RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
 

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 Cruelle attente...

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MessageSujet: Cruelle attente...   Mer 12 Avr - 18:06

=> J'ai vogué sur l'Achéron ici

La fraîcheur de l'eau s'en était allée depuis bien longtemps. Ne demeurait que l'air lourd et porteur des miasmes délétères propres aux Enfers. Sur le sol sombre, brut et coupant, d'innombrables sillons se dessinaient en autant de serpents. De quoi créer un spectacle propre à vous glacer les sangs. La légende n'avait pas menti, l'Outre-monde était une terre de désespoir mêlée de supplice et paradoxalement, l'attaque de Pséma l'avait encore rendu plus terrifiant. Tout comme les gardes aux prises avec les troupeaux d'âmes dispersées et l'ensemble des dossiers éparpillés. Furieux comme pouvaient l'être les habitants d'un monde ravagé, ils s'en montraient encore plus cruels.

Où que se posa le regard de la belle, ce n'était que bousculade et remise dans le rang. Sachant pertinemment qu'elle n'était qu'une errante sans force ni pouvoir réels, soumise au moindre caprice de cette première vague de geôliers, la blonde nordique respira, enfin elle le pensa, profondément. Se heurter à eux serait la pire des fautes même si la vue de ces êtres revêtus d'armure de squelettes était plus qu'éprouvant à contempler. Baissant la tête, histoire de ne pas trop les dévisager, elle espérait pouvoir s'en sortir aussi bien qu'avec Charon. Le plus dur serait de se contrôler en cas de mauvais coup. Tachant de maîtriser au maximum les tremblements qui commençaient à la secouer, elle releva la tête à l'appel de l'un des gardes squelettes.

- Eh toi, dans le rang avec les autres. Ce n'est pas parce que notre seigneur Minos est en combat que les âmes peuvent aller où bon leur semble.

Se forçant de ne point répliquer au coup de lance qu'il lui avait asséné tout en parlant, Alrun prit doucement la parole.

- Je ne l'ignore pas, gardiens des Enfers. C'est le seigneur Minos lui-même qui m'a expédiée ici bas pour que j'y subisse son jugement. Je me dois l'attendre sans délai. Un ordre sans appel et qu'il vaut mieux ne pas contrarier.

- Le seigneur Minos ? Mais... Attends un peu... Ton nom, petite.

A ces mots, le garde s'empara de ce qui ressemblait à un sombre parchemin.

- Alrun mais mon prénom de naissance est Brunissen. Si cela ne suffit pas, je peux ajouter que je viens de périr sur les pentes du Volcan de Death Queen Island.

- Alrun...


Et prenant le temps de parcourir son document.

- Oui ! C'est ça et en effet, tu es bien sur la liste du grand seigneur Minos. Allez plus vite que ça, petite. Il est hors de question de te laisser vagabonder librement.

La frappant une nouvelle fois de sa lance, il lui désigna aussi le chemin qu'il lui restait à suivre. Un long chemin se détachant des autres et qui ne semblait fait que pour accueillir les âmes devant passer en urgence. A la croisée d'autres voies, il lui sembla reconnaître certains visages mais sans réelle certitude. De toute façon, cela n'avait guère d'importance. Elle allait vers le destin que lui réservait sa vie passée et l'affronterait seule avec toute sa dignité.

Passant une des nombreuses portes ouvertes dans une immense bâtisse tout aussi touchée que le reste, elle put voir l'ensemble des gardes et serviteurs à l'oeuvre. En différents endroits, les âmes étaient parquées, visiblement en attente que tout soit remis en ordre et que l'ensemble du tribunal puisse les accueillir. Songeant que sa place était parmi elles, Alrun s'apprêtait les rejoindre quand la lance d'un garde décidément heureux de la frapper à loisir heurta son ventre en un mouvement sec et cruel. Serrant les dents pour ne pas crier sa douleur sous le coup de la décharge cosmique qui avait accompagné le geste, la jeune femme se retourna vers le garde qui prit la parole.

- Les accusées en attente de jugement n'ont pas à rejoindre ces piteuses âmes n'ayant commis que broutilles. Toi, ma belle, c'est dans une salle particulière que tu vas attendre le seigneur Minos. Tu vas me suivre et en silence. Le seigneur Minos est absent mais d'autres eux assument sa tâche.

Serrant les points à l'idée de devoir subir cette présence le temps que Minos ne reparaisse, Alrun concentra le peu de cosmos qu'il lui restait pour recréer un semblant de tenue. Le Squelette intrigué la contempla mais sans mot dire, pressé comme il l'était d'en finir avec elle et de repartir à la chasse aux défunts dispersés.

Une enfilade de couloirs s'ensuivit avant qu'elle n'arrive dans une sorte de loge totalement isolée et aveugle. Hormis les murs sombres et porteurs d'innombrables formes tout comme le sol, rien ne garnissait cette pièce, sinon un siège que le garde lui désigna.

- Attend ici. Que cet endroit te fasse bien comprendre que tu n'es plus qu'un vermisseau parmi les autres. Inutile de crier ta peine ou ta peur, personne ne pourra t'entendre. Il ne te reste maintenant plus qu'à attendre et enfin désespérer. Même toi, en dépit de toute cette force et cette volonté que tu aurais du laisser de l'autre côté, tu finiras par craquer.

Sur ces mots, il s'en alla et ferma la porte derrière lui. Ainsi, commença la première étape de son supplice. Une attente effroyable qu'elle devrait vraisemblablement subir seule.
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Henriques


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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Mer 19 Avr - 22:22

Arrow La traversée de l'Achéron

Âme en dépit! Ambiance

Traverser ce fleuve maudit semblait une épreuve en soi, mais ce n'était rien par rapport à ce que réservait le vaste Royaume d'Hadès. Seulement une goutte d'eau dans l'océan.

Pour y avoir déjà visité le Mekkaï, Henriques en savait quelque chose. Mais ce n'était rien encore comparé à la partie immergé de l'Iceberg.

Lentement, mais sûrement le Portugais poursuivit sa route jusqu'à la Demeure du Jugement. Ses sens le guidaient...mais un autre plus puissant le faisait avancer en ces terres morbides: Le Cœur!

Même privé de la source de la vie, les sentiments du Portugais restaient assez forts pour l'amener exactement là où Alrun avait posé ses pas. Et ce fût dans les méandres d'un couloir engorgé d'autres âmes en attente de leur jugement. Des gardes aux armures d'ossements, poussaient les nouveaux-venus comme les loques mortes qu'ils étaient, sans se soucier des états d'âmes. Il ne s'agissait ni plus ni moins que de futurs pensionnaires damnés.

- On y va! Allez! Avancez! On a pas que çà à faire nous...Dépêchons, allons!

Se retenant d'être emporté par la horde qui s’exécutait sans broncher, Henriques se positionna face à un garde, au prix d'une sanction encore plus grande que celle qui l'attendait.

"Une Guerrière...Une Guerrière Nordique est arrivée ici ce tantôt?...Je la recherche, son sort n'est pas différend du mien...Peux-tu me dire où l'a t'on emmenée?"

Bousculant le Saint Noir, le Garde lui répondit avec mépris:
- Mais qui t'as dis que tu était chez toi ici? SILENCE! Et avance!

Car effectivement, le Serpentaire n'avait plus pouvoir en ce lieu, vu qu'il était mort et qu'il appartenait désormais à Hadès. Le Sombre Monarque ou l'un de ses Juges pouvait disposer de lui comme bon lui semblait.

Mais le Portugais ne souhaitait pas en rester là. Il comptait bien vendre chèrement son âme...et si cela lui était possible racheter celle d'Alrun.

- Allons, par ici toi! ...Nom, Prénom?

Bien que bousculé, Henriques n'en éprouva aucune colère. Il restait le regard fixé loin devant lui, ignorant les sbires d'Hadès. Machinalement, il répondit presque mélancoliquement:
" Henriques! Il laissa un silence, puis poursuivit Saint du Serpentaire...Saint NOIR du Serpentaire!"

Il y eut un silence! Après quoi, une fois que les gardes se dévisagèrent assez longtemps estomaqués de la nouvelle "recrue", l'un d'eux fit à son tour:
- Par ici, toi! Nous attendons sous peu la visite du Seigneur Minos pour une détenue de choix. Sans doute viendra-t'il s'occuper aussi de ton cas.

Henriques venait d'être jeté dans ce qui semblait être une cellule. Quand il entendit le garde, ses yeux brillèrent! Un espoir réanimait son âme. Et, tentant de rattraper son geôlier de la main, il questionna ainsi vivement:
"Pardon, mais cette détenue...serait-ce une de ses propres victimes? Une Walkyrie morte au combat?

Il n'obtint aucune réponse, sinon le silence. Aussi, il s'emporta cognant la porte de sa cellule comme un forcené, réalisant bien trop tard qu'en tant qu'être Éthéré il ne pouvait rien causé de dommageable.

Dépité, il s'effondra sur son séant au fond de son nouveau logement. Larmoyant, il n'avait d'autre choix que d'attendre...d'attendre...


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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Mar 25 Avr - 0:10

Arrow je viens d'ici

Le voyage de retour vers notre terre se déroula sans encombre, car bien que le Gémeau noir se trouva sur le littoral, il ne fit rien pour nous retenir tant il semblait obnubilé par le chevalier du phénix lui faisant face.

