RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé

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MessageSujet: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Ven 5 Mai - 16:26

Arrow je viens d'ici

« Faites entrer l’âme suivante. »

Le sombre Empereur avait à peine emporté l’âme du Serpentaire que déjà je reprenais le fil normal de mes fonctions. Mes hommages déjà rendus, et la surprise de cette intervention passée, il me fallait me remettre à ma tâche sans attendre, car le flot des morts ne tarissait pas.

*Un flot sans fin et des morts cheminant sans entrain. Une chance que les Enfers ne connaissent pas de limite, où il pourrait venir un jour où les morts retourneraient sur Terre.*

« Vous qui êtes mort, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »

Une nouvelle âme, un nouveau jugement à prononcer, et après l’incongruité des deux âmes précédentes, je m’en retournais à des âmes plus modestes n’ayant péchés que par bêtise ou par ignorance.

Des voleurs, des menteurs, des fraudeurs et des meurtriers. Pour la plupart, ils n’étaient que cela. L’héroïsme et la gloire n’attiraient plus personne à cette époque. Le désenchantement du monde avait commencé avec les nouvelles découvertes scientifiques, et l’Homme avait déjà largement remis en question la sagesse des anciens pour adorer des idoles faites de chiffres et de réactions chimiques.

L’Homme aux commandes de sa propre vie, l’Homme au centre de son propre univers, le culte du dieu unique remplacé par le culte de la science et de l’égo. L’orgueil était aujourd’hui partout, jusque dans leurs âmes, et avec lui, il apportait son cortège de nouveaux blasphèmes. Désillusions après désillusions, l’humanité semblait encore condamnée à la misère, et pour moi qui recueillait leur dernière confession, leur sort n’en apparaissait que plus misérable encore.

La vérité leur était pourtant connu. Des visions des enfers avaient été perçues et des récits plus que fidèles avaient même été écrit, et pourtant, rien ne semblait pouvoir les détourner du vice et de l’ignorance de leur existence.

Plus de trois milles ans après ma prise de fonction, seul le nombre des morts semblait changer, allant toujours croissant dans un monde où l’humanité semblait prospérer.

*Viendra sans doute le temps où chaque jour verra des dizaines de milliers d’âmes venir ici recevoir leur jugement. Et ce jour-là, je ne suffirais plus à réguler le flot des morts.*

Si un tel jour devait venir, il faudra alors aux enfers d’avantage de juge compétent, d’avantage de spectre comme Rune ou moi-même, capable non seulement d’accéder à la mémoire des morts, mais aussi possédant la force morale suffisante pour supporter l’exigence de cette charge.

« Pour n’avoir jamais su qu’écouter la voix de la luxure, et pour avoir fait commerce des plaisirs de la chair, je te condamne à une éternité de souffrance dans la première prison. »

Mon fouet claqua à nouveau, et une nouvelle âme s’en alla plonger dans la vallée des amoureux, aux côtés de ceux ayant été emporté par la passion.

Et alors que se refermait le gouffre infernal que j’avais ouvert, les cris de Cléopâtre et de Marc Antoine portèrent jusqu’à mes oreilles en autant de malédictions lancées à mon égard.

Se trouvait-il une seule âme dans l’immensité infernale qui ne désire pas me voir la rejoindre dans son éternité de souffrance ? J’en doutais fort.

Pour elles, j’avais été leur juge et leur bourreau, l’incarnation même de l’injustice qui selon elles les avait condamnés aux Enfers, et donc par conséquent, j’étais devenu l’objet de toute leurs malédictions. Je n’y pouvais rien, et cela faisait partie du fardeau que je devais porter, mais hélas pour elles, les siècles avaient depuis longtemps effacé l’empathie que cela pouvait me faire ressentir à leur égard.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Une nouvelle fois ma clochette retentie dans l’enceinte de la salle d’audience, et une nouvelle fois les portes d’entrées s’ouvrirent pour laisser passer l’âme d’un nouveau trépassé.

« Vous qui êtes mort, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mer 31 Mai - 12:35

Je reviens d'ici

Intenses, éprouvantes, intimes, telles avaient été les retrouvailles des deux sœurs vampiriques même si la seule et unique No-Life Queen était et demeurait Lydia. Face à ce rappel du passé, elle s'était retrouvée ébranlée mais y avait aussi gagné un apaisement qu'elle n'avait plus connu depuis si longtemps. La puissance de son aura naissante à l'époque de son éveil en cette ère n'avait pas été suffisante à détruire définitivement son oncle mais elle était certaine que tôt ou tard, lui aussi franchirait l'arche du désespoir et expierait à jamais l'infinité de ses crimes au sein des diverses prisons.

Et puis, elle avait enfin osé franchir le pas et retrouver sa cadette. Leurs relations n'étaient pas au mieux mais le temps ferait son oeuvre et sa seule véritable crainte était de se retrouver un jour opposée à elle. Une idée à laquelle la splendide chasseresse devrait se faire tout en se disant que mieux valait que ce soit elle et non un autre spectre qui se charge du cas de Lucinda. Si la jeune sainte de la Vierge devait quitter la scène, ce serait de sa main et non de celle d'un autre combattant du sombre empereur.

Une éventualité qui ne réjouissait pas la rousse Etoile des Ténèbres mais elle devrait bien s'y faire. Son cœur en saignerait mais elle ne pourrait, en aucun cas, s'y dérober. Songeant à la proposition du juge Minos, elle hésita avant de se rendre à l'évidence : lui seul pourrait l'aider à maîtriser enfin les élans de son cœur. C'était une certitude tout comme le fait que l'immensité de son cœur finirait par la conduire à sa perte. Soupirant à cette idée, la Vampire Couronnée avait repris le chemin des Enfers.

Passant par la Cathédrale, elle avait de nouveau revêtu son surplis. Superbement moulée dans cette tenue mettant en valeur la grâce de ses formes revêtues d'écarlate sombre, elle n'avait éprouvée aucune difficulté à rejoindre les Enfers.

Se sentant de retour chez elle, auréolée de la chaleur de son cosmos vibrant d'une énergie renouvelée, la chasseresse du Crépuscule s'empressa de franchir à tire d'ailes l'Achéron. D'un geste surprenant, elle salua même Charon qui n'en revenait pas de la voir aussi agréable avec lui depuis leur dernière rencontre.

Parvenant à la rive, elle ne mit pas longtemps à distinguer les files d'âmes de nouveau en marche et déjà bien mieux canalisées par les gardes que la présence du juge avait sans le moindre doute secoué en plus de leur apporter l'élan qui, depuis l'attaque de Pséma, leur avait tant manqué. Et que dire de la présence divine de leur sombre empereur qui s'était si bien répandue dans l'ensemble des Enfers qu'on pouvait la percevoir où que l'on soit. Le retour de leur dieu couplé à celui de plusieurs spectres avaient eu un effet stimulant tel que l'Outre-Monde se relevait à une allure vertigineuse de ses plaies. Déjà certains des travaux touchaient à leurs fins, conférant à la demeure du jugement une majesté telle qu'on aurait jamais cru qu'elle avait pu être quasi rasée.

Se posant sur le seuil, elle répondit d'un geste de la tête aux nombreux saluts des gardes tandis qu'à quelques pas, les défunts avançaient tremblant de peur vers le jugement qui scellerait leurs éternités. Quelques pas dans le vaste bâtiment et elle finit par atteindre le tribunal où officiait toujours l'Etoile de la Noblesse. Se concentrant sur l'ensemble des paroles qu'elle lui dirait, la Vampire à la chevelure de feu se dirigea vers le monumental bureau du juge.

Paisible, elle s'immobilisa à ses côtés, attendant avec une patience inouïe que le fouet de Minos s'enroule autour du corps de l'âme qui venait d'être jugée. Interrompre le maître du tribunal qui était aussi son supérieur serait très mal venu et puis, elle n'était plus si pressée.

Un temps s'écoula ainsi avant qu'elle ne prenne la parole, d'un ton calme et enchanteur.

- Mission accomplie, seigneur Minos. J'ai fait quitter la Cathédrale à Lucinda de la Vierge d'or et personne n'a pu lui causer le moindre mal. Notre seigneur peut en être assuré. Maintenant, elle est parfaitement au courant du lien qui nous unit elle et moi et je ne peux ignorer les difficultés que cela ne pourra qu'entraîner.

Et inclinant la tête avec grâce.

- Aussi, je vous demande votre aide pour contrôler enfin les élans de mon cœur mais j'aimerais savoir avant tout si cela risque de le détruire ou non ?

Et passant directement au langage télépathique, elle acheva.

* Je ne peux que craindre cette idée tout comme je crains celle de vous perdre ou de perdre à jamais votre confiance. Cela fait des siècles que nous nous connaissons et pourtant, jamais, je n'avais ressenti cela si fort auparavant. J'ignore ce que cela signifie mais je sais que vous êtes le seul à pouvoir m'aider dans ce cas très précis... *

Lydia admirait Minos depuis les premiers instants où les deux Etoiles s'étaient rencontrées. Jamais, elle n'avait ressenti de sentiments amoureux pour lui, juste une amitié et une fidélité immenses et maintenant, elle se surprenait à douter...

Il fallait qu'elle soit fixée une bonne fois pour toutes.


Dernière édition par Lydia le Lun 5 Juin - 17:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Ven 2 Juin - 20:25

Le cri du nouveau condamné plongeant dans les marais poisseux de la prison des gourmands venait à peine de prendre fin qu’à nouveau, je fis tinter ma clochette, indiquant aux gardes de mon tribunal la fin de ma sentence.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Depuis le départ de l’Etoile des Ténèbres, j’avais déjà jugé des dizaines d’âmes, dont parfois celles d’ancien pensionnaires de l’ile de la Reine morte, mais je n’avais encore pu mettre la main ni sur Pséma ni sur Cassandra, et si je doutais encore de la mort de l’Archi-traitre, j’avais mis un terme à la vie du cancer noir moi-même et cela bien avant de revenir en ces murs. Son âme ne pouvait donc qu’être déjà céans.

Plus que désireux d’apprendre la vérité concernant l’incroyable ascension du bélier noir, j’avais envoyé mes gardes squelettes chercher l’âme de Cassandra depuis déjà un long moment, mais jusqu’à présent, je n’avais eu aucun retour de leur part.

L’âme qui entra alors dans la salle d’audience n’était d’ailleurs aucunement liée aux évènements de l’ile de la Reine Morte, elle n’était même pas au courant de l’existence du cosmos ou des dieux. Un banal ignorant comme la surface en contenait des millions.

« Vous qui êtes mort, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »

L’âme me décrivit donc avec quel humble talent il avait su détourner l’argent public de sa ville pour assurer à ses proches ainsi qu’à lui-même une vie opulente et oisive. Un pécheur aujourd’hui aussi misérable que ne l’était son péché.

« Pour avoir trompé vos pairs et parasité leur existence, je vous condamne à une éternité de souffrance dans la huitième bolge du huitième cercle infernal. »

Mon fouet cosmique claque de nouveau, s’enroula huit fois autour de l’âme implorant ma clémence, avant que ne s’ouvre sous ses pieds le gouffre infernal l’envoyant rejoindre les fourbes, mauvais conseillers et autres instigateurs de perfidie et de trahison.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Toujours pas de Cassandra à l’horizon. Un rapport discret remis par un garde squelette me confirma alors ce que j’avais redouté. L’âme de l’ancien Cancer noir n’était pas aux enfers. Elle n’était d’ailleurs même pas dans le Registre des Morts.

*Pourtant, je l’ai bien tuée. Je n’ai aucun doute à ce sujet. J’ai brisé son cou, rompu son échine, et transpercé son cœur. Aucun mortel ne peut survivre à cela. Et aucun dieu ne pourrait ressusciter un corps aussi endommagé.*

Aucun dieu, hormis le Sombre Empereur, mais c’était fort improbable. Il ne restait alors que peu de réponse à cette énigme. Soit l’âme du Cancer avait été aspirée par quelque chose, soit elle avait été scellée par quelqu’un.

*Cela aurait-il un lien avec la prodigieuse réparation de son armure ?*

Ma science de ces armures parodiques n’allait pas assez loin pour répondre à cette question, mais j’avais en ma possession quelques âmes qui pourraient peut-être y répondre.

Expédiant aussi vite que possible le jugement de l’âme qui venait de rentrer et qui se révéla être encore une fois sans le moindre lien avec mon problème, je demandais cette fois aux gardes d’aller me trouver une âme bien particulière, celle de la Balance Noire, également précipité dans la tombe par mes soins.

Jugeant encore deux âmes le temps qu’ils trouvent et m’amènent l’âme demandée, j’assistais avec intérêt au retour du spectre du vampire qui tout à son honneur, se plaça sans un bruit à mes côtés dans l’attente, et entamais ainsi ce nouveau jugement avec enthousiasme et intérêt.

