RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Dissonance [PV Eren/Moïra]

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Moïra


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MessageSujet: Dissonance [PV Eren/Moïra]   Mar 21 Juil - 1:39

En marchant à travers les ombres, je peux voir la lumière mais celle-ci ne m'attend pas.
Elle glisse entre mes doigts sans que je puisse la saisir.
La lumière n'est qu'une idée tant qu'on n'en fait pas une réalité.

La brume matinale commençait à peine à se lever alors que le ciel nocturne d'Asgard s'éclairait petit à petit. Les étoiles étaient encore nombreuses à être visibles dans le ciel, alimentant de leur éclat apaisant les rêves agités des habitants de la contrée gelée. La plupart ne tarderaient pas à se lever pour aller arracher à leur terre infertile ses maigres bienfaits, mais pour l'heure les Asgardiens gouttaient aux derniers instants d'un repos bien mérité. La nuit avait cependant été courte pour certains, comme ces deux ombres qui se glissaient à l'ombre en longeant les bâtiment de pierre brute.
Emmitouflés dans d'épaisses capes à capuchon, une silhouette haute et massive ouvrait la marche à une autre, plus petite et fine. Cette dernière peinait à suivre le rythme de son guide, mais pas une plainte ne s'échappait de son col relevé. Tous deux se dirigeaient d'un pas pressé vers la haute silhouette du château qui surplombait la cité de ses tours en aiguille à l'allure sinistre. Derrière, impérieuse, la statue d'Odin pouvait se deviner. La petite silhouette avait constamment la tête tournée dans cette direction, que l'édifice soit visible ou non. Elle ne prenait même pas la peine de suivre des yeux son compagnon, comme si elle savait déjà la direction qu'il comptait prendre à chaque embranchement. Lorsque finalement l'ombre de la forteresse les avala, le guide s'immobilisa devant une petite porte et s'adressa à sa protégée en surveillant les alentours.

    « Bon, j'ai réussi à convaincre une servante de nous faire passer par une porte de service. Une fois à l'intérieur, on va droit jusqu'à la statue d'Odin en évitant les mauvaises rencontres, d'accord? »

L'homme retira sa capuche, dévoilant un visage marqué par une longue cicatrice horizontale lui passant sur le nez. Sa barbe noire lui donnait une allure bourrue qui contrastait fortement avec l'air nonchalant qu'il affichait. Il sembla attendre une réaction, ou au moins un signe de la part de la personne qu'il accompagnait, mais le pauvre homme se prit un royal vent. Laissant échapper un soupir de lassitude, il laissa sa protégée à sa contemplation silencieuse. Peu après, alors que la porte derrière eux s'ouvrait sur une femme bien en chair au regard inquiet, il se retourna pour lui adresser un grand sourire. Quelques mots furent échangés, et quelque secondes après la bonne femme leur intimait de se dépêcher d'entrer. Les deux étrangers s'exécutèrent et pénétrèrent à l'intérieur du Palais d'Odin.

L'histoire de la vieille pierre coule par chaque fissure.
Le mal du pays la ronge plus surement que la marée.
Les échos du passé font pourtant silence.
Elles attendent de pouvoir danser à nouveau.

Les longs couloirs du château étaient vides à cette heure matinale. Les quelques servants qui se levaient plus tôt que les autres étaient déjà en train de remplir les tâches qui leur avaient été assignés. Les deux "intrus" avaient de toute évidence mûrement pensé leur stratégie : s'il y avait bien un créneau rendant possible une infiltration de la place forte d'Asgard, c'était bien celui-ci. En permanence sur le qui-vive, l'homme avançait prudemment, en vérifiant chaque angle avant de s'engager. Sa nervosité allait en augmentant alors qu'ils s'approchaient du cor du Palais, où le risque de croiser des Guerriers Divins était bien plus important. S'ils se faisaient prendre par la mauvaise personne, ils risquaient de ne pas s'en sortir indemne. Fort heureusement, leur destination était à présent toute proche.

