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 [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]

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Asya L.


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MessageSujet: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Ven 6 Jan - 20:38

Début Mars 1751, port de l'Empire Russe.

Certains disent qu’il est parfois nécessaire de changer d’air, ou plutôt d’en ressentir le besoin. Des sensations qu’éprouvait une jeune femme depuis quelques temps déjà, accompagnée de son enfant déjà grand. Depuis combien de temps parcouraient-ils ensemble les paysages de l’Empire Russe, et ceux des environs ? Sans doute trop désormais, du haut de ces seize années à traverser les saisons toujours plus longues. Sombre routine. Une routine qui s’était installé alors même que la blanche cherchait à s’en débarrasser toujours un peu plus. Alors, il y avait eu cette envie partagée, celle de voir d’autres horizons avant que ces billes brunes ne le lui permettent plus. Pour une chose donnée, une autre est prise. C’était ce qu’avait toujours pensée la blanche jusqu’à présent, une croyance bien loin de cette réalité qui frapperait sous peu.

Ils avaient ainsi décidé de partir, ayant entendu des rumeurs concernant un bateau qui se rendrait de l’autre côté des eaux, dans un endroit nommé : Massilia. Une appellation qui sonnait si douce à ses oreilles, que la curiosité avait pris le dessus, quand bien même les racontars n’étaient pas réellement sa tasse de thé. Mais qu’importe. Tel un caprice d’enfant, elle avait décidé, et leur prochaine destination serait donc cet endroit remplit de promesses. Douces illusions, éphémères.

Alors, elle avait pris la direction du port, seule. Mieux valait ne pas trop se faire remarquer, et leurs présences à eux deux n’étaient pas indispensable. Autre fait, cet enfant était déjà grand et était largement capable de se débrouiller un peu, à vadrouiller comme bon lui semblait. Elle, elle préférait chercher des renseignements sur ces bateaux sur lesquels elle n’avait jamais eu l’occasion de poser les yeux. Des prunelles curieuses, doté de cette lueur qui exprimait une certaine fascination pour ces engins qui, si gros, pouvaient tout de même flotter sur l’eau. Entre excitation et inquiétude d’un départ loin de leurs racines.

Des mèches blanches qui parcourraient ainsi les quais, cherchant ce fameux outil qui les emmèneraient vers ce pays étranger. Des yeux qui se balançaient, sans pour autant distinguer les détails. Et une main qui vint se poser sur l’un d’eux, visant à frotter une éventuelle poussière qui y aurait élu domicile. Du monde, beaucoup trop pour ce petit bout de femme. Bien trop petite. Une taille qui ne changerait plus. Un soupir, silencieux. Vraiment, elle la maudissait parfois, cette taille de fourmi. Un nain parmi les géants diraient-on sans doute. Vérité parfois blessante. Un atout doublé d’un handicap tel le double tranchant d’une lame.

Un air ailleurs, elle s’approcha finalement d’une de ses ombres jusqu’à en voir les traits un peu plus clairement. Ceux d’un homme, dont elle ne saurait pas déterminer l’âge. Elle n’avait jamais été très bonne en devinettes, alors autant éviter.

« Excusez-moi, vous êtes marin ? » Demanda-t-elle alors, avant de reprendre « J’ai entendu dire qu’un bateau se rendait dans une ville nommée Massilia, bientôt, vous savez quelque chose à ce sujet par hasard ? »

Des phrases balancées avec une certaine rapidité. Peut-être trop. Parce qu’il arrivait que la blanche ait un débit de paroles bien trop rapide pour que l’on ne puisse la suivre clairement. Des restes de son enfance, sans doute. Et maintenant, elle attendait, le fixant, comme à l’affût du moindre indice.


Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Sam 7 Jan - 18:35

Six années. Caleb avait parfois du mal à réaliser ce laps de temps, tant il avait l’impression que ses derniers pas dans le Sanctuaire remontait à plus longtemps. Sa vie avait été chargée, et il s’était trouvé une nouvelle voie dans ce monde qu’il connaissait si peu au départ. Être apprenti ne vous préparait qu’à une vie de Saint, et non au monde que vous étiez censé protéger. Le blond était accoudé au bastingage et observait l’immensité de l’océan s’offrant à sa vue. Son esprit vagabondait dans les méandres de ses souvenirs et de ses pensées les plus sombres parfois. L’équipage avait reçu ses ordres. Le matériel devait être déchargé et le navire briquait de fond en comble pour leur départ prochain. L’anglais connaissait presque tous les marins travaillant à bord, et il avait une certaine confiance en eux. Pour ce genre de tâche, le second avait pris l’habitude de faire acte de présence sans réellement les surveiller. Un accord tacite entre eux, qui convenait à tout le monde. Chaque protagoniste y trouvait son compte au final, et le travail était accompli sans trop de bévue. Pour le moment, Caleb se retirait de la contemplation de l’horizon pour se concentrer un peu plus sur le pont et le quai. Un homme vint lui parler pour l’interroger sur certaines caisses mal répertoriées. Quelques recherches de sa part permirent de clarifier la situation, et tout le monde retourna à ses occupations premières. De son côté, le second préféra quitter le navire pour les quais afin de faire son rapport et de prendre certains documents nécessaires à leur future traversée.

Quelques minutes plus tard, ou plutôt une heure plus tard, Caleb retournait vers le navire avec les documents nécessaires. Il les avait un peu étudiés pour donner son avis au Capitaine dès qu’il le croiserait. Le blond soupçonnait son supérieur de le former pour son poste, soit par caprice de sa part ou sur demande d’une tierce personne. Cette perspective n’était pas pour le déranger. Bien au contraire. Le marin s’était habitué à cette vie et à cette fonction, dont il n’accomplissait que les tâches les plus ingrates. Sa proximité avec les membres d’équipage lui permettait de servir de relai et parfois de tampon en cas de litige. En y repensant, Maximilien sourirait à pleine dent en le voyant aujourd’hui. L’adolescent arrogant et hautain avait totalement disparu, pour laisser la place à un adulte plein d’humilité et de sagesse… Le chemin parcouru était important, mais celui à parcourir l’était encore plus. Il en était pleinement conscience. En arrivant près du navire, son regard se posa sur un petit bout de femme aux cheveux blancs en pleine discussion avec l’un des marins. Ce dernier semblait en pleine réflexion, et son regard s’illumina quand il aperçut le blond. Ce dernier n’eut guère le temps de se défiler, ayant une idée de ce qui allait arriver. Encore une femme éconduite par son capitaine venue demander réparation. Il aurait pu disparaître, mais pour cela, il aurait dû révéler certains dons qu’il gardait cacher sciemment. Quand elle s’approcha, Caleb haussa les épaules tout en prenant la parole dans un débit rapide et un accent anglais bien prononcé.