« Gabriel de la Balance Noire. Nul besoin de te demander ton nom, mais je tiens à entendre la liste de tes péchés de ta propre bouche. Enumère les moi sans mentir sur le champ. »

L’âme de l’ancien chevalier noir voulait protester, elle voulait lutter, mais je ne lui en laissais pas l’opportunité. Tous les pouvoirs qu’elle avait bien pu avoir de son vivant, elle en était dépossédée en ces lieux de mort. Et face à mon cosmos impérieux, elle n’avait d’autre choix que de s’exécuter.

Une liste d’exaction longue comme un bras d’ogre me fut alors énoncée tandis que je vérifiais en même temps ses souvenirs via le Registre des Morts. Assez de crimes pour le condamner mille fois aux pires tourments que les prisons humaines pouvaient lui réserver, mais ici, aux enfers, il n’y avait qu’une seule place pour une telle âme.

Ma lecture prit fin en même temps que son long monologue, et sur mon visage, au lieu d’un dégout profond qu’il aurai pu afficher, ne se lisait qu’une amer déception.

« Légions sont tes péchés, et sans bornes est ton vice, mais plus grand que tous les autres, ta rébellion contre les dieux et leur élu souille ton âme sans espoir de rédemption. Pour un tel crime, je te condamne à une éternité de souffrance dans les profondeurs de la quatrième zone du neuvième cercle. »

Encore une fois, mon fouet claqua, et les vents glacials du plus profond des enfers s’engouffrèrent un instant dans la salle d’audience avant que ne revienne le calme et le silence. Gabriel s’était avéré en tous points décevant, car il ne savait rien, ni concernant les armures noires et leur fabrication, ni sur l’ascension de Pséma.

*Un sous-fifre, rien de plus.*

Tournant alors la tête vers la chasseresse infernale qui me rapportait le succès de sa mission, j’écoutais pour l’instant sans réagir sa demande concernant son cœur.

« Bon travail spectre du vampire. Notre Glorieux Empereur sera satisfait. »

La suite de son message, adressé uniquement par télépathie, acheva de me convaincre de la seule marche à suivre alors que je sentais remonter vers nous deux êtres marqués par la puissance du Sombre Empereur.

« Concernant la maîtrise de tes sentiments en revanche, nous verrons cela en temps et en heure, car dans l’immédiat, une autre affaire nous appelle, une affaire dont je t’entretiendrais en même temps que les deux spectres qui ne tarderont pas à nous rejoindre. »

"Les possibilités sont nombreuses Lydia. Tes sentiments sont une partie de toi, et comme toute partie d’un tout, ils peuvent être réduit ou détruit. Tout va avant tout dépendre de tes souhaits. Je peux t’aider à les contrôler, comme je peux t’en libérer. Cependant il te faut comprendre que si ces choix t’appartiennent, leur exécution me revient, et elle ne sera pas agréable, ni dans un cas, ni dans l’autre. Pour détruire ou contrôler, il faut d’abord être maitre, et jusqu’à présent, tu ne l’as jamais été. Cet apprentissage sera douloureux, aussi, que tu choisisses de contrôler tes sentiments, ou de t’en débarrasser, ce sera un voyage sans retour."

Et prenant une profonde inspiration, je répondais alors à sa plus épineuse question, celle qui en cet instant devait lui bruler les levres autant que les entrailles.

"Quand à... Toi et moi... J'aimerai pouvoir dire qu'il ne saurait y avoir d'autre liens que ceux existant entre un supérieur et son subordonné, mais ça serai faire insulte à ton intelligence. Toi et moi savons bien que nous sommes infiniment plus, et cela depuis le premier jour."

Lydia avait besoin d'une réponse. Elle méritait une réponse, et je me devais d'etre clair avec elle, quitte à la faire souffrir.

"Je tiens à toi. Bien plus que je ne le devrais. Tu es à mes yeux plus irremplaçable que je ne l'aurai jamais cru possible pour un spectre, et pourtant, nous ne pouvons pas laisser nos cœurs venir s'immiscer plus avant dans notre relation. Pour un spectre, le devoir et la fidélité comptent plus que tout. Le devoir et la fidélité envers le Sombre Empereur. T'aimer... T'aimer serai Le trahir comme trahir mon serment."

En cet instant, j'aurai voulu n’être rien de plus qu'un homme, avec son âme et son coeur libre de toutes entraves, mais je n'étais plus cela depuis des milliers d'années.

"Mon coeur et mon âme ne doivent appartenir qu'au Sombre Empereur Lydia. Aussi, jamais je ne pourrais t'en faire don. Ni à toi ni à quiconque. J'espère que tu pourra un jour le comprendre."

Achevant de lui répondre via télépathie afin que nul autre que nous saches ce que nous venions d'échanger, je repris mon calme habituel et me tournais alors vers les portes d’entrées de la salle d’audience pour guetter l’arriver imminente de nos deux invités impromptus.

*Etrange… Le cosmos de l’un d’eux me semble… Familier. On dirait celui de… Non, c’est impossible. C’est surement quelqu’un d’autre.*


Dernière édition par Minos le Sam 3 Juin - 19:48, édité 2 fois
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Sivir


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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Ven 2 Juin - 20:55

Sivir et Brunnissen viennent de Giudecca
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Maintenant que Brunissen avait retrouvé une enveloppe charnelle, son cosmos retrouvait peu à peu toute sa splendeur. Je lui souriais sincèrement alors qu'elle prenait mon bras, j'espérais avoir enfin trouvé une alliée véritable dans ce camps qui me semblait particulièrement corrompu. En dehors d'Ostro, je n'étais pas encore sure d'à qui je pouvais faire confiance par ici, et j'avais le sentiment que je ne serais pas déçue par cette demoiselle.

Approuvant sa promesse de fidélité, nous nous mettions donc en route afin de rejoindre le Temple du Jugement

«Tu vas pouvoir découvrir les quelques raccourcis pour ne pas avoir à traverser systématiquement les différentes prisons!» tant qu'elle n'était qu'une âme, ce n'était guère possible, mais aujourd'hui, maintenant, elle allait enfin pouvoir profiter pleinement d'une vraie vie.

Elle s'était couverte d'une tenue d'un blanc immaculé, avec une touche d'ambre, de toute évidence, elle tenait encore à ses origines, à voir si elle s'habituerait aux ténèbres à l'avenir.

«On va pouvoir se tutoyer maintenant! Viens.» on quittait rapidement le Giudecca pour sortir vers des petites grottes qui nous permettaient de traverser les Enfers sans encombre.

Au fur et à mesure que nous approchions, nous pouvions entendre le marteau de Minos qui frappait à chaque jugement. Je me tournais vers Brunissen avec inquiétude

«Tu es sure que ça va aller?»

Je ne faisais pas la maligne pour ma part, même si j'espérais que Minos se montre indulgent en sachant qu'Hadès m'avait accordé son pardon.

On entrait dans la demeure du Jugement, et rien qu'à sa tête, je voyais bien qu'il nous avait senties arriver. Je m'approchais jusqu'au centre de la pièce, là où Brunissen avait justement subi son jugement, et je prenais une profonde inspiration, la tête basse, il n'était pas seul, je reconnaissais le Spectre du Vampire, et j'espérais que sa présence aiderait Brunissen à affronter cette épreuve.

«Seigneur Minos, Dame... Lydia je présume? Je vous prie de m'excuser pour cette interruption... je viens pour présenter mes excuses au grand Juge pour avoir enfreint une règle sacrée de votre Tribunal. J'ai extirpé l'âme de sa prison... d'abord par curiosité, je l'avoue, puis par respect. Même si je reconnais votre Jugement, j'ai cru bon de voir si par hasard, il n'était pas possible de le repousser un peu. C'est pourquoi j'ai conduit cette âme auprès du Seigneur Hadès, qui m'a transmis un message pour vous.»

Au-Delà du fait que Brunissen avait désormais un corps frais et entier, il savait déjà quelle avait été la réponse d'Hadès... malgré tout, j'attendais déjà de voir comment la situation tournait avant de poursuivre, d'autant qu'il n'était pas seul... j'espérais n'avoir pas trop dérangé.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 3 Juin - 14:01

J'ai suivi Sivir depuis ici

D'un sourire, la blonde nordique avait répondu au spectre de l'Alraune. Sans la moindre malice ni la plus petite arrière-pensée, Brunissen avait pris le bras de l'Etoile de la Magie. C'était une attitude bien surprenante de la part de la jeune femme mais elle n'avait en effet plus personne, pas même Henriques pour qui elle avait pourtant sacrifié sa vie. Tout était consumé et il lui fallait recouvrer non seulement le goût de la vie mais aussi lui donner un nouveau sens. Plus rien ne la raccrochait désormais à son passé et elle n'était plus liée à personne ni à aucune divinité. Pas dans le sens le plus noble du terme vu que le pacte passé avec Hadès tenait davantage de l'arrangement unilatéral que du véritable échange : le frère de Zeus ayant tout à y gagner contrairement à elle.

Une situation bien inconfortable mais qui avait au moins le mérite de laisser entrevoir une infime lueur d'espoir, trésor d'entre les trésors. Captive elle était, c'était un fait. D'une toute autre façon, sans la moindre chaîne mais subtilement liée aux Enfers. Le sceau sur sa poitrine en était et serait le rappel constant. Tant qu'elle n'aurait pas rempli une part d'un marché dont seul le sombre empereur connaissait les termes exacts, elle ne serait jamais libérée ou incorporée au sein de son armée mais elle détenait bien cette unique clé. Cet espoir dont elle reconnaissait l'infinie valeur sachant qu'elle n'aurait jamais du ne serait-ce que l'entrevoir. Sans Sivir, la blanche féline n'aurait eu d'autre avenir que de croupir à jamais au sein de sa prison. Un cadeau qui la touchait plus que la spectre ne pourrait le penser tout comme le risque que la jolie brune avait pris en la sortant du véritable cul-de-basse-fosse dans lequel elle avait été précipitée.

Souriante, elle était donc bien prête à saisir l'infime filin que les Nornes lui lançaient. Quitte à passer du blanc immaculé, quasi virginal, de la neige, au noir le plus profond des Enfers. Que lui importait maintenant les anciennes alliances passées entre guerriers et divinités. Tout cela n'avait plus la moindre valeur depuis qu'Asgard avait trépassée. Seule sa force de vie et de revanche tenait la première place en son âme tout comme le désir de se reconstruire une nouvelle existence sur les fondations éventrées de son passé. Une nouvelle existence et bien sûr de nouveaux liens. Sivir étant le premier d'entre eux...

Le premier pas vers une nouvelle vie...

Suivant la brune combattante, elle ne disait mot. Tout lui était si nouveau. Elle avait beau avoir contemplé l'étendue des Enfers au travers du regard d'une autre, ce qui lui faisait découvrir sa gardienne, quasi sa tutrice, était d'une importance telle qu'elle ne pouvait que s'empresser de l'étudier, de le mémoriser. Que de tels raccourcis existassent n'était pas en soi une surprise mais qu'on les lui montrât aussi spontanément en était en revanche bien une. Une marque de confiance qui la toucha une nouvelle fois. Croisant le regard de la spectre, l'ancienne Zeta Prime lui fit comprendre qu'elle garderait le secret sur ces voies aussi rapides que secrètes. Que Sivir ne l'avait pas exigé ne signifiait pas forcément qu'elle ne l'avait pas pensé.

Puis soudain un bruit sourd se fit entendre, suivi d'un autre puis un autre...

Marquant un temps d'arrêt, la pâle jeune femme fit s'arrêter aussi son guide.

Minos...

C'était bien les coups de marteau du juge des Enfers qui se faisaient entendre. Si proches, elles étaient donc déjà si proches de la demeure du jugement. Un autre signe du danger que pouvait représenter ces passages si le secret de leurs positions venait à être divulgué. Bien imprudente se montrait la jeune femme face à Brunissen mais sans doute savait-elle déjà qu'elle n'aurait rien à craindre d'elle. Et puis, c'était davantage sa haine à l'égard du juge qui semblait réellement pour l'instant l'inquiéter.

- Oui, cela va aller, dame Sivir. Baissant les yeux, elle poursuivit. Je n'ai guère d'autre choix : cela ne peut que aller. Aussi fort ai-je pu haïr le juge Minos de par le passé, aussi fort dois-je désormais repousser ce sentiment dans les tréfonds de mon passé. Par respect pour toi, Sivir de l'Alraune, mais aussi pour le seigneur Hadès. Et puis, qui sait, un jour, nous aurons sans doute l'occasion de nous expliquer, Minos et moi. Enfin, si un terrain d'entente entre les sentiments et le devoir absolu est possible. Ce dont je doute au vu de la masse de fer qu'est devenu son cœur. Rien ne peut l'émouvoir ni même l'atteindre...

