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 [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis

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Arbhaal


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MessageSujet: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Mer 18 Nov - 23:05

Arrow Retirée du Monde, retirée de tout, apprendre à vivre de nouveau [Arbhaal/?]


Danser, souffrir, combattre et nous aimez. Voilà qui nous étions, ce que nous voulions. Lors de notre dernier affrontement, une déesse habitait son corps et désormais la situation était l'inverse. Mais qu'importe.
Cet anneau injurieux brillait faiblement d'un éclat moqueur. Même si je devais pour cela la tuer, je le lui ôterais. L'ancienne, la véritable Satine ne voudrait pas vivre dans un mensonge. Fut-il plaisant.
Je l'avais conquise dans le sang et les larmes, ce n'était pas pour qu'un autre la dérobe par la ruse ! Et notre enfant... Je ne pouvais me résoudre à ce qu'un autre élève ma chair, mon âme. Pouvais-je sauver ma moitié ? Je refusais de me poser la question de peur de perdre le feu qui m'habitait encore. Car en mon for intérieur, Hadès me susurrait de douces paroles d'abandon.

Dansons mon amour... Comme avant...

La lumière sinistre du souverain des enfers alluma mon regard d'un éclat améthyste. Et ce fut le poing du régent des enfers qui frappa sa joue. D'un mouvement, ma main se tendit mais rata de peu la sienne. Ma colère en fut décuplée.

Je brulerais les vignes du monde entier, si cela peut te rappeler un souvenir !

Feu et froid s'alternèrent dans un bel ensemble : Rhadamanthe et Arbhaal luttaient de concert pour libérer Satine de sa prison d'illusions. Je tendis ma paume vers elle, refusant de sous-estimer le pouvoir inconcevable, la volonté de cette femme que j'adulais. Pouvait-elle lire l'amour, la folle passion dans mes yeux voilés par le pouvoir des morts ? Avant, sans nul doute. Mais aujourd'hui ?

Dansons comme la première fois au centre de la cathédrale du seigneur Hadès ! Dansons comme avant de nous unir sur son autel sacré ! Tu as fait de moi l'homme le plus heureux et le plus torturé au monde ! Mais BORDEL SI C’ÉTAIT A REFAIRE, JE LE REFERAIS MILLE FOIS POUR TOI !

Mon cosmos explosa dans le mugissement d'un dragon furieux, dépossédé de sa progéniture.

Tes colères, ton caractère de merde, ton rire, tes larmes et tes regards ! Je veux tout retrouver ! Je donnerais mon âme, je détruirais ce monde et les suivants pour te retrouver ! ET TU SAIS POURQUOI ?!

D'un bond je me jetais sur elle pour l'enlacer avec passion et vigueur. Nous prîmes notre envol pour mieux percer les cieux. Je sentais l'appel de mon surplis, mais je l'ignorais tant la sensation de toucher cette femme valait toutes les protections. Vrilles, détours aériens m'étaient égal, mais l'envol de la Wyvern devait lui causer bien du tort. Toutefois pas assez pour mettre mon fils en danger. Nous finîmes par heurter le sol dans un fracas d'apocalypse, creusant un cratère dont nous fûmes le centre. Mes yeux croisèrent les siens. Comme avant.

Parce que nul homme ne t'aimera jamais plus que moi !

Saisit par un réflexe instinctif, évident, mes lèvres burent les siennes. Nos deux visages face à face, je sentis ma peau touchait la sienne, m'offrant cet avant-gout du paradis qui m'avait tant manquer.
Où étions nous ? Dans la cathédrale d'Hadès, sur le navire pirate de ma Mary Red, ou proche de la colline de Yomotsu Hira, peut être ? Tant de lieux où nous avions échanger un tel baiser. Violent, passionné, amoureux. Combien de temps celui-ci dura t-il ? Une éternité ou une seconde... Mais lorsque je me retirais d'un bond, avant une probable riposte ou le cri d'outrage d'une femme embrassée par un inconnu, je souriais. Bêtement, aussi stupidement que l'amant avide ou l'adolescent transi d'amour. Ne m'en veuillez pas seigneur Hadès... Cette femme est vraiment la seule à savoir faire du monstre que je suis un homme.

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Satine


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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Sam 21 Nov - 18:27

I'm just like a shadow






I'm just like a shadow.

Un pantin désarticulé, une poupée que l'on malmène, dont une ombre s'emparait pour mieux cracher des vérités qui m'étaient inconnues. Une main sur ma gorge, je me sentais défaillir à chaque mot. Chaque larme qui dégringolait le long de ce visage autrefois tant aimé. Comment avais-je pu oublier ? Oui, ma mémoire me faisait défaut, mais je ne saurais supporter trop longtemps ces appels de désespoir provenant de mon cœur. C'était un mensonge. Il mentait !

