RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa

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Ahina


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MessageSujet: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 10:36


Parfois... il suffit juste d'y croire


La nuit est sombre. Aussi sombre que le coeur de bien des guerriers en cette heure tardive. Le Sanctuaire est à feu, est à sang. Nombreux sont ceux qui sont tombés au combat. Nombreux sont ceux qui ne pourront se pardonner de ne pas avoir été là quand il l'aurait fallu. Nombreux... sont les âmes qui resteront à jamais tourmentées par le souvenir de cette épouvantable nuit.

La victoire des armées d'Hadès est sans appel. La défaite des forces d'Athéna, bien amère. Chacun réagit comme il le peut, et certains comme ils le doivent, écartant d'un revers de la main toutes les émotions qui pourraient les encombrer. Le fardeau est lourd. Personne n'y pourra rien. Ni maintenant, ni dans une heure, ni demain.

Les Saints et le peu de villageois encore en vie, se sont retranchés là où ils pouvaient encore compter quelques alliés. Trop peu... mais chacun a besoin de repos. Des jours et des jours sans dormir, pour la plupart des chevaliers de la Sagesse, est l'un des nombreux prodiges dont la garde rapprochée d'Athéna est capable. Cependant... aussi puissants soient-ils, aussi ardente soit leur conviction, ils restent avant tout des hommes. Des hommes avec leurs failles et leurs faiblesses. Des hommes qui, à un moment ou à un autre, ont besoin de se retirer, ne serait-ce que quelques heures.

La lumière de la lune filtre délicatement à travers la fenêtre ouverte, éclairant faiblement un corps endormi. Ses prunelles d'automne l'observent longuement, sans oser le réveiller. Le devrait-elle vraiment ? Ne serait-ce pas la plus terrible des punitions ? Il vient à peine de s'endormir... pourquoi, de quel droit briserait-elle le peu de repos auquel il accède enfin.

Elle se demandait, il y a quelques minutes, par quelle magie, par quel miracle... elle était arrivée ici. Mais au bout du compte, lorsque son regard sombre s'était posé sur celui qu'elle chérit sans doute le plus au monde, l'interrogation s'est-elle évanouie pour laisser la place à quelque chose de bien plus important.

Une fine larme perle le long de sa joue. Elle le sait, elle le sent. C'est la dernière fois. La dernière fois qu'elle le reverra de cette manière. La dernière fois qu'elle sera elle-même. A-t-elle le droit de le priver de ce moment ? Ou doit-elle au contraire le préserver... Il la croit déjà avec Pséma. Il l'a vue de ses yeux. Ce sourire cynique, cette moue dédaigneuse, ce regard haineux. Une mélopée sinistre et odieuse qu'elle n'avait jouée que pour lui.

Quelle honte Ahina... quelle honte.

Elle pose sa main sur son front en fermant les yeux. Elle ne comprend pas. Elle n'entend rien. Tout cela n'a aucun sens.
Elle reste ainsi assise durant de longues minutes. Il dort vraiment profondément. Du moins, en a-t-il l'air si elle en juge par sa profonde respiration. Combien de temps peut-elle rester à ses côtés ? Là non plus, elle n'en a pas la moindre idée... Alors, le temps lui est compté.

Délicatement, avec une infinie précaution, tâchant de ne pas le tirer de son repos, l'index d'Ahina repousse une mèche de cheveux barrant ses yeux. Un léger sourire se dessine malgré tout sur son visage. Cette foutue mèche qui a toujours tendance à emmerder le monde. C'était déjà le cas lorsqu'il était enfant, et cela n'a pas changé depuis.

"Je te demande pardon..." Murmure-t-elle dans un soupir.


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Kappa


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 11:07



Cela faisait près d’une heure qu’il était enfin parvenu à s’endormir. Pour la première fois depuis qu’ils étaient à Rodorio, il s’était laissé convaincre par Enya d’aller s’allonger et de prendre du repos. Oh, ce n’était pas la première fois. Ce ne serait pas non plus la dernière. Mais cette fois, elle avait brisé l’assiette qu’elle avait dans les mains pour faire réagir Kappa. Il s’était effondré de fatigue devant elle et n’avait pas pu dissimuler davantage l’état alarmant dans lequel il était. De toute façon, il ne dissimulait pas grand chose : lui qui détestait tant cette couleur s’habillait désormais uniquement de noir, et il ne se rasait plus. Détails pour certains qui ne le connaitraient pas, signes troublants pour ses proches. Les cernes qui étaient apparues des jours plus tôt sous ses yeux achevaient de creuser les traits émaciés de son visage fatigué. Devant cet état de fatigue extrême, la mère d’Ahina avait alors forcé le jeune Hakéron à aller dormir, et l’avait même mis au lit elle même pour s’en assurer. Quant à Aaron, il avait passé discrètement la tête par l’embrasure de la porte en suggérant fortement à Kappa d’obéir s’il ne souhaitait pas découvrir à quel point la mère et la fille pouvaient se ressembler en cas de réelle colère. Comprenant à quel point elle s’inquiétait pour lui, le chevalier d’Or avait fait contre mauvaise fortune bon coeur, et s’était contre toute attente endormi rapidement, terrassé par un épuisement qui l’érodait depuis trop longtemps.

Les rumeurs allaient bon train à Jamir : la plupart pensaient que le Verseau était dans cet état parce qu’il ne pouvait pas encaisser la perte du Sanctuaire et s’en sentait responsable. Ces conneries glissaient sur lui tant elles étaient éloignées de la réalité. Mais personne ne pouvait deviner que, plus que le Sanctuaire, c’était une part de lui même que Kappa avait l’impression de s’être vu arracher cette nuit là. Et qu’il ne pouvait tout simplement pas l’accepter.
Posée sur la table de chevet à côté de lui, la chevalière représentant son pouvoir en tant que général des armées du Sanctuaire brillait faiblement à la lueur de la lune. Le Mage des Glaces n'avait toujours pas eu l'occasion de voir le Grand Pope afin de la lui rendre.