_ « Désolé ma chère. Le capitaine n’est pas présent, et je n’ai malheureusement aucune information concernant sa localisation. »

Un pieu mensonge de sa part pour éviter une énième dispute à la vue de l’équipage, et du personnel du port. Caleb était déjà prêt à s’éclipser rapidement vers le navire, mais un instant, il hésita s’interrogeant sur la situation. En la regardant de plus près, elle ne correspondait pas aux critères appréciés par son supérieur… En tout cas de ce qu’il avait pu déduire au fil des femmes éconduits avec plus ou moins de classe selon les cas. Son regard se posa lourdement sur son interlocutrice. Interrogation plus parlante qu’une phrase pour savoir ce qu’elle attendait. Le marin ayant été accosté prit alors la parole.

_ « Vous vous trompez Monsieur. Elle ne cherche pas le capitaine… Je n’ai pas tout compris de ce qu’elle disait, mais elle semble vouloir des renseignements. » Caleb hocha la tête pour remercier le matelot, et reprit la parole. « Excusez-moi je me suis fourvoyer sur vos intentions. » Il se stoppa et tenta une autre approche. « Anglaise… française… grecque… russe… »

Caleb avait prononcé ces mots dans leur langue respective. C’était à peu près les seules langues qu’il connaissait, même si son vocabulaire en russe et en français était des plus limités. Généralement ses connaissances se stoppaient aux nécessités de ses fonctions et des termes techniques sur un port.
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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Sam 7 Jan - 23:29

Des gens allaient, passaient et revenaient, tandis que les bateaux voguaient. Certains s’éloignaient de la côte, tandis que d’autres, au contraire, semblaient se vider de leurs marchandises. C’était ce qu’avait vu la blanche lorsqu’elle s’était retournée vers cette voix inconnue. En réalité, toutes l’étaient, mais celle-ci avait attiré son attention de par sa proximité avec cet appareil auditif que représentait cette oreille. Un spectacle qui l’impressionnait, elle qui n’avait jamais vu de ces choses vivants sur l’eau auparavant. Si bien qu’elle s’en demandait de quelle manière pouvaient-il bien flotter. Invraisemblable. L’histoire d’une innocence bientôt corrompue par ses démons futurs.

Un sentiment de crainte naissait à la vue de ces immenses objets. Une impression qui s’alliait trop facilement à l’excitation que la jeune femme pouvait ressentir à l’idée de voir bientôt autre chose que ces terres glacées Russes. Une sensation bien vite réduite au silence. Un choix inconscient avait été fait en cet instant et, avec celui-ci, le premier pas vers ce qui serait sous peu la fin d’un monde : le sien, qui s’écrouleraient dans les prochains jours. Parce que chaque décision avait son lot de conséquences. Et celle-ci ne faisait pas exception à la règle. Sombre réalité dans laquelle les hommes vivaient, dans ce besoin d’équilibre.

C’était pour cette raison que, bien que retournée et faisant face à cet homme qui lui parlait désormais, aucun mot ne fût compris. Parce qu’elle était absorbée par ce qu’elle devinait plus loin, au point d’en oublier celui qui s’adressait à elle. Un instant, le temps que ses châtaignes s’écarquillent, réalisant qu’un corps faisait barrage. Puis ils remontèrent alors, cherchant le visage de celui qui était à ces yeux un géant. Des traits qu’elle trouva finalement en un air jeune et des mèches lumineuses, tandis qu’un semblant de sourire gêné naquit sur ses lèvres.

« Qu'av - » Commença-t-elle à dire, afin de lui faire répéter ces mots qu’elle n’avait su entendre.

Un unique mot bien vite engloutis par ceux de cet homme qu’elle avait questionné précédemment. Un nouveau semblant de sourire, accompagné d’un léger haussement d’épaule. Ce n’était pas bien grave, la jeune mère était tant discrète habituellement qu’il était rare que l’on prête attention à cette voix qui paraissait parfois bien faiblarde, hésitante. Sans doute un jour parviendrait-elle à changer cela, plus tôt qu’elle ne le pensait. Ainsi, elle écoutait seulement ces mots qu’elle ne comprenait que peu. Il était à avouer que son éducation en termes de langue était loin d’être exemplaire. Probablement règlerait-elle le problème un jour, mais cette situation lui intimait qu’il ne faudrait pas trop tarder à y remédier.

Une mine surprise s’afficha alors lorsqu’elle entendit ces mots certainement prononcés dans leur langue natale. Un homme qui ne devait pas être du coin, à en juger par tout cela. Alors, la blanche laissa échapper un petit rire. Un son qui n’avait rien de moqueur, bien loin de ses pensées, plutôt une gêne qui se relâchait d’un coup. Visiblement, la difficulté des langues étaient partagées, et cela avait étrangement quelque chose de drôle. Situation inattendue.

« Du Russe serait parfait » Finit-elle par dire dans sa langue natale, tandis que cette main faisait vainement barrage à ce faible rire.

Des mots qu’il ne comprendrait probablement pas s’il était étranger, mais cela n’empêchait en rien d’essayer. Sait-on jamais. Peut-être les apparences étaient-elles trompeuses cette fois, et peut-être comprenait-il cette langue dont il se trouvait dans le pays pour un temps.

« En fait, je cherche des informations sur un bateau allant en France, à Massilia… » Continua-t-elle alors, avant d’être interrompue par le premier homme.

Quelques mots furent prononcés, et qu’elle ne comprit que brièvement. Alors, Asya se contentant de hocher la tête, tandis que l’homme repartait dans la direction opposée. Des perles brunes se posèrent alors de nouveau sur le blond, l’interrogeant en silence.

« Ah… Anglais, peut-être »Demanda-t-elle finalement dans ce vocabulaire approximatif. Avant de reformuler la question dans cette même langue « Je sens des informations en France… Massilia »

Une voix qui avait à la fois plus d’intonation, mais qui semblait moins sûre des mots qui sortaient de cette bouche. Parce qu’il y avait certainement des erreurs, et des mots n’étaient probablement pas à leur place. Une éducation à revoir, et une pensée pour cette tête brune de fils. Assurément, les langues pouvaient être une barrière pour les voyages. Elle allait ainsi devoir apprendre, afin de pouvoir s’en sortir au mieux. Mais également apprendre à son enfant, pour qu’il ne soit pas dépendant. Parce qu’Asya le savait : il n’y avait rien de pire que la dépendance.



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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Lun 9 Jan - 12:41

Dire que cela devenait une habitude d’éconduire de jeunes femmes en quête de son capitaine serait un peu excessif, mais la régularité de cette scène commençait à devenir gênante même pour lui. Sans compter, que selon les caractères, les réactions pouvaient être plus ou moins violentes. Par réflexe, lorsqu’une femme approchait du navire, Caleb préparait déjà son petit discours. Cette fois, le second n’avait aucune idée de la localisation de son supérieur. Avec une expression de circonstance, et un ton doux, l’anglais prit les devants et énonça son petit laïus. La distance de sécurité était de mise en attendant une première réaction, qui déterminerait la suite de leur conversation. De toute évidence, soit elle était trop choquée pour réagir ou soit elle ne comprenait rien à ce qu’il venait de dire. Un matelot, ayant eu l’occasion de lui parler auparavant, intervint pour rectifier la situation. Le blond se sentit un peu gêné, et tenta de rattraper la situation au mieux. Au final, il tenta de parler dans d’autres langues. Certaines mieux maîtrisées que d’autres. Son interlocutrice paraissait vraiment petite à présent qu’il se trouvait à quelques centimètres d’elle, et sa chevelure blanche était originale de son point de vue. Une étrange personne pour le moment à ses yeux. Il hésitait sur les mots pour définir son comportement. Apeurée. Curieuse. Perdue.