Tout était faux. Cela ne se pouvait …

Avec difficulté, je revenais peu à peu à moi, comme une fleur se tournant vers le soleil. Je le regardais sans comprendre, pâle comme la mort, immobile, inerte. Et tandis que sa main faisait mourir toute trace de vie aux alentours, moi, Mary Red ou Satine, qu'importe en cet instant, je l'observais.

- Arrêtes ! Arrêtes ça ! C'est faux ! Mensonges ! Crachais-je avec véhémence, me refusant à le croire. Je levais ma main, cette main qu'il avait désigné devant mes yeux embrumés de larmes. Non …

I'm just like a shadow.

Avec lenteur, mes doigts glissèrent sur mon ventre. Antéros ? Son fils. Quelle odieuse réalité je vivais là. Je secouais ma tête de droite à gauche. Je niais tout en bloc.

- CE N'EST PAS TON ENFANT !

Non, non, non, non … Non ! Insidieuse douleur pourquoi ne peut-tu pas te taire ? Mon cosmos s'enflamma à son tour. Oui, nous allions danser une ultime fois ensemble, s'éprouver l'un et l'autre. Tenter de se raccrocher à ce tout petit fragment qui me restait. Où es-tu Celsius ?

- Tu ne peux pas m'avoir abandonné …

Le son de ma voix n'était qu'un vague murmure porté par le vent qui se chargeait de perles cristallines et de cendres.

I'm just like a shadow.

- Non ! Je ne veux plus danser avec la Mort !

Le Juge ne m'écoutait plus, perdu dans les méandres de son esprit perdu et torturé. Il m'avait aimé disait-il et je ne saurais ignorer les souvenirs qu'il remuait en moi dont quelques bribes me revenaient sous forme de flashs. Il connaissait Callista, il connaissait tant de détails sur ma vie, sur moi. Pourquoi irait-il inventer tout ça ?

Or pour la première fois je ressentais la peur. Toute drapée dans mon ignorance, mon déni, je ne désirais pas voir les mensonges. Pourtant.

Pourtant ma vie n'était qu'oublis et mensonges.

Trop perdue, je luttais contre mes propres chimères, tenaillée par cette sordide colère qui me rendait malade. L'idée même de périr me fut séduisante en cet instant où il se rua sur moi, un éclat fou et améthyste gravitant dans les prunelles du Spectre de la Férocité.

- Lâches-moi !

Il était déjà trop tard. Et bien que mes défenses -maigres- étaient déjà en place, nous primes notre envol vers ce ciel immense où je m'étais maintes fois perdue. Je me surpris, alors que je m'agitais entre ses bras, à sentir la chaleur de ce corps, à contempler les pourtours de cette main que l'on devinait. Je plaçais alors la mienne, fébrilement, alors que nous chutions tous les deux. Nos regards fusionnèrent l'espace d'un moment.

- Tu ne mens pas.

Je fermais les yeux quand mon dos heurta le sol avec violence. Le souffle coupé, il ne me donna pas l'occasion de respirer que je sentis ses lèvres effleurer les miennes avec passion. Un feu s'éveillait en moi, brièvement, trop brièvement qu'une rose alla écorcher sa joue. Je le toisais avec un mélange de surprise et d’effarement.

Incapable de bouger, il me fallut de longues secondes pour tenter de me redresser. Je n'y arrivais tout simplement pas. Je me penchais pour cracher un peu de sang. Je n'avais rien fait pour tenter de me protéger, si ce n'est lui … Antéros. Les bras étroitement enroulés autour de ma personne je sanglotais en silence. Une voix éclata derrière Arbhaal, je ne redressais même pas la tête.

- Pour ça, encore faudrait-il que tu sois un homme, Rhadamanthe... Tu n'as jamais cessé d'être un monstre.

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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Mar 24 Nov - 4:02

Éloigne-toi d'elle... Je ne le répéterai pas deux fois.

Son cosmos éclata comme éclorait une gigantesque fleur écarlate. Du doré qui l'habitait autrefois, il n'y avait plus une trace... Seul demeurait ce pourpre profond, cette rivière amarante, certes semblable au venin qui coulait dans ses veines mais aussi à la pierre qu'il portait au poignet... Stella Rubius. La source de son pouvoir. À moins que ce ne soit elle qui se nourrisse de lui. Il s'était emparé d'elle, et elle s'était emparée de lui en retour... Donnant à sa puissance une réserve qui lui semblait parfois illimitée.

Cela suscitait en lui une peur terrible. La peur qu'elle échappe à son contrôle s'il devait avoir à s'en servir. Aussi, au cours des derniers mois, n'en avait-il fait qu'un usage limité... Seulement parfois, il est des limites qu'il faut savoir outrepasser. Il est des besoins, des envies irrationnelles qu'on ne peut réprimer. Celle de sauver la femme qu'il aime, de chasser de ce monde cette créature absurde et grotesque qui la menaçait en faisait partie. Alors tant pis si pour ça il devait brûler. Alors tant pis si pour ça le monde devait s'achever.