Trop profondément endormi, il ne sentit pas la main qui se posa sur son front, mais il bougea dans son sommeil, en gémissant légèrement. Il cauchemardait. Et dans son rêve, au moment où la main d’Ahina se posa sur lui, elle apparut en face de lui, sous l’apparence qu’elle revêtait étant enfant. Tout comme lui, d’ailleurs. Il articula alors faiblement son nom, sans pour autant se réveiller. Les deux enfants sourirent, mais ce moment de paix ne dura pas. Une ombre immense les submergea, grandissant dans le dos de la brune. Les longs doigts tortueux de l’ombre entourèrent la jeune fille et lorsque Kappa releva les yeux, il vit le visage de Kyro le fixer intensément, déformé par un rictus de plaisir sadique et malsain. Ses immenses bras se refermèrent autour d’Ahina alors que son rire mauvais se répercutait en un écho insupportable, et le jeune garçon hurla son nom en se précipitant vers elle.

- AHINA ! Hurla t’il en se réveillant brusquement, couvert de sueur.
Son visage bascula sur le côté, et il croisa celle qu’il venait désespérément d’appeler. Il resta bloqué sur cette apparition aussi inespérée qu’inattendue. Rêvait il toujours ? Ou était elle réellement dans sa chambre en cet instant précis... ?!





Dernière édition par Kappa le Jeu 7 Jan - 20:24, édité 1 fois
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Ahina


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 11:26


Se retrouver, juste une fois


Un sourire triste se dessine sur son visage, tandis que celle qui était le Scorpion d'or jusqu'à il y a peu, se tient assise sur le rebord de son lit.
Agité est son sommeil. Elle l'entend murmurer son nom faiblement avant qu'un léger et fugace sourire ne se matérialise sur son visage. Un sourire qui disparait alors que le rêve se transforme en cauchemar.

C'est d'un regard contrit qu'elle assiste à cette terrible scène. Elle ne peut pas l'aider. Elle ne maîtrise pas grand chose, pas même la raison de sa présence en ces lieux et, surtout, comment elle a pu arriver ici.

Il se réveille en hurlant. Elle ne saura peut être jamais pourquoi. Mais à cet instant, un réflexe spontanément répond à son appel désespéré.
Doucement sa main se pose sur la joue du Verseau alors qu'elle le fixe tendrement dans un demi sourire.

"Tout va bien... ce n'était qu'un cauchemar"

Mais est-ce réellement le cas ? Ils savent tous deux, elle sans doute d'avantage que lui, que le cauchemar prend une vilaine tournure de réalité. Aujourd'hui, à cet instant précis, elle est elle-même. Celle qu'elle a toujours été. Celle qu'il a toujours connue. Mais pour combien de temps ?
Le mal est déjà là. Il est installé, bien confortablement au coeur de son esprit. Corrompant son âme, noircissant le moindre de ses desseins, ternissant tout ce qu'elle a été par le passé, exterminant un à un les souvenirs les plus doux, jusqu'aux personnes qu'elle aime.

"Je ne sais pas comment c'est possible" Dit-elle avant que la question ne soit formulée.

"Je pense que... c'est Mashia"

Qui d'autre ? Qui serait capable d'un tel prodige ? De la ramener, ne serait-ce qu'un temps, auprès de Kappa. Personne n'est au courant à part elle. Personne ne pourrait réaliser ce miracle en dehors d'elle. Personne ne sait à quel point l'un est d'une importance capitale pour l'autre.

Athéna ? Ce nom ne lui viendra pas une seconde. La confiance qu'elle portait en la divinité des hommes s'est violemment amenuisée. Ce sera sans doute le seul changement qui sera vraiment issu d'elle et non de la lame psychique du Requin. Elle n'a jamais été là, pas une fois depuis sa naissance. Une déesse qui se contente d'envoyer tous ceux qui la protègent vers une mort certaine, est-ce tout ce dont elle est capable. Alors les aider... de cette manière... elle n'y croit pas un seul instant.

"C'est quoi tous ces poils. Ça ne te va pas du tout, on dirait mon père" Lâche-t-elle avec désinvolture en tirant légèrement les quelques poils qui poussent sur son menton.


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 11:53



Bouche bée, il ressentit le contact si doux de sa paume sur sa joue, mais il ne comprenait pas comment sa seule présence était une chose possible. Une vague de questions submergèrent son esprit, mais comme si elles formaient un barrage dans sa gorge en voulant toutes sortir en première, aucun son ne s’extirpa de ses lèvres. Il ne fit que l’observer longuement, elle qu’il avait vu il y a quelques jours lui filer entre les doigts sans qu’il ne sache comment et pourquoi. Elle sembla malgré tout anticiper certaines de ses questions, et il finit par refermer la bouche avant de hocher la tête. Mashia était toujours là pour les aider à se retrouver, quelle que soit la difficulté de la situation. Il hésita longuement avant de bouger. Une lueur presque effrayée courait dans ses yeux azurés. Il avait peur de commettre une erreur, de faire revenir celle qui l’avait terrassé simplement à l’aide de mots, tous plus incisifs les uns que les autres.

Pourtant, le regard d’Ahina était celui qu’il chérissait tant, celui qu’il voulait revoir quel qu’en soit le prix. Il posa finalement sa main sur la sienne et ferma les yeux un bref instant. Il savait que ce moment ne durerait pas. Kyro et Pséma y avaient veillé. La remarque qui suivit concernant sa barbe naissante lui arracha un léger sourire :
- Si tu avais prévenu, je me serais rasé et habillé au lieu de te recevoir à moitié nu et barbu !
Son sourire s’évapora, et il redevint sérieux :
- Je n’ai rien dit à personne, à part tes parents. Officiellement, tu es portée disparue et supposée morte. Tâches de ne pas te faire remarquer à Jamir quand tu seras redevenue... enfin, tu sais... acheva t’il en baissant les yeux. Il ne faudrait pas que tu aies des ennuis.