Un autre mystère de cette ile maudite, mais celui-ci, je ne chercherai pas immédiatement sa résolution. J’avais à faire ailleurs, dans un autre monde, et je devais y être au plus tôt.

Les enfers et leur aura si familière m’accueillir bientôt en leur sein alors qu’à nouveau j’empruntais le portail les reliant à l’ile de la Reine Morte, qui portait ce soir encore mieux son nom qu’au matin, et alors que je survolais les berges de l’Achéron à la recherche de Charon, je le découvris s’adonnant encore à son vice légendaire.

« Vois donc la médiocrité de cette âme misérable que notre divin Empereur a choisi de placer à la rame de son navire. Que crois-tu bien qu’il puisse faire de toutes ces breloques qu’il amasse depuis la nuit des temps ? »

La question était avant tout rhétorique, car à ma connaissance, jamais le passeur infernal n’avait révélé à quiconque sinon au sombre Empereur lui-même ce qu’il faisait de son trésor extorqué aux âmes désirant franchir l’achéron sur son navire. Un petit privilège qu’il fallait payer. Quelque chose qui finalement n’était pas sans rappeler aux morts l’existence qu’ils venaient de quitter, peut-être pour leur donner le sentiment qu’ici, les choses n’étaient pas si différentes du monde des vivants.

*Un sentiment on ne peut plus trompeur.*

Et après avoir survolés les eaux mortes du fleuve des âmes, la demeure du jugement nous apparut enfin. Haute et majestueuse. D’un blanc immaculé la faisant sembler presque irréelle au sein des pierres noires de la première prison infernale, elle était autant le symbole de la justice infernale que mon lieu d’office depuis maintenant plus de deux millénaires.

« Six années… Plus de six années terrestres depuis que j’y ai officié pour la dernière fois… »

Disant cela à voix haute comme animé par un sentiment de nostalgie que je ne pus alors refrogner, je ne pus également que me rendre compte de la longue procession d’âme qui se pressaient devant ses portes pour y attendre leur jugement.

« Et il semblerait que je vais avoir fort à faire. »

En voyant les dizaines de milliers d’âme qui s’étaient agglutinées devant les portes de mon tribunal, et en imaginant les salles d’attentes pleines à craquer se trouvant à l’intérieur, j’osais espérer que les scribes infernaux avaient survécus à l’attaque de l’archi-traitre, et avaient maintenu la mise à jour du registre des morts, sans quoi, ma tâche serait infiniment plus longue et fastidieuse.

« Lydia du Vampire, je vais me rendre sur le champ au tribunal des âmes afin de commencer à réguler cette foule en attente. Je n’aurai alors plus le temps de te parler, donc écoute moi bien, et ne bouge pas. »

Réincarnation


Lançant alors sur l’Etoile des Ténèbres un arcane réservé uniquement au seul juge des enfers et à son second, j’affichais la vie et les souvenirs du spectre du vampire à la recherche de son combat contre Henriques. Avant de lui révéler les ordres de notre divin Empereur concernant Morgane, il y avait une chose que je devais savoir, une chose qu’Henriques avait dit juste avant qu’Alrun ne s’interpose entre nous, et qui avait pris un tout autre sens avec les nouveaux ordres d’Hadès.

*Morgane… Morgane. Le Serpentaire noir a dit ce nom avant de mourir. Se pourrait-il qu’il s’agisse de la même personne ?*

Prenant alors grand soin que mon arcane ne lui soit ni douloureux ni même désagréable, j’accédais enfin aux derniers instants du serpentaire noir, et en particulier à ses derniers échanges avec l’Etoile des Ténèbres. Des échanges qui, avec d’autres détails s’ajoutant au tableau, se découvrirent être particulièrement riche d’enseignement.

*Ta… Sœur ? Une sœur vampire ? Oh Lydia… Qu’as-tu fais ?*

J’en avais appris plus que je n’aurai souhaité, et ayant reçu au passage la réponse à l’énigme des larmes de Lydia, et du nom Morgane dans la bouche d’Henriques, je pouvais avancer, armé d’une connaissance nouvelle, avec des images à l'appuis.

« Ta fidélité envers moi t’honore Etoile des Ténèbres, mais cents louanges à mon égard n’efface pas un crime qui m’atteints. Un millier de temples, de statues, de sanctuaires que tu me consacrerais, à moi, ou à notre divin Empereur, ne seraient rien ! Rien m’entends-tu ! Rien devant une nouvelle trahison ! Rien ne saura pardonner au néfaste un tel péché, au-delà de tout repentir ! »

Ma voix gronda alors aux pieds du temple du jugement qui semblait comme reprendre vie alors que l’écho de mes paroles y résonnait.

« Je sais que tu as envoyé tes familiers à Londres pour qu’un de tes serviteurs s’assure du sort de ta sœur dans le but de la soustraire à mon jugement, et je sais aussi qu’après la défaite de cette dernière, tu l’as fait transporter à la cathédrale des enfers. »

J’avais encore du mal à le croire, d’autant que si les ordres transmis au serviteur de Londres avait clairement pour but de soustraire l’âme de Morgane à son jugement, le fait d’avoir déplacé son corps inconscient aux portes de la cathédrale, porte d'entrée d'un territoire ennemi, était quant à lui totalement incompréhensible.

« Aussi, avant d'aller plus loin, j’attends tes explications à cela séance tenante. »

Ma technique n'étant toujours pas levée, et d'une pensée de ma part, elle pouvait devenir synonyme d'attrition éternelle pour celle qui semblait avoir encore une fois cédé aux appels de son coeur.


Dernière édition par Minos le Mar 25 Avr - 12:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Mar 25 Avr - 12:20

=> J'ai suivi le juge ici

Filer de Death Queen Island aux Enfers avait été si simple. Entre les courants rapides et le portail, guère plus de quelques instants suffirent. De quoi plonger directement d'un monde à l'autre sans perdre la moindre seconde superflue. Au soleil tirant sur le couchant avait succédé l'éternelle pénombre infernale à laquelle elle était tant habituée. Soupirant en contemplant le travail quotidien de Charon, Lydia ne pouvait guère répondre plus de deux mots à la remarque de Minos.

- Aucune idée...

Elle était bien trop préoccupée pour se soucier de ce genre de choses. Les biens matériels n'avaient pas trop de significations en ce monde où seules les prisons et la souffrance dominaient. Les eaux passèrent sous ses ailes puis ce fut le tour des chemins de pierres sur lesquels cheminaient les âmes avant qu'enfin n'apparaisse la majesté du temple du jugement.

A contempler le juge Minos, Lydia ne pouvait douter de la joie qu'il éprouvait à revenir en ces lieux. Une joie teintée de nostalgie que même l'ampleur de la tache l'attendant ne pouvait atténuer. Se posant à la suite de Minos, la somptueuse chasseresse écouta ses ordres en silence comme elle l'avait toujours fait.

Une nouvelle fois, il lança son arcane exclusive sur elle et une nouvelle fois, elle ne tenta pas de s'esquiver. Il ne pouvait de toute façon que déjà savoir ce qu'elle avait fait toutes ces années.

Le temps s'écoula faussement paisible avant que la voix du juge ne reprenne, tonnant à faire s'écraser les morts. Subissant la tempête qui menaçait d'éclater en son âme en plus de lui vriller les ouïes qu'elle avait bien trop sensibles, la Vampire Couronnée se contrôla néanmoins. Seules ses mains se serrèrent à s'en briser.

S'efforçant d'apaiser les soubresauts que sa voix aurait pu prendre tout comme les battements de son cœur elle reprit, consciente de l'humiliation qu'elle subissait face aux squelettes qui s'étaient apparemment retirés mais demeuraient bien présents.

- Cela ne je ne le sais que trop bien, seigneur Minos. Une éternité à vous servir, à servir notre seigneur Hadès sans faille s'est effacée pour un seul acte d'amour. Tout s'est envolé pour ne laisser la place qu'à une impasse dont je n'ai aucun espoir d'émerger. Rien ne pourra changer tant les Enfers sont figés. Cela je le sais, je ne peux que le savoir...

Redoublant d'efforts pour ne pas rompre le lien entre eux, la rousse chasseresse reprit l'ensemble des faits dans l'ordre. C'était le seul moyen pour elle de bien tout replacer.

- J'ignorais tout de la présence de Lucinda sur les terres de Death Queen Island avant qu'elle n'use de la technique ancestrale des Carminia. De par notre tradition, quand l'un des nôtres tombe, son corps est récupéré par ses proches pour que son sang et une part de son savoir ne se perdent pas. C'est ainsi depuis des siècles. Régulièrement, je puise mon propre sang pour l'éveil de la future No-Life Queen dans les siècles à venir. Assurer le maintien de ma lignée et la pérennité de notre source de sang est essentiel pour que je puisse continuer à me réincarner au mieux. Tout cela pour dire que je ne comptais pas intervenir dans le combat, ni l'épargner. Pséma était et reste notre objectif premier. Je ne m'en suis pas détournée. Pas même pour la sauver.

Sa voix tremblait sous le choc de l'émotion et sous ce qu'elle considérait comme un outrage en tant que vampire. Être vidée de son sang était l'une des pires situations qu'elle pouvait vivre mais elle ne pouvait pas non plus nier qu'elle n'aurait pas hésité pour la survie de sa propre espèce.