    « Normalement, ça devrait être de l'autre côté de... Hey! Petite! »

Alors qu'il observait la porte massive qui devait conduire vers la salle du trône, l'homme se rendit compte que son compagnon de route l'avait abandonné en chemin. Abandonnant toute discrétion pour rebrousser chemin à vive alors, il retrouva sa protégée en train de s'acharner sur une porte verrouillée. Son capuchon était tombé révélant ses longs cheveux noirs noués en natte qui lui entourait le cou comme une écharpe. Tête baissée, on ne pouvait pas voir ses yeux. Ses doigts fins s'acharnaient sans réelle force sur la poignée, mais inlassablement elle tentait de l'ouvrir. Ses tentatives furent stoppées nettes par la large poigne de son compagnon qui vint lui saisir le bras, la forçant à tourner vers lui son visage où les yeux étaient cachés par une épaisse souche de cire qui lui barrait la vision.

    « Tu vas où comme ça? On va se faire chopper! »

    « Par là. On m'appelle. »

La voix de la jeune fille était faible, maladroite. Pourtant il n'y avait nulle inquiétude ou hésitation dans sa voix. Elle semblait plutôt ne pas avoir l'habitude de parler. Se libérant de l'étreinte de son gardin, elle recommença à tirer de toutes ses maigres forces sur la porte qui était de toute évidence verrouillée. Incrédule, le barbu la regarda faire quelques secondes avant d'écraser sa paume sur son visage et de lâcher un nouveau soupir désespéré. Saisissant la petite obstinée par les épaules, il la força à reculer quelque peu avant de prendre son élan et d'enfoncer la porte d'un coup de pied bien placé. Sans attendre ni même un mot de remerciement, l'avaugle s'engouffra dans l'escalier qui fut révélé et qui descendait vers les sous-sols.

    « Mais pourquoi les plans ne peuvent jamais fonctionner comme prévu... Allez! Qu'est-ce qui pourrait bien mal tourner? »

Haussant les épaules et levant les yeux au ciel sur un air ironique, l'aventurier s'engagea à la suite de ma jeune fille en camouflant du mieux qu'il put les dégâts faits à la porte. L'escalier en colimaçon les emmena loin dans les profondeurs : la protégée devenue guide ignorait toutes les portes pour continuer sa descente dans les entrailles de la falaise sur laquelle le Palais d'Odin était construit. La jeune aveugle finit par s'engager dans l'un des plus profonds sous-sol, où les étroits couloirs étaient de part et d'autre encadrés par des barreaux. Une prison.

Il bouillonne et pleure. Ses cris silencieux font vibrer sa cage.
Perdu et chassé, il appelle à lui une silhouette du passé.
Ce n'est pas moi qu'il attend, mais je peux le libérer.

Devant eux, sortant d'un cachot et à demi couché dans l'allée, une énorme masse était immobile. Il s'agissait à première vue d'un bloc de glace, mais celui-ci semblait contenir quelque chose. La jeune fille s'agenouilla à quelque centimètres à peine de la surface de l'objet et observa en silence. Son compagnon, quant à lui, resta un peu plus en arrière, dubitatif. Après un examen un peu plus attentif, il se rendit compte qu'il ne s'agissait pas de glace, mais d'un bloc massif d'une gemme d’améthyste. C'était une technique d'Ase. Une prison. Et dans cette prison...
La jeune femme effleura du bout des doigt l'améthyste qui immédiatement commença à se craqueler. Alors qu'un puissant Cosmos pulsait et résonnait à l'intérieur du bloc, celui-ci se désagrégea petit à petit, libérant au sol uns silhouette encore plus massive et hirsute que l'homme qui l'accompagnait. Ce dernier recula d'un pas, pris d'une crainte à la vue de la créature cornue qui gisait à présent au sol, inconsciente.

    « C'est pour ça que tu nous as fait venir dans les cachots? Pour un Minotaure?! »

La jeune femme ignora ses plaintes et retira sa cape pour la poser sur les épaule de la créature mythologique qui respirait lourdement. Ses vêtements sombres, constitués à première vu d'une multitude de bandes de tissus entrelacés, laissait deviner un corps frêle et et féminin enserré dans ces frusques. Soudainement, un violent frisson parcouru le corps de l'aveugle qui se tourna vers l'extrémité du couloir, dans le dos de son compagnon. L'homme se retourna, mais ne distingua rien ni ne sentit aucune présence provenant de l'escaliers. S'approchant, du corps de sa protégée, il se rendit compte que celle-ci continuait de trembloter légèrement, même en se tenant les bras avec ses propres mains. Soufflés entre ses lèvres, deux simples mots d'avertissement s'échappèrent, annonciateur de la tempête qui approchait.

