RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa

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Ahina


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MessageSujet: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Mer 13 Jan - 15:03


Au 1er jour


"MAAAMANNNNNN je vais au porrrrrrt"

Ahina, 7 ans, haute comme trois pommes (et demie), brune au tempérament déjà plutôt... vif, pour dire ça comme ça, dévale les escaliers comme si le diable en personne était à ses trousses. Le tout extrêmement bruyamment cela va sans dire.

"VEUX-TU BIEN ARRÊTER DE HURLER COMME CA AHINAAAAAAAAAAAAAAAAA"

Passant son visage par entrebâillement de la porte de la cuisine, Enya, 28 ans, jeune femme plutôt élancée, brune aux grands yeux noisettes. Mère d'Ahina dont celle-ci est le portrait craché.

"Mais laisses là Enya, ce n'est qu'une gamine. Çà lui passera, il faut bien que jeunesse se fasse comme on dit."

Attablé dans la cuisine non loin d'Enya et dégustant un café chaud, Aaron, 31 ans, père d'Ahina. Force de la nature, tranquille mais imposant, il est sans aucun doute le plus tempéré de sa petite tribu.

"Ahina, tant que tu y es, Naïos ne devrait pas tarder à rentrer. Si tu le vois sur le port, invites le à dîner à la maison ce soir ! Tel que je le connais il n'aura sans doute pas envie de faire à manger après un si long voyage."

"Ah ouais ?! Et du coup c'est ta gentille femme qui va s'y coller c'est ça ?"

Un léger sourire se dessine sur le visage d'Aaron alors qu'Enya lui tourne le dos en ronchonnant. Telle mère, telle fille. Elle grogne mais au final elle adore Naïos et sera ravie de l'avoir à dîner. A croire que c'est juste pour la forme. Après toutes ces années, il en était arrivé à cette déduction. Son épouse ronchonne parce qu'il le faut. Mais au fond, elle s'en fiche les trois quarts du temps.

"Ok'Pa" Lance la petite alors qu'elle passe comme un v2 dans le couloir et sort de la maisonnée en claquant la porte, pour le plus grand désespoir de sa mère et amusement de son père.

Ahina n'ayant visiblement pas été dotée de l'option "marche tranquille" à sa conception, c'est dévalant les ruelles de Rodorio qu'elle parvient jusqu'au port, qui n'est pourtant pas tout près de chez elle.
La journée est belle, vraiment belle. Tout ce qu'elle aime. Il fait beau, chaud, le soleil brille, la mer n'est pas agitée. Un vrai temps de rêve pour aller pêcher !

Mais finalement elle n'en aura pas l'occasion, car dès qu'elle arrive sur le port, elle aperçoit le vaste bateau qui avait emmené Naïos au loin. Par conséquent il devrait déjà traîner dans le coin.
Après avoir demandé au responsable de la capitainerie du port, Ahina apprend qu'en fait le bateau vient tout juste d'accoster. Naïos n'est sans doute pas encore descendu. Avec grande impatience, la petite brune attend de le voir apparaître sur le pont.

"NAIOOOOOOOS" Se met-elle à hurler de joie dès qu'il met le pied sur le ponton qui relie le bateau à la terre ferme.

Sautant dans ses bras en un bond qui n'aurait rien à envier à celui d'un chamois des montagnes, Ahina ne perçoit pas tout de suite la petite ombre qui accompagne l'ami de son père.

"Tu nous as manqués ! Papa veut que tu viennes diner ce soir" Lance-t-elle dans un grand sourire alors qu'elle entreprend de descendre de son perchoir.

C'est à ce moment, à cet instant précis qu'elle l'aperçoit, à moitié planqué derrière Naios.

"Oh ! T'as ramené un p'ti garçon avec toi ? CHOUETTE ! Bonjour moi c'est Ahina !"

Le timbre de sa voix est enjoué alors qu'elle adresse un immense sourire au jeune garçon.


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Kappa


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Mer 13 Jan - 19:42



Cela faisait déjà trois fois que Naios parcourait l’ensemble du pont inférieur sans trouver trace du jeune garçon. Où avait il bien pu encore passer ? Tout en réfléchissant, l’ancien chevalier de Persée se passa la main dans ses cheveux bruns dont les premières mèches commençaient déjà à virer à l’argenté. Il conclut alors que son jeune protégé avait encore dû se rendre dans son “repaire” avec un air affligé. Il descendit au dernier pont et se retrouva dans la cale, pleine de caisses. Il se fraya un chemin entre celles ci, jusqu’à un point où il dut se mettre à quatre pattes pour poursuivre son chemin. Il progressa ainsi avec difficulté jusqu’au fond, et là, sur la droite, il trouva plusieurs couvertures qui formaient une sorte de lit. Recroquevillé tout au fond, genoux contre lui, le jeune garçon observait Naios de ses yeux perçants. Il avait toujours peur de lui, malgré qu’il le connaisse depuis plus de trois semaines, maintenant.

L’ancien chevalier d’argent lui tendit la main en lui parlant doucement. Il lui indiqua qu’ils étaient arrivés, et qu’il fallait descendre, à présent. En l’espace de trois semaines, l’enfant n’avait que très peu vu la lumière du jour. Il avait passé la première moitié du voyage dans le coma, et après s’être réveillé, se cachait la plupart du temps, par pur instinct primaire de conservation. Terrorisé par le moindre bruit ou geste trop rapide, il avait regressé à un stade triste à voir.
Après une longue hésitation, il attrapa la main de Naios et le suivit hors de son nid. Ils remontèrent, et ils sortirent sur le pont. Durant de longues secondes, le jeune garçon se protégea les yeux, qui n’étaient plus habitués à la lumière du jour après tant de temps passé dans la pénombre. Il entendit soudain une voix hurler le nom de son sauveur et se dissimula derrière lui. C’est alors qu’il la vit : une jeune fille pleine de vie, une fille qui changerait sa vie et son destin à jamais : Ahina !

Il l’observa sans rien dire, dans l’ombre de Naios, tandis qu’elle lui parlait joyeusement. Bruyante, énergique. Deux choses que l’enfant n’aimait pas du tout, et que ses sens aiguisés par sa régression récente n’appréciaient pas. C’est alors qu’elle le vit, et le salua à l’aide d’un magnifique sourire. Pourtant, tel une bête tapie, dos au mur, Kappa ne fit que la dévisager, sans rien répondre. Son visage pâle, cerné et encore lacéré de blessures qui avaient malgré tout commencé à se refermer ne reflétait aucune émotion. Mais dans ses yeux flottait un mélange de peur et d’hostilité envers tout ce qui l’entourait. Il ne décrocha pas un seul mot, et Naios s’interposa avant de poser un genou à terre, une main sur l’épaule d’Ahina, et de lui murmurer :
- Ne le brusques pas, s’il te plaît. Ces dernières semaines ont été vraiment dures pour lui. Il s’appelle Kappa. Prends soin de lui, d’accord ? Ajouta t’il en ébouriffant les cheveux de la jeune fille.

Il se redressa, et fit signe à Kappa de le suivre. De toute façon, celui ci s’accrochait fermement à la tunique de son protecteur en jetant des regards furtifs tout autour de lui. Il ne remarqua même pas la beauté de l’endroit dans lequel il venait de débarquer, ni même la vue superbe qui s’offrait sur le Sanctuaire d’Athéna, niché sur la montagne dominant le port. Il était trop absorbé dans sa recherche d’éventuelles menaces en approche. Pendant ce temps, Naios discutait avec Ahina qui semblait intéressée par ce drôle d’enfant muet.
- Je l’ai trouvé pendant la mission que m’avait confiée notre Grand Pope. Il était gravement blessé, et je n’étais pas sûr qu’il s’en sortirait. Il a passé plus d’une semaine dans le coma, mais il a fini par émerger sur le bateau. Je n’ai pas réussi à le faire parler beaucoup. A part son nom et quelques autres mots, il n’a pratiquement rien dit.

Soudain, le jeune garçon lâcha la tunique de Naios en apercevant une femme qui se dirigeait vers eux, sourire radieux aux lèvres. Il la trouva instantanément très belle. Elle semblait si gentille, elle lui rappelait sa propre mère. A cette pensée, ses poings se serrèrent et son visage afficha une douleur silencieuse, durant un court instant. Sa mère, il ne l’avait plus ! On lui avait prise !
- Enya, s’exclama Naios en allant lui faire la bise. Ca me fait plaisir de te voir ! Tiens, je vais en profiter pour parler un peu avec ta maman, lança Naios à Ahina. Tu veux bien faire visiter Rodorio à notre invité ?
En entendant ces mots, la lueur terrifiée reparut dans les yeux du garçon qui s’accrocha avec ses deux mains à la tunique de son sauveur.
- Tu ne veux pas faire un tour avec Ahina ? Demanda doucement Naios.
Pour toute réponse, Kappa secoua énergiquement la tête de droite à gauche. Naios soupira, et après avoir dit à la mère et à la fille de lui accorder un instant avec le jeune garçon, il s’éloigna avec Kappa, posa un genou à terre, et le regarda droit dans les yeux :
- Ecoutes, Kappa : ce sont mes meilleurs amis. Tu peux leur faire confiance. Je veux juste discuter un peu avec la maman d’Ahina concernant le repas de ce soir, et ensuite nous irons chez moi pour se laver. Et puis je suis sûr qu’Enya pourra te trouver des vêtements propres à ta taille ! Ahina aime les vêtements de garçons, au grand damn de sa mère... ajouta t’il avec un air amusé. Fais juste un petit tour avec Ahina, c’est d’accord ?

L’enfant fixa longuement son protecteur sans dire un mot. Puis, finalement, son visage pâle et lacéré hocha faiblement, en signe d’approbation.
- Merci, lui dit Naios. Tu vas voir, tu vas bien t’entendre avec Ahina ! Elle est très gentille !
Kappa ne répondit pas, mais il en doutait fortement. L’ancien Persée revint vers Enya et sa fille, échangea quelques mots avec elles, et Ahina se dirigea vers Kappa. Il posa cependant une main sur son épaule, et ajouta dans un murmure :
- Fais attention, il est très craintif. Et il est probable qu’il ne te dira rien du tout... Mais ca lui fera du bien de traîner avec un enfant de son âge. Je te le confie pour un moment, le temps de parler avec ta mère.
Puis, il la laissa partir avant d’expliquer tout à la maman d’Ahina.
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Ahina


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Mer 13 Jan - 22:01


Au 1er regard



Elle voit Kappa réellement pour la première fois à cet instant. Quand Naïos met un genoux en terre pour lui adresser quelques mots, la barrière protectrice derrière laquelle il se cachait cède pour quelques secondes. C'est alors qu'elle le voit comme elle ne l'avait pas encore vu. Il est blessé, extrêmement pâle. Son visage reflète une sévérité qui ne sied pas du tout à son âge. Dans ses yeux flottent l'amer goût de la crainte et une once de défiance, comme s'il lui disait tout bas "ne t'approches pas".