Finalement, la jeune femme laissa échapper un petit rire. Une réaction qui détendit le second, et le fit sourire à son tour. La situation était cocasse à présent que les choses étaient éclaircies, mais il restait un problème épineux au niveau de la langue. L’un comme l’autre semblait avoir perdu un poids sur les épaules en cet instant, et par ce simple petit son. Quand elle prit la parole en russe, et qu’il comprit les mots prononcés, une grimace se dessina sur les traits du jeune homme. Son russe était approximatif, et sortit des termes nécessaires à son emploi, il avait du mal à tenir une conversation correcte. Son regard se posa autour de lui, tandis qu’elle continuait sur sa lancée. Le matelot précédent était toujours affairé sur le pont, et quand son regard croisé celui du blond, il réagit immédiatement interrompant la jeune femme.


_ « Comptez pas sur moi monsieur. J’comprends encore moins que vous. »

Caleb haussa les épaules, et tenta de trouver un autre marin. Certains parlaient très bien le russe, et serait probablement plus à même de tenir une conversation avec lui en tant qu’informateur. Avant l’interruption, le marin avait compris information et Massilia. En tout logique, son interlocutrice souhaitait se rendre en France et cherchait probablement un navire pouvant la conduire à bon port. Le matelot s’éloignait déjà, pour éviter d’intervenir ou d’être embarqué de force dans cette discussion. Ils se retrouvaient seuls sur le quai, avec une barrière de langue… En tout cas c’était ce que pensait le second en cet instant. Les mots qui suivirent lui parurent doux et agréable, malgré la difficulté évidente du vocabulaire et l’accent de la jeune femme. La discussion serait plus simple ainsi. Un large sourire accueillit sa question, et un hochement de tête confirma cette expression.

_ « Massilia. » Caleb prit la décision de parler lentement et distinctement, non pour se moquer mais pour éviter les quiproquos et incompréhension. « Ce n’est pas le bon endroit. Ce sont tous des navires marchands, et ils ne transportent pas de passager. »

D’un geste, Caleb engloba cette partie du quai. Son regard se posa ensuite sur les papiers en sa possession et le bateau. Rien n’était urgent pour le moment, et son capitaine serait probablement absent pour une bonne heure encore. Plutôt que de laisser la jeune femme à son sort, l’anglais préféra jouer les gentlemans jusqu’au bout.

_ « Suivez-moi. Je connais un navire qui part bientôt, et le prix du billet est raisonnable. » Caleb se mit de côté, et tendit le bras pour indiquer la direction à suivre à son interlocutrice. « Caleb. »

Un simple mot pour donner son prénom. Cela serait à nouveau plus simple. De toute manière, son nom lui était inconnu et celui qu’il utilisait sur le bateau se perdait souvent dans les méandres de ses souvenirs. Certains matelots le lui rappelaient au hasard des interpellations et des demandes. Finalement Caleb suffisait de son point de vue, et il ne fournissait d’autres informations que sur demande. Ils marchaient à présent côte à côte, vers un autre bout du quai. Son regard cherchait au loin le navire en question.

_ « Vous souhaitez partir quand exactement ? Et vous serez combien ? »

Même si elle n’avait pas compris ses mots, Caleb se sentait un peu responsable d’elle après son incompréhension et sa mauvaise interprétation de la situation. De plus la barrière de la langue ne jouait pas forcément en sa faveur. La plupart des bateau en direction de Massilia était français ou anglais, et les quelques équipages russes avaient déjà levé l’ancre d’après ses informations.
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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Sam 4 Fév - 19:47

Les questions avaient ainsi été posées. Ou plutôt, la mère espérait obtenir un semblant de réponse concernant ce voyage qui approchait à grand pas. Grand pas, c’était le mot. Parce que la jeune femme espérait partir le plus tôt possible, et serait prête à prendre un bateau le lendemain même, si cela lui était accordé d’une manière ou d’une autre. Et ses yeux suivaient brièvement l’un des deux hommes qui s’éloignait dans la foule, jusqu’à disparaître de son champ de vision. Un haussement d’épaule léger, ce n’était pas bien grave. Sans doute ne l’avait-il pas comprise.

Des billes qui se posèrent de nouveau sur cette masse blonde, un léger sourire gêné aux lèvres. Parce que la blanche savait que la situation n’était pas facile pour lui. Sans doute ne parlait-il pas cette mélodieuse langue d’ici. Il s’agissait d’une chose courante chez les voyageurs. Mais l’était-il ? Des questions nouvelles qu’elle lui poserait assurément plus tard. Pour le moment, la mère attendait simplement d’obtenir les informations qu’elle était venue chercher.

En ce sens, l’entente du mot « Massilia » la rassura quelque peu. Un soupir de soulagement à la fois partiel et silencieux. Ainsi, il semblerait que la demande avait été comprise au minimum, où peut-être se fourvoyait-elle sur les paroles qui suivirent, presque incompréhensible pour celle qui n’avait pour éducation que le vagabondage et les rencontres.

« Marchand ? » Répéta-t-elle alors. « Ce n’est pas grave s’il est marchand. Je veux juste m’y rendre rapidement » Une tentative pour être claire, dans des sons toujours plus hésitants et cherchant le sens de chacun de ces mots prononcés.

Ses billes se posèrent ainsi sur la paperasse qu’observait son interlocuteur. Sans doute une curiosité mal placée, comme cela était régulièrement le cas. Puis une indication fût donnée par un bras tendu, dans une langue vaguement comprise. A vrai dire, tout ce qu’elle avait pu percevoir à cet instant-là était proche du néant, et seul les mots « prix du billet » était ressorti, de manière plus ou moins exacte. Il y eu ainsi quelques minutes latentes durant lesquels la blanche tenta de réfléchir sur l’endroit où bien placer chacun des mots qui étaient sur le bout de sa langue.

« Asya » Répondit-elle simplement à l’entente de ce qui semblait être son nom, avant de reprendre « En fait… Je n’ai pas d’argent, et nous sommes deux » . Un regard se perdant quelques instants dans la foule « Mon fils est ici, surement en train de vagabonder quelque part, comme d’habitude, bien que je lui aie dit qu’on devrait partir aussi vite que possible ». Comme l’avait fait sa mère durant tant d’années.

Sans doute avait-elle influencé les habitudes de l’enfants désormais grand. Il était difficile de nier le mauvais exemple qu’elle avait pu être durant cette enfance sur les routes. Mais il y avait quelque chose d’encore plus grand, plus sombre : une autre ombre au tableau. Une chose que le brun ne devait jamais apprendre, quoi qu’il arrive. Faiblesse d’une femme. Puis, cette lueur perdue dans son regard changea, revenant à la réalité. Des marrons qui se tournèrent de nouveau en direction de cet homme qui cherchait à l’aider.

