RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 .: Coeurs Naufragés ~ CelsiusxSatine :.

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Celsius


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MessageSujet: .: Coeurs Naufragés ~ CelsiusxSatine :.   Jeu 23 Juil - 17:16

« Capitaine, on v'z'a fait couler un bain si vous voulez. »
« 'comprenez, avec l'habitude... »
« N'en dites pas plus. »

En les voyant frémir, Celsius comprit qu'il avait paru plus âpre qu'il ne l'aurait souhaité. Pour les rassurer, il se força à sourire ; ça eut l'air de fonctionner, sans qu'il puisse en être sûr. Ils s'étaient mis naturellement à l'appeler capitaine, mais ce n'était pas encore tout à fait ça... Sans doute croyaient-ils à une sorte de jeu, ce qui justifierait qu'ils s'y prêtent si volontiers. Comment réagiraient-ils quand ils réaliseraient que ce n'était pas le cas ? Que Mary ne reviendrait pas ? Pourtant, ce n'était pas de leur réaction qu'il devait le plus se méfier. Celles à venir une fois sur place serait autrement plus difficile à gérer... La famille de la victime, disons ça comme ça.

Tout en s'engageant dans la cabine, Jack soupira. Cela promettait de ne pas être une partie de plaisir... Mais il faudrait bien en passer par là. Il referma la porte derrière lui et s'y adossa un instant, le temps de reprendre ses esprits. Non seulement je lui prends sa fille, mais en plus j'embarque le navire... Qu'est-ce qu'on va penser de moi ? En un sens, c'était un prêté pour un rendu : le prêtre de Poséidon s'était joué de lui en se faisant passer pour mort, faisant de lui un ajout à son crédit. Ce n'était que très normal d'exiger compensation - même si celle-ci pouvait sembler un peu élevée. Non, rien ne justifie ça. n'eut-il besoin de personne pour raisonner.

Son regard s'orienta vers la salle de bain, plongée dans la pénombre. Un sourire amer se dessina sur ses lèvres. Un bain, hein. Il en avait bien besoin. Il se sentait sale. D'avoir roulé dans la boue et d'en être encore couvert, oui, mais aussi de lui avoir menti. De mentir à tout le monde. De se mentir à lui-même. Qui est-ce que je trompe ? Tandis qu'il progressait dans la pièce à pas de velours - au moins, il n'avait pas perdu ça - son attention accrocha le miroir sis dans un coin de la pièce. Il avait eu du mal à discerner Satine sous le voile de ce qu'elle était devenu, mais aurait eu peine à se reconnaître lui-même.

S'il était toujours aussi joli garçon - en un sens, cela aussi était partie de sa malédiction -, cette beauté disparaissait sous les couches successives de la crasse et de la fatigue. Et de tant d'autres choses... Lui-même ne savait plus où il en était, et n'était pas persuadé de le vouloir. Il avait l'impression de se tenir au bord du gouffre, sans savoir ce qui l'attendait de l'autre côté. Se remettant en marche, il secoua la tête ; il ne servait à rien de trop réfléchir. Mary n'étant plus là, le poste de la tête brûlée était à pourvoir - et il avait la couleur de cheveux qui convenait. Il ne prétendait pas être aussi bon qu'elle, mais ça ne coûtait rien d'y donner un coup d'essai.

Arpentant la pièce de long en large, il abandonna la tunique qui l'avait vêtu jusque là. Non seulement elle était dans un triste état, mais en plus il allait lui falloir une tenue plus adaptée à son nouveau rôle. Néanmoins, il verrait cela plus tard ; s'il y avait bien quelque chose à retenir de leurs baignades, c'est que l'eau chaude n'attend pas. Il ne regarda pas plus le vaste lit que l'Écaille, que sa solitude se chargerait de lui faire voir bien assez tôt - de lui jeter au visage pour lui rappeler son échec. J'aurais dû rester un tueur, après tout. Suivre le destin qu'on avait tracé pour lui. De cela au moins, il aurait été capable... Et même un peu trop bien.