Les traits de la petite brune s'affaissent, son sourire se dissipant comme par enchantement. Elle entend ce que lui dit Naïos, mais elle a du mal à détacher son regard du jeune garçon. Oh pourtant il ne s'agit pas là d'une curiosité malsaine dont elle est parfaitement dénuée... non, pas du tout. Simplement... il lui fait de la peine, à le voir ainsi, si misérable, semblant si meurtri.

Le récit qu'il lui conte, le récit bien sinistre à vrai dire, ne fait que renforcer la grande tristesse qui enserre son coeur. Elle n'a jamais vécu ça jusqu'à aujourd'hui. C'est la première fois qu'elle se retrouve confrontée à ce genre de situation. Comment un aussi jeune garçon peut-il avoir souffert autant ? Elle ne comprend pas. Non, elle ne peut pas comprendre.

"Le pauvre..." Finit-elle par articuler avec peine en posant ses grands yeux mordorés sur l'ancien chevalier.

"Je ferai attention, je te le promets" Dit-elle en gonflant la poitrine autant qu'elle le peut, ses grands yeux mordorés s'embuant d'émotion.

C'est par la réaction du petit qu'elle se retourne et aperçoit sa mère. La tête qu'elle fait est tellement étrange, comme si elle allait fondre en larmes, que la main d'Enya se pose sur l'épaule de son enfant.

"Ahina... tout va bien ?"

"Oui... ça va"

C'est d'une voix convaincue qu'elle lui répond, après avoir reniflé un bon coup. Enya jette un regard intrigué vers Naïos avant de le saluer aimablement.
Elles assistent toutes deux à la scène qui s'opère entre l'adulte et l'enfant, Enya gardant sa main sur l'épaule de sa fille qui fixe Kappa avec beaucoup d'attention. En fait, la petite essaie de lui adresser le regard le plus gentil dont elle soit capable. Difficile de dire si elle y arrive vraiment, mais au moins essaie-t-elle du mieux qu'elle peut.

Enya a toujours été beaucoup plus fine que la plupart des gens. Contrairement à ce que deviendra sa fille dans l'avenir, son sens des sentiments a toujours été incroyablement développé. Alors, lorsque Naïos s'éloigne de quelques pas en compagnie de l'enfant, elle pose en genoux en terre, saisissant les joues d'Ahina dans ses mains.

"Tu es forte ma puce. Plus forte que tu ne le penses. Je suis sûre que tu réussiras à lui redonner le sourire. Tu trouveras le moyen."

"Tu crois...?" Demande-t-elle d'un air perplexe.

"J'en suis certaine" Acquiesce-t-elle doucement en souriant à sa fille.

Ahina hoche la tête fermement, ses cheveux très longs à l'époque, s'agitant dans tous les sens comme suivant sa nouvelle détermination. Oui, elle a raison. Elle va tout faire pour qu'il se sente ici comme chez lui.

Naïos et le jeune garçon reviennent vers elles. Ahina lui adresse un grand sourire avant de lui répondre.

"Oui ne t'inquiètes pas ! Je le protègerai c'est promis ! Il ne lui arrivera rien, foi d'Ahina ! Je le ramène chez toi dans 2h !" Lance-t-elle en plaquant son poing sur son coeur, comme elle l'a vu faire tant de fois avec son père dès qu'il s'agissait d'un sujet qui leur tenait à coeur.

Ahina s'approche à pas très lents de Kappa, comme si elle marchait sur des oeufs. Au départ, elle allait lui tendre la main. Mais le regard qu'il lui jette alors l'en dissuade immédiatement. Ça ne va pas être aussi facile que ça... pense-t-elle. Qu'à cela ne tienne ! Elle n'a jamais eu peur des défis !

"Viens Kappa, je vais te montrer un truc chouette" Lui dit-elle dans un grand sourire.

Doucement elle se met à marcher, vérifiant qu'il est bien derrière elle et qu'elle ne le perd pas. Peu à peu elle ralentit doucement sa cadence, et finalement ils se retrouvent à marcher côte à côte sans que le garçon ne cherche à rester en retrait. Bien sûr, Ahina a vite compris qu'il n'apprécie pas la proximité, alors s'ils marchent au même niveau, un bon mètre les sépare tout de même.

S'il restera silencieux tout le long, il est certain qu'Ahina aura clairement parlé pour deux (voire trois). Elle ne lui épargnera pas le moindre détail. Alors qu'ils traversent les petites ruelles de Rodorio, Ahina faisant exprès de le conduire dans celles où ils rencontreront le moins de monde possible, elle lui raconte tout de son village. La poissonnière qui ne fait que se crêper le chignon avec sa voisine la fleuriste parce que celle-ci accuse ses poissons d'empester, le boulanger qui fait des brioches qui sentent si bons au levé du jour, les chevaliers de la déesse que l'on voit parfois en armure étincelante, la gentillesse du tavernier qui lui prépare toujours un super jus de pomme "je te ferai goûter, tu verras !".

Bientôt ils arrivent non loin de la maison d'Ahina. Mais ce n'est pas la destination finale, bien qu'elle ne soit plus très loin maintenant.
Contournant la maison, ils débouchent sur une grande plaine entourée de barrières de bois. Ahina esquisse un grand sourire et fait signe à Kappa de se boucher les oreilles. Plaçant ses index entre ses lèvres, un puissant sifflement, étonnant pour son gabarit, s'extirpe de sa poitrine. Très vite, un hennissement joyeux lui répond.
Arrivant au petit galop de l'autre côté de la clairière, apparaissant sous les arbres de la forêt, un joli cheval gris pommelé se dirige vers eux.

"Kappa, je te présente Typhon. Papa me l'a offert y a pas longtemps." Dit elle visiblement très fière de son canasson.

Passant sous la barrière de bois, Ahina s'élance vers son cheval. Quand les deux se rencontrent, la scène parait presque surréaliste tant le cheval est grand et elle minuscule. L'animal frotte affectueusement sa tête contre le flanc de l'enfant en hennissant bruyamment.

"Allez viens mon gros, j'ai un ami à te présenter"

Faisant volte face pour retourner vers Kappa et comme si l'animal n'appréciait que moyennement qu'on le traite de gros, le voila qui met un coup de tête dans le dos d'Ahina. Oh pas violemment bien sûr, mais assez fort pour lui faire faire un bond vers l'avant et provoquer un éclat de rire chez la jeune fille.

"Il n'aime pas qu'on lui fasse remarquer qu'il a pris un peu de bide !" Chuchote-t-elle à l'adresse de l'enfant resté derrière la barrière.

"Tu peux le caresser si tu veux... il est très gentil, il ne te fera pas de mal. Pas comme les hommes... tu peux lui faire confiance" Dit elle avec le plus de douceur dont elle est capable.


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Mer 13 Jan - 23:34



Immobile, il observait la seule personne en qui il avait un tant soit peu confiance s’éloigner pour le laisser en compagnie de cette mystérieuse jeune fille. Quand elle s’approcha, il la toisa de ce regard toujours farouche et craintif, mais il lui emboita tout de même le pas quand elle lui proposa de lui “montrer un truc chouette”. Tout d’abord en retrait, il ne vit pas l’habile manoeuvre de la jeune fille qui se retrouva à marcher à côté de lui en moins d’une minute. Il était trop occupé à contempler, car pour la première fois, ses yeux azurés s’étaient posés sur le sublime Sanctuaire d’Athéna. Il s’immobilisa quelques instants, la bouche en cul de poule, tant il était impressionné par la beauté de l’édifice. Mais il n’en souffla aucun mot. Il se contenta de suivre Ahina quand elle redémarra, et l’écouta lui raconter et détailler Rodorio, ce village qu’il ne connaissait pas. Ses paysages, sese rues, ses gens, et ses chevaliers, tant de choses qu’il lui restait à découvrir. Il sentit plusieurs paires d’yeux les observer de loin. Il crut d’abord que ses sens lui jouaient des tours, mais quand il scruta les ruelles alentour, il finit par repérer quatre jeunes garçons pas plus âgés qu’eux, qui les suivaient en cachette. Il décida de les ignorer, pour l’instant.

La jeune Ahina déployait de gros efforts pour ne pas brusquer Kappa, pour ne pas l’effrayer ou le contrarier. Et malgré son état lamentable, il l’avait remarqué. Il ne comprenait pas pourquoi elle était si gentille avec un parfait étranger, qui plus est avec un étranger qui la dévisageait ainsi sans mot dire. Peut être le faisait elle par considération pour Naios, ou bien peut être était elle aussi gentille qu’elle le paraissait. Pendant qu’elle déblatérait sans interruption sur Rodorio et ses habitants, le jeune garçon l’observait, souriant légèrement à certaines de ses remarques. Finalement, ils s’éloignèrent du village pour se diriger vers une sorte d’enclos. Surpris, Kappa suivit les instructions de la jeune fille et se boucha les oreilles. Il comprit bien vite pourquoi elle lui avait demandé de le faire, mais ses yeux se mirent à briller lorsque le dénommé Typhon galopa dans leur direction. Cela lui rappelait la ferme, et les chevaux de sa famille. Pourtant, cela ne le déprima pas. Il suivit Ahina du regard quand elle passa sous la barrière et alla caresser l’étalon. Il ne s’y risqua toutefois pas lui même.