« Caleb, qu’est-ce qui vous amène en Russie ? » Demanda alors Asya, changeant de sujet. D’une manière aussi subtile qu’à son habitude. La subtilité qu’une femme devait avoir, il parait. Une bien belle illusion. Inintéressante. « Vous avez eu l’occasion de visiter ? Le coin vous plait ? »

Et les questions s'enchaînèrent ainsi, en éternel curieuse que pouvait l’être la jeune mère qui n’avait pas la moindre idée de l’enjeu qui se cachait derrière ce départ improvisé. Mais les pensées concernant le futur n’étaient pas à l’ordre du jour. Pas concernant ce futur-là. Parce que la blanche n’aurait pu imaginer un seul instant que l’un de ces monstres pourrait couler, apportant avec lui le désespoir et la mort. Ce qu’elle y voyait actuellement, c’était un moyen de voir de nouveaux horizons, de découvrir de nouveaux paysages, ceux dont on étalait la beauté comme s’il s’agissait de légende. Oui, Asya aussi voulait les voir ces endroits, avant que ces yeux se ferment à jamais à la lumière.

Une idée lui vint alors à l’esprit. Ou plutôt, une envie irrésistible de savoir jusqu’où ses voyages l’avaient porté, ce blond de navigateur. Ainsi, elle se positionna devant lui, tournant désormais le dos à la route, se contentant de marcher à reculons, une lueur d’un mélange d’excitation et de taquinerie dans les yeux.

« Dites, vous êtes de ceux qui sont sur ces bateaux n’est-ce pas ? Quelles contrées avez-vous visité ? » Demanda finalement la blanche.

Une voix en accord avec cette lumière. Une voix qui était tellement empreinte à l’excitation d’en découvrir plus à propos de ces endroits inconnus qui paraissent inaccessibles, qu’elle en oubliait parfois de parler dans cette langue compréhensible par lui et qu’elle ne maîtrisait pas. Quelques mots de russe s’étaient ainsi glissés dans la conversation. Discrètement.


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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Mar 7 Fév - 12:24

Ce n’était pas une situation simple. Caleb avait mal interprété la situation, en toute bonne foi connaissant son capitaine de navire, et à présent il se sentait un peu mal à l’aise face à la jeune femme. D’un autre côté, elle ne semblait pas forcément avoir compris tout ce qu’il avait dit. La barrière de langue se révélait être un atout non négligeable dans ces conditions. Le marin observa son interlocutrice, et tenta de vérifier sa compréhension de sa demande. Son expression montrait clairement qu’ils commençaient à se comprendre à défaut de communiquer de manière claire et précise. Le blond allait devoir étendre un peu ses compétences dans cette langue, d’autant que ses voyages le menaient de plus en plus vers ces contrées. La jeune femme prit à nouveau la parole, et il comprit en grande partie ce qu’elle tentait de dire. Un large sourire s’afficha sur le visage de l’anglais. Certes certaines la prendraient, mais les conditions de voyages seraient rudes. Et pour une femme, il y avait maints dangers plus importants qu’une mer agitée sur un navire marchand dont l’équipage était exclusivement masculin. Aucune escale et de longs mois en mer. Ce serait imprudent de sa part que de l’encourager dans ce sens. Il hésita longuement sur la marche à suivre. Certes il avait du travail à faire, mais connaissant son supérieur, il lui restait encore une grande marge avant d’être en retard.

_ « Il vaut mieux éviter les navires marchands pour ce type de voyage. »

Caleb parlait lentement et détachait chaque mot, tentant d’y incorporer les quelques mots de russe qu’il connaissait. Des tentatives pour améliorer la compréhension entre eux. Puis le marin invita la jeune femme à le suivre, lui proposant de l’aide pour trouver un navire. Une connaissance lui avait appris qu’un bateau partait le lendemain vers Massilia, et il connaissait un peu les officiers de celui-ci. De simples présentations prirent place par la suite. Des prénoms échangés rapidement pour rendre cette conversation moins impersonnelle. Asya. Un joli prénom. Une grimace étreignit les traits du blond. Il avait cru comprendre qu’elle n’avait pas d’argent… Probablement à la manière de son interlocutrice, il ne comprenait que des bouts de phrases. Un fils à priori… Un enfant en tout cas. Sa manière de parler indiquait clairement ce type de relation. Ce serait plus délicat de négocier quelque chose dans ces conditions. Mais bon qui ne tente rien n’a rien comme on dit. Asya se débrouillait plutôt bien en anglais, mieux que lui avec le russe. Un léger sourire apparut sur le visage du blond.

_ « Le travail. Des marchandises à livrer avant de repartir dans un autre port… » Il secoua les papiers en sa possession comme pour illustrer ces fameuses nouvelles destinations, avant de continuer. « Les arrêts trop court pour visiter quoi que ce soit… Même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque. »

De toute manière, Caleb se contentait généralement de trouver un lieu isolé pour s’entraîner tout simplement. Visiter ne faisait pas partie de ses priorités pour le moment. Il préférait voir les paysages défilés sur la côté, tandis qu’il se trouvait en pleine mer. Il avait l’impression d’évoluer dans un monde différent. La jeune femme se mit face à lui et avança à reculons. Ce comportement lui soutira un sourire, lui rappelant d’ancienne connaissance du Sanctuaire avant qu’il ne s’enferme dans l’arrogance et la suffisance. Une légère ombre passa sur son visage à cette pensée, mais disparut aussi vite. Comme une illusion bien vite oubliée. Son enthousiasme lui fit perdre la notion de la barrière de langage… Par chance les quelques mots de russe qui s’étaient glissé lui étaient connus.

_ « Effectivement je suis sur ces bateaux… je les commande même lorsque le capitaine n’est pas disponible. » La fierté pouvait se ressentir dans sa voix, mais aucune once d’arrogance. Il connaissait à présent la différence entre les deux. « Je pense avoir visité une grande partie des quatre coins du monde. Les Amériques, les Indes et d’autres destinations. »

Caleb tentait de glisser quelques mots de russe pendant la conversation, utilisant la majeure partie de son maigre vocabulaire. L’anglais hésita quelques secondes avant de reprendre la parole. Il pouvait rester détaché, et laissé Asya se débrouiller avec son contact. Ou prendre plus d’information et tenter de l’aider dans sa requête. Cela l’intriguait ce départ précipité sans le moindre sou pour effectuer le voyage. Une fuite probablement. Le tout était de savoir quel genre de problèmes ou de dangers, elle fuyait exactement.