    « Il arrive. »
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Eren


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MessageSujet: Re: Dissonance [PV Eren/Moïra]   Ven 31 Juil - 3:20

L'énorme épée se planta dans le sol. En trouver une parcelle encore libre tenait de l'exploit digne de chansons : la plaine entière croulait sous les cadavres, au point même que leur sang avait fait fondre la carapace de la dernière neige. Mais déjà dans le ciel ardent du crépuscule perçaient de nouveaux flocons, venus couvrir ce charnier de leur manteau de givre. Même ceux dont les yeux étaient restés tournés jusqu'au bout ne verraient bientôt plus rien d'autre - rien d'autre que du blanc.

Lui-même avait cru devenir fou au début. Il n'avait pas l'habitude de fréquenter des paysages aussi uniformes. Ses sens ne l'avaient pas aidé à fraterniser ; il ressentait toute engelure dix fois plus fort qu'un homme ordinaire, et était si habitué à tout voir, tout sentir sur des lieues à la ronde que cette immensité de vide lui donnait l'impression d'être coupé de lui-même. Fort heureusement, on lui avait appris - appris à retourner ces landes enneigées contre ses ennemis. L'usage tactique était peut-être ce qui les avait réconciliés, même s'il n'y était toujours pas aussi à l'aise que ceux qui y étaient nés. Cela viendrait.

Le souffle lui manquait ; c'était assez rare que pour être souligné. Il lui semblait s'être battu du lever au coucher, et tout le lendemain aussi, mais il pouvait se tromper ; néanmoins, il était sûr que si c'était le cas, c'était parce qu'il avait omis d'en compter. S'il n'avait su que ce qui gisait près d'eux était un océan de cadavres - s'il n'avait abattu de ses mains une bonne partie d'entre eux -, il aurait presque trouvé joli l'éclat de l'aube du soir sur leurs cuirasses brisées. Saints, Spectres... Quoi d'autre encore ? Il avait cessé de compter.

Tout ce qui passait sous sa lame était un ennemi : ce n'était pas plus compliqué. Sur ce point, au moins, rien n'avait changé. Il délaissa les morts pour plutôt s'attarder sur les vivants, rien qu'un instant, jusqu'à apercevoir une tignasse blanche flottant au vent. Une fois encore, ils s'en étaient tout deux sortis. Il en faudrait encore au moins une pour les départager. Le colosse eut un sourire bien vite ravalé. Tentant de se relever, il sentit son genou faire la grimace ; une monture s'arrêta à côté de lui, et une main opportune vint l'assister. Un jeune homme aux cheveux bleus et à l'armure noire comme le suif - ou le coeur d'un paria.

Jetant derrière lui un dernier regard éborgné, il s'en retourna vers ce castel de glace où on festoierait à leur soi-disant triomphe - au moins pour oublier, tous, rien qu'un moment, que toutes les bonnes choses ont une fin et qu'elle ne serait pas longue à arriver. Tous combattant pour la gloire d'un pays oublié, d'un héritage envahi par un froid avec lequel nul ennemi ne saurait rivaliser...

Et puis il y a eu le feu.


* * *

Il y a quelque chose de pourri au royaume d'Asgard.

Et pour une fois, c'est pas les connards qui y vivent.
Sans savoir pourquoi, Eren s'était réveillé avec cette seule idée en tête. Cela ne pouvait qu'être lié aux odeurs inconnues qu'il semblait flotter dans l'air. Le palais ne possédait peut-être plus de garde qui lui soit propre, mais n'en avait pas l'utilité : à lui seul, il était plus qu'il n'en fallait. Tous ces mois qu'il y avait passé enfermé - bien contre son gré - avaient du bon : où qu'il se trouvât au sein du palais, il en connaissait par coeur les odeurs.
Que ce soient les effluves de gibier qui montaient des cuisines ou les relents musqués, métalliques qui affleuraient de la salle d'armes, nul n'avait de secret. Le moindre surplus dans tous ces fumets, dont il connaissait les quantités exactes, suffisait à lui mettre tous les sens en alerte. Non que ce fut difficile : Eren avait toujours eu le sommeil léger. Quand on passe le plus clair de sa vie en campagne, on apprend rapidement à se réveiller en pleine nuit et à sauter dans ses bottes s'il vient à l'ennemi l'idée folle d'attaquer sous le manteau des ombres.