Pas même Lydia...

Quoiqu'il semblait avoir quelque peu ménagé le spectre du Vampire lors de leur dernière balade tout comme il avait rejeté le sang que Brunissen lui avait réservé et qu'il jugeait alors impur. Brunissen se souvenait parfaitement avec quel acharnement le juge l'avait empêchée de souiller Lydia via ce fameux sang. Une marque d'estime qui ne manquait pas de l'intriguer.

De l'estime, un lien véritable mais pas d'amour. J'ai beau sentir que quelque chose unit ces deux-là, ce n'est pas de l'amour. Simplement parce que Minos en est totalement incapable. Sa fonction, il n'est désormais plus que sa fonction et même si d'aventure, il pouvait encore aimer, jamais, il ne se l'accorderait. Une existence bien triste selon mon point de vue mais qui semble parfaitement lui convenir.

Plongée dans ses interrogations, la jeune femme s'était concentrée sur les pas de Sivir. Sur ses pieds gainés de diamant sombre et qui avançaient lentement au travers de la vaste demeure. Une façon comme une autre de ne pas être confrontée directement à celui qu'elle s'efforçait de ramener à une image autre que celui de l'ennemi acharné à la tuer. Un effort autrement plus dur qu'elle ne l'avait pensé. Ses blessures étaient encore trop fraîches et le contempler de si près n'arrangeait rien. De part et d'autre de son corps, des volutes d'air glacé paraissaient. Plus par réflexe de défense que par véritable agressivité...

Se faisant violence, la blonde nordique serra les poings jusqu'à faire baisser l'énergie qui n'avait cessé de monter. Se calmer, elle devait se calmer comme elle l'avait juré. Et s'inclinant, jusqu'à poser un genou à taire, elle finit par totalement faire refluer le cosmos en elle. Toute la brume blanche disparut ainsi ne laissant la place qu'à une infime trace de givre. Ainsi le premier temps s'était passé. Un temps que Sivir avait mis à profit pour s'excuser devant Minos. Levant alors la tête vers les deux spectres présents, elle salua Lydia dont la présence quoique en retrait la rassurait avant de tourner lentement la tête vers le spectre du Griffon. Espérant de toutes ses forces que son regard ne fut pas trop haineux, elle le salua à son tour d'un signe de la tête, lui faisant comprendre qu'elle ne prendrait la parole qu'à l'instant précis où il l'y inviterait.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 3 Juin - 15:52

Dans l’attente de l’arrivée des deux inconnus, j’avais ordonné aux gardes de stopper le flot d’âme en transit vers la salle d’audience, au moins le temps de recevoir ces deux spectres qui semblaient se diriger dans ma direction.

« Les connais-tu Lydia ? »

Si j’ignorais encore leurs identités, ce qui ne pouvait signifier qu’une seule chose, à savoir leur entrée récente au service du Sombre Empereur, l’un d’eux me semblait de plus en plus familier.

A chaque pas qu’ils faisaient dans ma direction, usant de passages secrets que seul un spectre pouvait connaitre, je me mis à songer que l’un d’eux n’était pas ce qu’il semblait être. Le cosmos du Sombre Empereur était bien présent en lui, preuve irréfutable de son statut de serviteur des Enfers, mais il y avait autre chose… Quelque chose de plus subtil, de plus diffus.

Jetant un regard silencieux à l’Etoile des Ténèbres, je regrettais encore une fois de ne pas posséder ses dons de traqueuses pour voir et sentir le monde comme elle devait le sentir en cet instant. Avec milles autres nuances qui me serait à jamais inconnues.

*Seul le don obscur de sa lignée pourrait m’ouvrir les portes de son monde. Mais je ne puis m’y résoudre. Mon cœur et mon âme n’appartiennent qu’à moi. Jamais je ne les partagerais.*

Et après un rapide rapport soufflé à mon oreille par l’un des gardes squelettes me signifiant que deux femmes souhaitaient me voir, dont une portant le surplis de l’Alraune, je les fis introduire avant de comprendre mon trouble concernant la femme accompagnant l’Etoile de la Magie.

« Brunissen… »

En chair et en os, ici dans notre décor. Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose, mais était-ce bien possible ?

Ecoutant d’une oreille attentive les excuses du spectre de l’Alraune dont les formes féminines ne pouvaient décidément pas appartenir à Queen, je me levai de mon trône d’office avant de descendre vers elles d’un pas tranquille, mes yeux allant de l’une à l’autre sans que je ne dise un mot.

Stoppant ma route face à Brunissen alors agenouillée devant moi, je remarquais le givre dont elle s’était entourée comme j’avais remarqué les volutes glaciales qu’elles avaient fait cesser à ma vision. Le signe d’un esprit vif s’il en fallait encore pour me le prouver.

« Est-ce possible ? »

Faisant croitre mon pouvoir, j’apposais une main inoffensive sur la tête de l’ancienne Asgardienne dont la poitrine se mit à luire sans équivoque possible.

« La marque du Sombre Empereur… Ainsi Il t’a accordé une chance de rédemption. »

Retirant ma main du nouveau corps non mort de Brunissen, je me tournais vers l’Etoile de la Magie avec un regard inquisiteur. Elle avait dit avoir agi d’abords par curiosité, mais elle avait surtout agi de sa propre initiative.

« Spectre de l’Alraune, toi dont j’ignore encore le nom, je pense deviner le message que tu m’apportes, mais avant que tu ne me le transmettes, réalises-tu bien les risques que tu as pris en libérant cette âme de sa prison ? Si notre Glorieux Empereur avait dit non ? Si l’un des nôtres t’avait surpris avec elle ? Si JE t’avais surpris avec elle ? Tu aurais fini directement au Cocyte le réalises-tu ? »

Mon ton était impérieux, dur et puissant. En agissant de la sorte, la nouvelle élue de l’Etoile de la Magie avait risqué jusqu’à son âme, et il me fallait être sur qu’elle l’avait bien réalisé.

« Cependant… »

Mon visage s’adoucit alors quelque peu, autant que s’adoucissait ma voix. La fraicheur de la jeunesse était décidément pleine de surprises.

« Cependant, ton initiative a porté ses fruits. Tu as sus transformer ce qui aurait pu être un pur gâchis en une brillante réussite. Aussi, je pense qu’il convient de te féliciter pour cette prise de risque couronnée de succès. »

Qu’elle ait enfreint tous les protocoles et toutes les Lois infernales n’importait plus en cet instant, seul le résultat devait à présent être célébré. Notre Divin Empereur lui-même avait semble-t-il béni son initiative, alors cela me suffisait.

« Quant à toi Brunissen, j’espère que tu réalises bien à quel point tu fus chanceuse. Rarissimes sont ceux à se voir offrir ainsi une seconde chance. Ton ancienne vie n’est plus, ainsi que les péchés qui y étaient liés. Une nouvelle existence s’offre à toi, une nouvelle chance. C'est un don inestimable. »

Ses yeux avaient désormais vu le plus profond des Enfers, mais elle avait encore forme humaine malgré la marque de notre Empereur. Aucune étoile ne l’avait encore choisie, et son ancienne vie n’était plus que cendre. Incertain demeurait donc son avenir, mais au moins en avait-elle un à présent.

« Je perçois parfaitement la colère et la haine que tu me portes, mais je reconnais aussi les efforts que tu fais en ce moment même pour ne pas y succomber. Je ne te reprocherai pas de me maudire, mais dorénavant, j'attends de toi que tu honores autant ta nouvelle amie ici présente que ton nouveau bienfaiteur. Cette nouvelle vie, tu la leur dois. Ne l'oublis jamais. »

Elle savait. Elle ne pouvait que savoir ce qui l’attendait si elle venait à décevoir son nouveau Bienfaiteur.

Son ancienne existence avait reçu son juste châtiment, il ne lui restait désormais qu’à prouver qu’elle pouvait aussi être digne de l'infinie clémence dont avait fait preuve le Sombre Empereur à son égard.

« Dis-moi ton nom, nouvelle élue de l’Etoile de la Magie. »
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 3 Juin - 18:11

[Je reprends directement après le jugement du taureau noir et la réponse de Minos aux demandes de Lydia]

Sans un mot, elle avait écouté les paroles de Minos. Plus qu'elle ne l'aurait imaginé, ce chemin serait sans retour. Une fois engagée, la chasseresse ne pourrait plus reculer. La même, plus jamais, elle ne serait...

Baissant les yeux, le temps de réfléchir à toutes les possibilités que cela lui fermerait à jamais, elle posa la main sur son cœur, un geste plus que révélateur. Un signe de l'hésitation qui était la sienne à ce tournant de sa Non-vie pour ne pas dire de toute son éternité. Pourtant, elle ne pouvait que se rendre à l'évidence, elle était acculée. Ce cœur si puissant qu'elle détenait, c'était aussi l'une de ses pires failles. Une faille qui devait à présent être comblée mais qui en même temps lui avait tant donné. Relevant lentement la tête, elle contempla discrètement le visage de Minos de biais. Ne pouvant s'en détacher, elle se surprit un instant à se sentir comme révoltée. Non contre Hadès ni même contre le juge mais à la seule idée de devenir comme lui. Cette seule idée la révulsait. Le servir, l'admirer était une chose mais s'en approcher de cette manière en était une autre. Unique était l'Etoile de la Noblesse et jamais Lydia ne souhaiterait devenir comme elle...

Ce n'était pas cela qu'elle voulait. Changer un cœur vivant et de par trop vibrant pour une pierre glacée ne l'intéressait pas. C'était tout autre chose qu'elle souhaitait, tout autre chose...

Et plus les paroles de Minos s'enchaînaient, plus en elle, le chaos commençait à pointer. Signe annonciateur du bouleversement général qui ne tarderait pas à l'emporter. Pourtant, quelque chose en elle l'empêchait de sombrer, de se laisser aller à ce flot de sentiments et de craintes entremêlés. L'avenir et l'inconnu faisaient peur, terriblement peur, tout comme la crainte de perdre à jamais son identité mais elle refusait d'y succomber. Elle avait eu la force de survivre à tant de plaies, elle aurait celle de se préserver. Respirant lentement comme elle avait appris à le faire depuis son premier éveil, plus de trois mille ans auparavant, elle fit le vide en elle. S'apaiser était devenue une soudaine priorité. Ce ne serait qu'ainsi qu'elle pourrait enfin répondre d'une voix blanche aux ultimes paroles télépathiques de son supérieur. Il avait été franc avec elle, ne lui avait laissé aucun espoir de ce côté tout en prenant infiniment plus de gants qu'elle ne l'aurait pensé. Aucune histoire entre eux ne pourrait jamais exister, leurs conditions respectives, leurs allégeances les en empêchaient. C'était un nouveau coup de poignard en son cœur, infiniment plus douloureux que celui que lui avait porté Lucinda. Celui qui marquait les limites de leur relation, à Minos et elle. Les choses en étaient là, Lydia pourrait toujours se tenir à ses côtés, le servir mais cela n'irait jamais plus loin. Et s'efforçant de rendre sa voix plus ferme qu'elle ne le pouvait, elle se décida à enfin à parler, tremblante malgré toute sa volonté.

* Bien, reportons alors... Sans doute est-ce encore le mieux à faire. Je ne crains pas de souffrir, seigneur Minos, ni même d'être blessée. Non, ce n'est pas cela qui m'effraie mais plutôt le fait de perdre ce qui me permet d'accomplir ma mission au sein des vivants. De perdre ce qui nourrit mon propre pouvoir et me permet de servir notre seigneur...

Devenir une Etoile Morte, telle est, à mes yeux, la pire des éventualités. En quoi une telle Etoile pourrait être encore utile à notre maître si jamais cela viendrait à arriver ? Mais jamais, je ne reculerai, soyez-en assuré. Pas maintenant que je me suis engagée. Même si je suis effrayée, je ne renoncerai pas à avancer. Mieux vaut périr en essayant de s'améliorer que laisser les choses aller et périr de toute façon. Au moins, je n'aurai pas de regret... *


Puis, laissant passer un blanc, elle poursuivit sur ce qui lui broyait en cet instant le cœur.