_ « Et vous ? Qu’est-ce qui vous attire tant à Massilia ? Envie de voyager. Etape ou destination. »

Certes il n’abordait pas la véritable question de manière directe, mais il ne doutait pas une seule seconde qu’elle comprendrait le sens de ses interrogations. A voir comment elle allait réagir et répondre à présent. Son regard azuré ne la quittait pas, tandis qu’ils continuaient d’avancer vers ce fameux navire devant la menée à destination.
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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Jeu 23 Fév - 16:41

Le sentiment d’être observée, un peu. Rien de bien désagréable cela dit. Tout cela n’était qu’une conversation normale entre deux personnes qui tentaient de se comprendre malgré la barrière de la langue. Et quelle barrière ! C’en était à se demander comment ils se comprenaient, au strict minimum. Et pourtant, elle avait clairement entendu qu’il ne valait mieux pas utiliser les navires marchands pour ce genre de voyage. Une idée qui n’enchantait pas la blanche plus que cela, elle qui n’avait pas réellement la possibilité de faire autrement. Deux passagers et une finance des plus inexistantes pour ceux qui avaient vécu une vie de vagabond jusqu’à présent. Et pourtant, elle préféra le laisser finir, sans couper la discussion afin de mettre ce point problématique en avant. Sans doute aurait-il été préférable de le faire, mais elle n’était pas de ce genre-là, la Asya.

Continuèrent ainsi les explications sur les utilisations de certains bateaux, notamment ces fameux qui ne semblaient traiter uniquement dans la marchandise. Des mots qui étaient prononcés d’une certaine lenteur, qui visait certainement à lui permettre une compréhension plus simple. Autant pour l’un que pour l’autre. Les quelques efforts d’emploi de vocabulaire Russe la firent d’ailleurs sourire. Ce n’était certes pas parfait, mais cela facilitait grandement le dialogue. Elle crû ainsi comprendre qu’il était de ceux qui travaillait dans ces monstres marins spécialisés dans les marchandises, et que le temps des arrêts était bien trop court pour visiter quoi que ce soit. Et là, elle y voyait un moyen de lui poser quelques autres questions concernant le temps de ces arrêts dit trop court. Un regard discret se dirigea en direction des papiers fraîchement secoués, dans une curiosité sans nom. Fâcheuse habitude.

Un changement de position, où la blanche mère passa devant lui et commença à avancer en reculons. Comportement presque enfantin de cette femme qui avait grandi bien trop vite, bien trop brutalement. Des mots qui menaçaient de s’échapper de ses lèvres, bien rapidement ravalée à la vue brève vue de cette mine sombre, l’espace d’un court instant. Et, avec cela, une mine interrogative s’installa sur le visage de la presque voyageuse, continuant néanmoins de l’écouter.

« Hum. Un problème Caleb ? » Demanda-t-elle Naïvement, doucement.

Chaque chose en son temps, et cette ombre apparue momentanément était, quelque part, la priorité. Façon de parler. Et pourtant, indépendamment de ces quelques mots glissés dans un murmure certain, la discussion n’avait cessé de prendre sa route originelle. Et ce n’était pas cette faible hésitation, à peine perceptible, qui l’en ferait douter, étonnamment. Et les questions avaient ainsi reprises.

« Waouh, le Monde est donc si grand… ! » Admiration momentanée, avant de reprendre « Et c’est comment, à l’autre bout du Monde ? Comment sont les gens, les paysages, qu’est ce qui diffèrent tant d’ici ? » Excitation certaine, telle une enfant à qui on en mettait inconsciemment plein les yeux. Si bien que le débit de parole s’en était retrouvé subitement accéléré.

Ses mains passèrent alors derrière son propre dos, tandis qu’elle continuait de marcher à l’envers, afin de pouvoir avoir un contact visuel avec son interlocuteur.

« J’ai entendu dire que les paysages de Massilia étaient à voir au moins une fois dans sa vie, alors on a décidé de partir rapidement puisqu’on a déjà parcouru une bonne partie de la région. Mais jusqu’à présent, on n’a jamais pris cette chose nommée bateau, ces monstres qui traversent les mers, tout se faisait à pieds. Alors c’est assez impressionnant à voir ! » Raconta la blanche d’une traite, alternant maladroitement entre l’anglais et le russe.

Un départ rapide, oui. Parce qu’il y avait des choses à oublier ici, définitivement. Une façon naïve d’espérer alléger un fardeau de femme. D’une faible femme.

« Et puis, on aimerait en voir autant que possible, de ces endroits inconnus. En voir le plus possible avant que la fin n’arrive » Des paroles lourdes qui étaient contrebalancées par la légèreté que la jeune femme possédait encore à cette époque, accompagnées d’un rire.

Oui, avant que toutes ces couleurs ne tournent au noir, la plongeant dans les ténèbres. Une avancée lente, mais certaine. Incontrôlable également. Et sans doute ces quelques mots étaient difficiles à comprendre, hors contexte. Mais moins il en savait, mieux cela serait. Assurément. Et la douce illusion réapparue alors.

Doucement, un buste partit en avant, légèrement, accompagné de cette tête aux mèches d’ivoire qui se balança inconsciemment sur le côté droit.

« Vous êtes certain que tout va bien ? » Simple question.

Parce qu’elle avait encore en tête cette mine sombre d’il y a quelques instants. Parce qu’elle était aussi comme ça, Asya. Une faible femme.


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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Mar 28 Fév - 12:06

Caleb tentait de distiller des conseils à son interlocutrice, parlant lentement et articulant chaque mot tout en glissant ses maigres connaissances dans la langue maternelle de la jeune femme. Les navires marchands n’étaient pas équipés pour le transport de voyageur, et ils prenaient généralement des routes plus dangereuses pour gagner du temps sur leur livraison. La discussion continuait et Asya se montrait assez curieuse sur les voyages et les bateaux. Elle avait dans son comportement quelque chose d’enfantin, qui fit remonter des souvenirs aigris par le temps. Des images du Sanctuaire principalement. L’ombre passant sur son visage n’échappa pas à son interlocutrice, et il se contenta de sourire en balayant la question d’un geste de la main. La conversation reprit sur le sujet initial et les voyages. Une certaine fierté fut perceptible quand il évoqua son rôle sur ces navires, mais il ne s’attarda pas. La leçon avait été durement apprise, mais aujourd’hui il ne la connaissait que trop bien. Il énonça rapidement les contrées qu’il avait pu voir… ou plutôt touché du bout des doigts. Les escales étaient courtes, et ne permettaient pas réellement de faire des visites. Généralement cela se limitait aux ports, où l’influence du pays fondateur se faisait nettement ressentir dans l’architecture, l’ambiance et les mentalités. Un léger sourire accueillit les nouvelles questions de la jeune femme.