Sans parler des réminiscences venues le hanter sitôt qu'il s'enfonçait un peu trop loin au pays des songes. Son droit de visite lui avait, hélas, été retiré depuis bien longtemps déjà ; chaque tentative d'accès échouée versait un peu plus de vinaigre sur la plaie.Pour certains, les rêves étaient une fenêtre ouvert vers l'espoir, le fantasme d'un avenir. Pour lui, ce n'étaient jamais que les lambeaux d'un passé qui, bien qu'enterré, semblait prendre plaisir à venir gratter à la porte de ses nuits. Et l'on s'étonnât qu'il parut ne jamais dormir ?

Ainsi donc s'était-il relevé d'un bond pour traverser le palais en trombe, tout tintement et cliquetis. Le mercenariat lui avait aussi appris, que chacun à cent mètres à la ronde dormant avec un poignard sous l'oreiller, prendre pour robe de chambre une cotte de maille était un choix avisé. Bien qu'il n'eût guère tant besoin d'armure que ses pairs - ni celle-ci, ni une autre - cela lui était resté. Sa lucidité clignotante lui fit se demander si Yül se parait du même genre de précautions ; dans le cas contraire, peut-être devrait-il faire en sorte qu'il y pensât... Dans sa prochaine incarnation.

Quand il saisit que cela venait des geôles, le Guerrier Noir jura. Les atteindre était long, passait par maints couloirs étroits, et - surtout - mettrait au bord de l'explosion ses nerfs déjà fragiles. La réflexion fut de courte durée, car la solution au problème s'imposait d'elle-même : il leva son épée, et la retourna vers le sol. La suite ne fut que torrent de pierre taillée, pluie de gravats et de lambeaux de tapis, fracas et esquilles de bois. Puis il tomba - descendit, comme il en avait fait le choix. Avec toute la subtilité impartie à un corps de près de deux mètres lourd de muscles, cela va de soi. Fais mentir le destin. Va là où on ne t'attend pas, résonna dans sa tête une voix d'autrefois.

Quand ses pieds touchèrent terre - avec presque plus de bruit que ce que s'autorisaient les décombres -, un brouillard poussiéreux régnait encore. Qu'à cela ne tienne ; cela ne l'empêcha pas de balancer son épée, si c'en fut une, de sorte à balayer un espace aussi large qu'elle le permettait - immense. Ce fut au tour des murs de rencontrer sa furie, si bien qu'un des deux intrus en eut la vie sauve ; l'incongrue plaque d'acier s'arrêta à quelques pouces de sa tête seulement, qu'elle se fut sans doute fait une joie d'emporter pourtant. La faute en revenait au trouble du manieur, qui, sans cela, l'aurait volontiers agitée plus avant.

« Putain, c'était encore là ce truc ? »

Arvaarad, le minotaure. Eren n'avait jamais eu confiance en ces créatures, et ce n'était pas près de commencer... Il était possible que ce soit pour cela qu'il avait omis de le sortir de sa chrysalide de cristal. Bah ! Au moins, ça avait fait une bouche de moins à nourrir pour les quelques mois qu'il y avait passé. Bien que vastes, les réserves séjournant dans les caves du palais n'étaient pas infinies. Les cultures en Asgard étaient déjà assez pauvres avant que les Spectres ne viennent les ruiner en partie...

Et si le froid permettait de conserver la venaison sur la durée, il était nettement moins clément avec tout végétal qu'on essaierait de faire pousser. Non pas que cela dérange Zeta Prime, mais s'il en était un pour réclamer de rehausser ses repas d'un peu de verdure (pour équilibrer), il serait cordialement invité à aller le chercher lui-même. De préférence dans un endroit qui ne voit jamais le soleil, moins encore que le reste du royaume - c'était dire. Ce qui l'inquiétait davantage était que le piège ait survécu à son auteur.

Quand il était revenu du Sanctuaire, tout portait à croire qu'Alberich était mort : il n'aurait pu aller très loin dans son état, et, dans un tel environnement, ses blessures se seraient infectées rapidement. Son armure, elle, était toujours là, souriant de tous ses crânes - plus qu'avant, s'imaginait-il, comme réjouie de le voir reparaître... Il n'avait pas jugé bon de lui rendre son saphir et l'avait faite placer dans les caves du palais, sachant très bien qu'elle s'en extrairait quand elle jugerait le moment opportun. Il n'était pas pressé.