Il lui fallait désormais plus de temps pour comprendre le mal qui rongeait son âme soeur. Ni l’un ni l’autre ne comprenaient vraiment ce qui se passait en elle : la seule certitude, c’était que peu à peu, elle perdait la mémoire et que ses sentiments étaient bouleversés, chamboulés. Il n’y avait même aucune certitude qu’elle se souviendrait de leur entrevue de cette nuit. Avec douceur, il attira la jeune femme jusqu’à lui et la serra contre lui. Un long soupir s’échappa de sa poitrine alors que son coeur s’emballait au contact d’Ahina, et il lui murmura quelques mots à l’oreille :
- Je trouverai un moyen de te guérir...
Il n’en dit pas davantage, se contentant de profiter de cet instant inespéré. Toutefois, une question demeurait. Une question à laquelle il n’était pas certain de vouloir connaître la réponse. Mais, pour la sauver, cela aurait peut être son importance. Il n’avait pas le choix...
- Racontes moi ce qui est arrivé... ? Avec Kyro ?


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Ahina


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 12:40


Amers souvenirs


Au moment où Kappa ouvre enfin la bouche, le regard d'Ahina oscille vers le lit. Devenant cramoisie jusqu'à la racine des cheveux en constatant que, effectivement !, il est presque nu sous le tout petit drap qui le recouvre, la jeune femme se lève en trombe, saisit le premier truc qui lui tombe sous la main (une vieille chemise en l'occurrence) et le jette sur le torse de Kappa en poussant un juron.

"P'tain Kappa sans déconner" Ronchonne-t-elle en regardant le plafond avec obstination.

Il avait déjà fallu des années avant qu'elle ne réalise son amour pour lui, des mois avant qu'elle ne puisse envisager d'être embrassée et elle n'était parvenue à lui dire je t'aime que lorsque la situation était aux confins de l'apocalypse, soit il y a quelques jours. Et encore... elle n'avait même pas réussi à le lui dire correctement vu qu'elle était tombée dans les pommes avant !

Alors batifoler dans son lit, pensez-vous !!! Elle en était tétanisée par avance et ce n'était de toute façon pas l'objectif du jour !

Ses prunelles délaissent enfin le plafond lorsqu'il reprend d'un air sérieux, presque... angoissé. Elle le regarde longuement sans répondre à sa question dans un premier temps. Adossé contre la tête de bois du lit, elle se laisse entraîner dans ses bras et reste ainsi plusieurs minutes, sans bouger, avant de finir par lui répondre.

"Je ne suis pas certaine de pouvoir tenir cette promesse... mais j'essaierai" Lâche-t-elle dans un soupir.

Pour l'heure elle n'a pas la moindre idée des conséquences que l'attaque de Kyro va avoir sur son esprit, sur sa vie entière. Tout cela est trop confus, trop imprévisible. Comment aurait-elle pu deviner ce qu'il allait se passer dans les semaines qui arrivaient...

A l'évocation de ses parents, le coeur d'Ahina se serre. Elle sait qu'ils ne sont pas loin. Dans la même maison pour être toute à fait exacte. Mais au fond d'elle, elle sait que ça serait une bien mauvaise idée d'aller les voir maintenant. Finalement... ils ne savent toujours pas pour combien de temps ils sont réunis.

"Comment... comment ils l'ont pris..."

Ahina sait déjà ce qu'il va lui répondre. Mais sans doute a-t-elle besoin de l'entendre.
Elle se redresse légèrement alors qu'il murmure, pour le regarder dans les yeux. Son visage se teinte d'une tristesse presque palpable. Elle redoutait d'entendre ces mots. Elle espérait vraiment... qu'il ne les prononcerait pas. Qu'il comprendrait et accepterait la fatalité qui est la leur.

A ce moment là elle essaya. Elle voulut poser sa main sur sa joue, l'embrasser avec tendresse et lui dire qu'il fallait qu'il vive désormais. Que cette rencontre était une chance, la chance de se dire adieux. Que jamais il ne pourrait la sauver, que le mal était trop violent, qu'il serait bientôt trop profond. Mais elle n'en eut pas le courage. Alors... si sa paume se pose sur la joue du Verseau, est-ce dans un simple hochement muet qu'elle lui répond.

Elle réfléchit longuement à sa question. Kyro... oui... le guerrier contre qui elle s'était battue lors de la Guerre Sainte. Étonnamment elle en a plus de souvenirs que ce matin même. Décidément... quoi qu'ait fait Mashia, elle avait vraiment réalisé un miracle. Car elle avait permis qu'ils soient réunis, ne serait-ce qu'un temps, qu'elle soit elle-même et qu'elle ait encore quelques souvenirs de cette nuit là. Souvenirs qu'elle n'avait déjà plus en temps normal, en dehors de l'intervention de Pséma.

"A vrai dire... je ne sais pas trop... Je me rappelle que ce type est d'une violence et d'une cruauté inouïes, j'ai rarement vu un truc pareil." Répond-elle d'une voix songeuse avant de poser sa main sur celle de Kappa. "Il croyait que j'étais la mère de Lya et que c'était notre enfant..."

A ces mots ses paupières s'écarquillent alors qu'elle pose fermement ses paumes sur les épaules de Kappa en le dévisageant avec effroi. Un souvenir vient de la percuter de plein fouet alors qu'elle prononçait le nom de Lya.

"Je n'ai pas pu la protéger et je l'ai abandonnée !!! Mon dieu Kappa, dis moi qu'elle va bien !!!"