Toujours en retrait, sans un mot, il attendit docilement que la jeune fille ne se rapproche avec Typhon. En un bond, Kappa fut assis sur la barrière, et il se mit à caresser l’animal avec une certaine expertise. Il connaissait bien les chevaux, il vivait à la ferme et savait même déjà monter à cheval malgré son très jeune âge. Il aurait bien fait un tour sur Typhon, mais il n’osa pas demander. Il se contenta donc de le caresser. Il sentit soudain à nouveau des regards sur lui.
- Hé, Ahina ! Qui c’est le pâlot ? Lança un des enfants dans leur dos.
Aussitôt, Kappa, fit volte face, et s’assit de manière à être face aux quatre gêneurs.
- Il a pas l’air heureux. On lui a volé sa bouffe ou quoi ? Lança un deuxième.
Les ongles du jeune orphelin se plantèrent dans le bois de la barrière, tandis qu’il foudroyait le petit groupe. Désormais, la crainte avait disparu et une lueur particulièrement hostile flottait dans ses yeux bleus.
- Ou il s’est peut être fait tabasser. Ca expliquerait les marques sur sa gueule.
- Peut être que tu devrais la fermer ! Répliqua immédiatement Kappa d’un ton glacial, rompant ainsi le si long mutisme dans lequel il s’était enfermé, et laissant Ahina découvrir pour la toute première fois le timbre de sa voix.

Les quatre garçons furent surpris que l’étranger qui semblait pourtant si fragile ose leur parler ainsi malgré son infériorité numérique. Toutefois, le plus grand d’entre eux se ressaisit rapidement et s’avança avec un air plus menaçant :
- Dis donc, Ahina, ton copain est impoli, surtout pour un petit nouveau. Il va devoir s’excuser...
Agacé, et inconscient de son désavantage écrasant, Kappa ne laissa pas à Ahina le temps de réagir, et sauta au sol.
- Si tu ne veux pas que je te refasse le portrait et te retrouver avec les mêmes marques que moi, tu devrais aller voir ailleurs si j’y suis. Tu commences sérieusement à me faire chier ! Cracha Kappa, les poings serrés, de plus en plus agressif, tel un animal défendant son territoire.
Si la jeune fille n’intervenait pas très rapidement, la situation risquait de tourner au pugilat !

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Ahina


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 0:19


La 1ère baffe


Typhon a l'effet escompté. Ahina a bien du mal à cacher sa satisfaction quand elle découvre que Kappa est capable de s'ouvrir. En fait maman avait raison, ça n'était pas aussi difficile que ça ! C'est vrai qu'il avait fallu un peu de travail, mais finalement le terrain était fertile. Il a juste besoin d'être en confiance... c'est tout mais en définitive c'est déjà beaucoup. Car donner envie à l'autre d'avoir confiance en vous, ça n'est pas forcément évident.

"Toi tu connais les chevaux ! Petit cachotier !" Lance-t-elle en riant alors que Typhon se laisse caresser avec un plaisir non dissimulé.

En fait ce cheval a tout du chien... et sans le savoir à cette minute précise, elle s'apprête à le lui montrer.

Le regard d'Ahina dévie vers la barrière de bois dès qu'elle entend son prénom. Instantanément son visage se crispe de colère. Mais alors que ses lèvres s'entrouvrent pour les remettre à leur place comme il se doit, Kappa prend les devants, à son plus grand étonnement. Les premières secondes elle reste bouche bée, fixant le jeune garçon avec des yeux ronds.
Elle se serait plutôt attendue à ce qu'il prenne la poudre d'escampette et qu'elle passe trois plombes à le chercher, voire ne le retrouve pas et se prenne une sacrée avoinée par Naïos, plutôt que de le voir monter au créneau et carrément menacer les quatre gamins.
Sauf que... il est encore fragile. Il est physiquement faible et surtout très fatigué. Et puis ils ont clairement l'avantage du nombre. Il n'y a pas à réfléchir plus que ça.

D'un bond agile, Ahina saute par-dessus la barrière quand elle n'avait fait que passer en dessous il y a quelques minutes. Un large sourire barre son visage, contrastant étonnamment avec la situation.

"Allons allons, Kap-pa-chan, ne sois pas si impoli" Dit-elle en tapotant la cuisse du jeune garçon assis sur la barrière tout en lui adressant un clin d'oeil.

Les gamins se mettent à rire aux éclats alors qu'ils interprètent un peu trop vite la réaction d'Ahina. Les imbéciles... ils devraient commencer à la connaitre depuis le temps. Mais non... comme elle le dira très souvent dans l'avenir "un con reste un con". Et là on patauge en plein dedans, se dit-elle, amusée.

"Bah oui hein, t'es mon invité je te rappelle..."

Elle lui adresse un sourire amical avant de tourner les yeux vers les quatre gamins, un regard qui se transforme tant que le premier fait un pas de recul, sentant le vent tourner.

"...donc... c'est à moi qu'il revient de botter le cul des cons de mon village"

Et sans perdre une seconde elle ajoute d'une voix étonnamment calme...

"Typhon"

Un hennissement strident, en rien comparable à ceux, aimables, qu'il avait consacrés à Ahina et son ami, retentit derrière eux. Comment ? On avait oublié ce brave Typhon ? Mais quelle erreur.
En une fraction de seconde, une gigantesque ombre passe au-dessus de Kappa et Ahina, à la plus grande satisfaction de la petite, si l'on en juge par le sourire éclatant qu'elle affiche.
Rebondissant avec grâce sur le sol poussiéreux, l'animal esquisse un mouvement très élégant qui envoie valdinguer deux gamins en même temps. L'un se prenant la croupe de l'animal, l'autre son épaule.

Oh pas trop fort, ce ne sont que des enfants après tout et ça le cheval le ressent bien. Mais tout de même, nettement plus fort que le gentil coup de tête qu'il avait administré à sa maîtresse un peu plus tôt. Dans un cri plus de terreur que de réelle souffrance, les deux enfants volent à quelques mètres.
Au même moment Ahina s'élance d'un bond de cabri et colle son poing en plein sur le nez du plus proche. Dans un hurlement de douleur, le gamin plaque ses mains sur son visage alors qu'un filet de sang dégouline déjà de son menton.

"Salope ! Tu nous le paieras !" Lance-t-il d'une voix étouffée alors que les quatre mômes détalent comme des lapins.

"Ouais c'est ça ! JE T'ATTENDS CONNARD" Hurle-t-elle en mettant ses mains de chaque côté de sa bouche.

"Bien joué Typhon ! T'auras double ration ce soir !" Lance-t-elle d'un air enjoué en flattant l'encolure de l'animal de retour près de ses deux protégés.

Doucement, redoutant sa réaction, Ahina se tourne très très lentement vers Kappa. Ça se trouve... il a déjà pris les jambes à son cou. Faut dire qu'elle y a peut être été un peu fort... Sa main rouge tomate qui la fait atrocement souffrir en est témoin.
A moitié soulagée qu'il soit encore sur sa barrière, Ahina baisse les yeux d'un air penaud.

"J'suis désolée Kappa... pour tout ça... on en a pas beaucoup des p'tis cons, mais on en a quand même quelques uns... faut pas faire attention, ils servent à rien de toutes façons..."

Un soupir s'extirpe de sa poitrine pour toute conclusion. Sa mère va la tuer sur place dès qu'elle l'apprendra... et elle va l'apprendre... Misère. Enfin, elle compte sur son cher papa, comme toujours dans ces cas là. Elle a promis de protéger Kappa et c'est ce qu'elle a fait ! Elle n'a cherché personne (pour une fois), c'est eux qu'ils ont cherchés, alors merde hein !


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 0:51



Oui, il adorait les chevaux. C’était même probablement la seule chose qui lui faisait apprécier d’avoir une ferme avec sa famille. Parce que se lever aux aurores pour creuser la terre et ramasser du chou ou des salades, ça ne l’avait jamais passionné. Aussi, son père l’avait il très vite laissé s’occuper de l’écurie quand il avait compris que Kappa appréciait les chevaux. Il avait rapidement appris à établir un lien avec eux. Il les aimait, et ils le lui rendaient bien.

Faisant face aux quatre gêneurs, Kappa était terrorisé. Il le dissimulait plutôt bien, mais il n’empêcherait pas longtemps ses poings et ses jambes de trembler. Bientôt, ils verraient à quel point il était réellement faible en cet instant précis, et ce serait le massacre. Car l’enfant n’était pas idiot : il savait que si son coup de bluff échouait, il y aurait du Kappa à bouffer le soir même. Ils lui casseraient la gueule jusqu’à en avoir marre, jusqu’à ce qu’il ne ressente même plus les coups. Son esprit hanté par les récents évènements imagina bien vite les pires scénarii possibles, déraisonnablement pessimistes compte tenu du fait que les protagonistes n’étaient que des enfants de sept ou huit ans. Mais dans sa tête, il revoyait les lames des assassins qui avait tué ses parents et son frère transpercer la chair sans pitié et le sang jaillir des plaies béantes.

Mais à sa grande surprise, un miracle qui le sauva se produisit, un miracle prénommé Ahina ! Il l’observa en écarquillant les yeux. Sous son sourire angélique et sa langue de pipelette, se dissimulait en fait une farouche guerrière qui semblait habituée à se défendre seule. La suite lui sembla encore plus surréaliste : répondant à l’appel d’Ahina, Typhon sauta par dessus la barrière et vint faire barrage. Ce cheval était d’une intelligence prodigieuse ! Connaissant plutôt bien les chevaux, Kappa fut d’autant plus impressionné. Profitant de l’intervention du canasson, la petite diablesse se lança à son tour à l’assaut sous l’oeil effaré de Kappa, qui se ressaisit immédiatement en voyant que le quatrième larron s’en sortait un peu trop bien. Il ramassa une pierre et commença à viser, mais le garçon que la jeune fille venait de frapper osa prononcer un mot qui fit changer d’avis Kappa en un instant. Il le visa et lança la pierre qui le cogna à l’arrière du crâne alors qu’il fuyait avec ses trois compères.

Admiratif devant le courage d’Ahina et l’intelligence de son précieux animal, Kappa l’observa tandis qu’elle se retournait lentement dans sa direction. Il finit par lui sourire faiblement en la regardant les yeux dans les yeux. Pour la première fois, un vrai contact venait de s’établir entre eux. Toujours silencieux, mais quand même ! C’était un pas de géant, et ça s’était fait si rapidement que Naios serait sûrement impressionné par l’efficacité d’Ahina ! Il hocha la tête, et lui fit comprendre que c’était déjà oublié tout en approchant lentement de Typhon. Tout en le caressant, il se mit à lui chuchoter à l’oreille. L’animal sembla aimer ce que le jeune garçon lui disait, car il donna un coup de tête affectueux au visage de Kappa, qui ne put se retenir de rire. Un léger silence s’installa entre les deux jeunes enfants, durant lequel le garçon sembla un peu trop absorbé par Typhon pour que ce soit naturel. Finalement, contre toute attente, il rompit le silence en premier, d’une voix certes faible, mais tout de même :
- C’est un joli prénom... Ahina, je veux dire... lança t’il en fuyant le regard de la jeune fille.