S'il était déjà courroucé d'avoir été réveillé, se figurer que la crapule puisse encore être en vie ne fit qu'alimenter sa mauvaise humeur. Sans prendre le temps de réfléchir, de comprendre, il se conforma à l'image de brute qu'on se faisait de lui et fit tournoyer son épée. Un peu plus de pierre voltigea dans les airs, rendant le goulot qu'encadraient les geôles sensiblement plus à même de recevoir trois personnes - et une bête de foire. Quant à savoir qui de l'hybride ou de lui-même correspondait le plus à cette description...

Cela eut pour effet de rendre à sa lame - sa guillotine-à-main, comme le peuple aimait la nommer depuis qu'ils l'avaient aperçue -toute la liberté que le conduit lui interdisait. Ce qui valait bien les travaux de reconstruction à venir et le prix que cela demanderait. Satisfait de ce regain de mobilité, le Guerrier Noir l'appuya sur son épaule - malgré le fait que tous en ces lieux aient pu voir que, si lourde qu'elle paraisse, elle l'était encore bien davantage. Savoir qu'il avait désormais toute latitude de les raccourcir d'une tête s'ils lui déplaisaient le tranquillisa, au moins le temps d'entamer le dialogue.

« Bon, alors... Je peux savoir ce que vous foutez dans mon palais et dans ma prison ? »
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Moïra


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MessageSujet: Re: Dissonance [PV Eren/Moïra]   Mar 15 Déc - 2:28

Pluie d'encre et mains rouges.
Il est mort mais son corps bouge.
Songes de cendres et murs de pierre.
Il se réveille et tombe par terre.

Avant même que l'assourdissant vacarme des pierres s’effondrant les unes sur les autres ne se fasse entendre, la jeune femme leva le regard vers le plafond. Comprenant alors ce qui allait se passer une seconde à l'avance, l'homme barbu qui l'accompagnait se jeta en avant et l'attrapa à la volée dans une roulade improvisée, les mettant hors de portée juste à temps avant que le plafond des geôles ne s'effondre sur leur tête. Sans cela, les deux "intrus" se seraient retrouvés à demi ensevelis, comme le Minotaure tout juste éveillé dont le torse dépassait à peine des gravats. L'homme resta alerte et porta une main à l'arme dans son dos, mais n'eut pas le temps de la dégainer. Jaillissant comme un aileron de requin du nuage de poussière qui avait envahi le couloir, une immense épée vint traverser l'air dans sa direction... Pour frapper le mur et s'arrêter beaucoup, beaucoup trop prêt de sa gorge à son gout. L'homme maniant cette lame gigantesque était soit très habile, soit l'étranger avait décidément beaucoup de chance.

Sachant qu'il venait tout juste d'échapper à la mort, l'homme fin de nouveau un bon en arrière en rabattant son bras pour pousser d'avantage sa protégée vers l'arrière, mais celle-ci ne bougea pas. Ses tremblements continuaient, plus faibles, alors que son visage sans la moindre trace de peur demeurait tourné dans la direction de l'homme qui venait des les attaquer en tombant littéralement sur leur tête. Celui-ci, peut-être aussi imposant que le Minotaure, trônait sur la pile de gravats qui ensevelissait l'hybride, et semblait les considérer au travers du courroux qui se lisait dans son seul œil ouvert. D'un ample mouvement du bras, il dégagea son arme du mur, le laissant s'effondrer sans un regard, et la fit reposer sur son épaule comme si de rien n'était. L'homme vêtu de sombre les toisa avant de leur intimer de lui donner la raison de leur présence. L'homme barbu déglutit, devinant l'identité de la personne qui leur faisait face et maudissant sa malchance légendaire, mais parvint à reprendre sa contenance. Écartant les bras en lâchant la poignée de sa lance, il s'avança avec un sourire aimable vers le grand gaillard.