Quand il s'approcha de la salle d'eau, il fut accueilli par une fine couche de vapeur. Rien que d'en éprouver l'impalpable moiteur lui serra le coeur de toute la puissance que la nostalgie pouvait avoir - phénoménale. Il ne s'en glissa pas moins dans la pièce, laissant les exhalaisons embrasser son corps à demi-nu. Si je m'arrête, c'est terminé. Toutefois, il devait bientôt ne pas avoir le choix.
Alors qu'il se préparait à l'immersion - au moment même où le bateau confirmait la sienne -, il s'aperçut qu'une fleur crevait la surface. Une rose bien mal en point - la plupart de ses pétales étaient déjà tombés ; les autres ne tarderaient pas à suivre le même chemin. À l'image de notre relation, se souvenait-il avoir pensé... Quand il l'avait créée.

Non. Tu ne peux pas me faire ça. Il s'écarta alors, se plaçant dos à la cloison, et attendit qu'elle revienne mendier de l'air pour faire entendre sa voix. Jamais auparavant il n'avait essayé de parler alors que son coeur semblait cesser de battre ; il jugea l'expérience détestable à souhait.

« Je ne m'attendais pas à avoir de la compagnie. Un carton d'invitation a dû tomber de ma poche. J'ignorais cependant qu'il menait à la baignoire. » En se redressant, il décroisa les bras. « Tu n'as rien à faire ici. »

Si je peux sonner plus faux que ça, là, je ne vois pas.
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Satine


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MessageSujet: Re: .: Coeurs Naufragés ~ CelsiusxSatine :.   Sam 1 Aoû - 1:06

Cœurs naufragés







Elle allait manquer d'air, mais ça n'avait pas beaucoup d'importance. En se laissant glisser sous la surface de l'eau, Satine tentait de revivre ce moment, cette cérémonie qui s'était déroulée il y a peu de temps mais qui pour elle, sonnait comme toute une éternité. Il y a un temps pour tout. Cette phrase résonnait avec force dans sa psyché, plus que les autres pensées qui la tourmentaient. Écartées pour l'heure, la jeune femme était plus inquiète de voir des brumes se dresser à chaque fois qu'elle tentait de mettre à mal les barrières érigées autour de sa mémoire, que de se soucier du reste. Ses yeux aveugles s'ouvrirent, il était temps de revenir. Tant pis.

Crevant la surface de l'eau avec lenteur, la Sirène Maléfique inspira profondément avant qu'une voix ne la surprenne. Sa tête se tourna dans sa direction, et, tout en fronçant des sourcils, l'ancienne pirate choisit de se murer dans un profond mutisme.

La voix de l'homme, ce, Jack Rackham, faisait naître en elle des sentiments confus, troubles, comme lorsqu'elle s'essayait à la lecture de son passé. Troublée, elle sut pourtant que c'était vrai : Satine n'avait rien à faire ici aussi se redressa t-elle sans ressentir aucune gêne quant à la question de sa nudité. Elle ne se la posait pas, elle ne se l'était jamais posée d'ailleurs. Qu'importe, la Sirène s'extirpa de son bain avec force d'éclaboussures, comme pour le narguer. C'était ce qu'elle aurait fait en temps normal, titiller l'ancien Saint des Poissons. Or aujourd'hui tout deux revêtaient un tout autre masque, un tout autre rôle. Qui leur incombait. Satine, prêtresse des eaux, fille de la Magicienne Originelle, renaissait pour devenir ce qu'elle aurait toujours dû être. Mais, quant au jeune Roi des Ronces … il prenait ironiquement le même chemin que Mary à moins que ce nouveau caprice du Destin ne l'ait guidé vers ce qu'il devrait être …

… Un capitaine à la fois craint et respecté, arpentant les mers et les océans selon son bon vouloir, libre de prendre, de dérober, de piller tous les trésors.

Il avait pourtant abandonné ce qu'il avait de plus précieux.

Oui, Satine O'Bannon ne devrait pas être ici, elle n'en avait pas le droit. Mais voilà …

Qu'allez-vous faire ? Me jeter par dessus bord ? Faites donc.

Ô il y aurait des choses qui n'allaient pas changer, comme sa fougue et son verbe déroutant. Elle ne pouvait parler, mais au moins projeter ses pensées vers l'esprit de ses interlocuteurs. Pourvu qu'ils le veuillent. Si ce n'était pas le cas, la fragrance de son cosmos parlerait pour elle.