Tant qu'il pouvait la libérer, tant qu'il pouvait à l'aimer - tant qu'elle échappait à ses griffes -, rien d'autre ne comptait. Il lui sembla que le sang dans ses veines - sa sève empoisonnée - s'était mis à bouillir ; que le feu de la malédiction s'était finalement ranimé. Nul doute que ces flammes-là, le Dragon Noir aurait grande peine à les digérer. Les mêmes qui s'animaient sous la peau de Satine à cet instant, il pouvait les sentir d'ici. Car ils ne faisaient qu'un, n'en déplaise au sombre messager. L'anneau d'or à sa main était là pour le prouver.

Ses pas s'enfoncèrent dans le sable sans un bruit. Les grains de sable soulevés par chaque foulée s'élevaient dans les airs, tourbillonnant dans ses parages au mépris de la gravité. Tout mètre qu'il franchissait voyait le sol se creuser, la terre se mettre à trembler - le poids de la colère. Les vagues elles-mêmes semblaient sur le point de se déchaîner, répondant à son appel - celui d'une rage irrépressible. Les masques étaient tombés. Il n'avaient plus besoin de se cacher. Derrière lui, sa carrière dorée. Devant lui, l'amour de sa vie, et rien pour l'en séparer.

Rien, pas même l'obscurité.

La rose qu'il lui avait jetée au visage se consumait déjà dans un brasier noir. Il en faudrait plus que cela pour l'abattre, non que Celsius en doutât. Sans qu'il eut l'air d'avoir bougé, deux entailles apparurent sur ses avant-bras, faisant couler les premières gouttes d'un calice qu'il lui ferait boire jusqu'à la lie... Le dernier qu'il viderait jamais, dans cette existence comme dans celles qui devraient lui succéder. Il n'y en aurait pas de prochaine ; pour le bien de Satine, pour le bien de tout ce qu'ils étaient, il devait s'en assurer. Autour de lui, le sang se mit à danser.

Tu es le seul que j'ai laissé mourir ce jour-là... Et je suis prêt à recommencer.

Enfin, sa silhouette se plaça devant celle sa Sirène tant aimée, se campa solidement dans le sable à ses côtés. Les volutes cosmiques qui émanaient de lui se propagèrent à elle, l'enveloppèrent de leurs rougeurs pour la revigorer. Cette couleur, n'était-ce pas la sienne ? Son épée et son bouclier, ainsi qu'il l'avait autrefois juré. Cela ne changerait pas. Il était mort pour elle, et il mourrait encore... Quand l'heure viendrait. Mais la Wyvern le précéderait dans l'extinction, de cela il pouvait jurer.
Il n'y avait pas d'autre issue, pas d'autre manière dont ça puisse se terminer. Il avait beau retourner la chose dans tous les sens, les alternatives venaient à manquer. À cette heure, à cet endroit, tout prenait fin. Le comment restait encore à décider. Il se tourna vers celle qu'il était venu chercher - celle qu'il était venu défendre.
À la vie... À la mort.

Désolé, je suis en retard. Ça va aller ? Passant un bras dans le creux de ses reins, il l'aida à se relever, portant sur elle un oeil inquiet. Se teintant d'un froid polaire, son regard bascula de l'autre côté. Là où l'attendait son destin sous la forme d'une ombre ailée. Ne t'en fais pas. Je vais m'en occuper.


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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Mar 24 Nov - 13:34

Elle n’était pas blessée. Ou si peu… Du moins physiquement, car je percevais son désarroi. Elle n’avait pas jugé bon de me punir pour mon audace. De toute manière, même le pire des châtiments n’aurait su me faire regretter ce geste impulsif, venu d’une ancienne habitude. Embrasser cette femme, gouter le nectar de ses lèvres… Une drogue dont j’aurais pu m’enivrer pour l’éternité.
L’espace d’un instant, je crus avoir mal entendu.

« Tu ne mens pas ».

Oui, c’était l’évidence, mais l’entendre de sa bouche me coupa le souffle. Je vacillais de surprise, la gorge nouée et le cœur serré par un espoir dément et cruel.

Satine ? Tu … tu te souviens ?...

Malheureusement, une voix tant redoutée et haïe coupa la magie de cet instant, pour me ramener vers la réalité d’un combat âpre. Il arriva tel un chevalier blanc, un sauveur providentiel. Une attitude qui ne parvint qu’à me donner la nausée. Cet individu n’avait-il donc aucune morale, aucune gêne ? Lui qui avait profité de l’amnésie de Satine pour la tromper, pour la manipuler de la plus abjecte des façons !

Celsius… Tu arrives un peu tard. Elle sait tout.

Avec lenteur, je me mis à tourner autour de ma proie. Cet homme que j’avais haï dès notre première rencontre. Une éternité de souffrance dans les profondeurs glacées du Cocyte suffirait-elle à punir ses exactions, ses reniements, ses mensonges, son déni volontaire ? Mon aura de flammes, apaisée quelques minutes auparavant, redoubla de fureur, en écho à mes sentiments envers mon nouvel adversaire.