- Je ne l'ai pas épargnée ou sauvée d'une fin éventuelle, je ne le pouvais. Je ne sais que trop bien que cela m'était totalement interdit. Tout comme puiser directement son sang en cas de mort sous le regard de tous aurait été une folie. Athéna aurait hurlé à cette vision. Un spectre qui se permet ce genre de choses sur le champ de bataille alors que saints et spectres sont momentanément alliés. Non, cela ne devait pas arriver...

Face à l'urgence et au fait que tout pouvait s'effondrer, j'ai pris la seule décision que je pouvais, peut-être pas la meilleure qui soit mais la seule au vu de la situation. Veiller à ce que son corps ne soit pas détruit et surtout à ma portée sans avoir à trahir les têtes de ponts secrètes que renferment les demeures que nous avons sur terre. La seule inconnue demeurant la réalité ou non de sa fin. Les vampires ne meurent pas comme les humains.


Et prenant le temps de respirer à fond ne pouvant de toute façon plus cacher le trouble immense des sentiments qui la bouleversaient.

- Voici pour le corps...

Quant à l'âme...


C'était dur pour elle de le reconnaître mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir quelque chose pour sa cadette. Un mélange subtil d'amour et de culpabilité. Elle avait beau n'être responsable en rien de leurs états respectifs, elle s'en voulait malgré tout.

- Si elle venait à mourir, j'espérais juste pouvoir la croiser avant qu'elle ne passe en jugement. Non pas l'empêcher définitivement mais le retarder...

Que ce soit par moi qu'elle apprenne la réalité de notre lien, de notre famille décimée, de tout ce qui s'était passé pour moi entre sa naissance et sa fin. Avant que le jugement ne l'anéantisse ou ne fasse exploser la haine qu'elle ne pourra que me porter. Qu'au moins, je puisse la voir une fois avant que le destin ne s'accomplisse et ne détruise toute son ancienne vie. Je ne sais que trop bien ce qui l'attend si, par miracle, elle survit maintenant que sa nature réelle est apparue au grand jour. Henriques me l'a clairement montré et les autres saints ne seront pas plus compréhensifs. De cela, elle ne pourra que me rendre davantage responsable même à tord...

Qu'au moins, nous puissions avoir un bref instant entre deux sœurs qui ne se sont jamais réellement vues avant que la mort, les dieux ou les hommes ne se chargent de nous séparer ou de nous détruire l'une l'autre...


Sur ces dernières paroles, Lydia se tut. Elle ne pouvait dissimuler et ne le souhaitait de toute façon pas, les troubles intérieurs qui la secouaient. Tout était en train de tourner dans sa tête que Minos fouillait à loisirs. Subir cela une nouvelle fois était plus qu'éprouvant mais elle n'avait guère d'autre choix.
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Mar 25 Avr - 13:31

Visiblement piquée au vif par mes sommations, l’Etoile des Ténèbres frémissait de tout son être face à l’imminence d’un jugement qu’elle savait inéluctable.

Telle une jeune fille faisant face à l’autorité suprême et implacable de ses ainées, elle en serrait les poings à les faire saigner tandis qu’elle s’efforçait de ne pas trembler.

Elle avait peur. Peur de moi, peur de ce que je pouvais lui infliger, mais plus que tout, il semblait qu’elle craignait de perdre ce lien qui nous avait unis depuis maintenant des siècles et des siècles.

*Même en cet instant de terreur, tu t’inquiètes davantage pour les liens que tu as tissé que pour toi-même.*

Je n’arrivais pas à savoir si cela était admirable ou pathétique étant donné la situation, mais cette question m’aurait demandé bien plus de réflexions que ce que ces quelques minutes privilégiées avec le spectre du vampire me permettaient. Aussi, sans dire un mot, j’écoutais donc la défense de Lydia tout en la comparant avec les souvenirs que mon arcane me révélait.

J’avais beau avoir confiance dans l’Etoile des Ténèbres, je ne pouvais croire aucune parole lorsqu’il s’agissait de rendre un jugement, aussi, je passais au crible souvenirs et paroles à la recherche d’incohérences ou de mensonges comme je l’aurai fait avec n’importe quel présumé criminel.

Puis la plaidoirie du spectre du vampire cessa, et à la lumière de ses dires, je pris ma décision.

« Lydia… Avant toute chose, l’heure est venue de te faire comprendre une vérité que tu sembles ignorer depuis trop longtemps. Une vie de vertu ne suffit pas à excuser la noirceur d’un acte, ni même à l’amoindrir. Chaque actions entrepris dans cet univers est à considérer comme unique, et de ce fait, elles doivent être jugée indépendamment. »

L’Etoile des Ténèbres pourrait-elle un jour comprendre ? Ce qui faisait la perfection n’était pas l’évolution, mais la stabilité. Et plus la chute était lourde, plus le péché était impardonnable. Pareil au Lucifer biblique, si le spectre du vampire devait chuter, il recevrait un châtiment à la hauteur de sa déchéance.

« Ce que tu nommes immobilité, je le nomme stabilité. L’inconstance est imperfection, apanage des adolescents. Es-tu une adolescente Lydia ? Je ne crois pas. »

Le spectre du vampire ne pouvait que le savoir, j’avais de l’estime pour sa pureté et sa détermination. Mais quels que soient mes sentiments pour elle, je ne pouvais les laisser parler dans cette affaire.

« Quant à tes actes concernant ta sœur, je conclus que bien qu’animé par un amour hors de propos, tu n’as pas agi à l’encontre des intérêts du sombre empire. Aussi, ne crains aucune sanction ni de ma main, ni de celles de ceux qui me servent. »

Cessant alors mon arcane, je ne me déridais pour autant car mon échange solennel avec Lydia n’était pas achevé.

« Aussi, sache que dans ta volonté de préserver l’héritage et l’avenir de ta lignée, tu as sans le savoir servis la volonté de notre sombre Empereur. Car Lui et Athéna ont conclu un marché stipulant que Morgane de la Vierge ne devait avoir à subir aucune violence de la part des serviteurs du sombre empire. Il nous faut donc espérer que ton serviteur l’a déjà retrouvé et mis en sureté, car ces lieux ne sont pas sûrs pour ceux portant le symbole de nos ennemis. »

Rassurant donc la tremblante Etoile des Ténèbres par une main amicale posée sur son épaule gracile, je poursuivis d’un ton moins impérieux.

« Je ne te retiendrais pas d’avantage si tu souhaites aller la retrouver. Vous avez sans doute beaucoup à vous dire. En plus de ton serviteur, recherche Ostro du rhinocéros, il a eu également pour mission de veiller à la sécurité de ta sœur, mais tu le connais… »

Et dépassant Lydia pour me rendre à mon office, je lâchais à l’entrée de la demeure du jugement un dernier mot au spectre du vampire.

« Lydia... Ce coeur que tu chéris tant causeras un jour ta perte. Et ce jour là, en tant que ton supérieur direct, je serai celui qui devra te châtier. Si tu n'apprends pas à le contrôler, cela ne sera qu'une question de temps. Dans dix ans, dans cent ans, dans milles ans, cela arrivera. Et au regard de l'éternité, tes siècles de service dans les armées infernales ne seront que poussières. Toi seule peut l’empêcher, et saches que je peux t'y aider, si tel est ton souhait. Reviens me voir quand tu seras prête. »
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Mar 25 Avr - 15:21

En sa poitrine, son cœur battait à tout rompre. La puissance de ses émotions pouvait être telle que, portée à son paroxysme, elle avait toutes les chances d'entraîner la spectre en un chaos qu'elle-même redoutait. L'un de ceux capables de réveiller la Bête en elle, révélant la plus hideuse et la plus incontrôlable part de son être. Une monstruosité s'attaquant à tout ce qui l'entourait. Pire qu'un chien enragé, elle n'avait d'ailleurs pas hésité à s'en prendre à l'un des prédécesseurs de Minos.

Un souvenir lointain que Lydia avait refoulé si fort que l'oubli aurait pu se faire. Pourtant, il était bien présent. Toujours présent alors qu'elle sentait autre chose se faire jour en elle. Une sorte de calme à mesure que les paroles de Minos s'égrainaient.

Rougissant presque au premier sermon qu'elle avait plus que mérité, la rousse chasseresse se surprit pour la première fois à se pencher sur ce qui la blessait tant à l'idée de perdre le lien qu'elle partageait avec l'Etoile de la Noblesse. D'une certaine façon, elle devait aussi l'aimer et souffrir de le blesser par sa seule fragilité. Après tout, il existait tant de formes d'amour. Celui-là devait tenir plus d'une puissante amitié, teintée d'admiration, et sublimée par le temps que du véritable amour d'une amante. L'avait-elle seulement un jour désiré ? Pas plus que lui visiblement. En dépit de leurs apparences respectives, aucun d'eux ne semblait avoir été effleuré par cette idée.

Forte de cette étonnante révélation, sur elle-même et la puissance de la relation la liant au juge, elle écouta sans le moindre mot, espérant ne pas s'être trop trahie à ce sujet. S'empressant de reprendre bonne contenance, elle répondit silencieusement aux remontrances de Minos, d'un seul geste. Un simple signe de la tête qui suffirait largement à faire comprendre qu'elle avait compris qu'elle était allée trop loin dans les paroles et en acceptait les conséquences. D'ailleurs, ces mots lui en rappelaient d'autres qu'elle même avait prononcé mais mieux valait éviter d'en parler. Interrompre la parole d'un juge ne se faisait pas.