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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 10:51


Ton 1er sourire


Il est étonnant à vrai dire. Finalement, il évolue bien plus vite qu'elle ne l'aurait imaginé, que Naïos aurait sans doute pu le penser et peut être que lui-même l'aurait envisagé.
Car lorsqu'elle se retourne vers lui d'un air pas vraiment empli de fierté et qu'il lui adresse un gentil sourire en la regardant droit dans les yeux, le visage d'Ahina s'éclaire. Il n'est pas fâché !

Mais ce regard aura un second effet non négligeable sur l'enfant. Elle n'en avait pas encore eu l'occasion, elle ne l'aurait pas vraiment pu jusqu'à maintenant... mais à cet instant, elle voit pour la première fois la couleur de ses yeux. Muette (cela n'arrive que si peu souvent que ça mérite d'être souligné), elle le fixe avec attention alors qu'il est occupé avec Typhon.
Cela tombe plutôt bien car il ne semble pas s'apercevoir à quel point Ahina le dévisage à cet instant.

"Merci c'est gentil !!! Moi je trouve que tes yeux sont fantastiques ! J'aimerais bien avoir les mêmes..." Dit-elle d'un air faussement boudeur avant d'esquisser un sourire.

D'un bond, prenant légèrement appui sur la barrière parce que mine de rien il est grand le canasson, Ahina grimpe sur le dos de Typhon qui ne bouge pas une oreille. Serrant ses petites jambes autour de l'animal, elle tend sa main vers Kappa.

"Allez grimpes, on va faire une p'tite balade, j'ai un truc à te montrer. Et puis après je te ramène chez Naïos pour que tu te prépares. Parce que ce soir tu dînes à la maison et vas falloir te laver monsieur !" Lance-t-elle avec entrain rien qu'à l'évocation de manger.

Une fois qu'il a obtempéré, plutôt docilement et avec plaisir lui semble-t-il, Typhon s'élance au petit galop vers la forêt en ayant au préalable contourné la barrière de bois de son enclos.

"Il a p't'être pas l'air, mais Typhon est tout petit en fait. C'est presque un bébé encore. Mais il est trèèèès intelligent et vraiment gentil. C'est Marcus qui m'a aidée à lui apprendre tout ça."

Tournant légèrement le visage vers lui et lui collant ses longs cheveux dans la tête au passage (merci le vent), un large sourire s'affiche sur les traits de la petite brune. A croire qu'elle n'est capable que de deux expressions faciales : le sourire ou la colère. L'émotion l'avait quand même envahie sur le quai du port, mais cela arrivait fort peu souvent.

"Marcus c'est mon grand frère. Enfin, pas vraiment. Enfin disons que c'est pas mon vrai frère, mais c'est mon frère de coeur. Il est apprenti au Sanctuaire. Un jour il sera chevalier ! Il est suuuuper gentil et très très trèèèès fort ! Je te le présenterai tu verras "

Au bout d'une dizaine de minutes de galop, ils arrivent presque à la sortie de la forêt. Mais Ahina stoppe Typhon qui s'arrête bien avant la lisière des arbres.
Avec précaution, la gamine se met debout sur l'encolure de l'animal et, pieds nus, entreprend de passer derrière Kappa pour qu'il se retrouve devant.

"Je sais que ça va p't'être pas être facile. Mais dis toi que c'est ton défi du jour ! Me faire confiance. J'ai une surprise. Tu vas aimer j'en suis sûre, alors crois en moi et ne t'inquiètes pas d'accord ? J'ai promis à Naïos, tu te souviens ?" Lui dit-elle d'une voix chaleureuse alors qu'elle prend place derrière lui.

Sans attendre qu'il lui réponde, comme si cela permettrait d'empêcher une réponse négative de sa part, les mains d'Ahina se posent avec beaucoup de délicatesse sur les yeux de Kappa. Comme si elle saisissait un oiseau blessé dans ses mains, elle fait extrêmement attention à ses gestes.
Il ressentira le mouvement familier des jambes de la petite inculquant à Typhon d'avancer.

Ils n'iront pas bien loin. Le cheval n'aura parcouru qu'une cinquantaine de mètres avant que l'animal ne s'arrête et que la voix d'Ahina ne murmure à ses oreilles.

"Voilà, maintenant regarde"

Ses mains se détachent des paupières du jeune garçon pour le laisser découvrir le spectacle grandiose qui s'impose à leurs pieds.
Ils se trouvent perchés sur une haute colline qui surplombe le Sanctuaire Sacré. D'ici ils peuvent voir toute l'enfilade des maisons du zodiaque, la pierre pâle étincelante de la statut d'Athéna, Rodorio qui se dessine plus petit en contrebas. Finalement, comme pour clore cette image, une mer d'un bleu profond s'étant à perte de vue vers l'horizon, un soleil orangé entamant sa lente descente vers les flots.

La petite grecque ne dit pas un mot. C'est à peine si elle ose respirer. Assise derrière lui, elle ne bouge pas d'un centimètre, espérant vraiment que ce spectacle lui apportera un peu de la joie qui lui fait tant défaut.


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 12:26



Il lui avait parlé ! Et pour la complimenter sur son prénom, en plus ! Jamais Naios ne la croirait si elle lui disait ! A son contact, le jeune garçon avait beaucoup progressé. Mais cette progression était en réalité d’une fragilité extrême. En un instant, il pouvait régresser, et tout le travail de la petite Ahina serait gaspillé. Non, peut être pas gaspillé. Mais, à recommencer, à tout le moins ! Il la remercia timidement d’un hochement de tête quand elle le complimenta sur ses yeux. C’est alors que la jeune fille bondit sur la barrière, puis sur Typhon, avant de tendre la main à Kappa pour qu’il fasse de même. Mais, contre toute attente, il eut un mouvement de recul. Ce n’est que lorsque Typhon se tourna vers lui pour plonger son regard dans le sien que le jeune garçon obtempéra. Il grimpa sur la barrière à son tour, et sauta sur le dos de l’animal avec une agilité incontestable. Oui, si Ahina avait encore des doutes concernant sa connaissance des chevaux, ceux ci n’étaient plus permis, à présent. Il connaissait les chevaux, et selon toute vraisemblance, les montait même déjà, lui aussi.

Il écouta Ahina lui raconter que son canasson était encore très jeune, mais elle ne lui apprit rien, sur ce coup là. Les signes de sa jeunesse, le petit Kappa les avait vus grâce à son oeil habitué. Elle aborda alors quelqu’un prénommé Marcus. Son père, peut être ? La réponse vint rapidement : c’était en fait celui qu’elle considérait comme son “grand frère de coeur”. Il se demanda à quoi pouvait ressembler cet apprenti chevalier. Mais il ne posa aucune question. Une nouvelle fois, il avait replongé dans un mutisme tenace. Le jeune français devint hésitant quand Ahina manoeuvra pour passer dans son dos, et quand elle posa ses deux mains délicatement sur ses yeux, il posa même ses mains sur les poignets de la jeune fille. Il détestait les ténèbres. Elles le terrifiaient. Mais ses mains étaient douces et chaleureuses. Aussi finit il par lâcher ses poignets en signe d’approbation. Il laissa Ahina le guider vers cet endroit qu’il aimerait certainement.

Heureusement, il ne resta pas bien longtemps dans le noir. Et quand elle retira ses mains, une vue superbe s’offrit à ses yeux. Bouche bée, il ne put détacher son regard de ce fameux Sanctuaire d’Athéna, dont il ne connaissait rien. Ces temples, nichés au creux de cette montagne, ces statues et ces fontaines superbes. Quelque chose de mystique émanait des lieux, quelque chose qui semblait presque appeler l’enfant. Sans savoir pourquoi, Il posa pied à terre sans quitter les lieux du regard. Ses yeux azurés brillaient comme jamais ils n’avaient brillé. Cet endroit, cet endroit possédait une force qui appelait Kappa. Il fit quelques pas jusqu’au bord de la falaise, et s’assit dans l’herbe, en observant toujours les différents temples. Plus ses petits yeux montaient vers le sommet, et plus cette énergie étrange qu’il semblait ressentir se faisait présente. Elle atteignit son paroxysme quand son regard se posa sur la onzième maison du zodiaque. Il la fixa longuement sans vraiment savoir pourquoi, sans comprendre pourquoi ce temple en particulier semblait l’appeler. Il ne comprendrait pas avant bien longtemps.

Mais pour l’instant, ça ne comptait pas. Seule la beauté du moment comptait ! Ce superbe endroit était sa nouvelle maison ? Peut être s’y acclimaterait il beaucoup mieux qu’il ne l’avait pensé ! Comment Rodorio et ses habitants pouvaient ils vivre dans un lieu si enchanteur sans être happés, hypnotisés par sa magie ? Lui ne pouvait plus s’en détacher ! Instantanément, il était tombé amoureux de ce paysage, et se demandait à présent comment il avait pu ne rien voir en descendant du bateau avec Naios ? Ce n’est que lorsque Ahina lui parla qu’il se tourna dans sa direction. Un nouveau sourire ourlait ses lèvres, mais ce n’est certainement pas ce qui dut attirer l’attention de la jeune fille. Ses yeux, ces yeux qu’Ahina trouvait fantastiques, ils brillaient de mille feux. Il ne dit pas un mot, mais on dit parfois que les yeux sont le reflet de l’âme. En cet instant, la jeune Rodorienne pouvait être sûre d’une chose : Kappa était heureux, elle avait frappé un grand coup !

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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 12:54


Ta 1ère rencontre avec ta destinée


Ahina est ravie. Oui, vraiment et absolument, complètement et jusqu'à la racine des cheveux, ravie ! Il fait des progrès, des efforts même plutôt. Car tout ce qu'il fait il sait déjà le faire, elle ne lui apprend rien. Elle le voit. La façon qu'il a de sauter, de se tenir dans son dos sur Typhon, comment il a réagit face aux gamins tout à l'heure. Il connait tout cela, il sait faire. Ce qui est formidable à ses yeux en l'occurrence, ce n'est pas qu'il sache, mais qu'il le veuille.