Contrairement à Satine, personne ne m’a dérobé ma mémoire. Ne réécris pas l’histoire à ta convenance. Sans le vol de ses souvenirs, avec qui penses-tu qu’elle serait aujourd’hui ?

Je n’avais pas encore totalement récupéré de mon combat face à Kappa et Eren, et face à l’ancien poisson mes chances de victoire demeuraient moindres. Mais cela m’importait peu. La seule chose qui comptait à l’instant, demeurait le rétablissement de la vérité. D’un bond, je fus sur lui, une sphère de flammes dans la main droite. Même sans l’usage de mon surplis, mon aura pris la forme d’un dragon furieux. Je frappais encore et encore sur cet homme hypocrite qui avait eu le cran d’enfermer la femme de mon cœur dans un tissu de brumes mensongères.

Si tu l’aimes comme tu le prétends, alors comment peux-tu la traiter de la sorte ?! Profiter d’une malédiction pour dérober son cœur, n’as-tu donc aucune morale ?!

Un enfer ardent acheva mon assaut. Sans toutefois qu’une seule flamme n’effleure Satine et mon enfant qu’elle préservait en son sein. Elle savait désormais. La vérité comptait bien plus que les coups donnés.

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Satine


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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Mar 24 Nov - 19:28

Abyss' song






- Satine, Satine …

Cette voix, qui murmure mon prénom, mon véritable prénom. Satine, celle qui est pareille à un Soleil. À ma naissance, mes parents m'avaient prédestiné à un avenir radieux ainsi placée sous la garde de l'Astre du jour. S'ils avaient su à quel point ils s'étaient trompés. Une énième ironie du Destin, je le savais. J'en avais assez. J'étais bien lasse d'avoir été si longtemps malmenée. J'avais voulu me forger ma propre destinée, ignorante que j'étais, les yeux remplis de rêves insouciants, d'aventures, de promesses aussi incertaines qu'exaltantes en parcourant le vaste Océan. Ô mer bien-aimée, aujourd'hui j'aimerais te retrouver.

Reposer au fond des eaux, tes bras autour de moi, ta présence pour seule compagnie.

- Tu as oublié qui tu étais, n'oublie pas ce que tu es devenue, Satine. La voix des Abysses, souviens t-en, Sirène Maléfique.

Je fermais les yeux afin de m'extraire de cette réalité trop insupportable. Non, il me fallait être aveugle pour l'heure. Pour entendre les échos du passé. Ils s'étiolaient chaque fois que ma conscience s'essayait à en reconstituer le mystère. Maintenant, chaque pièce du puzzle se remettait à sa place. Frappée par leur toute puissance je me recroquevillais davantage dans les bras des Poissons qui m'aidait à me redresser. Je souffrais, je ne lui répondis rien, faisant quelques pas malhabiles en arrière afin de m'éloigner d'eux.

C'était vain, inutile. Une tentative désespérée qui me projeta des mois et des mois en arrière. La situation se répétait, inexorablement. Sauf que cette fois-ci, je n'étais pas mourante. Je ne donnais pas naissance à mes jumelles, je n'étais pas sur le point de me jeter du haut d'une montagne… Soudain mes yeux s'écarquillèrent, entrevoyant l'heure de ma mort. De ma mort présumée, de cette mort mise en scène. De cette mort qui avait été évitée. On m'avait trompée.

On m'avait menti.

Mensonges et oublis. Le cœur des hommes était sombre, si cruel et parfaitement égoïste.

- TAISEZ-VOUS ! Hurlais-je si fort, que ma voix couvrit le rugissement du Dragon, le mugissement de ses flammes aussi noires que la nuit. Fermez-vos gueules …

Je titubais, incapable de me porter au devant de cette joute irraisonnée. Ballet de haine et de mépris. Destruction ! Colère ! Anéantissement criaient les flammes de l'Enfer. Je faisais face à ces deux hommes, ivre d'une colère qui me dépassait, me détruirait assurément. Ma bouche s'ouvrit pour entamer un chant, celui que ma mère m'avait apprit avant de s'éteindre. À l'image de l'Océan, le prélude se fit doux et lancinant, accompagné de ce crépitement sonore, ces quelques notes macabres qui ne faisaient qu'ajouter de l'ampleur à ma mélodie. Sa force et son intensité montaient crescendo, comme mon cosmos qui s'éveillait. Pas après pas je me rapprochais des deux hommes, le regard perdu dans le vague. Dans ma main apparu l'éclat d'argent d'un poignard – Celsius le reconnaîtrait sans mal – puis, ce fut le vermeil qui gicla sur le sol. Les cendres dansaient autour de moi, en même temps que ma chevelure de feu et … au plus fort du Chant des Abysses, les ténèbres se firent plus épaisses. Des gouttes de sang surgirent d’innombrables liens qui allèrent s'enrouler autour d'Arbhaal et Celsius.