_ « Différents et étrange… Magnifiques pour certains, inquiétants pour d’autres. Malheureusement je n’ai pas toujours le temps d’apprendre à connaître les cultures ou les gens. » Il marqua une pause et reprit. « Eh oui le monde est vaste. On ne s’en rend compte qu’une fois qu’on accomplit le voyage. »

L’enthousiasme de la jeune femme entraîna une question de la part du blond. Pourquoi Massilia en particulier… Etait-ce une étape sur son périple ou la destination finale de celui-ci. Un intérêt innocent pour le moment, car finalement l’information ne le concernait en rien et ne l’empêcherait pas d’aider cette personne comme promis. Des hochements de tête accueillirent les paroles de la jeune femme. Il n’avait pas forcément compris tous les mots, mais il pouvait appréhender l’idée générale de ses paroles. Des envies de voir d’autres paysages. Une réponse classique d’une personne fuyant quelque chose ou quelqu’un. Ils continuaient d’arpenter le port, et certaines personnes s’arrêtaient pour saluer Caleb… lui donnant parfois des nouvelles de son capitaine, ce qui lui soutirait certaines grimaces. Son attention se reporta sur la jeune femme. La fin. Ces mots étaient parfaitement compréhensibles, et un regard lourd se posa sur elle. Son attitude légère cachait bien des choses. Des secrets probablement. Il était mal place pour juger ses actions, même si il ne pouvait nier l’intérêt que cette phrase énigmatique avait éveillé en lui. Une personne intenable et ne tenant pas en place cette Asya. Elle avait encore changé de position. Une enfant. Finalement c’était le terme qu’il trouvait le plus approprié en l’observant attentivement.

Asya lui posa à nouveau la question. Allait-il bien. C’était plutôt à elle qu’il aurait dû poser la question, surtout après de telles paroles. Mais effectivement, son esprit ne pouvait s’empêcher de lui rappeler les erreurs de son passé. Il souhaitait tant pouvoir les corriger sans avoir la moindre idée de comment exactement. Evidemment ceci ne regardait pas du tout la jeune femme, et probablement ne comprendrait-elle pas véritablement le sens de ses paroles. Le Sanctuaire était un lieu secret, et qui devait le rester.


_ « Oui oui ne vous inquiétez pas. Juste un petit coup de fatigue. » Un mensonge pour la bonne cause, accompagné d’un sourire de circonstances. Une main se leva pour désigner un navire du doigt. « Je connais le second de ce navire. Il devrait pouvoir vous aider à trouver une place. »

Ils continuèrent d’avancer, tandis que le regard azuré de l’homme scrutait le pont en quête de sa connaissance. Aux dernières nouvelles, il allait faire route vers Massilia le lendemain. Ils s’étaient croisés rapidement lors de leur enregistrement dans le port. Peut-être Caleb avait-il été le plus rapide… ou le moins distrait. Tandis qu’il observait le navire, une main vint s’abattre sur son épaule.

_ « Déjà… Tu es venu pour boire un verre ou peut-être as-tu oublié de me dire quelque chose. » Caleb secoua légèrement la tête, et désigna Asya à ses côtés. « Cette jeune femme cherche un voyage vers Massilia. Peu de moyens et surtout peu de connaissance. Je me suis dit que tu pourrais sûrement l’aider. »

L’ami de l’anglais observa longuement la jeune femme, et commença à parler en russe à son attention. Il semblait parfaitement à l’aise dans ce langage, et d’après ce que comprenait Caleb, il lui demandait combien ils étaient et l’étendue de ses moyens. Il crut comprendre qu’il voulait bien faire un effort pour aider le blond.
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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Sam 11 Mar - 14:38

Asya l’avait bien compris, que les navires marchands n’étaient pas prévus pour les transports de personnes, tant bien que mal d’ailleurs. Mais c’était désormais une chose intégrée totalement. Et pourtant, elle conservait cette envie de partir de ces terres gelées par ce biais. Question monétaire, principalement. Et parce qu’ils seraient tranquilles au moins, dans une cale, ou dans tout autre endroit où un homme tiendrait en place. Au final, elle adoptait davantage un comportement d’enfant. Sans doute parce qu’elle en était toujours une, quelque part. Probablement qu’une part de l’ancienne Asya se manifestait toujours, poussée par cette envie de découverte refrénée par une naissance pourtant assumée. Après tout, pourquoi pas. Cela ne représentait pas le moindre danger, n’est-ce pas ? Des questionnements, certainement le blond en avait, à son sujet. Ou peut-être s’en fichait-il. Une possibilité comme une autre. Cependant, la blanche était curieuse, elle, à son sujet. Au sujet de ses voyages, de ces paysages qu’il avait pu graver dans sa mémoire au moins qu’une jalousie enfantine avait pris place l’espace d’un instant, bien rapidement anéantie par la joie de pouvoir en discuter, d’apprendre. Par l’émerveillement. Parce que, peut-être, elle aussi aurait l’occasion de voir ce genre de représentations, avant que le noir ne s’installe. Mais surtout, ce qui l’avait interloqué, c’était cette mine assombrie, qui avait ornée son visage quelques instants. Courts, mais suffisants.

Des questionnements qui demeurèrent alors silencieux, durant un temps, balayées d’un geste de la main, de la manière la plus simple qui soit. Parce que cela ne la concernait probablement pas. Parce qu’il y avait des histoires à écouter. Et, pour cela, il lui suffisait de tendre l’oreille. Étrange. Qu’entendait-il par-là ? Voilà qui provoquait un regain de curiosité de la part de cette mère encore vivace. Puis la conversation avait ainsi dérivée sur Massilia, et ce désir de partir. Une aventure qui se faisait à deux, avec son fils. Qui aurait probablement se faire à plus que cela, mais cette simple idée fut alors balayée de son esprit. Un fantôme avec lequel il fallait apprendre à vivre. Une décision, sans doute regrettée, mais faite pour le bien de tous. Une façon de se rassurer dans un élan d’égoïsme surdimensionné. Un égoïsme et une hypocrisie sans faille, demeurant cachée sous cette couche de sourire. Une réalité probablement inconsciente, sur l’instant.

Une tête secoua alors faiblement les quelques mèches blanches. Oui, une lassitude s’était créée à la traversée de la région. Mesurée, cela dit. Parce qu’elle ne pourrait probablement jamais s’éloigner totalement de ces terres enneigées, et probablement seraient-ils amenés à y revenir un jour, sur cette terre natale. Mais pour le moment, elle voulait voir du pays, avant que cette lumière ne puisse plus passer la barrière de ses rétines. Parce qu’elle le savait : ce n’était qu’une question de temps. Et Massilia avait fait son apparition dans sa tête, le plus simplement du monde, à l’entente de quelques paroles de voyageurs, probablement. Une destination avait été trouvée, tout simplement. La première d’un grand nombre, elle l’espérait. Assurément. Sombre espoir perdu. Les prémices d’une réalité bien différente.

La question était cependant revenue, à la vision de cette mine, encore. Des mots qu’elle ne croyait probablement pas. Après tout, qui tirerait une telle tête en allant bien ? Un coup de fatigue, d’accord. Quelque part, la jeune femme se doutait qu’il ne valait mieux pas insister. Parce qu’il en parlerait probablement de lui-même s’il le souhaitait. Parce qu’il n’avait aucune raison de se confier à une étrangère. Parce que tout le monde avait une part sombre en lui.