Il lui sourit parce qu'il le souhaite, il la regarde parce qu'il en a envie, il lui parle parce qu'il essaie de faire des efforts face à la quantité de pincettes que l'enfant prend avec lui, pour ne pas le brusquer.
Tout cela.... il le fait parce qu'il l'a décidé. Et c'est bien là sa plus grande victoire aujourd'hui. Une victoire commune. La sienne et celle d'Ahina.

Elle ressent son appréhension et manque de relâcher son étreinte sur ses yeux. Tant pis pour la surprise, elle ne veut en aucun cas l'effrayer, Naïos avait été très clair et elle s'en était bien aperçue par elle-même.
Cependant, et contre tout attente, ses mains se décrispent très légèrement et finissent par retomber sur l'encolure du cheval, laissant les paumes d'Ahina rester sur ses yeux. Un sourire illumine le visage de la gamine alors qu'elle chuchote à son oreille, après qu'il ait ouvert les yeux.

"Défi réussi Kappa. Je suis fière de toi."

A cet instant lui vient une idée dont elle ne lui parlera que le lendemain. Un défi par jour ! Oh des petits défis pour commencer, et quand il sera plus assuré, moins effrayé, plus fort, il n'y en aura plus besoin. D'ici là elle réfléchira bien aux défis qu'elle lui soumettra tous les jours. Il faudra que ce soit des choses faciles, dans un premiers temps. Il n'est pas question de lui coller des ultimatum impossibles ou de le braquer, non non. L'objectif est qu'il les réussisse pour que chaque victoire lui redonne un peu plus confiance. Sa mère sera sans conteste de très bon conseil pour ça ! Elle garde dans un coin de son esprit de lui en parler ce soir avant que leurs invités n'arrivent pour le souper.

Elle le laisse descendre de la monture sans bouger. Typhon se met à brouter l'herbe fraîche qui les entoure alors qu'Ahina s'étale de tout son long sur le dos de l'animal qui ne parait pas en être gêné le moins du monde.
Croisant les bras sur l'encolure du jeune cheval, Ahina y pose sa joue tout en observant Kappa. Elle ne le dérangera pas, ne s'approchera pas, ne parlera ni n'émettra le moindre son, tant qu'il ne se sera pas retourné.

C'est son moment. Son moment rien qu'à lui.
Alors elle ferme doucement les yeux et câline son cheval d'une main distraite. Cheval qui a visiblement décidé de faire la misère au buisson posé au pied d'un arbre et qui ne demandait rien à personne.

Ils restent ainsi un long moment. Mais au bout d'un temps, Ahina plisse les yeux en regardant le soleil qui disparait dans les flots. Elle a encore beaucoup de mal à lire l'heure rien qu'en regardant le soleil. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer de lui apprendre, mais ça ne rentre pas vraiment pour ainsi dire...

"Kappa, j'suis désolée, va falloir y aller. Je crois qu'on est déjà en retard en plus..." Lance-t-elle d'un air triste, visiblement désolée d'avoir à briser ce moment.

Cependant, lorsque Kappa se retourne vers elle et qu'elle tombe sur ses deux prunelles étincelantes, la bouche d'Ahina s'ouvre en grand alors que ses paupières s'écarquillent. Il a vraiment l'air... heureux. Oui, heureux. Un sourire et une lumière qui irradient pour la première fois de lui à un degré contrastant violemment avec son attitude générale.
Visiblement il aime beaucoup ce paysage.

"On reviendra quand tu veux, c'est promis. Pis je te montrerai le chemin pour venir depuis chez Naïos, comme ça tu pourras revenir tout seul si tu veux !"

Elle ponctue ses mots par un grand sourire et tapote la place derrière elle. Il est vraiment temps d'y aller, sinon Naïos va la gronder et ça mère aussi, pas cool. Mais cette fois elle ne l'aidera pas, ou ne fera pas mine de l'aider. Car il n'en a pas besoin, elle a bien compris.


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 13:42



Il se redressa, et se rapprocha d’Ahina. Son regard dévia vers la main qu’elle avait posée derrière elle, pour l’inviter à grimper, et il posa à son tour sa main sur la sienne. Les mots avaient toujours beaucoup de mal à sortir, mais il acquiesça en lui souriant et grimpa rapidement avant de se tenir à sa nouvelle amie. Ils ramenèrent Typhon à son enclos, et lui dirent au revoir. Ahina promit au jeune garçon qu’ils reviendraient le voir le lendemain pour qu’il presse le pas. Ils étaient en retard, c’était une certitude, à présent ! Ils se mirent donc en route vers le village, et la jeune fille parvint à faire courir Kappa à ses côtés. Cet instant fut leur première course à travers les rues de Rodorio, et il s’y prêta sans même remarquer que ses défenses tombaient les unes après les autres à une vitesse affolante. Les deux enfants semblaient vraiment bien s’entendre, et bien qu’Ahina n’ait jamais été très perspicace avec les sentiments, les siens ou ceux des autres, elle manifestait une empathie rare envers son nouvel ami.

Difficile de dire pourquoi, quand on savait que la plupart des enfants de Rodorio la trouvaient trop turbulente ou garçon manqué. Mais Kappa, lui, ne savait rien de tout cela. Et il la trouvait extraordinairement gentille et patiente avec lui. Elle était en train de gagner sa confiance, et cette course dans les rues de Rodorio en était une preuve flagrante. Ils parvinrent enfin devant la superbe maison de type méditérannéen de Naios. Depuis qu’il avait perdu sa femme, il y vivait seul. Mais c’était un sujet qu’il n’abordait jamais. Même Ahina savait que c’était un sujet interdit. Sa mort avait conduit les trois compères (Naios, Aaron et Hector, nommés le trio parce qu’ils étaient inséparables à cette époque) à quitter la chevalerie d’Athéna, pour le plus grand plaisir d’Enya qui avait peur pour son époux chaque fois qu’il partait en mission. Une sale histoire dont personne ne parlait et qui avait conduit les trois amis à un tournant décisif de leurs vies.

Naios restait à disposition du Grand Pope pour certaines missions commerciales ou pacifistes. Pour lui, le passé était plus dur à oublier que pour les autres. Il n’avait toujours pas trouvé de nouveau but à son existence. Hector avait sa fille, Aaron sa famille, mais Naios, lui, n’avait que son immense maison désertée qui l’attendait, le soir. Il était très populaire au sein des Rodoriens, et s’y promenait souvent. Il aurait pu trouver une autre femme rapidement, mais son coeur semblait irrémédiablement brisé. Aaron et Hector avaient tenté de lui en parler, mais ils s’étaient heurtés à un mur. Malgré son caractère sage et mesuré, Naios était comme tout le monde : sur certains sujets, il était braqué et ne démordait pas de sa position. Quant à Hector, il avait quitté le sanctuaire peu aprés l'incident et ils n'avaient plus aucune nouvelle.

Une nouvelle fois, Ahina appela Naios avec la douceur d’une tornade rasant des cabanes en bois, et les deux enfants entendirent un pas précipité se diriger vers eux tandis qu’ils traversaient le superbe jardin qui menait à la maison. Naios ouvrit la porte et s’adressa à Ahina :
- Ah, enfin ! Je commençais sérieusement à m’inquiéter, moi ! Je t’ai demandé de lui faire faire un tour rapide, pas de le kidnapper ! Lui dit il avant de sourire, malgré tout. Bon allez, files te préparer, je vais tâcher de décrasser Kappa.
Dès qu’Ahina fut partie, Naios fit monter Kappa à l’étage en lui posant des tas de questions : où étiez vous passé ? Pourquoi avez vous mis si longtemps ? Tout va bien ?
Le jeune garçon, fidèle à lui même, répondit à certaines à l’aide de quelques mots, mais la majeure partie des questions ne trouvèrent jamais de réponse. L’ancien chevalier d’argent s’y était habitué, et ne s’en formalisait plus, à présent.

Il fit couler un bain au jeune garçon, et amena des vêtements propres qui semblaient à sa taille.
- Je t’avais dit qu’Enya me trouverait des vêtements à ta taille ! Je soupçonne qu’elle essaie de s’en débarrasser pour féminiser sa fille, ajouta t’il.
Ce bras de fer entre la mère et la fille le faisait toujours beaucoup rire.
- Tu as une belle maison, lança soudain Kappa qui venait d’entrer dans le bain.
Surpris, Naios se tourna vers lui. Il était très rare que le jeune garçon parle de lui même pour autre chose que répondre à une question. Il se demanda si c’était là l’oeuvre d’Ahina.
- Elle est très grande ! Ajouta Kappa, en fixant l’eau du bain, genoux repliés contre lui, et tête posée contre ceux ci.
- C’est aussi ta maison, à présent, lui répondit son protecteur avec douceur. Au moins jusqu’à ce qu’on décide ensemble de ce que tu veux faire ensuite. Bon, je te laisse te laver et t’habiller. Je vais préparer ta chambre, car nous risquons de rentrer tard.

Demeuré seul, Kappa mit plusieurs minutes à déplier ses jambes, et encore plus de temps à se détendre. Il s’immergea totalement sous l’eau, yeux grand ouverts, tout en repensant à tout ce qui était arrivé avec Ahina. En repensant à tout ça, il sourit une nouvelle fois, puis décida qu’il était temps de sortir du bain. Il s’habilla en découvrant les vêtements qu’Enya avait prêtés pour lui : un haut en lin bleu clair, et un pantalon fait de la même étoffe, beige. Il l’enfila et se regarda dans la glace en se demandant si Ahina avait réellement porté de tels vêtements. Ce n’était pas du tout féminin, mais cela correspondait bien à la jeune fille. Une fois coiffé, il descendit l’escalier qui menait au salon et trouva Naios qui l’attendait dans un de ses fauteuils confortables. Il se leva en voyant Kappa, et lui dit :
- Tu es prêt ? Oh, mais dis moi, ces vêtements te vont très bien ! Enya a toujours l’oeil pour ça, remarques !
Kappa approuva en hochant vivement de la tête et tous deux prirent la direction de la maison d’Ahina. Enfin, Kappa allait rencontrer le papa d’Ahina, le meilleur ami de Naios !

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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 15:13


Tes 1ers oeufs au lard grecs !


Esquissant un sourire dans un premier temps, Ahina se contente de tirer la langue tout en passant la main dans ses cheveux lorsque Naïos apparait sur le seuil de la porte, un peu en pétard mais pas trop quand même. Plus de peur que de mal comme l'on dit. Et cette après-midi s'était avérée trépidante, pleine de rebondissements et surtout de bonnes surprises.