Je m'arrêtais à la hauteur de ce dernier. Il pouvait clairement sentir l'agressivité de mon aura, l'aura empoisonnée qui ne le toucherait pas. En revanche, on ne pouvait pas en dire autant au sujet de cette main qui alla faucher cette joue, pâle, plus froide que celle du Spectre. Ô douce ironie … Je tremblais de colère, mes yeux tombèrent sur la Stella Rubius qui vibrait en ma présence.

Je la lui ôtais, sans douceur aucune. La chaîne se brisa. Son pouvoir se libéra sous forme d'une explosion qui balaya les alentours. La terre trembla, se fendit, le feu dévorait la moindre parcelle de vie.

Mes vignes. Mes bras retombèrent de chaque côté de mon corps. Les jumelles !

Je me réveillais brutalement et m'enfonça parmi les flammes. Je sentais leur brûlure, elles me dévoraient. Bientôt je redeviendrais poussière. Pas mes filles !

- Aliénor ! Linnea !




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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Jeu 26 Nov - 6:46

Ne parle pas de ce que tu ne connais pas. J'ai simplement attendu que tu sois mort pour faire ce que j'avais à faire... D'être débarrassé de toi. Tu as vraiment cru pouvoir sauver qui que ce soit ? Son regard se fit plus noir, teintant son bleu océan de vagues enténébrées. Je ne l'aurais jamais laissée mourir, et ça n'est jamais arrivé. Son sang en est la preuve. Ne me traite pas de menteur après avoir essayé de lui faire croire à sa propre mort, je ne te le permettrai pas.

Un monstre ne peut sauver personne, n'aider personne. Il n'est capable que de détruire. Ne venait-il pas une fois encore de le prouver ? Ce paysage autrefois idyllique avait été jeté en pâture au braiser. Une fois de plus, il faudrait tout recommencer. Ne seraient-ils jamais en paix ? Ne les laisserait-on jamais quitter pour de bon ces guerres, ces champs de bataille auxquels ils avaient déjà tant donné ? Si la paix avait un prix, Celsius aurait été ravi de le connaître, car il avait de toute évidence du mal à le payer. Et il était las de verser la dîme d'un prix qu'il n'aurait apparemment jamais... Pour lui, mais surtout pour celle qui l'accompagnait.

Il s'écarta de Satine pour qu'elle ne soit pas impliquée. Rhadamanthe avait redirigé sa rage vers lui, et c'était tout ce qu'il demandait. La colère rendait ses coups prévisibles, aussi n'eut-il aucun mal à les esquiver. La riposte, tout aussi violente, ne laisserait pas autant de chance à son vis-à-vis. Ce n'est qu'en sentant la douleur cuisante sur son bras qu'il réalisa avoir été plus touché qu'il ne le pensait. Le feu noir de la Wyvern brûlait plus haut, plus fort que la dernière fois. Pourtant, il lui semblait déceler quelque chose d'autre dans sa morsure ardente - l'imminence d'un hiver prêt à se déclarer.

C'est elle qui est venue vers moi quand je l'ai sortie de la cage où Poséidon l'avait enfermée. Et ça pourquoi ? Par ta faute ! À cause du mal que tu as semé ! Rien de tout ça ne serait arrivé si tu n'avais jamais existé. Et c'est une erreur que je m'en vais à présent corriger... Son poing frappa au plexus solaire, s'employant à mettre un terme à ces divagations. Ce fut ensuite au tour de sa jambe d'attaquer au flanc, portée par l'espoir féroce de l'entendre craquer. Je ne voulais que la mettre à l'écart, la sortir du cycle des guerres où tu t'obstines à la ramener. Elle était heureuse ici. Elle était enfin capable de vivre en paix. Avec ou sans moi, là n'est pas le sujet. Elle l'a bien mérité, tu ne crois pas ? Mais même ça tu n'es capable que de le gâcher...

Il accompagna la tirade d'un coup de tête à destination du visage de son adversaire avant de se reculer. Mais à peine avait-il posé le pied à terre qu'une nouvelle attaque vint le percuter - une attaque qu'il n'avait cette fois pas pu anticiper. La claque lui fit incontestablement plus mal que la déferlante qui devait encore arriver. La raideur qu'elle insuffla à ses muscles fut difficile à combattre, mais il parvint tout de même à s'en libérer. Le rêve venait une fois encore de voler en éclats... Le cauchemar était tout ce qu'il lui restait. C'est à peine s'il ressentit la perte de la Stella Rubius avant que son cosmos ne commence à s'effondrer.

Tu consumes tout ce que tu touches. Regarde cet endroit et vois ce que tu en as fait. La seule chose que tu as su lui laisser est une brûlure, sur le corps et à l'âme. Tu la marques comme du vulgaire bétail, et c'est moi qui prétendrais l'aimer ? Ce n'est pas la rendre heureuse que tu veux, c'est un trophée. Ses traits se crispèrent. Je ne sais même pas pourquoi je te parle. Comme si un être tel que toi était capable d'aimer...