Ou bien je pourrai faire une bonne source de distraction, qu'en dites-vous ? Oh non, non, non, je ne parlais pas de vous, ni même …

Revoilà la confusion qui frappait de nouveau à sa porte. L'une de ses mains se leva vers sa tête ; qu'elle terrible douleur tout à coup ! En voulant s'asseoir sur le rebord de la baignoire, la jeune femme se sentit glisser, puis basculer en arrière, prête à heurter l'émail.

Il y avait toujours cette unique rose, fanée, qui flottait à la surface, ses quelques pétales quittant son cœur pour aller se noyer dans le fond.

En tentant de se rattraper, Satine avait levé sa main libre vers la Stella Rubius. Celle-ci vrombit, semblant répondre à un appel silencieux, ou à un danger imminent qui la guetterait.

Il y avait un temps pour tout, mais c'était trop tard.

Tant pis.






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Celsius


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MessageSujet: Re: .: Coeurs Naufragés ~ CelsiusxSatine :.   Mar 11 Aoû - 6:54

C'était un homme vide et faux, dans le costume d'un rôle trop grand pour lui. C'est néanmoins en tant que Jack Rackham qu'il devait répondre et agir désormais, bien qu'il n'en soit guère capable. Il s'y était certes adonné sur l'île le temps d'un séjour qui n'avait été que trop bref, mais il ne pourrait faire longtemps durer cette mascarade. Il le faudrait pourtant. Tant qu'elle serait à son bord, si du moins les hommes ne jugeaient pas que la plaisanterie avait assez duré avant de toucher terre. Encore qu'Atlantis soit plutôt un empire de sable, de la même facture que ces châteaux éphémères qu'emporte la marée - ce que ses destructions successives tendaient à appuyer.

En la voyant sortir de l'eau, il oublia tout. Sa sœur kidnappée, la vieille femme sur son île, la mort à son poignet... Tout. Même la Wyvern avait quitté l'horizon de ses pensées. Il lui sembla sentir le battement manqué de son coeur malmené. Avec tout ça, il avait presque oublié combien elle était belle. C'était elle qui lui avait appris le sens du mot désir, après tout : tout ce qu'il y avait avant n'était que poussière au vent. Ses courbes, ses formes... Il n'avait rien oublié de tout cela, si semblable et si différent. Jamais il ne s'était lassé de les contempler, pas même quand elle était lourde de leurs enfants à naître. Que n'était-elle restée celle qu'il avait aimée ?

À ce spectacle, même lesté par les eaux, l'immaculé de sa chevelure conférait une splendeur irréelle. Mais si joli soit ce panache d'ivoire, il ne faisait que lui rappeler l'absence de celui, pourpre comme la mort, pourpre comme l'aurore qu'il avait tant aimé. Cela faisait partie d'elle. Même s'il ne pouvait nier un certain stupre dans les regards qu'il lui lançait, ce n'était pas pareil. En lieu et place de celle qui avait été son soleil et ses étoiles, de son été écarlate ne restait qu'un ciel éteint, qu'un hiver pâle... S'il l'avait touchée, aurait-elle eu sous ses doigts la froideur d'une nuit gelée ? C'est en silence qu'il s'approchât de peur que son fantôme ne s'échappe...

« Je pourrais, mais tu marcherais beaucoup moins bien après. »

Tu nagerais. Si du moins Amphitrite ne lui avait pas retiré ça aussi. Mais ne pas savoir nager pour une fille de la mer pouvait se révéler inconfortable à plus d'un égard. Il ne comprenait pas tout à fait ce qu'elle disait, ou voulait dire, mais sombrer dans l'abysse de ses yeux suffisait à le pousser dans la bonne direction. C'était comme si la voir suffisait à savoir ce qu'elle avait sur le coeur, sur le bout de cette langue invalide.
Peser chaque mot, s'armer d'un semblant d'assurance... Se faire passer pour qui il n'était pas était moins facile qu'il l'aurait espéré. Tout était plus facile quand il suffisait de se taire. Seulement voilà, la pirate n'aimait pas le silence, aussi avait-elle donné vie à ses lèvres d'un baiser ardent... Et à présent, voilà que c'étaient les siennes qui restaient désespérément closes. Ô dieux cruels...

