fallait qu'elle soit forte pour eux. Pour lui. Mais c'était trop difficile et elle avait peur de ne pas l'être assez pour traverser cette nouvelle épreuve, seule, désarmée, à s'engager sur un chemin obscur. Elle l'entrevoyait déjà alors que le paysage désolé du Mont Yomotsu se fissurait. Ce « monde », ce rêve était fragile et était sur le point d'exploser en un millier de grains de poussière cristallin.

La gorge serrée Satine O'Bannon continua de serrer ses doigts noués entre les siens. Non, s'il te plaît criait son cœur ! Pas maintenant, juste encore un peu ! Des larmes filaient sur ses joues pour se bousculer les unes à la suite des autres pour se perdre dans ses cheveux de feu. Tout ceci disparaîtrait, elle allait disparaître.

« La pirate que tu as connu est sur le point de mourir. »

Oui. À valser avec la Mort, dans une danse certes magnifique, on finissait assurément par s'y brûler les ailes. Satine connaissait les risques mais jamais, ô grand jamais elle se serait doutée que le Destin leur réservait pareil sort. Non, non, il lui fallait être forte, elle n'avait pas fait ces choix pour rien. Des serments, ils en feraient d'autres.

« N'oublie jamais que je t'aime, Arbhaal. »

Un ultime baiser et, quand elle rouvrit ses prunelles de jade, ce fut pour constater qu'il était définitivement parti. Que le noir l'enveloppait dans un manteau lourd sur ses épaules. Sa silhouette immaculée, tranchait fortement dans cette obscurité et il ne fallut pas longtemps à la Sirène pour tomber à genoux, pleurer sur son passé. Sur le présent. Restait à écrire le futur. Un futur effrayant qui effacerait ses souvenirs. Petite chose recroquevillée blanche et rouge, Satine ramena ses genoux contre sa poitrine, déposa sa tête sur ses bras croisés. Et elle attendit un certain temps que ses larmes se tarissent.

« Je me sens déjà seule... » laissa t-elle traîner avant de sourire. « C'est faux, je ne suis pas seule. »

Elle observa la larme qu'Arbhaal avait gravé dans sa main droite, se laissant aller à songer à leur première rencontre, le feu qui était né entre eux au premier instant. Au premier regard. Ses sourcils se froncèrent : tout devenait flou, une main passait sur la surface de ses souvenirs, et les visages devenaient méconnaissables. La jeune femme paniqua, se concentrait de toutes ses forces sur les moments qu'elle avait vécu auprès de la Wyvern, n'y parvenant plus au bout de quelques temps.

« Non … Non ... » Sa tête se secouait, la jeune femme se redressait d'un bond et, apeurée, tournait dans tous les sens dans l'espoir de voir quelque chose. Chasser les ombres. « Rendez-les moi ! »

Ses mains se placèrent au niveau de son ventre. Elle gronda, s'adressa à la face d'un faux ciel d'encre qui s'étendait à l'infini au dessus de sa tête. « Non ! Vous ne me le prendrez pas ! »

Sur cet avertissement le cosmos de la belle Sirène explosa, phare dans les plus épaisses ténèbres.





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Dim 19 Juil - 16:34

La rencontre s'était muée en solitude. Les Enfers en nuit opaque. Le dénouement en tragédie. A l'instar de cette flamme noire qu'elle portait désormais à la main, Satine essayait de brûler encore un peu d'espoir, d'en raviver les braises. Le sort de Nimuë l'en empêchait.

Ombre au cœur du néant, il s'approcha de la rêveuse sans qu'elle ne perçoive.


"Rêve encore un peu, Satine O'Bannon. Je te le permets."

Peut-être reconnaîtrait-elle encore sa voix, sans savoir d'où elle provenait. Peut-être se souviendrait-elle de ses mains qui à présent saisissaient les siennes avec douceur pour la calmer. Il n'adoptait aucune forme définie, la pauvre Mary n'ayant pas une seule pensée sur laquelle se focaliser présentement. Arbhaal allait et venait dans sa tête, bientôt remplacé par l'enfant dont elle ne connaissait encore rien. Il se fit alors enfant. Serait-il blond comme le père ou rouquin caractéristiquement O'Bannon ? Et ses yeux ? Son visage ? De qui tiendrait-il le plus ? Les questions se bousculant dans la tête de la sirène, il ne pouvait lui apporter de réponse encore et se présentait comme une ombre. Une ombre que, malgré l'obscurité, elle pouvait voir à présent.

"Les cauchemars vont s'en aller. Je les ai chassés."

Et c'était vrai. Le sentiment de détresse qui accompagnait la peur terrible de ce noir sans fin disparut. Ici, dans son rêve -ou cauchemar-, il était capable de tout modeler à sa volonté. Il serra ses mains un peu plus fort, absorbant ces sentiments fort désagréables qui agitaient son esprit pour qu'il ne reste que l'apaisement. Les rêves avaient meilleur goût.