Une douleur insoutenable lui traversa la poitrine. Alors que la nuit dernière encore, il dormait dans la chaleur de son étreinte, c'étaient d'autres bras qui s'offraient à lui à présent - les bras glacés de la mort. Que ce soit de la peur ou de la colère, il n'avait aucune idée, mais ce sentiment fit naître en lui une force écrasante. Sa main traversa l'air sans rien saisir en un ordre muet, et un million d'étoiles écarlates emplirent le ciel avant de tomber sur Rhadamanthe. Plus d'aiguilles qu'il n'en verrait jamais. Assez pour les épingler hors de la trame du monde, lui et tous ses pareils - pour que plus jamais ils n'y reviennent. Avant même que la pluie pourpre ait fini de tomber, il se désengagea d'un pas de côté. Il n'avait pas de temps à perdre avec cette horreur, cette perversion incarnée.

Reste en dehors de ça. aboya-t-il avant de s'engouffrer à son tour dans les flammes.

À peine fut-il entré qu'il esquivait déjà les poutres enflammées. Satine avait pris de l'avance, mais rien qu'il ne puisse rattraper. La chaleur de son corps chutant déjà progressivement, celle - croissante - du brasier n'était pas pour le déranger... Si c'était pour elle, que lui importait de brûler ! Face à l'urgence, il devait employer les grands moyens. La vitesse de la lumière. Le seul fait d'y penser causa en lui une souffrance anticipée. Ce corps éphémère, maintenant privé de ce qui lui donnait vie, pourrait-il seulement l'encaisser ? Le pouvoir afflua en lui, illuminant de sa lumière purpurine cette silhouette bientôt brisée. Il n'y avait pas à hésiter.

Luttant pour faire surnager sa conscience dans un océan de douleur, il traversa l'espace plus vite qu'aucun homme ne devrait le pouvoir. La puissance lui fit davantage de mal que l'incendie dans lequel il s'était jeté. Dès la première foulée, les craquelures commencèrent à remonter le long de sa jambe, mais ça n'avait pas d'importance. Sa course se figea auprès du berceau où gisaient les enfants apeurés. Leurs pleurs firent trembler son âme tandis que leur mère les rejoignait au coeur de l'étuve - un enfer comme seul un démon pouvait en créer. Autour d'eux, repoussant les débris, un dôme d'énergie se forma, né de sa seule impulsion.

Prends-les et va-t-en. dit-il en les lui tendant, donnant de la voix pour couvrir tant la fureur que les hurlement. Sors ! Ça ne tiendra pas longtemps...
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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Ven 27 Nov - 9:48

L’enfer sur terre, voilà ce qui se jouait sous nos yeux. Mon feu noir semblait bien avide de dévorer les vignes avoisinantes, mais cette fois d’autres victimes étaient en péril. Tout se joua rapidement, sans que je n’y prenne véritablement part. Satine frappa Celsius avant de lui ôter la Stella Rubis. Ce geste incongru manqua de me prendre une vague lueur d’espoir mais étrangement, la situation ne me poussa pas à me réjouir. Quel gâchis…
Alors que ma bien-aimée se détournait pour aller sauver ses filles, dont j’ignorais la présence à proximité, l’ancien poisson riposta à mes coups par une violence désormais familière. Affaibli physiquement, son cosmos demeurait toujours aussi meurtrier, et je maudis intérieurement une nouvelle fois Eren, Kappa et Himmel. Je parais tant bien que mal les premières frappes de Celsius, mais les milliers de dards qu’il projeta sur moi, me laissa moribond. Ce corps de chair commençait à sérieusement s’épuiser, mais je ne pouvais, ne voulais renoncer si proche du but. Je demeurais silencieux, figé sans désir de répliquer à Celsius qui s’éloigner déjà pour tenter de redorer son blason. Bien plus que ses coups, sa diatribe m’avait ébranlé. Pour un regard extérieur, même totalement subjectif, c’était donc le visage que je laissais paraitre ? Celui d’un prédateur égoïste qui ne désirait qu’emprisonner Satine sous l’apparence d’un vulgaire trophée ? Un ange noir qui ne portait que l’ombre dans ses vaines tentatives pour être heureuse ? En lui ravivant un semblant de mémoire, venais-je de briser définitivement son espoir de retrouver une vie en dehors des incessants conflits ?