"A tout à l'heure !" Lance-t-elle à la cantonade en agitant la main avant de prendre la poudre d'escampette.

Détalant dans les rues de Rodorio, Ahina arrive bien vite chez elle. Les maisons ne sont pas éloignées les unes des autres, les adultes l'ont voulu ainsi. Son coeur se serre un peu lorsqu'elle passe en trombe devant celle d'Hector, toujours désespérément vide. Un jour il reviendra... oui... elle en est certaine !

"AHINA !! VIENS ICI IMMÉDIATEMENT !"

Glups... la douce voix de sa mère raisonne depuis l'intérieur de la maisonnée alors qu'elle pose à peine sa main sur la poignet de la porte.
Rapidement Ahina cherche ce qu'elle a bien pu faire encore comme bêtise. Typhon est dans son enclos, donc c'est pas ça... elle ne se souvient pas avoir rien cassé aujourd'hui... elle n'a détruit l'étal d'aucun commerçant... non franchement elle ne voit pas.

"Oui... maman chérie..." Minaude-t-elle d'une voix étonnamment douce en pénétrant dans la maison.

"Tu ne vas pas me la faire à moi ! Tu peux endormir ton père mais pas ta mère ! J'ai eu 4 paires de parents sur le dos la moitié de l'après midi ! Un a le nez cassé et deux autres sont bourrés de contusions ! Mais putain qu'est-ce que t'as foutu encore ?!"

Les paupières de l'enfant s'écarquillent, immédiatement suivi d'une crispation de la mâchoire. Bande de petits cafteurs. Ils n'ont vraiment aucun courage !

"Maman je te jure je peux tout t'expliquer... pour une fois j'avais vraiment une bonne raison !!!! Ils voulaient faire du mal à Kappa !!!"

Cette première réponse spontanée et les larmes aux yeux de sa fille lui coupent l'herbe sous le pied. Décontenancée, Enya s'assoit sur une chaise de la cuisine et en tire une autre face à elle pour Ahina. Grimpant sur la chaise, la petite entreprend de raconter toute leur fâcheuse mésaventure sans omettre aucun détail, si ce n'est peut être le tonitruant "CONNARD" qu'elle avait lancé en conclusion. Par contre, elle ne se fit pas prier pour dire à sa mère que le gamin à qui elle avait pété le nez l'avait traitée de salope.

"Il t'a dit quoi ?!"

D'un mouvement vif Enya se lève en renversant la chaise dans sa précipitation. Aaron, qui n'a pas bronché depuis le départ et écoutait attentivement ce qu'il se disait dans la pièce, n'intervient qu'à cet instant, retenant son épouse par le poignet.

"Enya, tu ne peux pas aller casser la figure d'un gamin de 7 ans, ça ne se fait pas"

"Non, mais à ses parents pour l'avoir si mal éduqué sans aucun doute !" Répond-elle du tac au tac en essayant de se dégager, visiblement déterminée à aller coller son poing sur la tronche de l'autre maman.

Aaron ne peut alors pas s'empêcher d'éclater de rire en lui répondant.

"Et après tu vas t'étonner du comportement de ta fille hein, mais les chiens ne font pas des chats semble-t-il"

"Arrêtes de te marrer, c'est pas drôle Aaron !"

C'est à cet instant que Naïos, suivi de près par le jeune Kappa, font leur entrée dans la maison. Un peu plus grande que son nouveau chez lui, la famille d'Ahina étant plus nombreuse, elle ressemble cependant beaucoup à celle de Naïos.

"Ah Naïos ! Et voici le petit Kappa ! Bienvenue en Grèce jeune homme !" Lance-t-il d'une voix enjouée tout en tentant de retenir sa gesticulante épouse. "Naïos, tu tombes bien ! Aides moi à gérer ma femme veux-tu !"

La situation est absolument grotesque. Enya s'agite dans tous les sens en beuglant comme une truie, Aaron est littéralement mort de rire, tant et si bien qu'il en pleure, et Ahina fixe tantôt l'un tantôt l'autre d'un air décontenancé.
Finalement elle opte bien vite pour une version de "sauve qui peut, laissons les se débrouiller". Elle descend de sa chaise promptement et saisit Kappa par la main en l'entraînant vers l'escalier.

"Bon bah débrouillez-vous hein, on descendra pour le dîner !"

Et sur ses mots elle emmène Kappa au premier étage. Une fois qu'ils ont pénétré dans sa chambre, Ahina ferme la porte derrière eux en se laissant tomber par terre dans un soupir.

"Ils sont complètement tarés ces adultes je te jure" Lance-t-elle d'un air amusé avant de capter quels sont les vêtements qui trônent sur le dos du jeune garçon. "Hey ! ça te va bien ! J'en ai plein d'autres pour toi si tu veux !"

Et d'un bond la tornade se remet en marche, tirant plusieurs tiroirs et mettant un nombre parfaitement improbable de vêtements sur le lit.


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 17:52



D’un pas tranquille, Naios et Kappa traversèrent les quelques rues qui séparaient les deux maisons, et le jeune garçon put mesurer à quel point son sauveur était apprécié par les habitants. Pratiquement tous ceux qu’ils rencontraient le saluaient ou lui faisaient un geste avec petit sourire, qu’ils soient jeunes ou vieux. Mis en confiance par cet état de fait, l’enfant mit quelques centimètres d’écart entre eux, comme deux personnes le feraient pour marcher côte à côte. Il ne ressentait plus le besoin de se cacher derrière lui. C’est alors qu’ils entendirent des éclats de voix venant de la maison devant laquelle Naios s’était immobilisé. Il passa sa main sur son visage, d’un air dépité.
- Enya nous fait encore une crise, on dirait... Allez viens, allons voir ça de plus près !
Malgré le bordel ambiant, Naios entra franchement dans la maison, sans la moindre hésitation ou appréhension. De toute évidence, il avait l’habitude de ses gueulantes. Peut être même la connaissait il depuis qu’ils étaient jeunes.
- C’est nous ! Lança t’il alors qu’Enya, telle une furie, tentait de se libérer de l’étreinte de son époux.

Mais contrairement à son protecteur, Kappa, lui, n’entra pas et resta soigneusement sur le pas de la porte. Il fixait intensément la maman d’Ahina, en se demandant s’il s’agissait bien de la même personne qu’il avait vue plus tôt dans la journée. Cette jolie femme au sourire si beau, et cette furie, étaient elles bien les mêmes personnes ?! L’image qu’il s’était faite d’elle se craquela légèrement. Visiblement, Enya n’était pas aussi parfaite que l’idée dont Kappa s’était faite d’elle. Il en fut presque déçu, mais il n’eut pas le temps d’observer davantage la scène cocasse qui se jouait devant lui. Alors que Naios essayait de calmer la mère d’Ahina, celle ci attrapa brusquement le poignet de Kappa et l’entraîna dans la maison avant de fermer la porte d’entrée derrière lui. Puis elle grimpa les escaliers et n’arrêta sa course folle qu’une fois les deux enfants dans sa chambre et la porte refermée.

La jeune fille le complimenta sur ses vêtements et se mit à en déballer plein d’autres, mais Kappa, lui, adossé à la porte, ne bougea pas une oreille. Il était intimidé. Pour la première fois de sa vie, il pénétrait dans la chambre d’une fille ! C’était la chambre d’Ahina ! Celle ci ne sembla pas avoir remarqué que son nouvel ami n’avait pas bougé. Il détailla pendant de longues secondes les meubles qui la composaient, en commençant par le lit, encore petit à cette époque. Puis, il vit son armoire pour la première fois, celle qui passerait son temps bien plus tard à dégueuler des fringues mal rangées. Et il s’arrêta un instant sur la fenêtre, qui plus tard serait transformée en porte fenêtre lorsque la terrasse serait construite par les deux amis. Malgré son côté garçon manqué, la présence de certains objets ou vêtements trahissait le côté féminin, certes bien dissimulé mais tout de même présent, de la jeune fille.

Il décida finalement de s’avancer vers le par terre de fringues qu’Ahina avait déballé, et lui dit d’une voix faible :
- Et tu ne les mets pas, ces vêtements ? Tu n’en veux plus ? Demanda t’il innocemment.
Il ne comprenait pas très bien. A la ferme où il vivait, ils n’avaient que peu de vêtements, pour la plupart en état déplorable. Ils étaient très pauvres, et cultivaient la terre pour survivre. Mais à Rodorio, la vie semblait très différente. Un tel choix de fringues était surprenant pour Kappa. Ce n’était pas des vêtements “riches”, mais tout de même, Ahina en avait beaucoup. Il ne dévoila rien de ces pensées à la jeune fille, mais il comprit qu’un monde séparait les Rodoriens de ce à quoi il était habitué, lui, depuis sa naissance.
- Ta maman... lança t’il en changeant complètement de sujet. Elle est... étonnante ! conclut il en entendant enfin les voix se calmer en bas.
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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 21:45


Ton nouveau chez toi


Très occupée à farfouiller dans les différents habits qu'elle trie avec beaucoup de soin pour Kappa, écartant les couleurs trop flashies, les vêtements trop vieux, ceux qui seraient trop petits ou trop grands, elle finit par arrêter son ménage et pose ses grands yeux d'automne sur lui en souriant.

"Oh tu sais j'en ai beaucoup. Je ne grandis pas tant que ça, alors si maman m'en fabrique toujours de nouveaux, je porte un peu les mêmes. Ils te seront plus utiles qu'à moi ! Qu'est-ce que tu aimes comme couleurs ?"

Repartant dans son chantier en continuant de trier les vêtements d'un air concentré, elle s'arrête d'un coup et fixe Kappa d'un air étonné avant d'éclater de rire.

"Ah ça c'est le moins qu'on puisse dire !"

Un nouvel éclat de rire ponctue ses mots. Délaissant le tas de fringues qui s'est agglutiné sur son lit, Ahina s'assoit sur le rebord de la fenêtre ouverte et explique à Kappa ce qu'il s'est passé juste avant qu'ils n'arrivent.