« Je ne dirais pas que je crois en vos mots, ce serait mentir » Un soupir, et des yeux se fermant un instant, rapidement. « Mais vous avez probablement vos raisons n’est-ce pas ? » Une pause. « J’sais pas ce qui vous tracasse, Caleb, mais honnêtement, ne vous prenez pas trop la tête avec ça. Le passé, c’est le passé. Le futur, c’est le futur. Là, c’est le présent. Et faut en profiter autant que possible. Parce qu’on ne sait jamais combien de temps cela va durer. » Jamais. Sans doute cela était déplacé, mais elle estimait ne pas avoir à se taire pour autant. Sans doute parce qu’elle connaissait relativement bien cette sensation.

Néanmoins, le sujet était clos sans le moindre problème, et ne serait plus abordé à moins que le principal intéressé ne le souhaite. C’était sans doute ce qu’elle tentait de faire comprendre par ce nouveau sourire. Une attitude rassurante, parce que la mère prenait le pas, malgré la jeunesse de cette dernière.

« Ah ? Vraiment ? » Enchaîna-t-elle tout aussi rapidement, sans laisser la moindre place à un quelconque refus provenant des paroles précédemment prononcées.

Une main s’approcha alors de la manche du blond, la tirant un peu. Un simple étirement des lèvres, dans un premier temps. Puis des yeux qui dérivèrent furtivement dans les environs : Il n’était toujours pas là, ce fils. Des billes qui revinrent bien assez vite sur ce guide improvisé, et sur cette manche tirée.

« Merci au fait, pour votre aide, tout ça… » Une gêne. Sans doute parce qu’elle n’avait pas l’habitude de recevoir autant. Parce qu’elle se débrouillait généralement pour ne rien devoir aux autres, également. Mais là, des remerciements étaient de vigueur. Car elle n’aurait jamais pu trouver cela toute seule, c’était un fait.

Puis une main entra dans son champ de vision pour se poser sur l’épaule de l’homme. Un léger décalage entre la réalité du mouvement et le moment où celui-ci était apparu devant ses yeux qui la fit sursauter légèrement. Aussi, la jeune femme s’écarta silencieusement, se rendant compte que les deux hommes semblaient se connaitre. Un retrait discret, mais néanmoins présent. Puis il y eu cette désignation de sa personne, et quelques paroles dont elle n’avait pas parfaitement compris le sens. Deux mots principalement : son nom, et le nom de leur destination. Quelques secondes de silence, et enfin, l’homme commença à s’adresser à elle.

« Ah, vous parlez Russe ! Hum… Nous sommes deux, avec mon fils. » Dit alors la blanche« Mais il n’est pas là pour l’instant, il vadrouille encore n’importe où… » Grommela-t-elle « On voudrait se rendre à Massilia rapidement, aussi vite que possible en fait. Mais le souci, c’est qu’on n’a pas réellement les finances. Vous connaissez les prix pour le voyage ? On avait pensé utiliser les bateaux qui transportent les paquets là, pour réduire drastiquement les frais, mais c’est apparemment impossible alors… » Des mots qui fusaient. « Ah, merci pour votre aide. Et si vous pouviez remercier Caleb également… Mon anglais est assez limité, alors j’ai un peu peur des incompréhensions vous voyez… »

Un instant passé à observer le blond. Oui, la barrière de la langue n’était pas encore levée, et Asya craignait particulièrement les incompréhensions. Parce que cela menait régulièrement à des propos houleux. Et elle n’en voulait pas, de ces mots difficiles. Pas plus qu’elle ne voulait de cette vue fatiguée. Mais il parait qu’il faut faire avec. Des pensées qui étaient donc nombreuses, alors même qu’elle continuait à le fixer, tandis qu’aucun de ses doutes ne paraissait sur ses traits.

« Ah, au fait, vous savez comment ça fait pour tenir sur l’eau ces bateaux ? Enfin, vu leur poids c’est quand même drôle non, de le voir tenir aussi droit ! » Paroles enfantines, bercées par l’innocence.

Mais plus pour longtemps.




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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Lun 13 Mar - 12:00

Caleb tentait de dissuader de son mieux son interlocutrice de prendre un navire marchand pour son voyage. Il connaissait les mœurs de certains navires et de certains équipages, et il préférait lui éviter ce type de désagrément. Ce n’était pas dans sa nature d’agir de la sorte, même si il n’avait aucune obligation ni aucun intérêt dans l’aide apportée à cette demoiselle. Son interlocutrice semblait montrer un intérêt certain pour lui et son choix de vie, même si de son côté, l’anglais conservait une certaine distance. Des questions tournaient dans son esprit, mais la courtoisie et la bienséance l’empêchaient de pousser ses investigations plus avant. Et puis il serait capable de vouloir l’aider lui-même, et la perspective de devoir un service à son capitaine n’était pas vraiment réjouissante. Cette barrière était indispensable de son point de vue. Le blond avait chassé les questions de la jeune femme, pour revenir à un sujet plus neutre et plus classique. Massilia. Pourquoi une telle envie et un tel choix. Asya était perspicace… Ou peut-être était-il trop transparent dans son attitude. Effectivement il avait ses raisons de ne pas évoquer ce sujet de son passé. C’était le genre de chose que l’on évoquait auprès d’une personne de confiance, et non auprès d’une étrangère qui conservait ses propres secrets jusqu’à maintenant.

Un léger sourire accueillit sa remarque. Le passé est le passé. Mais pour Caleb, il ne devait pas être oublié ni reléguer au rang d’oubli car il devait servir à devenir meilleur. A s’améliorer pour ne plus commettre les mêmes erreurs. Un signe de tête en signe de gratitude fut sa seule et unique réponse. Il profitait de l’instant présent, et ne se laissait pas enfermer dans le passé… Même si ses choix revenaient le hanter de façon régulière, comme lorsqu’on l’interrogeait sur cette période de sa vie. Caleb se contenta de montrer un navire, et d’indiquer ses relations avec le second à son interlocutrice. Quand elle tira sur sa manche, il posa sur elle un regard interrogateur et surpris. Ses actions faisaient vraiment penser à celles d’une enfant, comme en cet instant. Un mouvement négatif de la tête accueillit les remerciements de la jeune femme. Ils étaient inutiles, puisqu’il le faisait par choix et par envie. Caleb n’était pas homme à sauver la terre entière, mais il lui arrivait de venir en aide quand il le pouvait comme maintenant. L’ami de Caleb était arrivé à ce moment-là, et ils avaient commencé à discuter. Tous deux entrèrent rapidement dans le vif du sujet. Si Asya s’était décalée pour les laisser discuter, l’anglais en fit de même quand ils parlèrent en russe… ne comprenant qu’une partie de leur échange.