* Et merci, merci de ne pas m'avoir laissé de faux espoirs. Il fallait que je sache, que je sois fixée une bonne fois pour toute avant de franchir ce pas, ce terrible pas. Promettez-moi juste de me garder auprès de vous quel qu'en soit le résultat. Pour cet amour que nous ne pouvons en aucun cas nous porter et auquel tous deux renonçons. Et pour le serment que tous deux avons porté envers notre sombre empereur. *

Bien plus que le spectre du Griffon, c'était elle que la No-Life Queen tentait de convaincre. Au plus profond de son être, sa raison avait déjà fait la part des choses et ce depuis longtemps mais son cœur, lui, demeurait trop puissant, trop sauvage, trop ardent. La Soif de Sang se conjuguait avec la Soif d'Amour depuis des siècles à présent. Aussi intenses et aussi entraînantes l'une que l'autre, occultant à leurs paroxysmes la Raison en un instant, un battement. Cela l'avait conduite à épargner un saint et cela avait précipité sa perte de la main d'un autre saint. Et ce n'était encore que le début, le tout début...

Plus les mois, les saisons, les années passaient et plus, elle s'avançait lentement mais irrésistiblement vers sa propre fin. Jusqu'ici, elle avait été pardonnée mais viendrait le temps où elle franchirait à jamais le point de non-retour. Minos lui avait jeté une bouée, elle ne pouvait l'ignorer. La prendre serait son ultime espoir de s'en tirer. Lucide, jamais, elle ne l'avait autant été. Il fallait juste qu'elle se force elle-même, qu'elle s'oblige à renoncer à la part la plus vivante de son être.

Tendant alors mentalement la main vers le juge, elle allait de nouveau reprendre la parole quand deux spectres s'approchèrent soudain à grande vitesse de la salle du jugement quoique l'un d'eux n'était pas réellement un combattant du sombre monarque. Son aura même encore lointaine l'hurlait de par trop aux sens de la rousse chasseresse. Se concentrant sur le cosmos qui l'intriguait tant la splendide Vampire n'en manqua pas pour autant la suspension des jugements. Plus aucune âme n'arrivait et cela ne pouvait que signifier une seule chose. C'était bien une audience auprès de Minos que les deux nouveaux arrivants désiraient.

Se plongeant encore davantage dans l'étude des cosmos arrivant, elle répondit à la question de son supérieur.

- Oui, l'une des deux me semble bien connue mais son cosmos n'est plus exactement le même qu'avant. Comme s'il avait été mélangé à un cosmos autrement plus puissant...

Se concentrant encore plus, elle entendait les pas voire les murmures de deux voix. Tout était si intrigant qu'elle en oublia ses propres terreurs. Ainsi parurent deux femmes dont l'une portait le surplis de l'Alraune quant à l'autre...

Brunissen ? Ainsi, elle a été ramenée à la vie par notre propre seigneur.

A cette idée, la joie submergea le cœur de l'Etoile des Ténèbres avant qu'elle ne la réprime aussitôt. Il ne fallait pas qu'elle manifeste ainsi son amitié envers l'ancienne Zeta Prime aussi clairement devant Minos. Pas maintenant qu'elle s'était engagée à se contrôler. Écoutant tout aussi attentivement les paroles de l'Alraune que celles de Minos, elle glissa sans le moindre bruit dans l'ombre du juge. Son splendide regard posé sur l'ancienne dame d'Asgard, elle ne pouvait manquer la marque laissée par Hadès sur sa chair. Plus que les autres spectres, elle y était sensible. Sa seule faculté de détection cosmique suffisant largement à lui faire entrevoir le sceau divin.

Le temps s'écoula ainsi avant que le silence ne revienne. Les deux femmes demeurant muettes alors que le juge avait posé une question dont la vampire à la chevelure de feu connaissait déjà la réponse...

Et se doutant de l'état dans lequel toutes deux devaient se trouver après une telle audience, peut-être encore inachevé, elle prit doucement la parole, prenant de vitesse la spectre de l'Alraune.

- Sivir de l'Alraune, seigneur Minos. Je le sais car elle s'est aventurée dans mon bastion de White Rose à Londres alors que j'étais encore plongée en plein sommeil. D'ailleurs, je suis enchantée de faire enfin la connaissance de celle qui a pris soin d'entraîner mon infant de la Rose Noire durant mon absence. C'est par lui que je connais ton nom mais aussi par l'ensemble de mes serviteurs et familiers présents en ces lieux.

Et tendant la main vers la jeune femme qui ne pouvait qu'être remuée de tout ce qui venait de se passer, elle ajouta de sa voix enchanteresse.

- Lydia Carminia, Etoile des Ténèbres, sous les ordres du seigneur Minos. Quant à dame Brunissen, nous nous connaissons déjà.

Un gracieux mouvement de tête à destination de la combattante toujours agenouillée devant Minos. Parée de blanc et d'ambre, elle tranchait avec l'ensemble des trois spectres revêtus de couleurs sombres mais Lydia sentait bien que pas mal de choses en elle étaient sur le point de changer. Demeuraient-elles amies ? La splendide vampire au teint d'albâtre en doutait. Elle n'avait rien fait pour la sauver des griffes de son supérieur et avait mis un terme à l'existence d'Henriques. Si Brunissen devait déjà haïr Minos pour ses agissements envers elle, elle n'avait aucune raison de tenir davantage la Vampire dans son cœur. Un fait dont la spectre devrait tenir compte surtout après tout ce qu'il s'était passé depuis la chute de Lucinda, sa sœur cadette.

Enfin, une chose était claire, avec le traitement que lui réservait Minos, elle n'aurait guère à en souffrir. Autant laisser faire le temps et voir ce que le juge comptait leur ordonner, du moins si le cas de Sivir et de Brunissen était bien tranché.


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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 3 Juin - 20:50

C'était le moment de vérité. Me retrouver face à Minos avec Brunissen que j'avais sortie de l'enfer où il l'avait envoyée, était un risque énorme... et même si le Seigneur Hadès m'avait accordé son pardon, il n'était pas dit qu'il fasse de même.

Lorsqu'il s'adressa à moi, je pouvais sentir une pression semblable à celle ressentie face à Hadès, certes moins puissante, mais toute aussi désagréable

«Je le sais, Seigneur Minos. Et croyez moi, je pensais même à pire que le Cocyte.» la suite de son discours était davantage tourné vers Brunissen et je la laissais donc répondre comme il l'entendait, jusqu'à ce que Minos me demande mon nom... et je fus surprise que Lydia réponde à ma place? Ainsi, elle me connaissait? Oh... oui forcément, via Ezequiel. J'approuvais d'un signe de tête, bien que je ne mentionnais pas le fait qu'Ostro avait été responsable de son enlèvement! Je préférais éviter d'attirer des ennuis aux spectres qui me semblaient dignes de l'être, je me foutais des autres.

«C'est exact, Seigneur Minos. Je suis Sivir de l'Alraune, sous la protection de Queen. Et si cela peut vous rassurer, il n'était guère enthousiaste à l'idée que je sorte cette parfaite inconnue de l'Enfer où vous l'aviez plongée. Je ne saurais vous dire pourquoi je l'ai fait. Peut-être une curiosité mal placée de jeune spectre. Mais le Seigneur Hadès m'a bien mise en garde, j'ai eu l'immense honneur de recevoir son pardon une fois, mais cela ne se reproduira plus. Je viens donc, ici, vous en faire mention également...» mes joues se teintèrent de rose quelques secondes, il était donc question du message d'Hadès.

«Cependant, sachez que si j'ai agi ainsi, c'est également parce que ma vision des choses depuis mon arrivée aux Enfers a été sérieusement perturbée par certains des nôtres. Un sentiment d'égoïsme, mêlé d'incompréhension. Certains de mes frères d'armes m'ont semblé être davantage guidés par leurs sentiments personnels que par la volonté de servir notre Seigneur et Maître. J'ai cru voir en Brunissen une volonté et une fidélité que je n'ai vu nulle part ailleurs encore, d'où cette trahison envers vous...» je regardais alors Lydia, j'aurais préféré qu'elle ne soit pas là

«Le Seigneur Hadès m'a alors demandé...» je fermais un instant les yeux, essayant de reproduire fidèlement les mots de mon maître « si l’indéfectible fidélité teintée de sentiments que vous porte la spectre du Vampire est une faute à son égard ? » j'en avais le souffle coupé, mais je levais alors les yeux vers lui. Je devais soigneusement écouter sa réponse après tout, non?
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 3 Juin - 23:49

Serrer les mâchoires sans trop en avoir l'air, dominer les battements de son cœur qui s'emballait et surtout cette rage qu'elle sentait de plus en plus monter, tout en cet instant était une épreuve pour Brunissen. Surtout quand elle vit le juge se lever et avancer vers elle, Lydia le suivant de près. Revoir ce duo singulier, plus qu'uni tout en étant aussi différents que pouvait l'être le jour et la nuit, était un rappel constant de tout ce qu'elle venait de perdre et d'endurer avant son incroyable retour à la vie.

L'attaquer, lui arracher une nouvelle fois un cœur inexistant, rien de plus en cet instant ne la tentait mais elle devait se refréner, se rappeler de la promesse faite à Sivir suite à la décision d'Hadès. Elle se montrerait digne de la confiance et du risque que la jeune femme avait pris pour elle. Aussi, faisant montre d'une incroyable maîtrise, elle ne broncha pas quand le spectre du Griffon posa la main sur sa tête. Tout juste ferma-t-elle les yeux, s'offrant un moment de paix. Le givre qu'elle n'avait pu retenir la trahissait mais au moins, elle n'avait pas ses griffes déployées.

Respirant doucement, elle ne trembla pas une seule fois, crispant juste sa main droite posée sur son genou. Quelques secondes s'écoulèrent et le juge reprit la parole, constatant la marque divine naissant au bas de sa gorge et s'étirant sur et entre ses seins. Un sceau dont elle saisissait à présent l'importance. Il l'avait reconnu et visiblement l'acceptait sans broncher. Soupirant presque quand il ôta sa main, elle faillit protester à l'entente des paroles qu'il adressa aussi sec à Sivir. Un sermon teinté de menaces avant qu'il ne la gracie à son tour, suivant les pas de son seul et unique maître. Son seul amour se surprit-elle même à penser. Hormis Hadès, qui donc le juge pouvait-il réellement apprécier ?

Levant instinctivement la tête à l'énoncé de son nom, elle ne put échapper à son regard qui plongea dans le sien et répondit en ces mots.

- Oui, juge Minos, j'en suis parfaitement consciente. Sans l'intervention de l'Etoile de la Magie, je pourrirais certainement encore en cette horrible prison. J'en suis pleinement consciente. C'est un magnifique ange que les Nornes ont mis sur ma route et puissent-elles en être louées.

Difficile encore pour elle de citer les Moires. Pas mal de temps serait encore nécessaire mais la blonde nordique était plus que prête à faire de son mieux. Puis, retenant un soudain élan de violence à la teneur des mots qui suivirent, elle reprit.

- Oui, je vous hais. Je ne peux vous le cacher pas plus que je ne vous ferai l'affront de le nier. Vous êtes celui qui a détruit tout ce qu'il restait de mon ancienne vie et qui a brisé le lien que j'avais avec le spectre du Vampire noué. Rien ne met plus hors de moi que l'idée qu'elle vous obéisse aussi aveuglément. Sans ce rat de Gémeaux noir et sans vous, nous aurions lutté cote à cote jusque au bout... Seulement...

Elle se tourna alors vers Sivir, s'attardant un peu au passage sur le visage infiniment trop pâle de Lydia. Enfin aux yeux de ceux connaissant suffisamment les infants de la Nuit pour être capable de le sonder. Quelque chose ou quelqu'un, voire les deux, l'avait visiblement blessée et pour une femme aussi sensible et réceptive que l'était Brunissen, cela ne pouvait être aussi simplement dissimulé. Était-ce en rapport avec cette jeune sœur dont elles avaient vaguement parlé ? L'ancienne asgardienne n'en avait au final aucune idée et puis, ce n'était guère le temps de s'y attarder. Aussi, reprenant son souffle, elle poursuivit...

- Seulement, je ne peux que remercier votre dieu et celle qui est devenue aussi justement que vous l'avez dit ma nouvelle amie. Je lui ai déjà promis qu'elle ne le regretterait jamais. Et s'il y a une chose que vous ne pouvez me retirer, c'est de vouloir honorer mes promesses données. Combien de fois vous ai-je demandé de me laisser verser mon sang comme je m'y étais engagée et combien de fois avez-vous refusé ?

Je ne peux balayer d'un geste tout ce qu'il s'est passé. Tout le mal que vous m'avez fait mais pour me montrer digne de la confiance que votre dieu et l'Etoile de la Magie m'ont accordée, je suis prête à faire tout ce qu'il faut pour changer et juguler au mieux la colère et la haine qui se déclenchent en moi à votre seule vue. Accordez-moi juste une chance et le temps qu'une telle entreprise exigera. Je ferai tout ce qu'il faudra pour cela soit couronné de succès...


Sur ce, elle se tut de nouveau, baissant avec lenteur la tête. Elle avait été franche avec le juge Minos. Rien de pouvait de toute façon lui être caché, pas plus que ses sentiments à son égard ne pouvaient le choquer.