- Adolescente ? Non, je ne lui suis pas, plus depuis tant de temps mais au final, je crains de ne pas me connaître totalement.

C'était des mots plus que singuliers mais elle devait bien reconnaître que les derniers événements l'avaient plus que bouleversée sans toutefois l'écarter de son devoir. Hadès et ses intérêts dans la guerre contre Pséma avaient et occupaient toujours la première place. Elle l'avait clairement montré. Ce qu'il lui fallait surtout à présent, c'était de l'apaisement en plus de retrouver sa propre stabilité. Et écoutant le verdict du juge quant à ses actes envers Morgane, elle finit par répondre.

- Bien, tel est votre jugement. J'en prends acte et le suivrai en tous points. Soyez-en assuré.

Ce n'était qu'une formule classique. Jamais, elle ne s'opposerai à la décision du juge. Sentant qu'il la délivrait de sa technique, elle ne remua pourtant pas. C'était trop tôt, infiniment trop tôt. Le trop plein d'émotions s'évacuait seconde après seconde.

Sentant la main de Griffon se poser sur son épaule, la Vampire après une brève surprise se détendit. C'était inattendu après une telle tension et en même temps plus qu'apaisant. Tout comme le dénouement de cette situation. Sans le savoir, elle avait accompli l'un des désirs d'Hadès. Quelque chose qui devait être plus que précieux aux yeux du maître suprême des Enfers pour qu'il en avertisse directement le juge en plein champ de bataille.

- Merci, juge Minos. J'ai conscience d'être la proie de mes sentiments et du danger qu'ils peuvent représenter pour ma propre survie. Cela fait trop longtemps que je m'illusionne à ce sujet mais maintenant, je n'ai plus le choix. Seule, je ne m'en sortirai pas. Aussi puissante que soit ma volonté, un jour, il recommencera à la surpasser. M'en prémunir, je tente depuis si longtemps de le faire et en même temps, je crains de perdre tout ce qu'il m'offre. Tout ce qui fait de moi l'Etoile des Ténèbres...

Et s'éloignant lentement, elle acheva.

- A très bientôt, seigneur Minos. Cela doit se faire, aussi dur que ce soit...

Sur cette promesse, elle s'éloigna, attendant que le maître des lieux n'entre en sa demeure pour reprendre son envol...
=> Cathédrale


Dernière édition par Lydia le Ven 28 Avr - 12:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Jeu 27 Avr - 13:13

Etonnamment réceptive à ma plaidoirie étant donné les circonstances, l’Etoile des Ténèbres avait semblait-il grâce à mes mots réalisé toute l’insécurité de sa propre situation en plus de ses trop dangereuses contradictions.

Il n’était pas interdit à un spectre d’aimer, tout comme il ne lui était pas défendu d’éprouver de la compassion pour autrui. Mais lorsque ces deux sentiments s’en allaient jusqu’à nos ennemis, là ils devenaient crimes. Hérésie contre notre Empereur et Sa Loi, et en tant que Juge des Enfers, il était alors de mon devoir de châtier ceux et celles ayant choisi leur cœur en lieu et place de leur devoir.

Peut-être le spectre du vampire l’avait-elle enfin compris ? J’avais crus déceler plus que de la peur et du repentir dans ses yeux alors que je la sermonnais. Une certaine forme… D’amour ?

Etait-ce possible ? Et si je ne me trompais pas, qu’en était-il alors de moi ? Si je ne pouvais nier ma connexion avec l’Etoile des Ténèbres, pouvais-je dire que ces sentiments étaient réciproques ?

J’avais eu plus que le temps de me convaincre qu’Amour et Devoir ne pouvaient aller ensemble, et au cours des siècles, j’avais appris à me préserver tant des marées de mon cœur que des élans de mon âme. Ayant recherché la tranquillité de l’esprit depuis maintenant plus de deux milles ans, j’étais à présent à un stade où je ne pouvais plus ressentir qu’intellectuellement, et cela me convenait. Cela avait toujours était mon objectif.

Eprouvais-je des sentiments pour le spectre du vampire ? Oui, c’était certain. J’avais pour elle une des plus grandes estimes que je n’avais jamais porté à un être non divin. Eprouvais-je de l’Amour pour elle ? Non, je ne le pouvais. Je ne le devais pas. Jamais. Ni pour elle ni pour quiconque.

*L’Amour est l’ennemi du Devoir.*

Encore un autre point qu’il nous faudrait aborder un de ces jours lors d’une prochaine discussion privée.

Et tandis que je me focalisais à nouveau sur ma mission imminente, à savoir rattraper le retard que j’avais accumulé durant mes six années d’absence, je laissais l’écho de mes propres pas dans les couloirs de la demeure du jugement me gonfler le cœur de cette fierté que le spectre du Balrog et moi-même étions les seuls à connaitre.

Ne trainant pas en chemin malgré la nostalgie, je ne répondais aux salutations des gardes squelettes que par de formels hochements de tête avant qu’un des scribes infernaux ne vienne me trouver, visiblement ravis de me voir.

« Seigneur Minos, seigneur Minos ! Vous êtes revenu ! Oh quelle joie de vous revoir enfin après toute ces années. Vous avez tant à faire. Il… »

Il n’eut le temps de crier davantage. Mes créations le saisirent à la gorge avant de le soulever de terre.

« Dis-moi, scribe, m’aurais-tu oublié depuis notre dernière rencontre ? Aurais-tu oublié la règle d’or dans mon tribunal ? »

Desserrant mon étreinte invisible sur le scribe suffocant dont les mains s’étaient refermées sur sa gorge écrasée, je le laissais retomber au sol et reprendre son souffle tout en poursuivant mon chemin.

« Le silence scribe. Que dans les couloirs de mon tribunal règne le silence des morts. Ne l’oublie plus jamais. Ou tu iras les rejoindre. »

Et quittant son hystérique compagnie alors prosternée en signe de repentance, je poursuivis ma route vers la salle d’audience alors que derrière moi gloussaient les gardes squelette de l’avertissement que j’avais infligé au scribe.

« Continuez de rire, et vous irez lui tenir compagnie dans son dernier séjour. »

Les rires se turent à l’instant.

Il y avait décidément un sérieux problème de discipline dans les rangs du personnel de la Demeure du Jugement. A peine six années que je l’avais quitté, et déjà, une toute autre ambiance s’y était installée, sans nulle doute la faute à ceux qui avaient assuré l’intérim, misérables imposteurs, fraudeurs et contrefaçons.

*Peu importe. J’instaurerai une nouvelle discipline en ces lieux. Et très bientôt, la Demeure du Jugement aura retrouvé toute sa splendeur.*

Gravissant alors une à une les marches me menant à l’estrade où j’avais officié pendant plus de deux millénaires, j’y retrouvais mon bureau tel que je l’avais laissé, avec chaque objet à sa place ainsi qu’une de mes robes de fonction délicatement déposée sur le trône d’or à mon intention.

Balayant la salle du regard à la recherche du responsable de cette attention, je crus desceller malgré la distance un hochement de tête de la part d’un des gardes squelettes qui encadraient la double-porte d’entrée principale. Et alors que j’enfilais sans attendre ma tenue de fonction, je lui rendis son salut.

« Faites entrer la première âme. »

Et prenant place sur ce trône qui était le mien depuis toujours, j’ouvrais l’inestimable registre des morts à la page où je l’avais refermé six ans plus tôt, preuve qu’entre temps, aucun juge ne s’était assis céans ni n’avait jugé la moindre âme.

« Vous qui êtes mort, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir.

Ja… Jaquard Phi… Philemon monsieur. Et je… J’ai…

Parlez !

J’ai volé. Mes proches, mes amis, pour pouvoir satisfaire mes appétits en matière de femme, et de vin. »


La première âme me fit ainsi sans mentir la liste de ses péchés, et conformément à la description que me donnait de lui le registre des morts, je rendis donc ma sentence.

« Jaquard Philemon. Ta gourmandise irraisonnée a causé le malheur de ceux t’ayant connu, aussi, je te condamne à une éternité de souffrance dans la troisième prison. »

Et frappant de mon marteau la fin du procès, je matérialisais un long fouet de filament cosmique dans ma main droite avant de le faire s’enrouler de trois tours autours de l’âme condamnée pour la faire tomber directement dans l’antre de Cerbère.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Et appuyant sur la clochette d’ouverture des portes d’entrée, une nouvelle âme se présenta.

« Vous qui êtes morte, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir.

Marie Cyelan monseigneur, et mon péché fut d’avoir falsifiée la parole des dieux sous couvert de la servir. »


Elle n’avait pas menti, et fort bien résumée son existence de nonne dévoyée. Aussi, ma sentence n’en fut que plus simple à rendre.

« Marie Cyelan, pour avoir préféré l’amour d’idoles humaines à la bénédiction des dieux et pour avoir dévoyée la parole divine, je vous condamne à une éternité de souffrance dans la troisième fosse du septième cercles. »

A nouveau mon marteau claqua, suivis de mon fouet cosmique qui alla faire sept tours autour de l’âme qui s’enfonça aussitôt dans le sol pour être projetée dans le désert aride où séjournent les violents contre la parole d’Hadès, la nature et l'art mais aussi les blasphémateurs et les usuriers.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Un nouveau son de clochette, une nouvelle âme entra, et un nouveau jugement fut rendu, suivis d’un autre, puis d’un autre, et d’un autre et d’un autre.