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 13:13



Le moment était d’une fragilité extrême. Il était conscient que chacune de ses questions pouvait entraîner une réaction en chaîne en Ahina qui briserait leur lien et la ferait sombrer à nouveau. Mais par chance, cela ne se produisit pas. En tout cas, pas encore. Allongée à ses côtés, elle voulut savoir comment ses parents avaient pris la nouvelle :
- Difficile à dire... Enfin, mal, bien évidemment. Nous n’en parlons pas beaucoup. Ton père est plus silencieux qu’avant, et ta mère joue les mères poules avec moi depuis que mon père est occupé à la sécurisation des voies de ravitaillement de Jamir. Elle a une lueur inquiète dans les yeux quand elle me regarde, une lueur que j’ai du mal à supporter...
Quelque part, Kappa en disait si long parce qu’il savait que la jeune femme aurait bientôt oublié ses paroles. C’était à la fois terrible et libérateur. Comment lui avouer que voir Enya le traiter comme son propre fils, alors qu’il était responsable de la disparition de sa fille à elle, lui était insupportable ? En temps normal, il ne le pourrait pas. Mais ce soir là, il le lui expliqua. Le lien qui était né durant toutes ces années entre Enya et lui s’était resserré avec la disparition d’Ahina. Sans doute se raccrochait elle aux derniers liens lui rappelant sa fille.

Mais ce n’était pas la seule raison. Elle voyait les efforts déraisonnables déployés par le Verseau pour tenter de retrouver l’ancien Scorpion. S’il n’en parlait jamais, elle l’avait surpris à passer des nuits blanches entières dans sa chambre à étudier des rapports d’espions, à les diriger pour en apprendre davantage sur elle. Tout comme elle le voyait négliger son apparence physique et sa forme se déteriorer, la fatigue le gagner au fil des jours, depuis qu’ils s’étaient repliés sur Jamir. Enya savait à quel point il donnait de sa personne pour tenter de récupérer sa fille, et pour les Jamiriens et les Rodoriens. La lueur inquiète qui flottait dans son regard en disait très long. Elle avait tout aussi peur pour lui que pour sa propre fille, car peu à peu, cette obsession était en train d’éroder le chevalier d’Or. Mais d’un autre côté, elle lui en était reconnaissante car son instinct de mère voulait à tout prix revoir Ahina. Ainsi déchirée entre ses propres sentiments, Enya tentait donc de rendre les choses le plus faciles possibles pour tout le monde. Quant à Aaron, il avait abandonné les blagues salaces et sous entendus graveleux concernant la relation qui était née entre sa fille et le Verseau, et s’était un peu replié sur lui même, en tout cas en présence de Kappa. Il n’avait aucune idée de son état d’esprit, et quelque part, cela l’effrayait.

Il lui rapporta tous ces faits durant de longues minutes, sans omettre quoi que ce soit. Puis Ahina répondit à la question de Kappa mais s’emballa soudainement. Elle le fixa, inquiète, et il lui sourit avec bienveillance :
- Ne t’en fais pas, elle va bien. Il ne l’a pas touchée...
Le chevalier des Glaces fixa le plafond de sa chambre et son regard s’assombrit :
- Kyro est un tueur impitoyable et sadique, oui... Je suis désolé, Ahina. Tout ça, c’est ma faute. C’est a cause de moi s’il t’a attaquée. Et c’est à cause de moi s’il est défiguré... Nous avons un lourd passif en commun, je l’ai déjà affronté. Je le retrouverai, et je le tuerai pour qu’il ne puisse plus te menacer...

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Ahina


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 14:24


Promet-moi


Elle écoute ses mots sans l'interrompre un instant. Elle qui a toujours été plutôt loquace, se retrouve silencieuse spectatrice d'une triste pièce de théâtre dont elle est l'absent épicentre. Et tout ça à cause d'elle... tant de peine et de souffrance. Quel gâchis.

La jeune femme n'est pas étonnée de la réaction de ses parents. Au fur et à mesure que le Verseau lui narre la relation qui s'est instaurée avec sa mère, le mutisme dans lequel s'est retranché son père, son visage conserve une sévérité qu'on ne lui connait que peu, voire... pas.

"Evidemment qu'elle te regarde bizarrement. Elle s'inquiète. T'as vu ta tronche Kappa ? Tu t'es regardé dans un miroir récemment ?" Grogne-t-elle alors que son index vient taper plusieurs fois sur le front du jeune homme.

Un soupir s'extirpe de sa poitrine alors qu'elle se redresse légèrement, brisant quelque peu le contact. Saisissant la chevalière qui traîne sur la table de chevet, elle récupère la main de Kappa dans la sienne et la lui enfile au doigt.

"Je ne suis pas d'accord Kappa. Je n'ai jamais voulu que tu te mettes dans cet état là, même pour moi." Commence-t-elle d'une voix sombre alors que son autre main se referme sur la sienne qui arbore désormais l'insigne du commandement des forces d'Athéna.

"Je suis mal placée pour te faire la morale, je le sais bien. Je ferai pareil à ta place, voire pire car je ne prends pas autant le temps de réfléchir que toi." Poursuit-elle dans un sourire de dépit.

Tout cela est une certitude. Il n'y a qu'à cet instant qu'elle peut tenter d'envisager quelles seraient ses propres réactions si elle était à sa place. A cet instant et sans doute n'en aura-t-elle plus jamais l'opportunité.
Et il lui parait d'une évidence certaine, que si elle était dans sa peau aujourd'hui... le résultat serait bien plus catastrophique, pour tout le monde.

"Ecoutes Kappa... "

Elle semble hésiter, retenant quelques secondes ce qu'elle s'apprête à dire comme si elle redoutait de laisser s'échapper ces mots malheureux.
Puis elle finit par lâcher ce qu'elle pense depuis le départ. Elle avait pourtant décidé de ne rien dire. Mais à le voir ainsi, à entendre la façon dont cela se passe avec ses parents... Elle ne connait que trop bien sa mère que pour savoir que l'attitude qu'elle a aujourd'hui, n'est pas uniquement due à sa disparition. Kappa le tait, il ne lui dira rien. Mais elle le sait. Il n'est pas besoin de mots. Cette histoire... ce qu'il lui arrive... est en train de le détruire.