Un instant le silence retomba et ce ne fut qu'à l'intervention de Lydia qu'elle se redressa.

- Oui, nous nous connaissons.

Une nouvelle fois, elle surprit le trouble en son regard aussi fugitif soit-il. A ce jeu, l'ancienne guerrière divine était décidément plus que versée. Le spectre du Vampire d'une manière ou d'une autre souffrait. Devrait-elle l'aider ? Au fond, elle ne le savait. Lydia l'avait bien laissé périr. Mieux valait donc ne pas trop y penser. Laisser faire le temps et le destin...

Se replongeant alors dans son mutisme, elle écouta attentivement toute la suite. Une nouvelle fois, Sivir reconnaissait toutes ses fautes tout en se montrant plus que lucide quand au sort qui serait le sien si elle récidivait. Une marque de fidélité renouvelée qui fit sourire la belle nordique tout comme le fait qu'elle reconnaissait avoir agi sous le "regard désapprobateur" de Queen. Venait ensuite une nouvelle expression des doutes que l'Alraune nourrissait envers quelques-uns des siens. Un fait qui risquait presque de faire passer la jeune spectre pour une délatrice mais que le juge ne pourrait qu'apprécier selon ses propres idées. Puis, vint soudait la question qu'Hadès lui avait demandée de poser. Celle de l'affection toute particulière que Lydia portait au juge Minos.

Se tournant à son tour vers le spectre du Vampire, la blonde féline se doutait bien que voir exposé ainsi au grand jour la particularité de ses relations avec Minos ne pouvait guère l'enchanter. Surtout que Sivir avait omis l'un des détails qui avait abouti à cette question. Information que Brunissen se garderait bien de préciser. Après tout, la réponse du juge ne pourrait qu'être instructive. Qu'elle mette mal à l'aise la rousse Lydia ne serait qu'un détail de plus...

Hadès avait ordonné de la poser mais jamais, il n'avait insisté sur la manière dont cela se ferait.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Dim 4 Juin - 20:59

« Sivir de l’Alraune… »

L’Etoile des Ténèbres m’ayant répondu avant que l’intéressée ne puisse me répondre, je me contentais de retenir l’information avant de répondre aux mots emplis d’une haine glaciale que m’adressait Brunissen.

« Ainsi soit-il. Méprise-moi, hais-moi. Rêve donc de te venger, je n’en ai cure. En ce qui me concerne, tu es une toile vierge attendant que son destin ne prenne forme. Ce que tu feras de ta nouvelle existence définira la manière dont je te considèrerai. En bien, ou en mal. Le choix t’appartient. »

Le contrôle de l’ancienne Asgardienne était impressionnant, au moins pour une humaine venant d’ouvrir les yeux sur la vacuité de son ancienne vie, mais elle n’avait fait qu’effleurer la surface de vérités infiniment plus sombres.

« Cependant, si tu considères au moins la sagesse d’un être ayant vécu plus de trois mille ans, laisse-moi te donner ce conseil. Brunissen est morte. Morte et disparue avec son pays et ses illusions. Elle est tombée dans le lac de feu, et n’en ai jamais revenue. Celle qui se trouve devant moi en cet instant est une autre. Une autre qui doit se forger un nouvel avenir, un nouveau nom. »

Les souvenirs de l’ancienne Asgardienne l’enchainaient plus qu’elle ne la libérai. Pour son propre bien, il lui fallait le comprendre et avancer, sans quoi, son ancienne vie referai surface, avec son lot de péchés, et la fin qu’elle lui connaissait.

Et laissant l’Etoile de la Magie prendre la parole à son tour, je remarquais dans son attitude et ses mots les raisons de son trouble. De toute évidence, elle était jeune. Très jeune. Pas même une année depuis son éveil en tant que spectre. Pleine de doutes et d’interrogations comme nous l’avions tous été. Il y a si longtemps.

Ses raisons étaient compréhensibles, quoi que discutables. A la fois basée sur ses émotions mais également sur une certaine forme de logique. Un mélange aussi improbable qu’il avait été efficace en cette occasion.

« Cela ne m’étonne guère de Queen. L’empathie n’a jamais été son fort, pas plus que l’improvisation faisant fi de nos règles. Est-ce que ton analyse de la situation a été la bonne ? Je ne peux le dire. Seules les futures actions de Brunissen le démontreront. D’ici là, tout ce que je peux observer, c’est la bénédiction que notre Sombre Empereur lui-même a accordé à ton idée, une bénédiction fort rare qu’Il ne donne pas à la légère. »

Il était naturel pour un esprit humain d’éprouver des doutes. Et ils n’étaient pas à éviter à tout prix, cependant, tout ne pouvait pas être non plus résolu par la logique.

« En revanche, concernant tes doutes envers nos pairs, je voudrais que tu n’oublies pas ta place. Tu es encore jeune, inexpérimentée et impulsive. Juger ainsi tes frères d’armes ne t’apportera que le malheur. Si tu soupçonne la trahison dans leur cœur, le mieux que tu puisses faire est encore d’en rapporter la preuve à tes supérieurs. Mais n’oublie jamais que notre seul juge est, et demeurera à jamais le Sombre Empereur. S’il tolère des comportements que nous autres jugerions ignobles ou dégradant, alors qui sommes-nous pour dire le contraire ? »

Il n’était pas nécessaire de comprendre pour obéir. Parfois, tout ce qu’il fallait, c’était faire acte de foi.

« Aie foi dans notre Empereur Sivir de l’Alraune. Lui seul est vrai, et il est notre guide et notre bouclier. »

Pour les épreuves à venir, il était essentiel que l’Etoile de la Magie renforce son bras, mais avant tout sa foi, car elle seule avait le pouvoir de conquérir l’univers.

« Quant à ta question concernant l’Etoile des Ténèbres… »

Rien ne me prouvait en cet instant que cette demande émanait bien du Sombre Empereur, mais rien ne me prouvait non plus le contraire. J’aurai été bien curieux de savoir pourquoi Il avait fait Sivir porteuse d’une telle demande, mais cela devrait attendre.

« La mort n’a pas détruit nos cœurs. Il ne nous ai donc pas interdit d’avoir des attaches. Pas plus qu’il ne nous ai pas interdit d’aimer. En revanche, en acceptant le sombre habit des spectres, nous avons juré fidélité et obéissance absolue au Sombre Empereur. Laisser quoi que ce soit se mettre entre Lui et nous est donc une faute grave, et en cela réside notre sacerdoce. On ne peut servir deux maîtres, pas plus que l’on ne peut accorder son cœur à deux êtres. Viendra peut-être un jour où Lydia devra choisir entre notre Empereur et moi, et ce jour-là, j’espère qu’elle n’hésitera pas. »

Un Homme pouvait donner son cœur. Un Homme, pas un spectre. Pour nous qui avions tout donner au Sombre Empereur, il ne restait que notre honneur et notre serment. Telle était ma réponse à l’Etoile de la Magie, telle était ma noblesse.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 5 Juin - 10:56

Devenue plus que silencieuse, la spectre du Vampire se recula imperceptiblement. Sans un mot, sans un bruit, elle avait laissé les échanges reprendre leurs libres courts, témoin sans autre rôle en cet instant marquant la renaissance d'une ancienne alliée dont les sentiments étaient encore plus troublés que les siens.

La décharge haineuse à l'égard de Minos ne l'étonnait guère pas plus que la réponse que lui avait aussitôt adressée le spectre du Griffon. Plus de trois mille ans s'étaient écoulés depuis leur première rencontre et jamais le juge ne s'était arrêté. Un nombre incalculables d'âmes s'étaient succédé devant lui, apportant chacune un nouvel état, une nouvelle expérience de vie et de péchés. Tant d'actes tant de verbes, tout cela n'avait pu que faire croître encore et encore le savoir du fils de Zeus jusqu'à le sublimer.

Qu'est-ce qui pouvait encore le surprendre en cette époque sinon la nouveauté des arts et techniques employés ? Plus cruels, plus odieux les crimes étaient. Plus imaginatifs, destructeurs et déments que jamais et cela ne ferait que, avec le passage des ans, s'emballer. Telle était l'humanité, les moyens changeaient mais l'essence même des péchés persistaient...

L'Homme est la Bête...

Immobile, le regard comme perdu dans le vide, elle se concentrait sur le flot des paroles ainsi que sur le moindre changement se produisant en le corps des deux femmes présentes. Ouverte comme elle pouvait si souvent l'être, la spectre ne manquait pas la moindre variation de sang, de souffle, de changement de tons. Tout son être s'était concentré sur l'observation et les réactions...

Comme pétrifiée en cette attitude n'appartenant qu'à elle, elle n'accorda aucune réaction aux reproches de Sivir à l'égard des siens. Ce n'était ni son rôle ni son désir. D'expérience, elle savait que tout n'était pas aussi simple. Combien de ses gestes pouvaient être pris comme un manque de fidélité voire une trahison. Le fait qu'elle vive en surface détonnait déjà tout comme celui qu'elle pouvait se lier.

Elle était la nuit et brillait au grand jour...

Telle était sa vérité et son désir d'incessamment remonter.

Cillant à peine à la demande d'Hadès portée par la jeune spectre de la Magie, elle sentit pourtant son cœur réagir. Signe que malgré toute sa maîtrise, ses élans étaient bien présents, vifs et puissants. Par chance, personne ne pouvait les lire tant ils étaient dissimulés sous son armure...

Tournant alors ses sens vers l'Etoile de la Noblesse à qui elle venait de confier l'étendue de ses sentiments à son égard, la rousse vampire ne pouvait qu'anticiper la teneur de la réponse qu'il donnerait. Un fait qui se vit aussitôt confirmer. Fermant inconsciemment les yeux, la spectre inclina doucement la tête. Cette perspective, elle n'en était que trop consciente, pourrait un jour se présenter mais elle savait aussi qu'avant le juge qu'elle aimait, elle serait certainement déjà tombée. Hautement improbable donc, elle était...

Je n'ai aucune crainte à avoir, aucune honte à vous aimer, juge Minos...

Etant parmi les Etoiles Célestes, je serai sur le passage d'ennemis bien avant qu'ils ne vous atteignent et ne menacent notre merveilleux seigneur Hadès. Et s'ils parviennent malgré tout à passer, c'est que je serai déjà trépassée...

Ce choix que vous me tendez ne pourra sans le moindre doute jamais se présenter.

L'imaginer et le préparer restent juste une illusion car rien ne pourra jamais égaler l'intensité, l'urgence d'une telle situation...


Une pensée qu'elle n'avait gardée que pour elle. Même envers Minos, elle avait encore le droit de garder certains secrets. Ceux tenant aux plus profondes réalités de son être. La Bête remuant si loin en elle, le germe de fureur sanglante et sans nom dont elle conservait toute la puissance cachée. C'était l'autre facette de sa différence, la monstruosité qu'elle avait toujours, au fil des siècles, refoulée.


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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 5 Juin - 15:56

C'était le moment de vérité. Brunissen se retrouvait face à son bourreau, comment allait-elle réagir? je fus surprise de la voir garder autant son sang froid, mais j'étais tout aussi soulagée de voir que Minos était... compréhensif? Difficile à dire, en tout cas, il semblait accepter cette haine qu'elle lui vouait, tant qu'elle acceptait de respecter ce qu'il était et son rang. Au final, c'était le plus important, et j'avoue que ce type... forçait l'admiration.

Malgré tout, j'avais mes propres doutes, j'étais jeune spectre et j'avais trop peu de connaissance de ce monde qui s'ouvrait à moi. Les sentiments... je n'avais jamais été douée pour ça, je n'en avais jamais vraiment ressenti, ni amour, ni haine.. malgré tout, je me sentais guidée par une volonté pure et simple d'être fidèle et dévouée à Hadès et personne d'autre. Hors, je voyais autour de moi des chemins si différents, sans comprendre.

Aussi, la question fatidique tomba. Je prenais une profonde inspiration, ignorant encore ce qui allait me tomber dessus, mais une fois de plus, le Spectre me surprit par sa réponse calme et posée, et surtout par la pertinence de ses propos. Je me figeais une seconde, essayant d'analyser soigneusement sa réponse, puis je levais les yeux vers Lydia qui confirma alors ses paroles, et petit à petit, LA réponse, venait à moi

«Si je comprends bien... tout est question de priorité... tant que le Seigneur Hadès reste notre maître et notre voie principale, nous pouvons avoir notre propre chemin? Tant que ce chemin ne part pas à contre sens je veux dire...» était-ce une façon de voir? J'avais du mal à comprendre encore, j'avais du mal à imaginer que je puisse avoir... une vie? Autre que celle de spectre au service d'Hadès. C'était étrange, j'avais comme une sorte de blocage en moi

«Mais pour les sentiments, c'est quelque chose que je ne connais que trop peu pour pouvoir comprendre ce que vous pouvez dire. Je présume que tant que les sentiments n'affectent pas le devoir, il n'y a aucun mal? Mais qu'en est-il entre un Maître et son disciple? Est-il possible que le disciple voue davantage de respect à son maître qu'au Seigneur Hadès?» car c'était aussi là l'une des raisons de mes doutes... pas seulement pour ces deux là, car en fait, je ne savais même pas que la Vampire aimait le Juge des Enfers, alors...