Stupidité…

Je tressaillais en reconnaissant la voix qui résonna dans mon esprit aussi fort qu’un hurlement dans une église. L’essence de Rhadamanthe…

Une illusion n’est pas le terreau fertile du bonheur, mais de l’asservissement. Les humains sont de petites choses fragiles, des êtres impurs seuls responsables de leurs incessants malheurs. Et pourtant, un seul et unique chemin s’offre à eux…

C’était vrai. Parfaitement exact. Ce soit disant bonheur que souhaitait offrir Celsius à ma bien-aimée était la marque de l’ignominie et de l’hypocrisie la plus cruelle. Ne pas lui laisser le choix revenait à faire d’elle un jouet, un pantin. Si j’étais un monstre, cet homme ne valait pas mieux. Quel duo pathétique nous étions…
Je remarquais alors qu’un froid mortifère avait remplacé la bienveillante chaleur de mon feu intérieur. Me servir de ce pouvoir pour sauver des vies… Quel prix devrais-je payer pour me faire pardonner un tel blasphème ? Je le saurais bien assez tôt. Mon cosmos, désormais aussi glacial qu’il était jadis ardent, monta en intensité jusqu’à engendrer une brume améthyste. J’entendis les rares oiseaux restants tombaient sur le sol comme des pierres, les lapins dans les terriers se figer. Au fond de moi, je conçus une brève mais sincère tristesse d’être devenu la Mort. Mais c’était ainsi, écrit et accompli. Mon cosmos poursuivit sa course jusqu’à exploser dans une déferlante qui propagea la brume porteuse de mort aux alentours. Par un effort surhumain de volonté, pas un humain ne fut affecté. Ce n’était pas le but de mon intention. Sur le passage du brouillard, mes flammes devinrent blocs de glace et cristaux de givre. L’essence glaciale du Cocyte dévora le brasier, pour ne laisser qu’un paysage magnifique et brillant de gel.
Ecrasé d’épuisement, brisé par la maitrise de ce pouvoir destiné au meurtre, je trouvais la ressource de prendre de nouveau mon envol pour me poser à quelques pas de Satine. Sans prendre attention à Celsius, ou à tout autre élément extérieur, je tendis une main tremblante vers ma bien-aimée.

Quittons tout ça. Ecoute ton cœur et pars avec moi…

La scène était terriblement ironique. La dernière fois que nous nous étions trouvés dans une telle posture, la situation était inversée. Je n’avais pas hésité à quitter le Sanctuaire, alors dominé par les spectres, courant le risque d’être traité de traitre et de déserteur. Pour elle. M’aimait-elle encore assez pour faire de même à son tour ? J’allais avoir bien vite la réponse.


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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Ven 27 Nov - 13:28

Fin d'une époque






Avalée par les flammes j'en subissais la morsure à chaque pas. Ma peau blanche touchée à maintes endroits, noircissait à vue d’œil. Autant de stigmates dont je ne prêtais aucune attention. J'étais une coquille vide, un cœur à vif et dépossédé de toutes émotions. Ou secouée par toutes en même temps. J'évitais instinctivement un gros morceau de bois enflammé qui obstrua l'entrée de la chambre où se trouvait mes enfants. Je fauchais ce piège mortel à mains nues, vite rejoins par Celsius qui se porta à mon secours. Focalisée sur Linnea et Aliénor qui criaient à pleins poumons je me ruais sur elles sans faire attention à l'état dans lequel se trouvait l'ancien chevalier des Poissons. Soudain un craquement sourd au dessus de nos têtes me fit réagir. Sur le point de bondir en avant afin de m'emparer des jumelles, je vis les débris repoussés par la simple volonté – vacillante – de Celsius. Ses paroles me figèrent d'effroi et mes yeux pers tombèrent sur ces fissures zébrant son corps. Le souffle court, prise à la gorge par cette réalité folle, je m'immobilisais.

Le feu dévorait tout dans un crépitement de tous les diables, rythmant ma respiration sifflante, difficile. Dans ma main, la Stella Rubius rugissait de colère. Je me sentais glisser dans les affres de la folie, comme cette autre fois. L'orage menaçait, je sentais peser sur mes épaules, tous le poids du Monde. Cette malédiction qui était mienne, je commençais à en comprendre toute la portée à présent qu'une voix me susurrait de ne plus avoir peur. Il me fallait accepter mon sort. N'avais-je pas depuis toujours eu le sentiment de danser avec la Mort ?

Sa présence s'intensifia, éclata et bientôt l'image que je me faisais des Enfers se mua en tout autre chose. Une prison de glace. Comme celle dont j'avais foulé le sol neigeux, dur et d'une froideur comme je n'en avais jamais connu. Le cristal dont s'était drapé le feu scintillait davantage que le plus pur des diamants. Si j'aurais pu trouver ça beau, il n'en était rien à présent que je revoyais, sous la surface de l'une des gangues de « glace » le visage du Roi des Ronces. Figé à jamais dans une expression si douce que mon cœur manqua un battement. Avais-je eu tord de le tirer des bras du trépas ? Un énième défi face à la Mort dont je me moquais depuis trop longtemps. La tutoyer laissait des séquelles invisibles. L'éclat de mon regard de jade se ternissait à vue d’œil. Je me flétrissait au contact des souvenirs.