"Si tu n'es pas capable de te reprendre, tu dois arrêter de chercher une solution Kappa. Tu ne vas pas passer ta vie à traquer ce putain de gars. On n'est pas au pays des merveilles, tu sais bien qu'il n'y aucune chance que le tuer n'annule l'attaque. Le mal est fait et Pséma va s'en donner à coeur joie pour terminer le boulot."

Tiens en parlant de cet enfoiré de Pséma...
Elle pointe un doigt presque accusateur vers Kappa alors que sa mâchoire se crispe et que le ton de sa voix change tant qu'on la dirait transformée en ours (ou en oursonne, du moins).

"Ah putain et je t'interdis, maintenant, demain ou dans 6 mois, de croire un seul instant que je suis ralliée à la cause de cet enfoiré ! Tu m'entends hein Kappa ! Quoi que je dise dans l'avenir, quoi que je fasse, et même... si tu me vois avec lui... moi, la véritable Ahina et pas celle qu'ils sont en train de créer, ne cautionnera JAMAIS les saloperies de cet enfoiré de Pséma ! Je t'interdis d'oublier ça Kappa !"

Le ton baisse en intensité alors que ses épaules s'affaissent.
Elle en a connu des merdes dans sa vie. A vrai dire elle les attire comme un pot de miel une nuée de guêpes. Mais d'ordinaire se sont des petites merdes, des trucs sans réelle importance. Là il faut reconnaitre que le triplé Katha, Kyro, Pséma, consécutifs par dessus le marché, c'est vraiment pas de bol.

"C'est pas de ta faute arrête de dire des conneries plus grosses que toi. J'ai essayé de te faire comprendre ce soir là, tant que je le pouvais encore. Alors maintenant que je peux une nouvelle fois, ça aussi tu vas le rentrer dans ta caboche."

A ces mots elle saisit son visage entre ses mains et pose son front contre le sien.

"Si un jour je te dis des horreurs comme celles que j'ai pu balancer l'autre soir. Ouais... je m'en souviens, enfin là, ce matin je m'en souvenais pas... bref. Quand je te dis ce genre de trucs, mais putain fais abstraction. Dis toi que c'est Primprenelle que t'as face à toi, qui tu veux, mais pas moi ok... et surtout ne sois pas blessé je t'en prie... Ce que t'a dit mon... autre moi... l'autre soir, c'était dans le seul but de te faire du mal. Parce que cette salope te connait aussi bien que moi, elle sait où appuyer. Je t'interdis de la laisser faire ok... J'ai rencontré ce type totalement par hasard. Je descendais les temples et lui les gravissait. J'avais Lya sur le dos, ça a suffit à réveiller sa cruauté. Je suis sûre que ça n'aurait rien changé qu'il nous sache liés ou non, le résultat aurait été le même."

Bien que ses mots soient assurés et qu'elle ponctue sa tirade par un vif hochement de tête, Ahina n'est pas réellement convaincue par ce qu'elle avance.
Kyro lui aurait sans doute fait la peau, même sans la savoir proche de Kappa, ça c'est une véritable certitude. Par contre... il n'aurait peut être pas été aussi loin s'il l'avait prise pour la guerrière lambda sans lien avec lui. Mais ça, évidemment, elle n'en dira jamais mot, à personne, et surtout pas à lui.

Cela fait beaucoup d'interdictions en à peine quelques minutes. Et elle n'est pas vraiment convaincue qu'il se tiendra à tout. Mais elle l'espère... vraiment.


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 14:56



Suite à son récit, les mots prononcés par Ahina terrifièrent le Verseau : “ Ecoutes Kappa... “. Il ne voulait pas en entendre davantage si c’était pour lui dire de l’abandonner, de laisser tomber. Elle prononça ces quelques mots, mais cette fois, il ne la laissa pas faire :
- Tu sais bien que ça n’arrivera jamais... Tu ne veux pas le comprendre, n’est ce pas ? Ce que tu représentes pour moi ?
Il plongea son regard azuré dans celui de son amie d’enfance, et poursuivit d’un ton de confidence :
- Tu es celle qui as donné un but à ma vie, Ahina. Mon univers tout entier est bâti autour de toi. Si tu disparaissais, je...
Le contact de ses mains sur son visage lui fit monter les larmes aux yeux. Il n’avait aucune raison de lui cacher l’effet qu’une simple apparition de sa part pouvait avoir sur lui. Une larme se mit à couler le long de sa joue puis sur la main d’Ahina, tandis qu’il la fixait toujours en souriant faiblement.
- Tu es la femme de ma vie, la seule et l’unique. Il va bien falloir que tu l’acceptes. Je n’arrêterai jamais de te chercher. Parce que désormais, mon seul but dans la vie, c’est de te guérir !

La jeune femme posa alors son front contre le sien, et exigea certaines choses de lui. Oui, la cruelle Ahina créee par son némésis et Pséma dirait les pires horreurs pour le blesser. Il le savait, il y avait déjà goûté. Il ferma les yeux, hochant faiblement de la tête à chacune de ses demandes. Mais il n’était pas certain lui même de pouvoir tenir une telle promesse. Aussi se contenta t’il de répéter les mêmes mots qu’elle, comme ils l’avaient fait parfois :
- Je ne suis pas certain de pouvoir tenir ces promesses... mais j’essaierai...
Il redressa la tête et sourit pour souligner l’aspect “drôle” de la phrase, et ses bras se refermèrent autour de la jeune femme avant qu’il ne l’embrasse tendrement. A nouveau, il reposa son front sur le sien, et ferma les yeux avant de lui dire :
- De toute façon, il vaut peut être mieux que tu sois loin de moi en ce moment, que tu ne me voies pas dans cet état. Ta mère dit que je fais peur quand je suis “sur le sentier de la guerre”.
Il essayait de détendre l’atmosphère. C’était dur, mais il ne voulait pas gâcher ce moment qui leur était offert.