Sans m’accorder de pause, j’enchainais les jugements aussi vite que les faits me le permettaient, conscient que même à cette vitesse, il me faudrait des semaines, voire des mois pour régulariser toutes les âmes en souffrance qui attendaient à l’extérieur de cette pièce.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Et alors que je sourcillais à la vision de l’âme qui s'avançait vers moi, cette âme que j'avais moi même expédié aux Enfers il y a peu, je fus surpris du nom que me donna alors mon registre.

*Brunissen ? Pas Alrun ?*

Pourquoi les gardes squelettes m’avaient-ils envoyé cette âme décédée récemment en lieu et place des légions d’âmes mortes depuis maintenant des années ? Sans doute encore une preuve de leur piètre organisation.

« Vous qui êtes morte, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Ven 28 Avr - 12:41

[Suite à la comparution d'Alrun devant Minos, celle-ci reprend son véritable prénom]

Angoisse...

Elle avait tout le temps d'attendre et de sentir son corps commencer à trembler à l'idée de se retrouver face au juge. Et comme si cela ne suffisait pas, tout en cette cellule semblait avoir été fait pour augmenter encore la pression et amener les captifs au désespoir.

En cette pièce aveugle et sombre, rien n'était suffisamment net pour qu'elle puisse poser un nom dessus. En fait, les formes étaient en si mauvais état qu'on aurait pu croire à une sorte de montage enfantin d'antiques silhouettes humaines. Vision de cauchemar que la blanche féline s'efforçait de ne pas voir. Ignorer tout ce qui l'entourait était encore le mieux à faire mais il y avait aussi tous ces râles. Ces cris de douleur qui montaient jusqu'à elle, lui annonçant mieux qu'un dessin quel serait son avenir. Jouer sur son imaginaire et la peur du supplice à venir était aussi une torture en soi. Subtile et cruelle en sa finesse...

Prise au piège, sentant qu'elle ne pourrait endurer cela éternellement, Alrun préférait se refermer au maximum sur elle-même, ignorer tout ce qui pouvait l'entourer. Un choix qui préserverait son mental jusqu'à ce qu'elle soit totalement épuisée. La subtilité de ce piège était immense, à la hauteur des Enfers qu'elle n'aurait pas cru rencontrer. Tout n'était plus que lutte contre la peur et le désespoir mais aussi longtemps qu'elle le pourrait, elle tiendrait.

Le temps passa ainsi pour peu que le temps avait une signification en ce monde jusqu'à ce que la porte s'ouvre et qu'un garde n'entre, encore plus hideux qu'en ses souvenirs.

- Debout toi, il est temps de te présenter devant le seigneur Minos.

Perdue dans sa concentration pour ne pas sombrer, Alrun ne réagit pas immédiatement. Ce qui lui valut une autre série de coups de lance.

- Debout, on t'a dit et inutile de t'obstiner. S'il le faut on te traînera à coups de lance devant le juge !!!

Autant réveillée par la douleur que les cris, la blonde nordique se releva et époussetant par habitude sa tenue, elle se dirigea vers la sortie, docile malgré la brutalité du traitement qui venait de lui être infligé.

Escortée par ces gardes plus que zélés, elle finit par arriver enfin devant le tribunal où siégeait Minos qu'elle n'eut aucun mal à reconnaître. A croire que rien ne pouvait l'atteindre contrairement à elle. Debout, portant encore les traces des coups que les gardes lui avaient assénés, elle ne craqua pourtant pas. Maintenant que l'attente avait touché à sa fin, elle se sentait plus calme.

Prenant juste le temps d'affirmer sa voix, elle répondit.

- Brunissen, fille du seigneur Roderik et de dame Solveig, surnommée Alrun sur la fin de ma vie.

Puis se demandant ce que les spectres pouvaient bien nommer péchés, elle se concentra.

- Les valeurs du seigneur Odin étant quelque peu différentes de celles du seigneur Hadès, je vais tenter de répondre au mieux. Mes plus grandes fautes sont d'avoir donné la mort lorsque les ennemis d'Odin s'en sont pris à Asgard. J'ai également exercé la violence sur d'autres êtres avant de porter la main sur vous. Tout ce que j'ai fait, c'était pour servir le grand Odin dans les intérêts d'Asgard et de son peuple. Seule mon ultime faute était différente car elle ne concernait que moi...

Sur cette dernière révélation qui n'en était pas une, elle se tut. Brunissen ne savait pas trop ce que le juge considérait comme faute ou non. Elle espérait juste qu'Henriques ait pu s'en sortir mais connaissant Lydia et l'emprise immense que le Griffon exerçait sur elle, elle ne pouvait s'empêcher de douter.
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Ven 28 Avr - 16:23

Etonnamment bien préservée et même parée d’un vêtement rudimentaire, l’ancienne Asgardienne se révélait par ses atours encore capable de posséder un esprit propre même aux Enfers.

*Admirable pour un humain.*

Rares étaient les morts possédant la force de volonté suffisante pour être autre chose qu’une ombre en ces lieux, et plus rares encore étaient ceux capable d’influencer même en partie l’apparence de leur âme.

En d’autres circonstances, j’aurai pu la complimenter pour ce tour de force, mais le temps n'était pas à l'admiration.

Et alors que la blonde Brunissen me narrait ce qui selon elle était sa plus grande faute, j’écoutais sans réagir dans un premier temps tout en vérifiant la conformité de ses dires avec ce qu’il était noté dans le registre des morts.

Elle ignorait surement tout de la Loi divine, comme la totalité de ceux adorant les dieux nordiques, mais l’ignorance n’était en rien une excuse. Aussi, lorsqu’elle se tue, je pris à mon tour la parole.

« Je ne t’ai ni demandé d’établir un étalonnage de valeur entre tes crimes, ni de m’en résumer la liste à ce qui selon toi serait son paroxysme. »

Puissante et implacable, ma voix s’éleva dans la salle d'audience alors que le reste du tribunal était plongé dans le silence. Si sur l’instant, je ne doutais pas de l’honnêteté de Brunissen, je doutais en revanche sincèrement de la pertinence de son raisonnement.

« Je t’ai demandé des faits, uniquement des faits. Pas ta propre analyse hérétique sur le sujet. Si tu en doutes encore, saches que tes péchés sont nombreux, et ils couvrent un panel beaucoup plus vaste que la seule violence de ton existence de guerrière dévoyée. »

J’aurai alors simplement put citer ses crimes les uns après les autres, mais pourquoi les dires alors que je pouvais les lui montrer ?

Mon cosmos enfla alors soudainement comme le grondement d’un ciel orageux. De brume, mon pouvoir devint flammes violacées, et dans ma main gauche, une sphère aux milles couleurs se forma, croissante en harmonie avec ma volonté, ma volonté de mettre à nue la totalité de ses crimes.

Reincarnation


Vif comme l’éclair, l’orbe chatoyant fila droit sur l’ancienne Asgardienne, et son thorax pénétra sans provoquer la moindre douleur.

« Vois par toi-même l’étendu de tes péchés. »

Soulevée par mon pouvoir ici impérieux, l’âme de Brunissen fut plongée dans un monde d’ombre et d’échos, là où elle allait revivre l’ensemble de ses crimes à l’encontre de la Loi divine, ainsi que la souffrance de ceux qui par sa faute avait été blessé.

« Jeune déjà, tu as tué nombre d’animaux, d'insectes et de plantes pour concocter tes breuvages et autres médications. »

D’abords à peine perceptible, la peine et la douleur causées par les crimes de Brunissen allaient croître au fur et à mesure qu’ils seraient révélés.

« Lorsque tu t’éveillas au cosmos, ton entrainement te fis chasser et détruire les créatures et les êtres que ton maître te désignait pour cible. »

Combien de vie étaient tombés pour le seul bénéfice de celle qui même aujourd’hui face à son juge ne regrettait rien de son existence passé ?

« Et lorsque vint le moment d’obtenir ta protection, tu as fait couler le sang de tes semblables, allant jusqu’à t’en prendre à celle que dans ton cœur, tu appelais jadis sœur. »

La douleur de la blessure causée par le coup d’épée jadis infligée à Signy irradia alors l’âme de l’ancienne Asgardienne tandis qu’elle se voyait elle-même plonger l’épée enchanté dans son abdomen.

« Quand tu rejetas la protection du tigre blanc pour celle de Zeta prime, par pure soif de sang, tu précipitas la mort d’un chevalier d’Athéna alors qu’il était venu autant en paix qu’animé des meilleures intentions. »

Infiniment plus puissante, la douleur du chevalier Pégase fut transmise à son bourreau. Mille coups de griffes et la morsure du froid polaire vrillèrent de souffrance celle qui avait confondu l’amour de sa patrie et la destruction aveugle de ses ennemies.

« Et enfin le péché qui te conduisit à ta perte, celui d’avoir préféré l’Amour à ton devoir. Celui d’avoir préféré Henriques du Serpentaire noir à tes vœux concernant Asgard. »

Son serment à Odin, le visage de tout ceux qu’elle avait jadis connus, soignés, aidés. Tout cela s’aggloméra alors dans une ultime vision avant que mon arcane ne prenne fin pour laisser l’âme de Brunissen s’effondrer sur le sol, écrasée par le poids de ses péchés.