"Donne-moi une forme s'il te plaît."
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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Lun 20 Juil - 16:14

Une forme







La lumière avait attiré l'ombre, n'avaient-ils pas toujours œuvré de concert ? L'un n'existait pas sans l'autre et celle qui s'était fait appeler Mary se laissa faire. Toujours, elle avait été captivé par les plus épaisses ténèbres. Aujourd'hui, comme elles étaient réconfortantes pour elle. Elle qui était perdue dans le noir. On lui permettait de rêver pour quelques instants encore. Et cette voix familière, Satine la reconnaissait. Ces mains dans le creux des siennes, la Sirène se sentit aussitôt investie d'une nouvelle force, celle qui lui permit de calmer le cours de ses pensées. Flots chaotique, à la demande de la présence, elle s'empressa de les tarir pour se focaliser sur son enfant à naître.

Si risible, il n'était encore qu'une toute petite chose, un murmure dans l'immensité d'un monde dangereusement bruyant.

« Une forme ? » interrogea t-elle l'ombre en essayant de la voir. Puis, après un moment d'immobilité la jeune femme se pencha pour embrasser le front de la petite silhouette ombrageuse. Mère avant toute chose, elle imagina leur enfant à l'image d'Arbhaal tel qu'elle l'avait connu lors de leur première rencontre à Londres. Il avait gardé ses yeux, mais pas sa couleur mordorée, se teintant d'un vert-turquoise. Il était un enfant à moitié atlante, l'océan serait sa force. « Pourquoi faites-vous cela pour moi Seigneur Oneiros … pour nous ? Ou seulement pour lui ? »

Elle tourna la tête en tous sens dans le vain espoir de voir son amour réapparaître. Quand elle comprit qu'il s'était éveillé, que le rêve avait prit fin, sa mine se renfrogna. Un voile de tristesse s'installa sur les traits de la jeune femme.

« Vous avez dû entendre notre échange, je savais, oui j'avais l'intuition que vous étiez derrière ce miracle ! » s'exclama t-elle dans un petit sourire. «  Mais je ne lui ai pas tout dis, je ne voulais pas le blesser. Les blesser. »

Sa main glissa vers son ventre. Quelques larmes quittèrent le coin de ses yeux pour dégringoler dans le vide.

« Il a peu de chance de survivre à mon poison. Nimuë m'a dit que c'est parce que je le protège … mais je ne pourrais pas le faire éternellement, pas après … le rituel. »

Car il y avait un temps pour tout, la Sirène Maléfique venait de vivre celui des adieux sans savoir si il existerait celui des retrouvailles.

« Dites lui que je l'aime, et que je ne cesserai jamais de l'aimer. Un jour je le rejoindrai aux Enfers. »





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MessageSujet: Re: [Septembre 1755] Pour un dernier souvenir [PV Arbhaal - Satine]   Lun 20 Juil - 18:10


Le visage prit forme. D'abord les yeux, les traits généraux, puis les cheveux, d'une couleur si inhabituelle. Avec lui le paysage se mua en océan, et les deux êtres se retrouvaient assis sur un large rocher. L'enfant sourit en voyant naître son corps, ses mains.

"Je suis le maître des rêves. De tous les rêves. Je ne fais pas cela pour Arbhaal, mais pour toutes les personnes de ce monde. Et les vôtres sont particulièrement puissants, puisqu'il transcendant même la mort et les promesses d'éternité... Je me dois de cueillir ces rêves avant qu'ils ne fanent."

Au moment où elle pensait à lui, la Wyvern apparut de nouveau, mais elle savait, ils savaient tous deux que c'était une illusion sans consistance, n'ayant rien en commun avec celui qui l'avait quittée quelques minutes avant. Aussitôt qu'elle admit cette idée, le spectre fut balayé comme poussière, mais pas l'enfant qu'elle couvait maternellement. Suivant son vœu, Antéros sourit et vint se blottir chaudement contre elle, tandis que de ses lèvres sortait une autre voix.

"Tu me protègeras. Je le sais, j'ai confiance en toi. Tu me donneras la vie. Mais rien ne t'interdit de demander de l'aide autour de toi. Amphitrite, Poséidon, Oneiros... Les dieux ne t'ont pas abandonnée. Et Père sait combien tu l'aimes. Il t'attendra. C'est son vœu le plus cher. Tu pourras toujours lui rendre visite, en rêve. Ton subconscient profond n'oubliera pas. Ton corps n'oubliera pas."

L'océan se retira au tour d'eux pour laisser entrevoir la nouvelle apparence de la sirène, aux cheveux blancs, changés, sa démarche hésitante à son lever, et Nimuë non loin qui observait.

"Elle ne te laissera pas sortir de toi, mais à moins de te tuer, elle ne peut rien contre les songes déjà réalisés et les marques qu'ils laissent sur l'âme. Seule Mnémosyne est capable de les effacer définitivement."



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