"Maman est très protectrice, il ne faut pas toucher à son bébé et maintenant tu fais parti du lot, désolée de te l'apprendre héhé. Enfin, elle voulait aller casser la figure des parents pour qu'ils éduquent mieux leurs petits cons. Et quand on touche à ses bébés mieux vaut être deux pour la retenir, comme t'as vu"

Vu l'air farouche dont il s'enveloppait souvent, même s'il commençait doucement mais sûrement à le quitter par moment, Kappa risquait sans doute de ne pas comprendre pourquoi Enya le considèrerait déjà au même rang que sa propre fille. Alors Ahina décide de lui en expliquer d'avantage, pour éclairer une lanterne peut être encore trop sombre.

"Naïos, papa et maman se connaissent depuis trèèèèès longtemps, bien avant ma naissance. Avant mon papa était chevalier, comme Naïos et pis ils ont arrêté ensemble. Bref, ils sont très liés. T'as du remarquer que les gens du village aimaient bien Naïos non ? Bah c'est pareil avec mon papa. Mais dans l'histoire maman est la seule fille, donc c'est à elle que revient la tache de maman poule. Un peu trop poule parfois, mais bon c'est jamais méchant. Tu vois c'était comme si on était une grande famille, même si on n'a pas tous de liens du sang. Donc elle te considère comme l'un des nôtres, donc elle te protège. En fait c'est pas si compliqué..."

Elle achève son explication par un hochement de tête entendu, comme pour appuyer un peu plus fermement ses propos.
Au pied de l'escalier, Enya appelle alors les deux enfants pour qu'ils se mettent à table. A cet instant, le visage d'Ahina est littéralement illuminé de bonheur, comme si on venait de lui annoncer la plus belle nouvelle de la journée.

"Tu vas goûter les oeufs au lard de maman !!!! Tu vas voir, y a rien de meilleur ! Je lui ai demandé d'en faire exprès pour toi ! Bon ok un peu pour moi aussi j'avoue" Dit-elle en tirant la langue.


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 22:21



Comme redouté par tous, un simple geste, une simple action, pouvaient réduire à néant des heures de travail pour tenter d'aider Kappa à se sortir de cette carapace de peur. Ici, ce furent quelques mots malencontreusement prononcés par la jeune fille qui eurent un impact psychique important sur le jeune Kappa. Elle n'avait fait qu'être honnête, et c'était adorable. Mais pour le jeune français, c'était surtout une chose impossible qui ne se réaliserait jamais.

“Et maintenant, tu fais partie du lot”. Le jeune français fixa Ahina avec un regard empli d’incompréhension. De toute évidence, il n’était pas du tout convaincu des raisons poussant Ahina à croire qu’il faisait partie du lot.
- Moi ? dit il simplement en se montrant avec son propre index.
Il écouta la petite fille lui expliquer tout ça un peu mieux, et comprit certaines choses. Naios et Aaron étaient donc d’anciens chevaliers, et constituaient avec Enya un trio d’amis qui se connaissaient depuis très longtemps. Evidemment, il ne pouvait pas savoir que leur groupe n’était pas un trio, mais un groupe de cinq personnes : la femme décédée de Naios était aussi une amie proche d’Enya, sa meilleure amie, en fait. Et le cinquième larron n’était autre qu’Hector, le père de Mashia. Lorsqu’ils avaient perdu leur amie lors de ce fameux incident, le groupe soudé qu’ils étaient fut secoué de la base au sommet, et faillit ne pas y survivre. Hector préféra quitter Rodorio, et Naios s’enferma dans la solitude. Mais heureusement, Enya et Aaron ne le laissèrent pas s’emmurer dans sa solitude. Désormais, ils formaient une famille, comme le disait si bien Ahina, et Kappa comprendrait bien vite que son protecteur considérait Ahina comme la fille qu’il n’avait jamais eue et n’aurait jamais.

Pourtant, et malgré tous les efforts déployés par son amie pour qu’il se sente comme faisant partie de ce groupe si soudé, le jeune garçon ne le voyait pas comme ça. Il recula jusqu’au mur, près de la porte, et se laissa glisser jusqu’à être assis sur le plancher.
- Je ne suis pas l’un des vôtres... dit il d’une voix triste alors qu’il fixait le sol. Je ne sais même pas où je serai la semaine prochaine. Tout ça, vivre avec Naios, visiter Rodorio et les alentours, c’est... Il a dit qu’il me laissait le temps de réfléchir, de ce que je veux faire de ma vie... Mais je ne vois pas bien ce que je suis censé répondre à ça...
Il se tut quelques instants, alors qu’il avait replié ses genoux contre lui en position foetale. Pour la première fois, il parlait avec Ahina. Des phrases entières, en plus ! Mais peut être la jeune fille aurait elle préféré le mutisme du jeune garçon. Il avait l’avantage de cacher toute la détresse que dissimulait Kappa derrière son regard un peu farouche. Mais quand il se mit à parler, elle sut en un instant que des tas d’incertitudes étaient en train de le bouffer, de le ronger de l’intérieur.
- Quand Naios m’aura retrouvé des parents, qui sait où je vais encore devoir déménager. J’en ai marre d’être déraciné sans arrêt... Acheva t’il en plongeant sa tête dans ses bras pour se cacher.

Une part de lui était touchée qu’Ahina trouve si naturel de l’accepter si facilement au sein de leur famille. Et rien ne lui aurait probablement fait plus plaisir que d’accepter. Mais il savait que tout cela ne durerait pas. Il ne partageait le toit et la vie de Naios que pour quelques jours, voire semaines. Une fois qu’il aurait trouvé quoi faire du jeune garçon, Kappa ne verrait plus la petite tribu constituée autour d’Ahina. Il ne voulait pas s’attacher, à aucun d’entre eux, si derrière il devait leur dire adieu quelques jours plus tard.
Il entendit la voix d’Enya les appeler en bas de l’escalier, mais il ne bougea pas. Ahina, plus excitée que jamais par l’idée de manger un bon dîner, ne parvint pourtant pas à faire se relever Kappa.
- Descends sans moi. Je n’ai pas très faim. Je vais rester ici, si ça ne te dérange pas... répondit il à la jeune fille, le visage toujours enfoui au creux de ses bras.

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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Jeu 14 Jan - 22:57


Taratata


Le sourire d'Ahina s'évanouit alors que le jeune garçon commence à parler. Elle a bien conscience que c'est la première fois qu'il s'ouvre de cette manière et n'a pas du tout envie de le voir se refermer comme une huitre. Mais ses mots lui font évidemment beaucoup de peine. De la peine pour lui, mais aussi pour elle. C'est qu'il est attachant, mine de rien. Et sans qu'ils en aient réellement conscience, ni lui, ni elle, Kappa lui a donné un but, d'une certaine façon.
Jusqu'à présent les journées d'Ahina se composaient toujours de la même manière. L'école, les bêtises, Typhon, la maison. Rien de plus ni de moins. Une sempiternelle routine qui tournait en boucle encore et encore. Mais aujourd'hui Kappa remettait tout cela en question et cela lui plaisait.

Elle se rapproche à pas lents et s'accroupit face à lui. Délicatement, ses petites mains viennent chercher celles qui entourent ses genoux. Elle lui adresse alors un sourire réconfortant.

"Tu viens juste d'arriver Kappa. Personne ne te presse. C'est à toi de décider mais tu n'es pas obligé de le faire de suite. Laisses toi le temps de voir si tu apprends à aimer cet endroit... à nous aimer nous" Dit-elle en serrant ses mains dans les siennes.

Mais les mots qui suivent indiquent clairement la couleur. Kappa n'a d'ores et déjà pas envie de partir. Peut être qu'il choisira de quitter Rodorio de lui-même, un jour. Mais pour l'heure, comme il le dit lui-même, il n'a pas envie d'être encore déraciné.

Parce qu'il enfouit son visage entre ses bras, Ahina relâchant doucement ses mains, il ne verra pas l'éclair qui traverse alors les prunelles de la gamine. Il n'apprendrait à connaitre et reconnaitre cette expression que plus tard. Celle qui, lorsqu'elle prend possession toute entière du visage de la petite fille, indique qu'elle a une idée en tête et qu'elle n'en démordra sous aucun prétexte.

"D'accord t'en fais pas je comprends"

D'accord ? Ahina ? Là encore il ne risque pas d'imaginer qu'il est inenvisageable qu'elle obtempère aussi docilement après tout ce qu'il vient de lui dire.
Avec la délicatesse d'un boeuf qui fonce dans le tas, elle vire tous les habits qui trônent sur le lit et les balance sur les deux chaises qui trônent contre le mur de la fenêtre.

"Mais assieds-toi quand même sur le lit, ça sera plus confortable" Lance-t-elle avant de sortir de la chambre.

Ni une ni deux, elle dévale les escaliers et déboule en trombe dans la grande salle à manger où les trois adultes sont déjà attablés.
Haute de son petit mètre et des pustules, la gamine se plante devant Naïos en le dévisageant avec une sévérité qu'on ne lui a jamais vue jusqu'à ce jour.

"Naïos ! Tu vas monter dans ma chambre et aller dire à Kappa que tu ne vas pas l'abandonner ! Tu vas lui dire qu'il est hors de question de le confier à une famille et que sa famille maintenant c'est nous ! ALLEZ !"

Si l'on excepte son âge, c'est la première et la dernière fois qu'elle élèvera la voix de la sorte sur lui. Sa colère est telle que de petites veines se gonflent sur ses tempes.

"Si un jour il veut partir... eh beh... eh beh..." Ses yeux s'emplissent de larmes alors qu'elle poursuit, d'une voix toujours aussi colérique. "Eh beh ce sera sa décision ! Mais tu n'as pas le droit de l'abandonner ! Pas maintenant ! Tu l'as amené jusqu'ici alors t'assumes !"

Elle va peut être vite en besogne, ne sachant absolument pas ce que Naïos avait prévu concernant Kappa. Mais la détresse du petit garçon l'a tant touchée, qu'elle ne peut envisager que ses craintes ne s'avèrent être réelles.

Aaron et Enya ne soufflent mot, car au fond d'eux ils sont d'accord avec leur fille. Alors sa mère se lève et, silencieuse, prend sa fille contre elle, tandis qu'Aaron jette un regard vers Naïos. Un regard entendu. Ahina a raison et chacun ici le sait.