    « Eh bien, voyez-vous, cela va vous sembler étrange, mais je suis votre meilleur ami! Vous ne le savez tout simplement pas encore. Si vous voulez bien ranger votre épée, nous pourrions... »

    « Nous allons à la Statue d'Odin. »

    « ... Nous pourrions vous donner la raison de votre visite, comme ça, cash. Ouais. Au point où on en est de toute manière... »

L'homme se retourna avec un air dépité vers sa camarade qui venait en quelques mots de démolir toute l'atmosphère qu'il tentait d'instaurer, et poussa un soupir résigné. La jeune femme, de son regard caché par la cire recouvrant ses yeux, gardait le visage rivé vers celui du guerrier nordique. Ou du moins, en apparence. Ces pupilles invisibles, pendant un bref instant, donnèrent l'impression étrange de voir au-delà, de fixer directement la Bête au fond de l'Homme.

Son jour est déjà venu et viendra encore.
Son âme reste libre, mais ses entravent le mordent,
Et ses crocs luisent comme tant de lunes.
Ô, Haine, m'épargneras-tu longtemps?

La jeune femme continua de s'avancer, sans peur ni répulsion malgré tout ce qu'elle pouvait voir et ressentir en lui. Elle ne tremblait plus, à présent. Ce qu'elle avait vu l'avait rassuré. Sa main droite se tendit vers le visage du Loup, puis vers sa lame. Ses doigts se retirèrent vivement, comme si l'air l'avait soudain piqué. La jeune femme au visage blafard pencha alors la tête, adoptant ce qui semblait être un air interrogateur.

    « Pourquoi gardes-tu tes chaines? »

A cette question au sens obscur, seul le Fauve avait la réponse. Ridiculement petite en comparaison de celui-ci, la jeune femme continuait pourtant à s'avancer dans sa direction sans appréhender le moins du monde le danger auquel elle s'exposait. Il fallut que les deux bras de son compagnon de groupe viennent la saisir par les épaules et la ramener en arrière pour arrêter sa course et la ramener en sécurité, dans le dos de l'aventurier qui, pour l'occasion, devait s'improviser diplomate. Ce n'étaient pas des énigmes et phrases énigmatiques qui allaient les sortir de ce pétrin. Reprenant alors son air affable, l'homme entreprit d'aller à l'essentiel pour exposer la situation au Guerrier Divin, sans parvenir complètement à cacher son malaise face au colosse qui venait de détruire toute une partie des geôles.

    « Bon. Pour faire court et simple, avant que vous ne tentiez de nous attendrir la viande avec votre hachoir : cette jeune fille s'appelle Moïra et vient d'Asgard. Elle souhaitait y retourner après une longue absence et on m'a chargé de la protéger sur le chemin. C'est aussi l'une des dernières candidates au poste de Prêtresse ayant reçu l'entrainement adéquat et étant en âge de le devenir, à ce que j'ai compris. »

Le gardien se gratta l'arrière du crâne en grognant. De toute évidence, il se doutait que convaincre le dirigeant d'Asgard de les laisser progresser jusqu'à la Statue d'Odin pour observer si oui ou non le Dieu Borgne accorderait sa protection à Moïra ne serait pas chose aisée. Malheureusement, malgré toute son expérience de bourlingueur, ses options étaient ici limitées. Derrière lui, la jeune femme gigotait pour tenter de se dégager du bras de son protecteur qui la maintenait en arrière. Moïra finit par se libérer en se dégageant de Hawke. Elle le dépassa à nouveau, mais s'immobilisa cette fois-ci à quelques pas, se contentant d'observer Eren avec intérêt. Ce fut avec un certain soulagement que le barbu s'adressa à ce dernier, presque sur un ton d'excuse.

    « Elle est un peu bizarre, mais pas -trop- dangereuse. Hey! Me regardez pas comme ça! Je ne fais que suivre mes ordres en l'accompagnant jusqu'ici, moi! »

    « On y va, Eren? »

Complètement oublieuse de l'environnement et de la situation, la jeune femme vêtue de noir s'était mise à avancer en sautillant sur les gravats montant petit à petit le tas pour passer de l'autre côté en contournant Eren. Moïra s'arrêta un instant auprès du corps inanimé du Minotaure, posa sa paume sur sa truffe et sembla murmurer quelque chose à son attention. L'aveugle se redressa ensuite pour reprendre son chemin vers les escaliers, comme s'il s'agissait de la chose la plus logique et naturelle à faire dans une telle situation.

Un, deux, trois.
Mort au Roi.
Quatre, cinq, six.
C'est l'heure de l'éclipse.
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MessageSujet: Re: Dissonance [PV Eren/Moïra]   

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Dissonance [PV Eren/Moïra]

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