Et je regardais alors ma main, là où la marque du Nécromancien apparaissait encore.. je pensais à autre chose, par rapport à ce que Minos venait de dire

«Et... concernant les âmes des Enfers... si je ne me trompe pas, elles devraient toutes revenir au Seigneur Hadès, n'est-ce pas?» je lui montrais alors la marque sur ma main, j'ignorais s'il allait la reconnaître ou non «hors, Nero, Spectre du nécromancien, mais affublée de cette marque qui absorbe les âmes que je dois lui apporter pour être libérée d'un pacte qu'il a passé avec moi. C'est une forme de malédiction pour que ces âmes lui reviennent... mais n'est-ce pas une forme de vol à l'encontre de notre Seigneur et Maître?»

Sérieux, si Minos pouvait me virer cette foutue marque, ce serait bien, tiens...
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 5 Juin - 17:17

Aux paroles de Minos, un sourire indéfinissable s'était dessiné sur les lèvres de Brunissen. Qu'elle le haïsse ne le dérangeait pas outre mesure. Au final, seuls ses actes futurs compteraient, pèseraient sur la balance de sa nouvelle destinée. De quoi faire redresser de plus belle la tête à la féline. En effet, quelque chose en elle avait bien changé mais pas forcément de la manière dont le spectre l'affirmait. Enfin, ce n'était jamais qu'une façon de penser, une vision qui entre eux divergeait.

- Vierge... Non, je ne le pense pas, pas comme vous l'envisagez en tout cas. Pour que je redevienne totalement vierge et innocente, tel le nouveau-né, il aurait fallu me plonger dans le Léthé. Effacer tout ce qui avait fait de moi la femme que vous avez jugée. Pourtant, ce ne fut pas le cas...

Un élément qui valait sans doute la peine de s'y attarder.

- Comme le seigneur Hadès l'a bien signifié, je ne suis compatible avec aucune de ses étoiles. Aucune âme, aucun surplis ne peut fusionner avec moi en l'état. Je ne suis plus qu'un être égaré mais encore doué de cosmos et de l'art d'en jouer. Art qui se serait perdu avec l'effacement des souvenirs...

Et ne détournant pas une seule fois la tête, elle poursuivit d'un ton étonnement dénué de tout sentiment, de la plus petite vibration.

- Et m'aurait rendue inutile... Totalement inutile et jetable. Qu'il m'offre une nouvelle chance tout en me laissant la mémoire montre son infinie sagesse tout comme l'avertissement qui plane sur moi. J'ai beau être revenue à la vie, rien ne serait plus simple que de me la reprendre. L'épreuve que je subis depuis mon retour à la vie prend tout son sens à présent. Je ne peux que contempler la ruine de mon ancienne existence et les pertes irréversibles tout comme je ne peux qu'avancer vers l'avenir si je ne veux pas simplement me laisser dépérir... ce qui serait une faute encore pire que les précédentes...

Vivre et se reconstruire ou simplement se laisser échouer et périr puis retourner en une autre prison...

La blonde nordique était plus que lucide sur les conséquences qu'auraient ses deux éventualités. Songeant à son précédent changement de nom, elle ne pouvait en déduire qu'une seule chose, elle avait échoué, totalement échoué.

Une prise de conscience qui lui faisait mal si mal mais était aussi vraie. Elle ne pouvait le nier, ni se le cacher. Sans doute regretta-t-elle un court instant l'occasion qu'elle avait eu de toute oublier, de redevenir une simple mortelle parmi les autres, loin des dieux et loin des éveillés. Tout cela était loin si loin...

Alrun...

Ce prénom résonna avant de disparaître de nouveau. Plus qu'autre chose, il était le symbole de son échec, de sa perte. Rechanger de nouveau de prénom ? A quoi bon dans l'immédiat alors que plus rien n'était certain sinon la marque apposée sur sa poitrine et la chaîne la liant à Sivir.

Toute plongée en ses pensées, elle capta le reste comme une sorte de brouhaha, ne réagissant qu'à l'ultime réplique du juge et au verbe qu'il avait employé. Un seul mot, un seul verbe mais porteur de tant de doutes.

Se pourrait-il ?

Glissant son regard sur Lydia, elle remarqua le masque de façade que cette dernière arborait. Cette façon qu'elle avait de se cacher surtout quand elle se sentait épiée.

Impossible à savoir mais pas impossible tout court. Cela expliquerait pas mal de choses et après tout que m'importe. Si j'étais encore la Brunissen d'avant, je ressentirai sans le moindre doute de la pitié face à un tel amour mais maintenant que m'importe qu'elle ne puisse en retirer que souffrances et déceptions.

Telle s'annonça la première manifestation du changement sur le point de se produire en elle avant que toute son attention ne se reporte sur la suite de la conversation et d'événements qu'elle découvrait en même temps que le juge Minos.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 5 Juin - 19:04

Encore sous le choc de ma précédente réplique télépathique, et surement perdue dans ses pensées, l’Etoile des Ténèbres s’était faite muette. Après trois mille ans d’existence, son cœur était toujours fragile, si fragile qu’il menaçait à présent de rompre.

*Tapie dans l’ombre, la Bête attends. Elle gratte et gratte encore sous la surface de ta conscience. Cette partie de toi que tu as toujours cherché à me cacher, et dont j’ai toujours feint l’ignorance.*

Un secret qui devait le rester, du moins tant que le spectre du vampire le désirerait.

*Renforce ton cœur Etoile des Ténèbres. Pour ton avenir. La douleur sera ton professeur, et mon enseignement sera ton mantra.*

Laissant Lydia avec ses pensées, je reportais mon attention à l’ancienne Asgardienne dont la dernière réplique respirait une forme de nostalgie mêlée de masochisme.

« Tu te trompes en pensant que tes souvenirs sont tout ce qu’il te reste. Ils enchaînent plus qu’ils ne te libèrent, et cette puissance qui est la tienne, rien ne pourra jamais t’en priver, sinon les dieux. Même le Léthé ne saurait te réduire à moins que toi-même. Tu fus Brunissen. Son corps, ses souvenirs, ses émotions. Aujourd’hui, née de ses cendres, tu as sa puissance et ses souvenirs certes, mais pas ses péchés. N’oublie pas, ce sont nos choix qui nous définissent. Pas notre mémoire. »

Celle-qui-fut-Brunissen devait le comprendre, et avancer. Il lui faudrait du temps et du courage, mais si elle y arrivait, elle pourrait se forger un nouvel avenir avec cette fois, la connaissance qui faisait défaut à tant de mortels : celle de l’après-vie.

Et recevant les nouvelles questions de l’Etoile de la Magie, je me demandais alors ce que Queen et son supérieur avait bien put lui enseigner jusqu’ici pour qu’elle soit encore si perdue.

« Tu résumes bien la chose, spectre de l’Alraune. Deux rivières peuvent parfois se rejoindre pour former un fleuve. Et de la même manière, deux chemins peuvent parfois se rejoindre pour unir leur force. Nous avons tous choisi d’embrasser la vision du Sombre Empereur car elle correspondait à un souhait secret que nous avions formulé dans nos cœurs. Certains ont choisi de le servir par soif de pouvoir, d’autre par peur de leur jugement dernier, et d’autre comme moi l’ont fait dans le but de concrétiser une vision du monde que nous sommes peu à partager. Au final, les raisons nous ayant poussés à porter l’habit sombre des spectres n’ont pas d’importance, tant que demeure intacte la fidélité à notre Empereur. »

Un spectre pouvait avoir sa vie et il pouvait avoir ses rêves. Mais jamais il ne devait perdre de vue son devoir ou laisser les mesquineries de son égo le mener sur la voie de la trahison. En cela résidait l’ultime tabou, le péché au-delà de tout repentir.

« En effet. L’obéissance et le sens du devoir doivent être au-delà de toutes autres considérations. Nous sommes des spectres, les anges de la mort du Sombre Empereur, et tel est notre raison d’être. Celui qui l’oubli ou le renie devient parjure, et le bûcher éternel sera sa seule miséricorde. »

Ayant toujours eut les traîtres en horreur, j’avais été celui châtiant avec la plus grande sévérité ceux et celles s’étant détourné de notre Empereur, et leur sort résonnaient encore dans l’éternité comme autant de synonyme de souffrance éternelles.

« C’est hélas possible, car l’âme humaine, malgré la générosité de notre Empereur, demeure encline à céder à ses plus vils instincts, tel que le besoin d’aimer, et la facilité de choisir ce qu’il peut étreindre et sentir sous ses membres. Des lacunes que nous héritons de notre ancienne vie terrestre et dont il nous faut nous départir au plus vite. En tant qu’immortels soldats au service du Sombre Empereur, notre devoir est de devenir plus que de simples hommes. Nous devons nous évertuer à essayer d’atteindre la perfection des dieux, même si elle demeure à jamais hors de notre portée. Ceux qui se perdre dans l’amour physique et choisissent d’aimer la chair plutôt que l’esprit sombrent dans leurs travers terrestres, mais tôt ou tard, selon le bon vouloir des dieux, ils devront évoluer, ou sombrer. N’oublie jamais Etoile de la Magie, devenir spectre ne nous rends pas meilleur, c’est ce que nous choisissons de faire de ce don qui définit si nous nous en montrons digne, ou non. »

Fidèles, obéissant et reconnaissant, nous devions l’être et le rester jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce que le monde renaisse, et que notre devoir prenne fin. Ceux qui l’oubliaient ne valaient guère plus que les porcs vivants à la surface. Tout se paierai en temps voulu. Rien n’échappait à notre Sombre Empereur en Son empire, ni les esprits, ni les cœurs, ni les âmes. Il fallait avoir la foi. Croire en Lui.

« Hum. »

Observant alors le sceau du vide d’âme que Sivir portait dans sa main, j’y reconnaissais là un arcane strictement interdit d’utilisation sur l’un des nôtres, mais dont visiblement l’actuel spectre du Nécromancien avait usé sur le spectre de l’Alraune.

« Si ce que tu dis est vrai, alors ce Nero a enfreint la Loi infernale en t’apposant cette malédiction. Aussi je ne serai pas surpris qu’en cet instant, son âme misérable fasse partie de la légion éthérée qui attends par-delà ces portes. »

Notre Glorieux Empereur n’aimait pas que l’on transgresse sa Loi, pas plus que je n’aimais ceux qui abusaient de leur pouvoir pour assouvir leur ambition égoïste. Certes, Il restait la fin de toutes âmes, et à lui toutes les âmes finissaient par revenir ; mais qu’un autre se déclare ainsi digne de retarder ce saint processus… Hubris intolérable.

« Je regarderai pour toi dans le Registre des Morts, et si jamais ce misérable s’y trouve, et bien notre Très-Saint Empereur aura rendu la sentence qu’il mérite. En attendant… »

Prenant doucement la main de l’Etoile de la Magie dans la mienne, j’apposais ma dextre contre la sienne, paume contre paume, et y déversais mon cosmos en une lumière violacée qui illumina nos visages et la salle d’audience.

« Je te libère de cette malédiction injuste. »

Oblitérant l’arcane fait de cosmos à l’aide de mon propre cosmos oh combien plus puissant, je libérai du même coup de sa prison les âmes qu’il contenait et qui allèrent prendre leur place dans la file de leur semblable en attente de leur jugement.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 5 Juin - 21:50

Lointaine et si proche, la chasseresse errait comme perdue en elle-même. Tant d'émotions en si peu de temps l'avaient secouée. Entre son éveil sur son antique lit de terre sacrée, au plus profond de la lointaine Ecosse, et son retour en cette salle où elle avait osé livrer, au juge, le plus précieux de ses secrets, plus d'une fois, elle avait été blessée. Le poignard d'Inferno en sa chair avait tourné et retourné jusqu'à ce que son sang cesse de s'écouler. Ce genre d'offrande, sacrée d'entre les sacrées, laissait aussi ses traces.

Aussi lui aurait-il fallu plus de temps pour récupérer mais du temps, en l'occurrence, elle n'avait pas, n'en avait plus. De l'avant, elle devait désormais aller. Cela passerait ou casserait...