Mais à peine avait-il entamé la distance intermédiaire que la fille - la marionnette - d'Amphitrite se mit à choir. À croire que les eaux, qu'elle venait pourtant à peine de quitter, la rappelaient déjà pour cette fois l'engloutir... Peut-être à tout jamais. Si la première fois - celle qui avait fait d'elle ce reflet d'opale -, le roi oublié n'était pas présent pour l'empêcher, comment pourrait-il cette fois rester de marbre ? Son corps fatigué n'attendit pas son consentement pour se mouvoir d'un bloc, pas plus que n'en demanda sa main pour se refermer sur ce poignet opportun.

Un geste qu'il regretta aussitôt, désormais au fait de la poudre dont il venait de se faire l'étincelle. Bientôt se trouva-t-il en posture précaire au-dessus de cette baignoire qui pour eux voulait dire tant et plus. Comme s'il hésitait entre le passé et le futur, l'équilibre et la chute, le sauvetage et la perte... La vie et la mort, aussi. Dans son état de faiblesse, si il la lâchait, même en étant déjà à mi-chemin, c'était un choc dont elle ne se relèverait pas. N'en déplaise à la déesse néréide et tous ses beaux projets. Ne serait-ce pas mieux pour elle ? N'était-ce pas ce qu'elle aurait voulu plutôt que de vivre une vie de chaînes ?

« Ola ! Qu'est-ce que je viens de te dire ? » trouva-t-il à grande peine la force de dire. Le spectacle doit continuer, n'est-ce pas ? « Si tu pouvais éviter de t'abimer, ce serait louable de ta part. On m'a demandé de te livrer en parfait état, et c'est bien mon intention. Alors reste sagement à distance de tout ce qui pourrait... Disons, te tuer. On évitera des désagréments. Et puis, j'ose croire que tu as prévu de mourir aux mains d'un adversaire un peu plus valeureux qu'une baignoire. »

Était-ce à lui d'en décider ? Avait-il le droit d'avoir ce pouvoir ? Le rubis auprès de sa main semblait le fixer comme un œil goguenard. Cela le troubla tant qu'il eut toutes les peines à en détourner le regard, jusqu'à ce que ce soit pour le poser sur le visage de Mary - ou Satine, plus que jamais. Elle avait un visage d'eau dormante, qui cache tout et ne révèle rien. Elle autrefois si expressive semblait porter un masque si semblable au sien. Me prendras-tu tout ce que j'ai ?

Et soudain, tout bascula.

La céramique sous son pied se déroba, n'en pouvant plus de supporter leur poids commun. L'eau vola dans toute la pièce, trempant aussi bien leurs deux corps que toute chose à portée. Ses bras, par réflexe, se refermèrent autour d'elle pour la protéger de ces représailles mobilières. Durant un demi-battement de coeur, le monde fut sans dessus dessous et eux avec ; quand tout revint à la normale, il s'était mordu la lèvre, et un filet de sang en coulait. Le sol les avait accueilli, la baignoire était au-dessus d'eux un rempart.

« Capitaine ? Tout va bien ? » entendit-il demander à travers la porte.
« Ce n'est rien. »

Le matériau primaire du navire était le bois : le métal ne venait qu'en second. Par conséquent, les bruits et les sons y circulaient plus amplement qu'ils ne le devaient... Bien qu'il n'eût jamais pensé que ce serait à ce point. Voilà qui changeait radicalement son estimation de ce que les matelots avaient pu entendre par le passé, que l'on parle ébats ou querelles. Ses doigts se crispèrent sur les lattes ruisselantes du plancher. Dans leurs parages, les particules de poussière flottaient comme des lucioles à l'agonie.

« Vraiment rien d'important. »
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MessageSujet: Re: .: Coeurs Naufragés ~ CelsiusxSatine :.   Jeu 27 Aoû - 15:32

Cœurs naufragés







The show must go on.