Ô amertume et goût métallique sur mon palais ! Je me détournais de la Vie pour faire face à ses Ombres. Je n'avais plus de Dieux à implorer. Rien a me raccrocher. Tout juste cette sombre rage qui m'animait encore, seul moteur sur mon corps gelé. Ma robe n'était plus qu'un vague souvenir et l'odeur de chair brûlée me révulsa.

Je regardais cette main tendue qui m'exhortait à écouter mon cœur. Ma main armée de mon poignard trembla sans que je cherche à les contrôler. Je n'étais rien d'autre qu'un automate dont on avait volé l'âme. J'aurais pu être heureuse, je l'aurais pu. Si je n'avais pas goûté au poison de l'amour. C'était lui qui m'avait consumé en fin de compte. Faiblesse bien humaine.

Soudain je me pris à jeter des regards hagards tout autour de moi, je cherchais Ann, l'appelait faiblement en titubant, les larmes me grimpant aux yeux. Une sourde douleur me vrilla les tempes m'obligeant à poser genoux à terre. La lame dansait tout prêt de mon visage, l'entaillant sans que je m'en rende compte. Bientôt, un mince filet vermeil dégringola le long de ma joue, se confondit dans l'éclat de ma chevelure de feu. Et ce froid mordant, pareille au fil de l'arme que j'avais entre les doigts.

J'avais crié, et le silence avait explosé. Je n'entendais plus rien en réalité, pas même les pleurs de mes filles. Le liquide chaud et poisseux me rendait muette de surprise. Mon sang ? Tout mon être grondait et me faisait mal.

Je braquais finalement mes yeux tour à tour, dans ceux des êtres que j'avais aimé, et qui m'avaient perdu. Une solution s'imposait à moi comme une évidence et, sans leur laisser le temps de répliquer, j'enfonçais la lame dans mon cœur, sans un seul bruit.

Une présence se glissa derrière moi, une autre hurla.

- Nimuë ! Non ne fait pas ça !

Il était trop tard, nous avions toutes les deux disparues sans laisser de traces. Old John se laissa tomber sur le sol, profondément choqué.

Trop tard, il fallait supporter le poids du Monde.

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MessageSujet: Re: [Combat Arbhaal - Satine] Mensonges et oublis   Mer 9 Déc - 10:56

Il n'avait rien pu faire pour l'empêcher.

Les bras chargés de leur progéniture, le corps dévoré par les flammes, il avait été incapable de retenir son bras. Cette image se grava dans sa rétine, se répétant à l'infini dans ce qui pourtant ne dura qu'un instant. Tout son être, tout ce qu'il avait un jour été et jamais serait se tendit vers elle pour l'arrêter, mais il était déjà trop tard. Cela n'avait-il pas toujours été le cas ? Un bruit de déchirure monta à ses oreilles, sans qu'il sache s'il était réel, celui de sa chair brisée ou de son esprit malmené. N'avait-il vécu que pour assister à ça ? N'était-il revenu des Enfers que pour être le témoin ?

Les sons tout autour de lui - le crépitement des flammes, les pleurs des enfants, le rugissement d'une bête - parurent se distordre, comme ralentis. Sa vision se mit à trembler, sans qu'il sache si c'était l'émotion qui s'emparait de lui ou son essence en train de se fissurer. Qu'importe. Il était déjà mort une fois, il pouvait le faire encore. Il n'avait pas peur de la mort, pas plus cette fois alors. À quoi bon si elle n'était pas là pour l'accueillir, de toute façon ? Tout devint rouge autour de lui, du moins en eût-il l'impression. La Stella Rubius reprenait ses droits. Il fallait respecter le pacte.

Le brasier s'était éteint, mais son âme continuait de brûler. Consumée par un pouvoir qui le dépassait. N'avait-il au fond été qu'un pantin du destin ? Que la créature du Monde Rouge qui l'avait fait naître et renaître ? Rouge... Une couleur qu'il avait toujours détesté pour tout ce qu'elle représentait - la Mort à ses yeux, plus que le noir ne le serait jamais. Que ne s'était-il pas haï le jour où ses cheveux s'en étaient parés ! Mais grâce à ceux de Mary, il avait appris à l'aimer. Cette chaude crinière lui rappelait la chaleur d'un foyer, de la femme qu'il aimait, de son autre et sa moitié.

Mais tout ça disparaîtrait dans les cendres.

Le froid vint rafraîchir sa peau noire, calcinée, mais n'atténua pas la lumière qui émanait de ses plaies. Il n'avait été qu'un socle, un support pour un joyau si merveilleux qu'aucun homme n'aurait jamais dû le toucher. Pour une perle, c'était une autre histoire - quand bien même Satine avait elle aussi toujours plus tenu du rubis. Le monde des glaces miroitants qui se refermait sur cette scène funeste était tout compte fait l'écrin le plus adapté. Dans la brume et la poussière, les dernières étincelles cessèrent de brûler. Une comète rouge s'envola pour éclater dans le ciel où tout soleil s'était tu.

Était-ce la fin d'une étoile ?


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