Pour notre seigneur Hadès, fasse que cela passe, fasse que cette faiblesse, cette brèche au plus fort de mon âme se comble.

Le risque était plus que réel, immense et inévitable, il lui faudrait pourtant le prendre et survivre. Rompre la rendrait encore plus vulnérable qu'un oisillon abandonné au nid et nombreux seraient les charognards à venir tenter leur chance. Et ce dès que la reine aurait chuté...

Et toi aussi, Lucinda...

Face à l'inéluctable, la No-Life Queen n'aurait pas hésité et la réciproque ne pourrait qu'être vraie. Le Sang des Carminia revenait aux Carminia et face à l'emprise qu'Athéna exerçait sur sa plus jeune sœur le pire serait à craindre si elle venait à chuter. Déjà, la méfiance en sa propre maison à l'égard de sa cadette régnait. Et même elle, pas un instant, elle ne lui aurait révélé l'emplacement de ses demeures consacrées. Trop récent, tout était trop récent pour prendre des risques inconsidérés.

Sentant les regards aller et venir sur elle, la rousse vampire releva soudain la tête. Un éclair soudain embrasa ses yeux, elle n'appréciait pas qu'on la sonde. Un avertissement à l'ancienne asgardienne qui la dévisageait avec trop d'insistance.

Ne laisser ses défenses s'effondrer, elle n'avait aucun droit à la faiblesse. Surtout maintenant qu'elle la sentait remuer aux portes de sa conscience. Depuis des siècles, elles cohabitaient, plus que cela, elles étaient une.

Pureté et Bestialité...

Arès...


Pourquoi craignait-elle plus que tout de recroiser la route de ce dieu parmi tous les autres. Des millénaires s'étaient écoulé depuis qu'elle avait succombé en même temps que les Amazones. Elle n'avait eu et n'aurai jamais la moindre attache avec lui, aucune sinon cette facette qui lui rappelait de part trop les mythes des berserkers.

Devenir un danger pour les siens, devenir une arme prête à frapper, faisant fi de tout ce qui pouvait à eux la lier.

Puisse la Bête me donner la force de vous laisser face à votre fatalité si d'aventure cela devait arriver. Lancée, elle ne pourra que poursuivre selon l'ultime ordre qui en son être se sera imprimée.

Son ultime carte, la seule capable de la faire basculer et faire passer Minos de l'état d'idole à gibier.

Rochel...

Le temps de quelques secondes, les visages de deux porteurs du surplis du Griffon se superposèrent. Un souvenir, un instant, une blessure : celle qu'elle avait infligée au précédent juge sous sa facette bestiale. Les circonstances étaient extrêmes mais cela s'était bien passé. La Bête avait pris le devant et elle avait chargé l'Etoile de la Noblesse avec une puissance renouvelée. Plus d'hésitation, plus de ces sentiments qu'il condamnait tant mais la Soif aveugle de Sang, de Destruction frappant sans pitié celui qui se trouvait au-devant. L'ultime carte de survie de la spectre, l'ultime arme à double tranchant.

Songeant à l'inévitable révélation de cette part d'elle-même qu'elle ne pourrait plus lui dissimuler, l'Etoile des Ténèbres retenait tout soupir menaçant de lui échapper. Il fallait qu'elle tienne, qu'elle se prépare à cette confrontation qui ne pourrait que mal se terminer. Plus pour elle que lui au vu de leurs forces respectives, mais indemne, aucun des deux ne ressortirait.

Ne pas y penser, ne pas y penser. L'heure n'était pas encore venue...

Incertain, mouvant, l'avenir était et demeurait, ne comptait réellement que le présent. Le présent et ce qui en cet instant était en train de se dérouler. Les paroles de Sivir, sa prière au juge de la libérer d'un sort injuste résonnèrent en son esprit. A ces mots, la splendide Vampire avait senti ses sens s'embraser et avec eux, l'indignation l'avait submergée. Se faisant alors violence pour ne pas se précipiter et interrompre les paroles et les gestes du juge, Lydia patienta jusqu'à ce la marque disparaisse enfin...

- Et j'ai la certitude qu'il y est déjà. En les terres de Death Queen Island, j'ai pu sentir des cosmos s'éteindre aussi bien que d'autres changer au point d'en devenir méconnaissables. Et l'énergie du Nécromancien tout comme celle de Rhinocéros en faisait partie...

Baissant les yeux comme elle avait tant l'habitude lors de ses transes, la No-Life Queen reprit.

- Qu'Ostro soit revenu à la Non-Vie contrairement à Nero est une preuve plus qu'éclatante. Nul ne peut tromper notre merveilleux seigneur Hadès... et encore moins gâcher la seconde chance qu'en sa grandeur, il vous a accordé.

Et approchant doucement doucement de Sivir d'un pas lent, gracieux, presque dansant, Lydia poursuivit de sa voix enchanteresse.

- Corps et âme nous appartenons à notre seigneur. Même si certaines apparences peuvent paraître trompeuses, jamais, un spectre digne de ce nom ne s'éloignera réellement de notre seigneur Hadès. La faiblesse, nous y sommes tous confrontés, tout comme la tentation de se laisser aller au plus vil des instincts pour certains.

A ces paroles un sourire mélancolique se dessina sur ses traits.

- A peine éveillée, j'avais aussi été envoyée au front. Au Sanctuaire de la déesse Athéna plus exactement et de nombreux saints croisèrent ma route jusqu'à ce que je tombe sous les coups du saint des Poissons. Pour ma bravoure au combat, Perséphone, notre incomparable impératrice me rendit ma Non-Vie au nom de son divin époux. Mon retour aux Enfers s'ensuivit et je sombrais dans un sommeil profond. Sommeil dont profita le spectre du Ver pour tenter de me faire goûter à ses tentacules.

Et le temps de laisser passer quelques secondes, elle enchaîna.

- Avant que je ne me réveille et ne lui apprenne que ce genre de chose ne se faisait pas. Je n'ai pas hésité à me défendre tout comme je n'aurais pas hésiter à appeler à l'aide si jamais la situation avait dégénéré. Tout cela pour te dire que ce genre de chose peut arriver mais qu'aucun spectre n'a le droit d'abuser de sa force sur un autre ou de profiter de son inexpérience de jeune éveillé.

Et s'adoucissant soudain, la spectre acheva.

- Pourtant, je dois reconnaître que malgré tout ses travers, j'ai fini par apprécier Raïmi. Le Ver n'était jamais que l'incarnation de son Etoile et tous ses vices en découlaient. Il avait beau être ce qu'il était, il n'en demeurait pas moins un fervent serviteur de notre maître. Pour lui, il est mort plusieurs fois face à des ennemis autrement plus puissants. Pour lui, il s'en rendu en ambassade à plusieurs occasions, se prenant même des coups immérités. Entre lui et la dernière incarnation du Nécromancien, un véritable fleuve circulait. Nous ne sommes pas des saints mais des anges de la mort, des anges baignés dans les tréfonds des Enfers et sensibles aux élans de nos Etoiles respectives.

Un regard à Minos qu'elle ne pouvait s'empêcher de chérir malgré l'interdit pesant sur eux.

- Sensibles à nos cœurs ou nos vices... Tout n'est pas si simple, loin d'être si simple. Quant à moi, je ne peux nier la nature du lien m'unissant à Minos mais le servir, lui, revient à servir notre seigneur Hadès. Rien sinon la folie, la pire des malédictins ou la possession divine ne pourrait l'écarter de son chemin de Droiture et de Dignité. Et si cela venait à arriver...

Une larme sembla même briller à cette idée.

- Je n'aurais pas d'autre devoir que totalement l'annihiler. Aussi dur que cela soit, aussi dur que cela me coûtera, je dirigerai toute la puissance de mon Etoile à son endroit. Pour Hadès et pour lui, je n'hésiterai pas. Plutôt la fin que le déshonneur et la trahison...

Puisse ce jour ne jamais arriver...


* Pardonnez-moi, seigneur Minos, pardonnez-moi mais je n'aurais jamais d'autre choix. *
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 5 Juin - 23:34

La situation semblait tourner... bizarrement. J'ignorais exactement pourquoi. Dans un premier temps, j'avais été terriblement soulagée. Les paroles de Brunissen semblaient décrire Minos comme un être cruel et sans âme, hors je ne voyais en lui que sagesse et grandeur, tout en gardant son humilité. Je ne pouvais le nier, il me fascinait. Oh, que la belle Vampire ne soit pas jalouse, il ne me fascinait pas dans ce sens là, mais il me redonnait foi en les Spectres.

La nouvelle du pacte de Nero ne semblait pas plaire. Elle n'avait déjà pas plu à Dame Aërys... elle aurait surement pu me retirer la marque elle-même, j'avais l'impression que c'était ce qu'elle comptait faire avant de... un goût amer en bouche, une boule au ventre aussi, mais j'essayais de ne rien montrer.

Je levais la main, et Minos s'en approcha pour retirer enfin cette marque maudite. J'avais l'impression qu'un énorme poids se libérait de ma poitrine, comme si je ne pouvais plus respirer depuis des jours sans que je ne m'en sois rendue compte!

«Je vous remercie pour vos paroles, au Grand Juge. C'est un honneur d'avoir pu m'entretenir avec vous et une véritable libération, tant dans mon corps par le retrait de cette marque, que par mon âme grace à vos réponses. J'ai une vision plus claire de mon rôle, de mon camps et de mon destin, désormais... j'espère pouvoir grandir et devenir suffisamment forte pour être digne des chances qui m'ont été accordées aujourd'hui.» le pardon d'Hadès, l'arrivée d'une nouvelle alliée, ma libération.. je regardais ma main, enfin blanche et lisse, débarrassée de cet œil immonde. J'avais aussi senti les âmes ramenées de Londres qui avaient pu quitter mon corps pour se rendre à leur tour à leur jugement.

Lydia m'annonçait alors que Nero était mort? Ces âmes étaient donc prisonnières en moi, et pour rien? Quelle horreur... non, pas pour leur supplice, mais du fait qu'elles n'aient pas été là où elles devaient être! Ici, dans les Enfers, à être jugées. Je me sentais désormais libre, mais la Vampire n'avait pas fini avec ses vérités. Je levais les yeux vers elle, suivant son mouvement alors qu'elle semblait me tourner autour... lisait-elle en moi?

«J'ai l'impression que vous parlez... d'autre chose.» sauf que non, je m'étais un peu trahie moi-même sur le coups. Elle parlait d'elle-même et pas de moi. J'avais rougi l'espace d'un instant, ce vil souvenir honteux, un autre trouble passé, un autre doute.

Mais j'écoutais attentivement, écoutant ces noms que je ne connaissais qu'à travers Queen, et d'ailleurs... je détournais un peu les yeux, alors qu'elle me parlait des nombreuses vies de chaque Spectre. Raimi du ver... moi je le connais sous le nom de Niobé.

«Vous semblez avoir vécu bien des vies. Mais la mienne... est censée n'être qu'éphémère. Je ne suis que le réceptacle de Queen. Tôt ou tard, son enveloppe charnelle renaîtra et je disparaîtrai. Je me retrouverai ici, jugée par vous, Seigneur Minos, et ce jour là, j'espère vous faire honneur en acceptant avec dignité la prison où vous m'enverrez. Mais j'espère surtout que d'ici là, j'aurai servi notre Seigneur tel qu'il l'aura attendu de moi.»

Je ne m'étais jamais fait d'illusion quant à ma durée de vie en tant que Spectre. Dès que j'ai compris que Queen était en moi, j'ai su que ce ne serait que temporaire. Mais cela m'était égal, c'était toujours mieux que la vie que j'avais dans mon village, j'avais un véritable destin après tout. De ce que j'avais pu voir, les autres Dieux font miroiter des rêves de paix, d'amour et autres niaiseries tout en complotant dans le dos de leurs serviteurs pour obtenir le pouvoir. Hadès, lui, est honnête et ne cache rien de ses vraies intentions. Purifier ce monde putride de son mal ne se fera pas avec l'amour et les petits papillons, je l'ai toujours su au fond de moi...

Un léger flash m'aveugla, un souvenir lointain... un livre reçu... un colosse sans visage qui me le tend...

Puis l'image s'efface. C'était quoi ça encore? Je levais les yeux vers Minos, avant de me souvenir de la présence de Brunissen.

«Seigneur Minos... notre Maître m'a demandé de veiller sur Brunissen. Puis-je l'amener dans mes quartiers?»

J'étais sous les ordres de la Juge de la Wyverne, mes quartiers étaient donc là bas, au delà de la huitième prison dans ces temples de glace. Mais heureusement, mon petit temple n'était pas gelé, il y faisait bon pour que je puisse avoir mon jardin à moi, très important à mes yeux... malgré tout, je supposais que nous avions peut-être fait perdre assez de temps au Grand Juge, bien que j'aurais aimé lui poser une question concernant mon propre passé. Ces bribes de souvenirs qui semblent m'avoir été mystérieusement arrachés... pourquoi?
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Jeu 8 Juin - 10:26

- Mes souvenirs et mon expérience...