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Sam 16 Jan - 14:28



Pris à parti aussi brusquement par la petite Ahina, Naios afficha un air contrarié. Il ne voulait que le bien de ce jeune garçon, mais il n’était pas prêt à endosser une telle responsabilité. En lui, ce n’était encore qu’une immense champ de ruines. Il s’était raccroché à la vie grâce à ses amis et à Ahina qu’il considérait un peu comme sa nièce, mais il ne se voyait pas élever Kappa.
- Ecoutes, ma chérie... dit il à Ahina.
Mais cette dernière ne se démonta pas et renchérit avec plus de vigueur et de force, encore. Les larmes aux yeux, elle défendait Kappa avec une hargne qu’aucun des adultes présents ne lui connaissait. Elle qui d’habitude ne s’entendait jamais avec les enfants de son âge, aurait elle noué une amitié avec cet étranger que Naios avait ramené avec lui ? Celui ci fixa tour à tour Aaron et Enya en se demandant s’ils pensaient à la même chose que lui, mais il ne trouva au fond de leurs regards qu’une lueur qui lui criait que la jeune fille n’avait pas tort.

Résigné, l’ancien Persée abandonna la partie. Hochant la tête, il posa la main dans les cheveux d’Ahina, puis :
- Tu l’aimes bien, n’est ce pas ? Lui dit il avec un sourire bienveillant. Bon... Je vais parler avec lui, voir ce que je peux faire... Je reviens.
A ces mots, il grimpa les escaliers, et arrivé devant la porte de la chambre d’Ahina, il toqua doucement avant d’entrer, et de refermer derrière lui. Le jeune garçon n’avait pas bougé d’un pouce depuis qu’Ahina l’avait quitté. Silencieusement il avait versé quelques larmes, et avait perdu toute notion de temps, la tête enfouie entre ses bras.
- Kappa... ? Risqua Naios en s’agenouillant en face de lui. Tu ne viens pas dîner ?
Celui ci hocha vigoureusement la tête de gauche à droite.
- Ecoutes moi, mon garçon : je sais que tu as peur. Mais, désormais, ici, c’est ton village !
Brusquement, Kappa se déplia, et se redressa de toute sa hauteur en toisant Naios de ses yeux emplis de larmes :
- Oui !! Jusqu’à ce que tu m’aies trouvé des “parents” de substitution !! C’est ça ?! Ce n’est pas toi qui devras tout recommencer à zéro une troisième fois dans quelques jours ou quelques semaines !! Hurla t’il avant de se diriger de l’autre côté de la pièce avant de s’adosser contre le mur en s’entourant de ses bras comme pour se protéger, comme un animal blessé.

Contrit, Naios se releva à son tour, et se tourna vers le jeune garçon. Ahina avait touché un point sensible, et avait compris le jeune garçon beaucoup mieux que lui. Il était terrifié par l’idée d’être emmené par de nouveaux inconnus. Il l’avait sauvé, et amené jusqu’ici. Il lui fallait assumer. Il ne l’avait pas prévu ainsi, mais les faits étaient là, et les regards de ses deux meilleurs amis en disaient long quant à leur avis sur la question. Il avait peur de ne pas être à la hauteur de la tâche, peur d’échouer comme il avait échoué quand il avait perdu sa femme, peur de perdre une nouvelle fois un être aimé s’il s’attachait à cet enfant. Mais il était trop tard pour ça. Parce qu’en le voyant si désemparé, son coeur ne pouvait pas mentir : il avait déjà peur de le perdre.
- Et si je te disais que ça n’arrivera pas ? Lança t’il alors que le lit d’Ahina les séparait.
Le regard de Kappa fut capté par cette phrase. Il voyait les yeux de l’enfant l’observer dans la pénombre, mais il ne répondit rien.
- Si je te proposais de vivre avec moi jusqu’à ce que tu sois en âge de décider de ce que tu veux faire ? Est ce que grandir à Rodorio te plairait ? Apprendre à connaître ses habitants ? Apprendre à connaître... Ahina ? Ajouta t’il avec son sourire bienveillant si caractéristique.

Il n’y eut aucune réponse de la part du garçon. Toutefois, il fit quelques pas dans la direction de Naios, et la lune filtrant à travers la fenêtre éclaira son visage un bref instant : il ne pleurait plus. Ses yeux brillaient, et il souriait ! Faiblement, certes, mais il souriait.
- Je prends ça pour un oui ? Lança Naios en lui tendant la main. Allez viens, nos amis nous attendent pour manger. Ce serait dommage de manger froid !
Quelques secondes plus tard, tous deux franchissaient les dernières marches les conduisant au salon. Les yeux rougis par les larmes, Kappa n’osa pas aller plus loin. Il se rendit compte quand la famille d’Ahina l’observa en arrivant que par sa faute, le dîner n’avait toujours pas commencé. Il posa ses prunelles azurées sur Enya, et rougit violemment. Il ne voulait pas attiser la colère de la maîtresse de maison.
- Bon, alors, on le mange ce dîner ?! S’exclama Naios en se frottant les mains pour relancer la bonne humeur.

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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Sam 16 Jan - 15:20


Un nouveau départ


Ahina trépigne et piaffe comme un cheval près à foncer dans une barrière. Délicatement, Aaron ébouriffe sa longue chevelure d'ébène dans un sourire.

"Ne t'en fais pas Ahi, Naïos prendra la bonne décision. Il appréhende, c'est normal il n'a jamais eu d'enfant. Mais il est juste, tu le sais."

Hochant la tête sans grande conviction, Ahina sait pertinemment que son père a raison. Cependant une appréhension reste fichée dans son coeur. Tant qu'ils ne seront pas redescendus elle ne respirera pas de nouveau.

Lorsque ils se présentent tous les deux dans la grande salle à manger et après de longues minutes d'absence, Ahina extirpe un profond soupir de soulagement en voyant Kappa. Ses yeux rougis indiquent qu'il a beaucoup pleuré mais avant qu'elle n'ait pu réaliser le moindre mouvement, Enya se lève et se dirige vers Kappa.
Avec une grande délicatesse, elle s'agenouille face à lui et le prend tendrement dans ses bras.

"Tu ne dois pas avoir peur Kappa. Tu fais partie de la famille désormais, tu n'as rien à craindre et je te promets que jamais personne dans cette pièce ne t'abandonnera." Murmure-t-elle uniquement pour lui alors que sa main caresse les cheveux de l'enfant.

Affichant un large sourire vers Naïos, Aaron lui tape gentiment dans le dos.

"Allez mon ami, les hommes au fourneau pour une fois" Lance-t-il dans un clin d'oeil.

Ahina capte immédiatement l'intention de son père et se lève à la suite des deux hommes en se dirigeant vers la cuisine où ils disparaissent tous les trois. La manœuvre n'a en effet qu'un seul but : permettre au petit garçon de profiter d'un câlin maternel qu'il n'a plus reçu depuis trop longtemps pour un enfant de son âge.

Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que le trio réapparait, les bras chargés de plateaux. Pain maison, légumes grillés, de la fêta évidemment, plusieurs morceaux de viande braisés et les fameux oeufs au lard d'Ahina.

"Ouaissssss ! Viens t'assoir Kappa" Lance-t-elle avec entrain en prenant place autour de la table et ayant pris soin de tirer vers l'arrière la chaise près d'elle pour qu'il s'y assoit.

"Goûtes moi ça et dis moi ce que t'en penses" Dit-elle en un sourire immense alors qu'elle lui colle deux oeufs et autant de lard dans l'assiette et remplit son verre de jus de raisin.


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MessageSujet: Re: [1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa   Sam 16 Jan - 17:05



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Lentement, Kappa avança d’un pas incertain dans l’ombre de Naios. Le silence dominait la pièce lorsque le duo reparut. De toute évidence, ils étaient attendus avec une curiosité non dissimulée. Le jeune orphelin hésita : il ne savait pas comment se comporter avec les parents d’Ahina, ni avec sa nouvelle amie ou son protecteur lui même d’ailleurs. Il était en pleine confusion. Il voulait être accepté par cette famille unie, mais il ne voulait pas commettre d’erreurs et être rejeté, abandonné. Comme un enfant seul et perdu au coeur des ténèbres, il jetait des regards furtifs autour de lui, cherchant une lumière, un signe, quelque chose qui l’aiderait à retrouver sa route. Car perdu, il l’était, comme jamais il ne l’avait été auparavant. Heureusement, les personnes qu’il venait de rencontrer étaient toutes d’une gentillesse extrême avec lui. Il était trop petit et trop perturbé pour en mesurer la portée, mais un jour, plus tard, il comprendrait.

Mais en cet instant, ce soir là, une lumière perça les nuages qui s’étaient amoncelés au dessus du jeune Kappa, une lumière nommée Enya. Lorsqu’elle le prit dans ses bras, il écarquilla les yeux, comme si un ange tombé du ciel lui avait tendu la main. Les bras le long du corps, il n’osa pas faire un geste, arrêta même de respirer. Et sa voix murmura ces quelques mots, qui firent à nouveau monter les larmes aux yeux de l’enfant. Et dès que les autres eurent quitté la pièce, les dernières barrières qu’avait érigé le jeune français cédèrent sous les caresses de la maman d’Ahina. Il saisit ses vêtements dans ses petites main, et s’accrocha à elle comme s’il ne voulait plus jamais la lâcher. Il se mit alors à pleurer de toutes ses forces, cédant sous le poids de toutes les émotions qui l’avaient traversé et qu’il avait à chaque fois enfouies au fond de lui depuis ces trois dernières semaines. Il ne se rendit même pas compte que ses pleurs raisonnaient dans la maison toute entière, et que tout le monde pouvait l’entendre. Durant un court moment, il se sentit seul au monde avec Enya et en sécurité dans le Sanctuaire que constituaient ses bras.

Il lui fallut une poignée de minutes pour regagner son calme, mais la jeune maman ne le poussa pas. Elle attendit patiemment que Kappa vide ce qu’il avait sur le coeur depuis si longtemps, jusqu’à ce qu’il n’ait plus de larmes à verser. Finalement, il s’extirpa lentement des bras d’Enya, et essuya rapidement ses larmes. Il plongea son regard dans le sien et la remercia silencieusement, juste à temps, car Naios, Aaron et Ahina revenaient avec les bras chargés de nourriture. Ce n’est que lorsqu’il les vit que ses doigts relachèrent leur étreinte autour des vêtements d’Enya. Un sourire timide sur le visage, il vint s’assoir à côté d’Ahina, et les adultes l’imitèrent. Le coeur léger, ils mangèrent dans la bonne humeur, et la soirée suivit son cours. Une soirée sans nuages pour le jeune garçon. La première depuis plus de trois semaines.

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[1736] Le jour où tout commença ¤ Kappa

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