Il replaça une mèche de cheveux de la jeune femme, mit un peu de distance entre eux, et reprit une attitude grave, avant d’ajouter :
- Ecoutes, je comprends tes inquiétudes. Mais tout comme tu veux que je fasse abstraction de ce que ton double me dira ou que je n’oublie jamais qu’a aucun moment tu ne cautionneras les actions de Pséma, il faut que tu comprennes que tu es pour moi ce qu’il y a de plus précieux sur cette terre. Et que tu l’acceptes, surtout ! Je ne t’abandonnerai pas à ton sort ! C’est tout bonnement hors de question ! J’ai besoin de temps et je reconnais que pour le moment je ne sais pas comment te guérir. Mais je trouverai ! Il y a forcément un moyen ! Je chercherai ! En attendant, je veux que tu me promettes de ne pas abandonner ! Je te l’interdis ! Mais tu es la femme la plus forte que je connaisse. Tu en es capable ! Tu es Ahina, le chevalier d’Or du Scorpion, et la disciple de Fawn le Grand Pope ! Acheva t’il en souriant avec une lueur de fierté dans le regard.



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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 15:33


La réalité


Son intervention lui coupe littéralement l'herbe sous le pied. Bouche bée comme un poisson sorti de son bocal, elle écoute les mots qui s'extirpent de sa gorge, la sienne se nouant syllabes après syllabes.

Il ne lui a jamais déballé autant de choses d'un coup... Bien sûr, elle sait qu'il tient à elle, et il est toujours bon de se l'entendre rappeler. Seulement... les termes qu'il emploie sont si puissants... si plein de... symbolique.

Un raclement sourd se distingue dans sa gorge alors qu'elle tente de conserver le peu de contenance qu'il lui reste.

"T'avises pas de me demander en mariage, sinon je t'en colle une" Dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine tout en prenant un air faussement outré.

Pour détendre un peu l'atmosphère qui est devenue aussi lourde qu'une chape de béton en l'espace de quelques secondes, elle ponctue sa déclaration par un coup de poing simulé sur la tempe de Kappa. Finalement son poing ne fera que se poser sur le sommet de sa joue. L'heure n'est certainement pas aux baffes.

"T'es qu'une sale tête de mule. En fait t'es pire que moi" Lâche-t-elle dans une expression presque boudeuse en levant un sourcil dans sa direction.

D'un léger mouvement du pouce, elle balaie la larme qui s'apprête à dégringoler le long de sa joue. Un sourire répond au sien alors qu'elle acquiesce d'un air entendu. Il le sait. Elle le sait également. Malgré toute leur bonne volonté, ni l'un, ni l'autre, ne sera capable de tenir les promesses qu'ils se seront faites ce soir.

Un simple sourire répond à ses mots. Elle aurait tendance à dire qu'il serait plutôt préférable que ce soit lui qui se tienne surtout très éloigné d'elle, mais elle n'en dit rien.

Comme la dernière fois où cela s'était produit, Ahina ne s'attendait pas à être embrassée. C'est donc un peu surprise et sans doute un peu gauche, qu'elle répond à son baiser. La tendresse qui se dégage alors de lui est si forte qu'elle en est presque violente. Pourtant très peu enclin à ce genre de démonstrations affectives, le visage d'Ahina devient soudainement très pâle alors qu'elle prend Kappa dans ses bras en enfouissant son visage dans son cou.

Elle écoute attentivement ce qu'il lui dit, hochant la tête sans grande conviction alors que l'émotion qui la submerge est si forte qu'elle l'empêche presque de respirer.

"Je n'abandonnerai pas... je te le promets..." Dit-elle à voix basse.

Pourtant ses mots ne semblent pas très convaincus. Il ne doit pas être bien satisfait Fawn... de la où il est. Voir son élève se faire corrompre de la sorte aussi facilement, ce n'est pas ce qu'il lui avait enseigné, ce n'est pas ça qui risque de gonfler sa poitrine de fierté. Un chevalier d'or ? Plutôt une pâle copie. Un chevalier d'or, un vrai, c'est Kappa, Mashia, Marcus ou Corell. Mais certainement pas elle. Elle aurait tout juste le niveau d'être un bronze et encore..

Elle ne relâche pas son étreinte. Car après avoir tenté de se raccrocher à quel qu'espoir, qu'elle estime d'ores et déjà parfaitement vains, après avoir espéré qu'il accepterait de ne pas se torturer de la sorte, vient la désillusion qui ne l'avait finalement jamais quittée.

Le vernis craque doucement.

"Kappa... "

Les sanglots étouffent à demi la voix qui se fraye un passage difficile au creux du cou du jeune homme.

"...j'ai peur. Je n'y arriverai pas... je le sais... Je ne suis pas aussi forte que tu le crois. Je te promettrai tout ce que tu veux, je te dirai tout ce que tu veux entendre, mais je n'y arriverai pas. Tu ne sais pas, tu ne peux pas imaginer comment ça se passe dans ma tête depuis ce jour là..."

La douleur... tout le temps. Le jour. La nuit. Pas de répit, jamais.

"Mes souvenirs m'échappent Kappa. Ma vie m'échappe. Tu m'échappes. Bientôt j'aurai tout oublié et ne restera qu'une profonde haine pour seule amie. Je ne veux pas finir comme ça Kappa. Je ne veux pas que tu assistes à ça."