« A présent, tu sais. »

Mon cosmos s’apaisa alors en même temps que disparaissait mon écrasante aura, laissant reprendre ses esprits à Brunissen par la même occasion. La vérité lui avait été révélée sous sa forme la plus pure, son esprit avait-il seulement put la supporter ?
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Ven 28 Avr - 17:32

Tout comme la blonde nordique s'y attendait, ses réponses plus que sincères mais de par trop laconiques n'avaient guère suffi au juge. Ne sachant que dire tout simplement, elle était allée directement à ce qui lui sautait le plus aux yeux. Les pires crimes pouvant être susceptibles de peines au Royaume d'Asgard mais visiblement la loi d'Hadès était autrement plus étendue que tout ce qu'elle pouvait imaginer.

N'ayant rien à répondre de plus aux paroles de Minos, elle subit sans un mot l'arcane que lui envoya l'Etoile de la Noblesse. Se sentant comme emportée par un vent dont elle ne pouvait définir s'il la blessait ou la soutenait, la jeune femme ne tarda pas à voir des images floues puis plus nettes. Perdue dans sa plus lointaine enfance, elle se revoyait, par flashes, en train d'arracher les herbes et autres plantations dont elles se servaient pour préparer le repas de toute la famille mais aussi les remèdes dont elle avait appris au fil du temps les secrets pour soigner et sauver bien des existences. Tous ces gestes qu'elle avait tant aimé et conservé comme un trésor du passé devenaient à présent synonyme de péchés...

Une première larme de sang coula à la souillure de ces perles d'enfance qu'elle aurait tant souhaité achever auprès des siens plutôt qu'au terme d'un entraînement solitaire et éprouvant.

Baissant pour la première fois la tête, elle revit ensuite toutes les années qu'elle avait passées loin de toute vie au sommet du glacier. Entre ciel et manteau de glace, elle se revit filer le long des pentes, combattre et détruire toutes les vies que son maître Signy lui désignait. En pure perte selon les lois des Enfers alors qu'elles se nourrissaient toutes deux de leurs viandes, conservant tout ce qui pouvaient être exploités.

Les cris, la peur dans les pupilles sur le point de s'éteindre et la douleur pourtant brève de toutes ses existences ne pouvaient que l'atteindre à nouveau. Plus forte, plus intense à mesure que la jeune femme devenait plus puissante. Plus nettes aussi, infiniment plus nettes, atteignant de plein fouet l'ancienne Zeta Prime en ce cœur qu'elle avait pourtant immense. Blessée en sa sensibilité bien au-delà de toute ce qu'elle pouvait croire, elle resserra ses bras autour de sa poitrine, luttant contre les vagues d'agonies qui passaient et repassaient en elle à travers l'arcane de Minos.

Et cela semblait sans fin, martelant son âme comme elle n'aurait jamais cru cela possible auparavant. Devenir une guerrière d'Odin avait nécessité cela. Elle même en avait profondément souffert mais elle avait tant cru à l'idéal de son dieu. Sa propre souffrance se réveillait à présent...

Et montait crescendo...

Lentement, tout prenait plus de place, d'ampleur, devenait écrasant à l'image de la grotte où s'était déroulée l'épreuve finale l'opposant à son maître, Signy. Serrant les mâchoires au moindre choc les opposant, elle ne put que revivre la lente agonie que toutes deux avaient subies. Elle en donnant les coups nécessaires à l'obtention de la Robe sacrée du Tigre Blanc et Signy en recevoir les coups de la jeune femme. Jusqu'à ce que la lance ne la transperce et qu'inconsciemment les mains de Brunissen ne se crispe contre son ventre.

Sous le coup du choc, un mot lui échappa...

- Assez...

Trop déformé par la douleur qu'elle ressentait, il ne put par chance ou malheur la quitter comme il le fallait et atteindre celui qui à présent la torturait en lui faisant regretter en plus de la totalité de son enfance les années passées à s'entraîner au sommet du glacier.

Un instant, sa réalité vacilla puis, elle se revit à Asgard sur les plaines ensanglantées par l'attaque de l'un des saints de la déesse. Le massacre de tant de civils asgardiens qui l'avait touchée au plus haut point, l'amenant à une rage qu'elle n'avait plus jamais ressentie depuis. Une rage si proche de la folie des berserkers et qui avait fini par l'emporter. Le combat entre elle et Pégase avait été le plus violent de toute sa vie. Puissant, l'arcane de Minos redessinait l'ensemble des détails tout en leur conférant un aspect autrement plus écrasant. La douleur, les coups sans pitié qui avaient meurtri le saint jusqu'à sa mort lui éclatèrent de plus cruelle des façons. Tout cela remontait déjà à tant d'années...

Perdant un instant ce qui lui tenait de souffle sous le choc, elle ne put que s'effondrer à genoux, tremblant de tout son corps sous le coup de la douleur. Ne sachant que penser, elle se concentra pour ne pas sombrer, ne pas se laisser tomber encore plus bas.

Tout en elle pourtant déjà tremblait, la faisait souffrir au plus haut point, détruisant tout ce qu'elle pensait être sa vie, son passé. Rien de ce qu'elle avait fait ne semblait trouver grâce aux yeux du maître des Enfers. Serrant les dents, maintenue par le cosmos de Minos qui l'empêchait de s'effondrer, la jeune femme luttait. Elle ne savait pas pourquoi mais elle persistait à lutter même quand l'image ultime lui parvint...

Une myriade de regards posés sur elle, d'expressions mêlant horreur, déceptions, amertumes, tristesses et tant d'autres choses encore la transpercèrent en autant de flèches expédiées droit dans son âme mise à vif. Une dernière image si intense qu'elle l'engloutissait totalement, l'étouffant sous un poids dont elle ne put se libérer. Jamais étau n'avait été aussi impitoyable...

Perdant pied sous la douleur trop atroce de cette dernière vision qui avait sonné comme un coup de grâce, Brunissen s'effondra sur le sol quand l'ensemble prit fin. Ne sachant combien de temps tout cela avait duré, la jeune femme remua pourtant. Gémissante, trempée du sang de ses larmes qui coulaient plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle ne put que rouler quelque peu sur le côté. Reprenant son souffle, elle tourna le regard vers Minos. Son visage rendu écarlate par d'innombrables larmes, elle s'adressa pourtant à lui.

- J'ignorais tout de cette réalité mais ce n'est pas une excuse. J'ignore tout de vos lois mais si je me fie à ce qui vient de me traverser, toute ma vie n'a été que péché. Le seul fait d'avoir été en vie est un péché.

Même les actes de bonté que j'ai accomplis en concoctant remèdes et potions pour sauver des vies en sont. Avoir nourri mon enfant autrement qu'avec mon seul lait en est également un. Au final, même la simple vie ne serait que péché et se laisser mourir de faim pour ne faire de mal à aucun être le serait tout autant.

Je ne renie pas l'ensemble des fautes que vous m'avez révélées. Jamais, je ne fuirais ou ne m'enfermerais dans le déni. Je n'ai qu'un seul regret, ne pas être devenue comme ma mère, ne pas avoir suivi la seule voie de la guérison et de la paix. Même si cela me condamnerait de toute façon aux Enfers, au moins, j'aurais eu cela en plus de l'amour porté à Odin et aux miens pour me réchauffer là où j'irais...


Sur ces derniers mots, elle se redressa à demi, demeurant à genoux, la tête penchée face à Minos tant la souffrance la vrillait encore. Livide, enfin autant qu'une âme pouvait l'être, elle luttait pourtant avec tout ce qu'il lui restait de forces pour ne pas se briser.
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Ven 28 Avr - 18:51

Le visage baigné de larmes écarlates que je n’aurai jamais cru voir sur celui d’une âme immatérielle, Brunissen sanglotait, tremblait de tout son être. Peu d’âmes avaient la force d’esprit de soutenir sans se briser la douleur et la peine qu’elles avaient pu causer de leur vivant, et encore moins avaient la force de se relever après avoir appris si brutalement la vérité.

Ce fut pourtant le cas de l’ancienne Asgardienne, dont la voix, alors réduit à un faible murmure, trouva quand même le moyen de me parvenir, chargée d’amertume et de déception.

« Il est normal pour un mortel de ne plus avoir de repère quand la vérité lui apparait enfin. La lumière aveugle celui qui la contemple, et peut même bruler si l’on la regarde sans y être préparée. »

Perdue, sans aucun doute Brunissen l’était. Son existence entière ainsi passée au filtre de la Loi divine dont elle ignorait tout venait d’être entièrement redéfinie. Il lui faudrait du temps pour réfléchir à cela, mais à présent, du temps, elle en avait plus qu’elle n’en aura jamais rêvé.

« Tu t’interroges sur la relation entre l’existence et le péché. Tu te demandes si la vie elle-même ne serait pas en elle-même un crime contre la Loi divine. Je suis navré, mais je n’ai pas la réponse à cette question. Seul les dieux seraient en mesure de te répondre. »

Le bien et le mal, leur dichotomie même dont Brunissen s’était toujours persuadé d’avoir la parfaite maitrise, tout cela tourbillonnait dans l’esprit de l’ancienne Asgardienne. Perdu était son esprit, et son âme allait bientôt le rejoindre.