_ « Inutile de me remercier » Caleb prononça ses paroles dans un russe approximatif, avant de reprendre en anglais pour son ami. « Alors tu peux faire quelque chose pour eux… et ne vas pas t’imaginer des choses. Je n’y gagne strictement rien, sinon une conscience tranquille. Considères ceci comme ma bonne action du mois. »
_ « Pas de soucis. Cela risque d’être un peu compliqué malheureusement… le capitaine m’a à l’œil, mais après si elle est prête à travailler un peu en cuisine, je peux lui permettre de voyager gratuitement. On manque de petites mains. Attend je lui explique. »

L’ami de Caleb reprit la parole à l’attention d’Asya. Son idée était de la faire travailler en cuisine pendant le trajet, et de lui offrir ainsi le transport jusque Massilia. Son capitaine n’y verrait aucun problème, puisqu’il manquait de personnel depuis quelques traversées. L’un dans l’autre, le second et la voyageuse seraient gagnants. Un sourire accueillit la question d’Asya, et la traduction fut faite pour Caleb. Son ami jouait les traducteurs au milieu de cette étrange discussion… L’ami répondit en souriant.

_ « Plus ils sont gros, et plus il flotte facilement. C’est un concept un peu compliqué, que moi-même je ne connais pas par cœur. » Il se tourna vers Caleb et lui demanda. Le blond répondit par un haussement d’épaule. « Nous les dirigeons… nous ne les fabriquons pas malheureusement. »
_ « Eh bien je pense que votre problème est réglé à présent. Cela me semble une offre plutôt généreuse… Il ne vous reste plus qu’à trouver votre fils à présent. »

Caleb s’était adressé à Asya en tentant de se faire comprendre. Son ami corrigea les erreurs dans les mots, rendant son discours probablement plus cohérent et compréhensible. Il lui restait encore des progrès à faire, mais la motivation était une chose compliquée quand il existait la possibilité de ne pas revenir dans cette partie du monde avant plusieurs mois, voire une année. Il ne voulait pas paraître impoli, mais il lui restait encore du travail. Et il ne voyait pas en quoi sa présence serait indispensable… Il ajouta simplement avec un sourire.

_ « A notre prochaine rencontre. Je répondrais peut-être à vos questions sur mon passé. »
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MessageSujet: Re: [Début Mars 1751] Quand les quiproquos s'en mêlent [PV. Caleb]   Jeu 16 Mar - 3:42

Un homme qui préférait visiblement la discrétion sur sa propre existence. Et quoi de plus normal ? Après tout, la blanche n’était qu’une inconnue, une âme de passage dans cette vie d’immensité. Des silences qui n’avaient rien d’étrange, compte tenu de la situation présente. Une chose que la jeune femme pouvait aisément comprendre malgré le fait que ce contraste entre les traits et les non-actes trottaient tout de même dans sa tête. Impossible de réellement s’en défaire. Mais cela n’était que le temps de ce trajet commun, où il l’accompagnait vers cette future aide. Parce que nul doute que son esprit serait sous peu totalement absorbé par une tout autre chose.

Ainsi, les pas avaient continué au rythme des quelques paroles prononcées durant ce laps de temps, jusqu’à ce que cette main agrippe sa manche, sans réellement en avoir l’intention d’ailleurs. Simple habitude d’une femme sans doute bien trop tactile au gout de certains. De simples remerciements, accueillis par un hochement négatif de la tête, qui transforma l’expression de ses billes brunes en quelque chose de plus interrogateur. Mais le principal était que ceux-ci avaient été formulés. Un contact qui se fit plus prudent, presque réduit au néant par cette main qui venait de s’appuyer sur celle de son guide. Un ami visiblement, ou un camarade : Asya n’aurait su l’affirmer, à ce moment-là. Toujours était-il qu’ils avaient l’air proche, et qu’il était sans doute préférable pour elle de se mettre un peu en retrait. Un retrait de courte durée, pour des paroles finalement échangées dans sa langue natale. Visiblement pour des questions concernant le nombre de personnes et le budget, qui lui était pratiquement inexistant, malheureusement. Un échange qui dura quelques instants, durant lesquels Caleb n’avait pas prononcé le moindre mot. Et pourtant, ses marrons faisaient régulièrement des allers-retours dans sa direction, furtivement, afin de s’assurer qu’il était toujours présent dans les parages. Une présence rassurante, sans doute. Pourtant, elle était dans son propre habitat et n’avait pas encore quitté le rude nid de l’Empire Russe. Mais déjà, elle avait besoin de cette béquille, en quelque sorte. Puis la conversation s’arrêta, pour reprendre dans un anglais que la mère était bien incapable de comprendre. Quelques mots, tout au plus. Et, comme pour espérer combler ces quelques lacunes, elle se contentait de les observer sagement, tel un enfant devant deux adultes discutant de choses importantes.

Finalement, l’ami de Caleb se retourna vers elle, lui expliquant qu’il était possible de voyager gratuitement sur le navire de son capitaine, mais uniquement en échange d’un travail accomplit sur le bateau. Et là, un sourire naquit alors sur son visage. Travailler pour voyager gratuitement, ce n’était pas la mer à boire. Alors, il était évident qu’elle accepterait. Et ce n’était pas ce fils élevé à la dure qui irait faire la fine bouche là-dessus. Ainsi, machinalement, elle attrapa l’une des mains de celui-ci.

« Ah, mais oui. Quelle bonne idée ! Mon fils participera également, bien entendu. Comme ça cela vous fera deux personnes de plus pour travailler dans les cuisines. Sauf si vous avez éventuellement besoin de lui ailleurs sur le bateau. Il est plutôt débrouillard, alors ça devrait aller. Enfin, je pense » Déclara-t-elle alors, avant d’ajouter : « C’est dommage, de ne pas savoir comment cela flotte sur l’eau. Parce que c’est étonnant de voir une chose aussi volumineuse garder pied. Vraiment très étonnant ! » Les mots lui manquaient.

Un problème de voyage qui n’était plus qu’un lointain souvenir, semblait-il. Et Caleb lui-même semblait trouver la proposition intéressante. Voilà qui avait de quoi rassurer la blanche, qui n’avait plus qu’à trouver ce maudit garnement. Un garnement déjà bien en âge de prendre ses propres décisions, mais elle était comme ça, Asya : une mère qui n’en restait pas moins un peu protectrice sur les bords, même si ledit enfant avait appris à se débrouiller par lui-même. Un instinct, sans doute. Mais qui était loin d’être infaillible.

« Oui, il ne doit pas être bien loin… » Murmura alors la jeune femme, avant de reprendre « Vous partez Caleb ? » Une mine surprise, probablement triste également, mais compréhensive.

Parce que sans doute avait-il un autre voyage de prévu, d’autres choses à régler également. Parce que la jeune femme lui avait suffisamment pris de son temps, déjà. Alors, elle finit simplement par hocher la tête, faiblement, tandis que sa main s’était finalement déportée vers lui.

« A notre prochaine rencontre, vous pourrez me raconter votre prochain voyage, également. Et peut-être répondrais-je à vos questions, si vous en avez » Un simple ajout.

Une mine rieuse, aussi. Peut-être même taquine. A vrai dire, rien n’indiquait réellement la possibilité qu’ils se recroisent un jour, et probablement n’était-ce que des mots comme cela, prononcés dans le vent. Mais elle l’attendrait, cette nouvelle rencontre. Assurément.



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