Les larmes dévalent ses joues comme ce jour là... près de la cascade alors qu'ils étaient avec Mashia et Lya. Que ne donnerait-elle pas pour revenir à cette époque. Même s'ils étaient en froid et qu'elle lui aurait bien volontiers arraché les yeux, au moins tout était possible, tout restait à faire.
Aujourd'hui... il n'y a presque plus d'espoir.

"Je ne veux pas partir, je ne veux pas que nous soyons séparés. Kappa, je ne veux pas vivre ça !"

Un jour elle le lui demandera, "Kappa, tu dois me tuer". Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui... elle ne le peut.


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 16:04



Il n’avait jamais été très doué pour démontrer son affection à celle qu’il avait pourtant aimée dès qu’il avait posé les yeux sur elle. Il n’avait toujours été qu’un enfant brisé par la vie, replié sur lui même, détesté par les autres apprentis à cause de ses origines et de son talent inné pour maîtriser le cosmos. Le talent attire la convoitise : une leçon de vie qu’il avait reçue très tôt dans sa jeune vie, et dont il se serait bien passé. Pourtant, ce soir, il lui révélait la véritable nature de ses sentiments pour elle sans gêne ni hésitation. Peut être sa soudaine assurance était elle aidée par le fait de savoir que bientôt, elle aurait oublié. Lui même n’aurait su le dire, mais il était prêt à tout pour qu’elle se raccroche à la vie. Il ne la laisserait pas sombrer. Pas elle, pas après tout ce qu’ils avaient traversé pour se retrouver, après treize ans d’absence !

En fin de compte, la jeune femme craqua après avoir enfoui son visage au creux du cou de Kappa. Il la serra contre lui, en lui chuchotant des mots rassurants. Elle était terrifiée, quoi de plus normal ? Il l’avait été aussi quand Pséma l’avait contrôlé, et les choses étaient bien pires pour elle.
- Si, tu l’es... Tu n’as pas assez confiance en toi, c’est tout ! Mais ce n’est pas ce que je te demande. Aies confiance en moi ! Je trouverai un moyen ! Je ne peux pas imaginer ce que tu traverses, c’est vrai, mais l’inverse est également vrai... J’ai au moins autant envie de te sauver que toi ! Mais pour ça, j’ai besoin de temps ! En ton absence, je protègerai ce qui t’échappe : ta vie, ta famille, tout ce à quoi tu tiens t’attendra à ton retour, lui souffla t’il d’une voix douce et chaleureuse alors qu’elle pleurait toujours.
- Je ne veux pas partir, je ne veux pas que nous soyons séparés. Kappa, je ne veux pas vivre ça !
- Ca n’arrivera pas ! Je ne laisserai jamais une telle chose se produire, peu importe ce qu’il faudra faire pour l’empêcher !

Il se tut et se mit doucement à bercer sa bien aimée pour la calmer. Chacun de ces instants était pour lui une bouffée d’oxygène qui lui permettrait de tenir pour les mois, peu être les années à venir avant leur prochain face à face. Rien n’était écrit ou garanti. Ils ne pouvaient qu’espérer. L’espoir était plus que faible, mais n’était ce pas leur travail que de faire naître l’espoir ? S’ils abandonnaient avant même d’avoir essayé, ils ne valaient pas le nom de chevalier de l’espoir qu’on leur prêtait.
- Il ne faut pas abandonner... Si on abandonne, Kyro et Pséma auront gagné... Et je sais que tu ce n’est pas ce que tu veux... Tu as toujours été mauvaise perdante, ajouta t’il sur un ton taquin pour tenter de la faire rire. Je sais que je te demandes beaucoup. Mais fies toi à moi ! Je ne t’abandonnerai pas aux mains de Pséma ! Je ferai l’impossible pour le retrouver ! J’ai déjà commencé mes recherches...

Il la sentait si désemparée, si fragile, qu’il ne savait pas quoi dire. Comment lui rendre l’espoir ? Elle vivait un véritable enfer et ce n’était que le début. Il n’avait pas la réponse. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était lui prouver à quel point il l’aimait, et qu’il ne reculerait devant rien pour la retrouver. Ni l’un ni l’autre ne voulaient être séparés. Elle ne voulait pas partir, et il voulait la retenir. Mais pour une fois, peut être la première fois de leurs vies, ils se montraient raisonnables. Elle ne pouvait pas rester dans cet état, et il ne pouvait pas la retenir. L’enfermer entre quatre murs ne règlerait rien. Elle perdrait la raison et tenterait même de se mutiler, probablement. Il n’avait d’autre choix que de la laisser repartir d’où elle venait. Mais il la retrouverait. Il s’en était fait le serment ! Tout comme il l’avait promis à Enya !
- Je ne sais pas ce qui nous attend... Et moi aussi, je suis terrifié. Mais je veux que tu saches que te rencontrer a été la meilleure chose qui me soit arrivé ! Peu importe ou cette route nous mènera, je n’ai pas l’intention de la quitter !



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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   Jeu 7 Jan - 16:53


Adieux


Tendresse, bienveillance, écoute. Kappa fait tout ce qu'il peut pour tenter de la rassurer, de la calmer, de détendre ces bouffées d'angoisse qui n'ont de cesse d'encombrer son coeur et le rendent si lourd.
Pourtant elle n'avait pas souhaité tout cela. Dès lors qu'elle était étrangement apparue dans cette chambre plongée dans la pénombre, elle n'avait pas voulu le réveiller. Transformer ce moment en instant pénible, encore moins. Malgré cela... c'était indirectement ce qu'elle avait fait.

Elle se fait violence autant qu'elle en est capable. Reprenant son souffle, elle acquiesce en relevant le visage.

"Oui tu as raison" Dit-elle en esquissant un sourire.

C'est le seul cadeau qu'elle sera à même de lui faire aujourd'hui. Le seul cadeau d'adieux. Il ne comprendra pas. Il refusera d'entendre qu'elle est perdue, tant qu'il n'aura pas tout essayé.