« Pour une âme ayant toute sa vie laissée derrière elle une traînée de sang, et ayant utilisée abusivement de sa force pour imposer sa volonté au reste du monde, il n’est qu’un seul lieu pour y expier ses fautes. La première fosse du septième cercle. »

Et abattant mon marteau de fonction pour signaler la déclaration de ma sentence, je fis claquer une nouvelle fois mon fouet cosmique dont la pointe alla s’enrouler sept fois autour de l’âme de Brunissen avant que sous ses pieds ne s’ouvre le gouffre qui la précipiterai dans le lac de sang.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Et encore une fois, la clochette cristalline d’ouverture des portes sonna.

~~~~~~~~~~


« Vous qui êtes mort, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »

La procession d’âme s’était poursuivis sans interruption depuis le châtiment de l’ancienne Asgardienne, un jugement comme j’en avais déjà fait des milliers, et comme j’en ferai encore très certainement des millions dans mon avenir sans fin.

*Tant qu’il y aura des hommes et des femmes prête à servir leur volonté comme excuse de toute leur violence.*

Une nouvelle âme chuta alors dans le gouffre infernal que j’avais ouvert sous ses pieds. Une nouvelle fois, la clochette d’ouverture des portes retentie alors qu’une nouvelle âme se présentait.

« Vous qui êtes morte, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »

~~~~~~~~~~

« Faites entrer l’âme suivante. »

Les portes d’entrées s’ouvrirent encore une fois, et cette fois encore, je reconnu le visage de celui qui s’approchait.

*Henriques du Serpentaire noir.*

Encore une fois, les spectres chargés du contrôle du flot des âmes en attente d’être jugée m’avait envoyé une âme récemment décédée, mais pour l’instant je n’avais pas le temps d’aller leur faire la remarque. Encore des milliers d’âme attendaient leur tour, dont celle qui se trouvait à présent devant moi.

« Vous qui êtes mort, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Ven 28 Avr - 19:38

[Post de transition]

Éperdue de douleur, l'âme encore plus déchirée que ne l'avait été son corps, Brunissen n'avait de cesse de pleurer. Toute la violence du choc qu'elle venait de recevoir semblait être faite pour ne jamais devoir la quitter. Son tourment était si intense, si intense qu'il la vrillait aussi bien qu'un fer rouge plongé dans ses entrailles, tournoyant en une ronde de souffrance éternelle.

Ce fut en cet état qu'elle reçut la sentence de Minos ainsi que des paroles qu'elle ne pouvait comprendre et encore moins accepter. S'abandonnant à son désespoir, elle ne put que murmurer d'une voix à peine audible. Guère plus que le bourdonnement d'une mouche en cette immense salle aussi austère que glacée.

- Seuls les dieux... Seuls les dieux pourraient me répondre mais lesquels ? Moi qui suis fille d'Asgard, il ne me reste plus le moindre dieu. Odin, Freyja, je les ai perdus...

Perdus en même temps qu'Asgard...


L'immense peine mêlée de détresse que ressentait la jeune femme éclatait également. Que lui importait de parler ainsi. Elle ne connaissait pas les dieux grecs autrement qu'au travers des guerres qui avait tellement malmené sa terre natale avant qu'elle ne s'effondre sous les coups d'un dément.

- Vers quel dieu pourrai-je me tourner maintenant qu'il ne me reste plus rien. Que plus aucun ase ni aucun vane ne peut s'intéresser à moi...

Mieux aurait valu que je périsse avec Asgard, que je me fonde en sa terre plutôt qu'en celle de Death Queen Island. Mieux aurait valu, cela n'a servi de rien que je survive aussi longtemps...


Prise au piège comme elle ne l'avait jamais été, la jeune femme ne sut si Minos l'avait entendue ou pas. Seule la condamnation qu'il lui avait appliquée occupait l'entièreté de son esprit. Payer pour un innombrable série de fautes commises sans en avoir la moindre conscience serait son destin. Un destin qui ne serait plus qu'une éternelle agonie.


=> Lac des violents


Dernière édition par Brunissen le Sam 29 Avr - 12:58, édité 1 fois
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Henriques


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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Ven 28 Avr - 22:58

"Allons! Debout, toi! C'est ton tour!"

Un Chevalier...reste! 
Ambiance

Les Gardes Squelettes affichaient un zèle particulièrement inhabituel. Faut dire que Minos avait rejoint le Temple du Jugement, et qu'il se montrait bien décidé à rattraper le temps perdu...après s'en être retourné et avoir purifié Death Queen Island.

Henriqques restait là à tourner  en rond dans sa cellule, sans se douter que Brunissen comparaissait devant le Juge des enfers.
L'attente pour le Portugais paraissait longue, et pourtant, il ne réalisait même pas qu'il passerait avant des milliers d'âmes qui végétaient là avant lui.

Un Garde vint alors ouvrir la cellule.

"C'est ton tour!"

N'ayant qu'une idée en tête, Henriques se contenta de poser une question à laquelle il n'aurait aucune réponse:
"Alrun?!!...une Nordique...Quelqu'un l'a-t'il vu par ici?..."

Se jetant comme un forcené sur le Garde Squelette, et le serrant à la gorge il reprit:
"Allons! Quelqu'un a bien dû l'apercevoir!..."

Puis quatre autres Gardes Squelettes remirent Henriques dans le rang à coup de lance.
Il fût finalement amené devant le triste tribunal de Minos. Ce dernier y siégeait. Ce qui amena l'Enfant prodige à ce poser cette question:
(Combien de temps s'est-il écoulé depuis que Lydia m'ait fait expiré? Comment le Griffon peut-il être déjà siégeant sur son trône?...)

Quand on l'y invita, Henriques s’avança.

Et quand le Juge lui demanda, le Saint Noir du Serpentaire répondit sincérement:
"Je suis Henriques Don Cristobaldo, saint noir du Serpentaire!"

Il marqua une pause, puis avec la même attitude humble avec laquelle il se présentait devant le tribunal poursuivit:
"Quant-à mes péchés, mes fautes...je n'en ai aucun!...du moins, à part celui de le reconnaître."

L'espace d'un instant on aurait pût croire à un sursaut d’orgueil, mais il n'en était rien. Henriques avait toujours mené une vie droite et pure. Son vis-à vis étant celui qui lui correspondait sûrement le plus au Royaume des enfers.

"Si  par trahison, vous entendez le fait que je portes une armure noire...y entendez seulement le fait que c'est pour mieux purifiez le camp d'Athéna..."


Un pavé était lancé dans la mare. Le jeune Saint devrait s'expliquer sur ses dires. Il ne tarda pas à le faire, et argumenta de la manière suivante:
"Si corruption il y a, comment peut-on l'ôter du sein même de sa patrie? N'est-ce pas en s'écartant quelque peu...Se faisant, j’évite de me corrompre aussi, et suis mieux à même de combattre le mal qui peut régner au sein même du giron qui m'a accueilli ces dernières années!"

Devinant la suite de l'interrogatoire, et ne pouvant nier la rencontre faite sur l'ïle Maudite, Henriques poursuivit sur un autre sujet:
"Lydia...votre servante...a agi comme vous le souhaitiez...En celà, elle n'a pas désobéi aux ordres... "

Henriques laissa une longue pause, conscient que son temps de parole avait été au-delà de tout ce qui était accordé d'ordinaire.
Puis posant un genou à terre devant le Griffon en signe de soumission, il formula une requête pour le moins inattendue:

"Seigneur Minos du griffon...pardon, mais j'en demande à Hadès en personne!...C'est avec lui, et avec lui-seul que je sollicite un entretien concernant mon âme...et celle d'Alrun...ou Brunissen pour être plus exacte!"

Une outrecuidance qui pouvait signer sa fin pour de bon. Le Saint Noir du Serpentaire tablait sur le fait que par le passé il avait été ambassadeur d'Athéna.


Citation :
HRP: Rien de personnel contre Minos, mais Henriques en appelle à Hadès!
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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Sam 29 Avr - 0:46

Ne s’étant visiblement pas départi de son aplomb terrestre, pas plus qu’il n’avait perdu à son libre esprit, l’ancien chevalier noir du serpentaire, comme tant d’autre avant lui, se targua d’une existence pure et sans le moindre vice. Un mensonge parfaitement éhonté, mais qui ne trompait que lui.

Ecoutant cependant sa plaidoirie non dénuée d’intérêt tout en lisant le compte rendu de son existence dans le registre des morts, je ne pus m’empêcher de relever la tête à sa dernière réplique concernant l’invocation directe qu’il faisait au sombre Empereur.

« Comment… Oses-tu ?! »

Ces mots avaient échappés à mon contrôle, tout comme mon indignation face à une telle impudence tandis que mon cosmos enflait à une vitesse vertigineuse comme pour annoncer la tempête à venir.

Me levant d’un bond devant une telle outrecuidance frisant l'hubris, je laissais croître encore et encore mon pouvoir allant jusqu’à le laisser littéralement écraser ceux qui assistait à l’un de mes rares coups de sang.

« Entends moi bien âme vaniteuse qui n’écoute que sa folie ! Tu oses invoquer la divine présence du sombre Empereur ?! Et cela dans mon sanctuaire ?! Tu vas te repentir bientôt de la peine et de la douleur que tu as infligée à ceux ayant eu le malheur de te croiser au cours de ton existence... »

Grondant tel le tonnerre, ma voix devint orage alors que les murs même de la salle d’audience se mirent à frémir.