Les yeux clos, elle attendait la mort qui ne vint jamais. Comme toujours, pourquoi en serait-il autrement ? The show must go on. L'ultime étreinte lui était refusée, on l'avait mise sur le chemin de la vie. Drôle de vie, drôle de renouveau que celui-ci. Parée de grotesques atours, de parfums oubliés, Satine s'était sentie basculée, pour mieux être fermement maintenue sur le fil. Rien ne changerait donc jamais, même si en cet instant elle n'en avait pas conscience. Celui qui jouait parfaitement son rôle – ô pardonne moi, cœur aimant – avait toujours été là pour elle. Pour qu'elle ne s'échoue pas, qu'elle ne se brise pas contre les récifs.

Dans les confins de son esprit, ce contact se voulant secours se mua en un flot d'images qui se bousculaient, tourbillonnaient pour ensuite mieux lui laisser un goût doux-amer. Si sa première réaction fut celle de plonger ses yeux dans les siens, le noir qui s'imposait ne sut s'effacer mais, une vive impression de surprise fissura le masque dont la Sirène s'était parée. Nul autre que lui était parvenu à raviver son cœur éteint. Seulement voilà, Satine ne s'en souvenait pas. Ne s'en souviendrait probablement plus jamais.

Triste ironie du sort.

Il lui faisait savoir qu'elle devait arriver à bon port en un seul morceau et ne manqua pas de se gausser de sa situation. Quel être abject ! Se moquer ainsi de sa condition fit naître un profond sentiment d'agacement qui allait se muer en froideur quand, d'un coup, le monde se prit à vaciller. Assurément non, elle n'allait pas périr par la morsure de la porcelaine, l'odieux personnage se révéla être son sauveur. N'était-ce pas là sa mission après tout ? Pour autant, la sorcière des eaux fut troublée par l'ampleur de cette étreinte, de ce geste pour la préserver à toute fin. D'elle-même et du reste du monde …

Son cœur se serra à cette pensée.

Des voix inquiètes parvinrent jusqu'à eux, au travers de cette muraille improvisée que représentait la baignoire renversée.

« J'crois qu'on a exagéré un peu là non ? » cette voix, ce timbre, ce murmure mi-amusé, mi-mutin ne pouvait appartenir qu'à elle. Ce fut bref, presque inaudible, comme le chuchotis d'un spectre déjà envolé. Que se passe t-il?

Ce n'est rien, vraiment rien d'important.

Tout ceci se résumait à cela. La mine de la jeune femme se renfrogna, plus encore quand elle sentit une odeur ferreuse, devina le sang glisser le long de ce menton. D'un geste, elle alla cueillir cette perle rouge nacrée, la portant à ses propres lèvres sans se l'expliquer. L'espace d'un instant -encore- le visage de Satine s'était ourlé d'une certaine provocation, vissant ses prunelles pâles et lilas, vers celles de Jack Rackham.

De l'amusement, revint cette sévérité sur ses traits, l’exigence de cette nouvelle vie, de ce nouveau rôle qui était sien. Nimuë avait eu tord : elle n'avait pas sa place sur cette île froide et solitaire, perdue dans les brumes. Sa place était ici et nulle part ailleurs. Le bijou au contact de sa peau lui hurlait ce fait avec force et violence.

Sa peau nue était curieusement bouillante par rapport à sa propre froideur. Pas étonnant, vêtue ainsi dans son plus simple appareil, Satine montrait quelques signes de son inconfort. Ce dernier exacerbé par cette situation gênante. Aucun homme n'avait le droit de se placer au dessus de sa personne ! Voilà ce que lui commandait son âme et, lestement, l'ancienne pirate sanguinaire renversa la situation, soulevant la lourde baignoire – qui paraissait ne rien peser pour elle - pour la laisser se replacer comme il se devait. L'eau dansait encore sous ses doigts, le bois gonflerait comme les émotions chez la Sirène éperdue.

Ne vous avisez plus de me toucher. Plus jamais. Satine se redressa, toute ruisselante mais faisant fi de sa nudité et du spectacle qu'elle pouvait lui offrir. Vous devriez soigner ça

Sur cette suggestion, la jeune femme chercha a aller se draper de sa robe mais, quand elle mit la main dessus, ce fut pour constater qu'elle était elle aussi toute détrempée. Un soupir s'échappa de sa gorge. La voilà bien perdue, l'air bien sotte.

The show must go on.






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MessageSujet: Re: .: Coeurs Naufragés ~ CelsiusxSatine :.   

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