Quelque part il n'a pas tort. Ahina a toujours été une très mauvaise perdante. Cependant... une fois qu'il aura tué Kyro. Une fois qu'il aura tué Pséma. Une fois qu'il se sera cassé les dents encore et encore sans parvenir à la faire redevenir comme avant... alors sa peine finira par s'éteindre. Sa souffrance s'apaisera tôt ou tard, même si cela prend des années, même s'il a le sentiment qu'il ne pourra jamais vivre de nouveau comme avant. Tout cela... passera.

Son état à elle... ne prendra jamais fin. Pour une simple et terrible raison : ses fondations, les piliers mêmes de ce qu'elle est et représente, sont en train d'être modifiés de manière irrémédiable. Peut être qu'il sera possible de la changer encore en "autre chose", plus tard... Mais ce qu'elle était vraiment, qui elle était, sera perdu à jamais. On peut façonner un être de bien des manières, tenter de le rapprocher au plus près de ce qu'il fut autrefois, il n'en restera jamais qu'une copie.

C'est l'analyse que cet instant lui permet de faire de sa situation. Le seul moment où ses idées sont assez claires, son esprit uniquement habité par son essence originelle et non celle qu'on lui a inculquée pour la corrompre, durant lequel elle réalise toute l'ampleur du mal qui la frappe.

Alors... pour tout cela... pour ce qu'elle peut et ne peut faire pour lui, est-ce son cadeau. Oui, je n'abandonnerai pas. Oui, j'ai confiance en toi. Oui, je suis certaine que nous trouverons une solution.
Mais tout cela... est faux. Bien sur sa confiance en lui ne saurait souffrir d'aucune limite, cela est évident. Mais... cela ne sera pas suffisant, car de méthode il n'en trouvera aucune.

Un nuage passe alors devant l'astre lunaire, plongeant la pièce dans une pénombre quasi totale. Lorsque la lune réapparaît, le corps d'Ahina émet une douce clarté comme si elle ne faisait plus qu'une avec elle.
L'appréhension la gagne alors que son coeur s'emballe et que, sans même s'en rendre compte, elle serre les mains de Kappa dans les siennes.

Il est temps. Elle savait, ils savaient, que cela ne durerait pas.

Doucement, comme quoi elle en est capable parfois, elle dépose un baiser très tendre sur les lèvres de Kappa. Un sourire se dessine sur son visage. Par moment... qu'il peut être difficile d'exprimer une expression d'ordinaire si simple.

"Rase-moi tout ça, c'est moche." Lance-t-elle en tentant vainement de retenir les larmes qui dévalent ses joues et contrastent assez violemment avec les paroles désinvoltes qu'elle prononce.

"Prends soin de mes parents s'il te plaît... Dis leur... dis leur que je les aime..." Dit-elle à voix basse alors que son corps devient de plus en plus translucide.

Le contact est rompu. Ses mains brassent le vide, traversant Kappa qu'elle tente de prendre dans ses bras une dernière fois, sans succès.

"Kappa, Kappa ! Je t'aime, ne l'oublies jamais tu m'entends !"

Voilà c'est dit. Elle aura mis le temps, mais au moins... ne peut on être plus sincère que cette femme à cet instant.

Alors qu'une mystérieuse force la happe, l'entraînant vers la fenêtre ouverte comme si elle souhaitait qu'elle ne s'envole comme un oiseau, une chose vient à l'esprit d'Ahina. Une chose qu'elle aurait due lui dire avant.
Finalement, elle ne sait pas si cela a de l'importance ou même si il n'est pas déjà au courant. Alors dans le doute... si cela peut être utile.

"Kappa !!! Pséma !! Les armures noires ! C'est lui qui les..."

Trop tard. La main qui se tendait vers lui en un geste desespéré se volatilise dans l'air, laissant Kappa seul. Parfaitement et totalement... seul.


--------------------

Au coeur de l'étrange royaume des chevaliers noirs, Ahina s'éveille en sursaut. De fines gouttelettes de sueur perlent sur son front alors qu'elle peine à reprendre son souffle.
Fronçant les sourcils, la jeune femme finit par se lever et ouvre la fenêtre en grand d'un mouvement sec. Il n'y a que la nuit, qu'une profonde obscurité. Etrange paysage dont elle ne saurait même pas dire s'il se trouve sur terre, ou bien ailleurs... Qu'importe, l'air est frais et c'est tout ce dont elle a besoin à cet instant.

On frappe à la porte. Après ce que l'on pourrait qualifier de grognement d'approbation, la porte s'ouvre et un homme vêtu d'une toge passe précautionneusement la tête dans l'entre bâillement.

"Vous allez bien...? Je vous ai entendu crier"

"Ouais ouais ça va, vous en faites pas" Lance-t-elle d'un ton légèrement agacé.

L'homme disparait par la porte sans demander son reste.
Envahie par une énorme bouffée de mauvaise humeur, les prunelles de jais de la jeune femme fixent le non horizon par la fenêtre. Elle a comme un mauvais pressentiment. Un pressentiment qu'elle n'arrive pas à définir ni à comprendre.

"Bon je vais pas me prendre le chou avec ça" Grogne-t-elle en retournant vers son lit.

Il est clair que Pséma a fait des merveilles, mais ses blessures sont encore trop fraîches pour qu'elle ne fanfaronne en plein milieu de la nuit. Le repos est son meilleur allié, pour l'instant.
D'une main, elle remonte la couverture jusqu'à son nez en fermant les yeux.
Rapidement elle se rendort d'un sommeil de plomb, alors que, déjà, son esprit corrompu par le poison de Kyro a tout oublié de l'étrange rêve qu'elle vient de faire.


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MessageSujet: Re: [Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa   

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[Juin 1755] Une dernière chance ~ Kappa

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