« Tu te crois pur au-delà de tout reproches ? Ta conscience tranquille te suffit à t’imaginer immaculé ? Raconte donc tes mensonges à tes minions ! Qu’ils acclament la prétendue pureté de ton âme ! Mais ici, face à mon regard, tu ne pourras cacher tes coupables actions ! »

Prit d’un courroux aussi soudain que violent, je laissais exploser mon cosmos en matérialisant à nouveau mon arcane de fonction, qui en un nouvel orbe chatoyant, quitta ma main pour aller pénétrer l’âme de l’ancien serpentaire.

Reincarnation


« Vois donc par toi-même l’étendue de tes péchés ! »

Soulevé à son tour par mon pouvoir impérieux, l’âme d’Henriques fut plongée dans un monde d’ombre et d’échos, là où elle allait revivre l’ensemble de ses crimes à l’encontre de la Loi divine, ainsi que la souffrance de ceux qui par sa faute avait été blessés.

« Si ton enfance fut sage et réservée, passée d’avantage avec les livres qu’avec tes semblables, ta vie n’est pas exempte de crimes et de souffrances infligés aux autres. »

Et dans la brume de souvenir dans laquelle flottait alors le portugais, un visage comme sorti d’outre-tombe, celui d’une jeune fille que tous ou presque avait alors pris pour un garçon.

« Tu croyais te préserver de ton cœur, mais au final, tu te cachais du réel, et ne voulais voir la douleur de ceux qui t’entourait. »

Le premier amour. Une promesse faite sur le sable et aussitôt oubliée. Un cœur à jamais brisé. Tout ceci, Henriques le ressenti alors de plein fouet pour la première fois.

« Par amour pour Athéna, tu délaissas l’amour de ceux que tu avais côtoyés jusqu’alors. Trahissant par là même la promesse que tu leur avais faites. »

La soif de vengeance, un cœur noirci par la haine, encore une fois, cette douleur nouvelle transperça le portugais comme un éclair. Toute la douleur et la haine qu’avait ressenti Sylvia par sa faute, au lieu de simplement en prendre acte, il allait la vivre.

« Par soif vengeance à l’encontre de l’ancienne prêtresse d’Asgard, tu as osé porté la main contre la sombre impératrice. »

Oser porter la main sur une divinité, qui plus est l’épouse de notre sombre Empereur, et pour venger l’honneur d’une divinité qui n’était alors même pas la sienne… Jusqu’où allait la folie de cet homme ?

« Au nom d’Athéna, tu as fait couler le sang de tes semblables. Persuadé d’être le bras armé de la justice, tu as attaqué et détruit ceux qui t’étaient désignés comme cibles. Ne te prends pas pour ce que tu n’es pas ! Tu n’es pas un dieu ! Tu n’as pas ni n’a jamais eu le droit de juger tes semblables ! »

La soif de vengeance suite à l’annonce de la mort du chevalier Pégase quinze ans plus tôt. Un défi lancé à l’ancien guerrier divin d’Epsilon, un combat en tout point inutile et dont l’ancien serpentaire revivait à présent chacun de ses coups.

« Et au nom de ton cœur, tu commis encore bien pire. »

La mort qu’il donna à son ancienne amie d’enfance devenue serviteur de Poséidon, l’abandon de son cœur contre la promesse de l’immortalité, la douleur dans le cœur de Marina, le tiraillement infini qui s’en suivit presque immédiatement jusqu’à lui faire commettre son dernier crime. Tout cela se rappela à l’esprit d’Henriques bien trop enclin à l’auto-vénération pour être honnête envers lui-même.

« Ce cœur que tu as tant voulu retrouver, ce cœur que tu as placé au-dessus de tout, allant jusqu’à vouloir tuer pour le ré-obtenir, il n’aura finalement semé que malheur et trahison dans son sillage. »

Les ultimes douleurs qu’il avait infligés à Morgane de la Vierge, ses mots emplis de fiel à l’encontre d’une ancienne sœur d’arme jugée d’après sa race et non d’après son cœur, toute la peine ressentie par Brunissen alors qu’elle se sacrifiait par sa faute et pour finir, toute la peine causée à Lydia du vampire, tout ceci se mélangea en une ultime vision avant que mon arcane ne prenne fin et ne laisse retomber l’âme du portugais sur le sol.

« Alors tu n’as trahi Athéna que de gestes et non de cœur, mais le monde ne se résume pas à elle. Oseras-tu encore nier la souffrance que tes actes ont infligés ? »

Mon cosmos s’apaisa alors en même temps que disparaissait mon écrasante aura, laissant reprendre ses esprits à l’ancien chevalier du Serpentaire noir par la même occasion. Pareillement à Brunissen qui l’avait précédée, Henriques venait d’ouvrir les yeux à la douleur que ses choix avaient provoqués autour de lui. Le voile s’était levé de ses yeux, mais son esprit pouvait il l’accepter sans se briser ?
HRP:
 
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Hadès


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MessageSujet: Re: Cruelle attente...   Jeu 4 Mai - 18:14

Sur Death Queen Island, la guerre éclair menée par les trois divinités touchait maintenant à sa fin. Hormis deux déchets, seul parmi les Black Saints, Pséma persistait. Du moins pour l'instant, sans le savoir, le Sacrilège dédié à ses plus belles et tourmenteuses créations vivait ses ultimes minutes. Chaque seconde de son agonie serait une délice, un art que le dieu savourerait tout comme il jubilait du trésor inespéré qu'il venait de gagner.

Une faveur d'Athéna en échange d'une vie. Surprenante mais si plaisante supplique de sa nièce qu'il n'avait pas hésité un instant à la lui accorder. Le prix viendrait et il serait jouissif, hautement jouissif tout comme le fait de voir qu'au champ d'honneur, c'était ses spectres qui avaient surtout brillé...

A ses côtés, Poséidon ne s'était pas une seule fois manifesté. Au vu de ce qu'il restait de son armée décimée par l'Impie, il devait déjà s'estimer plus qu'heureux de pouvoir s'appuyer sur son frère. Un sourire carnassier sur les lèvres, l'Empereur de l'Outre-monde saurait la jouer plus que fine avec lui. Tout affaibli que pouvait l'être son domaine en cet instant, Poséidon demeurait le puissant seigneur des Mers et Océans en plus d'un allié de poids contre cette chère Athéna. Le ménager dans sa fierté serait simple, si simple. Il lui suffirait de lui rendre ses guerriers tombés au front avec juste une once de discrétion.

Un sourire inquiétant éclairant à présent son visage, le sombre Hadès n'en oubliait pas pour autant de garder un œil sur son empire. Une bien sage décision tout en contraste avec celle de la prétendue Sagesse se tenant à quelques pas. Ce qui lui permit d'entendre un bien étonnant appel suivi d'une colère qu'il n'avait plus ressentie depuis des années voire des siècles...

Minos ?

Un éclat de sa part était si rare et si violent que le tribunal des Enfers en entier en tremblait. Sous le choc, les gardes voire les spectres eux-mêmes ne pouvaient que se terrer. L'Etoile de la Noblesse tout comme ses deux égales de la Vaillance et la Brutalité était au sommet de la hiérarchie des cent huit mais Minos avait ce plus qui le rendait quasi inaccessible. Un juge remarquable et sans faille que bien peu d'être étaient capables de faire ne serait-ce que sourciller. Et voilà que l'un de ses précieux damnés venait d'y arriver.

Un cas d'exception qui valait bien quelques secondes de son attention. Intensifiant alors son cosmos, le dieu des Enfers parut en son tribunal. Sombre, incommensurable, son énergie fit se courber l'ensemble des gardes alors que les âmes se jetaient quasi au sol. Tous pliaient sous l'écrasante aura du maître des lieux. Tous sauf Minos qu'il avait préservé ainsi que l'âme soumise à son jugement.

Prenant une forme diaphane, l'empereur parut alors.

" Minos, juge des Enfers, je te félicite pour ton travail si promptement mené. Quant à cette âme qui ose solliciter ma présence au vu de tout mon empire, je vais m'en charger le temps de voir jusqu'où ira son hérésie et en combien de lambeaux je la déchirerai pour une telle impudence. "

Puis, s'adressant cette fois uniquement par la pensée au juge.

* Et lorsque j'en aurai fini avec elle, tu te chargeras de lui infliger le sort que j'aurais décidé pour elle en plus de la peine que lui valaient ses fautes. Que par ta voix, tous apprennent en ce tribunal qu'on ne dérange pas impunément Hadès. *

Et étalant son cosmos vers le corps d'Henriques, le dieu sonda son esprit avant de se rendre compte soudain.

" Toi ! Toi qui par l'enchaînement de tes actes a quasi jeté Athéna à mes pieds. Comme les Moires sont bienveillantes de t'avoir, après un tel exploit, mené devant moi. Pour un tel acte, je t'accorde un instant de parole. Pèse bien tes mots, chevalier félon, ils te seront comptés. "

Sur ces terribles paroles, le cosmos du dieu enveloppa l'âme, l'emportant en un lieu privé où personne ne pourrait les déranger. Seul un dernier message vola vers le juge qui était demeuré muet.

* Je compte sur toi pour poursuivre ton oeuvre au tribunal. Quant à cet ancien chevalier, considère son cas comme en suspend. *


Citation :
Le cosmos d'Hadès emporte l'âme d'Henriques à part pour leur échange. Il le ramènera au tribunal une fois son cas tranché.

J'ouvrirai un topic à part pour qu'Henriques puisse plaider sa cause.
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