Qu'ils ne me définissent pas selon les critères des Enfers ne remet pas en cause leur existence et leur valeur insigne. Ils sont une part de moi, une part que je ne peux arracher de mon propre fait.

Plus que cela encore, ils sont ce qui fait que je sois plus qu'un simple diamant brut. Avoir la puissance, aussi grande soit-elle, est une chose, savoir s'en servir en est une autre...

Sans les enseignements que j'ai reçus, je n'aurais sans doute même pas la possibilité d'embraser mon cosmos et d'user de mes pouvoirs aussi dérisoires soient-ils à présent. Une simple tempête de neige, je ne serais guère plus qu'une simple tempête de neige...


Entre Minos et Brunissen, le terrain d'entente serait extrêmement compliqué à trouver. Tous deux avaient des visions différentes sur bien des points. Qu'elle puisse encore se raccrocher aux seules possessions en propre qu'il lui restait devait le dépasser. Lui qui n'avait absolument plus rien en ce sens. Toute sa vie, toute son existence était liée, dévouée à Hadès, à sa fidélité et son devoir. Que ferait-il sans ses milliers d'années d'expérience face à une telle foule de défunts se pressant aux portes du tribunal ? Qu'est-ce qui lui offrait une telle efficacité si ce n'était la Sagesse qu'il possédait déjà de son vivant et sur laquelle était venue se greffer celle acquise au fil de ses longues années ? L'apparente désorientation de Sivir n'était-elle pas une preuve de plus de l'importance des enseignements reçus ? Tant de choses son Etoile semblait lui avoir cachées ainsi que son supérieur direct.

Soupirant silencieusement, autant pour se détendre et que calmer l'agacement qui était le sien, elle reprit.

- Une tempête frappant au hasard alors que ce n'est sans doute pas ce que désirerait le seigneur Hadès à mon sujet. Ne voyez surtout pas de blasphème en mes paroles, je dis juste que je ne sais pas exactement ce que le seigneur Hadès attend de moi mais pour en revenir à ce qui nous intéressait : c'est en ce sens que je parlais, en ce sens, et non en celui du fait que je sois plus qu'une simple page vierge. Et souriant doucement. Je suis juste le prochain chapitre, celui qui devra se construire sur la mort du " vieil homme ", la fin de l'être que j'étais avant mais tout en conservant mes talents dans l'espoir de les voir croître à nouveau, voire évoluer.

Que je sois redevenue vierge de tout péché, je l'ai compris tout comme j'ai compris que ce sont les nouveaux actes que je commettrais qui décideront de ma nouvelle vie. Soyez assuré que j'ai compris...


Se taisant soudain, la blonde nordique s'efforça de calmer les tremblements qui la prenaient. Qu'elle fut obligée d'échanger aussi longtemps avec ce juge qu'elle détestait était une épreuve de plus et c'était bien cela le plus dur, devoir confronter ses propres certitudes avec celle de ce spectre alors qu'elle venait à peine de revenir à la vie.

Se calmer, elle devait se calmer alors que lentement en elle, la réalité s'imposait. Libre, elle ne serait plus jamais. A l'existence rude parfois cruelle mais aussi plus que souvent heureuse qu'elle avait eu à Asgard, c'était substituée une autre réalité. Une vérité horrible en sa clarté et qu'elle ne pouvait que contempler. Aucune échappatoire n'existait. Comme toutes les âmes, elle était vouée à retourner à la fin de son existence en ce lieu qui l'étouffait... La Liberté de choix n'avait été qu'une illusion, tout était déjà joué au moment exact où le souffle de la vie s'envolait.

Pourquoi suivre Hadès ? Pour échapper au sort terrible qui avait été le sien ? Elle ne savait, en cet instant, elle ne savait pas réellement. Tous ses anciens repères s'étaient effondrés et l'idée de devoir se raccrocher au juge Minos était une souffrance de plus. Brisée, l'âme de l'ancienne asgardienne l'était et il lui faudrait du temps pour se retrouver...

Et du temps, vraisemblablement, elle en aurait. Se penchant sur les échanges entre les trois spectres, elle se heurta au regard de la spectre du Vampire.

Cela te déplaît ?

Un fait qui valait la peine d'être noté. Que l'Etoile des Ténèbres soit bouleversée au point de s'emmurer sous une façade d'apparente indifférence voire de se protéger soulignait bien l'état de trouble qui était le sien. D'autres choses avaient du se passer depuis sa mort et visiblement, elles l'avaient plus touchée. Glissant de la spectre au juge, Brunissen ne pouvait que lui attribuer une large part de responsabilité.

Toi seul peut la mettre dans cet état. Que lui as-tu dit ou fait ?

Une question dont pas mal d'éléments de réponses allaient se révéler. Déjà que la spectre admettait être liée à Minos et sans doute bien plus que par une simple amitié. Mémorisant cette découverte, la féline se disait que rien ne pouvait être pire que de se sentir à ce point rejetée car au vu de ses paroles, de sa philosophie tout entière, Minos ne pouvait que la repousser.

Et que feras-tu si elle s'intéresse à d'autres hommes et que l'un d'eux prenne la place que tu portes en son cœur ? Cela ne te plaira pas plus...

Sans doute ne ferait-il, ne dirait-il rien tant que cela ne nuisait pas à sa fidélité envers Hadès mais ce n'était pas vraiment à lui que songeait Brunissen. Le fait que Lydia puisse être amoureuse d'un tel juge était pour elle une source d'immense étonnement. Ce genre d'être n'était pas fait pour être aimé et ne cherchait même pas à l'être. Qu'il ait pu attirer une spectre comme l'Etoile des Ténèbres était une source de mystère à ses yeux.

Pauvre petite reine... Jamais, il ne te répondra comme ton cœur le voudrait...

Brunissen cherchait-elle la vengeance ? Pas réellement en fait et puis, contre quoi contre qui ? Lydia était déjà son propre bourreau et Minos demeurait proprement inattaquable. Ils n'avaient pas besoin d'elle pour se faire du mal et elle n'y aurait rien à gagner. Aider la spectre à se détacher sentimentalement du Griffon aurait pu être dans ses cordes mais c'était avec Hadès qu'elle avait passé un pacte et non avec ses spectres. Hormis Sivir, elle n'avait pas à s'en préoccuper.

D'ailleurs, songeant à Sivir, la blonde guerrière n'avait rien manqué du récit de ses mésaventures récentes. Face à ses pairs, elle semblait avoir été, de par sa jeunesse, une proie de choix. Quelle malchance pour elle de ne pas être tombée directement sur des spectres de la droiture du juge ou de Lydia. Aucun d'eux n'aurait abusé de sa position ou de son ancienneté. Tout comme Ostro dont la seule faute était ses soucis majeurs de compréhension. Étrange qu'elle pensât à lui en cet instant. Elle le connaissait comme d'autres spectres et sans doute était-ce un avantage en ce genre de cas d'avoir quelques souvenirs les concernant.

Se retenant de tourner la tête vers elle à l'audition de sa demande la concernant, la jeune femme demeura coite le temps que le juge donne sa réponse.
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Hadès


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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Ven 9 Juin - 20:48

[HRP : Un dé a été lancé pour chaque perso. Suite au résultat, Hadès va vous envoyer sur tel ou tel continent. Quant à la localisation dans un pays précis, vous serez avertis par mp par Fatality.

J'anticipe un peu pour le poker Wink ]

Sur l'Île maudite, le combat s'étirait en longueur, retenant toute l'attention du sombre empereur sur les trois hérauts opposés au sacrilège Pséma. Fait qui ne pouvait que lui révéler la perte des trois artéfacts divins en plus de la disparition pure et simple de Balmung. De quoi lui faire sérieusement froncer les sourcils sur le coup avant qu'il ne se détende soudain face à ce nouveau cadeau du sort.

En effet entre les saints encore pris dans la tourmente des combats, les vestiges de l'armée de Poséidon, tout s'annonçait au final pas si noir que ça. Entrevoyant un magistral coup de poker en puissance, le maître de l'Outre-monde se concentra de nouveau sur les Enfers et ses spectres si puissants.

D'un geste, il matérialisa une nouvelle représentation diaphane de sa glorieuse personne, s'adressant directement à ses fidèles présents en son temple du jugement.

" Minos du Griffon, Lydia du Vampire et toi, jeune Sivir de l'Alraune, l'heure étant une nouvelle fois particulièrement grave, je m'adresse à vous en cette seule salle parmi l'ensemble des Enfers, tout mon cosmos devant rester figé sur l'ensemble de ce qui fut autrefois Death Queen Island... "

Embrasant l'ensemble des spectres présents en plus de Brunissen, l'empereur poursuivit.

" Comme vous le savez tous, la bataille contre Pséma fait encore rage. Le traître à Athéna, destiné au pire de tous les Enfers, tient toujours tête aux trois hérauts mais cela n'est jamais plus qu'une question de temps avant qu'il ne comparaisse devant les représentants de ma Loi. Seulement, un autre fait particulièrement grave vient de se produire lors du choc entre nos trois artéfacts divins et la redoutable Balmung..."

Laissant le temps à son auditoire de réagir, il acheva.

" Apprenez donc que Balmung a été rayée de la surface de ce monde comme nous l'avions décidé. Malheureusement, dans la foulée, les artefacts sacrés ont été dispersés. Je vous demande donc à tous les trois d'aller à leur recherche, mon épée ayant bien sûr la plus grande des priorités. Ce qui n'exclue pas le fait que vous pouvez parfaitement ramasser le sceptre d'Athéna ou le Trident de Poséidon à l'occasion. Nos cosmos s'étant entremêlés lors de l'échange, tous trois sont porteurs pour quelques temps de nos énergies respectives. Ce qui rend les recherches plus ardues. Aussi, le mieux est encore de vous disperser. "

Et se concentrant sur les spectres un à un, il haussa quelque peu la voix.

" Minos, tu te rendras sur le nouveau continent, plus exactement en sa partie nord.

Sivir, tu te rendras sur le continent asiatique.

Quant à toi, Lydia, l'Océanie et ses terres sauvages seront ta destination. "


Et s'attardant quelque peu sur la rousse chasseresse, il renchérit.

" Mais auparavant, tu te rendras à la Caïna et porteras mon ordre au juge de la Wyvern. Qu'elle cesse de se tenir en arrière et se rende avec toi en Océanie. Brunissen sera également de la partie. Cela te laissera largement le temps de mettre Aërys au courant du statut très précis qui est le sien. Seules les Moires savent quels artefacts précis se trouvent en chacun de ses continents et quels obstacles pourraient se dresser face à vous mais je sais aussi que vous êtes tous trois capables de vous venir en aide ou de vous rejoindre.

Je compte sur vous pour mener cette mission à terme. Prenez juste le temps de vous concerter et ensuite aller... "


Sur ce, l'empereur disparut aussi mystérieusement qu'il était apparu. Chaque spectre avait reçu ses ordres et il était clair qu'ils devraient toute faire pour les mener à bien.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Ven 9 Juin - 22:55

Ainsi libérée de la malédiction du Nécromancien, le spectre de l’Alraune sembla prendre un second souffle. Visiblement, le poids de cet arcane avait pesé lourdement sur ses épaules. Pourquoi avais-je été le seul à m’en occuper ? Pourquoi son supérieur direct ne s’en était-il pas chargé plus tôt ? Décidément, il faudra que j’aille rendre une visite officielle à celui devenu l’hôte de l’Etoile de la férocité en lieu et place de mon demi-frère.

« Ne me remercie pas. Je ne suis que l’instrument de la volonté du Sombre Empereur. »

En l’occurrence, seul le Sombre Empereur était à remercier. J’avais agi parce que la Loi infernale m’en intimait l’ordre, et parce que j’en avais le pouvoir. Sivir n’était certes pas directement rattachée à mes subordonnés, mais elle demeurait un serviteur du sombre empire, et par conséquent, elle était une sœur d’arme qu’il me fallait encadrer, protéger, et si le voulaient les moires, corriger au besoin.

« Si ce que tu dis est vrai Lydia, alors son ame misérable ne devrait pas tarder à paraitre devant mes yeux. Sois en reconnaissant envers le Sombre Empereur Sivir, et retiens cette leçon. Chaque chose se paie en temps voulu. »

L’Etoile de la Magie échangea alors brièvement avec le spectre du Vampire, et devant le vécu considérable de nos deux personnes, se rendit compte de la brièveté de sa propre existence. Enfant elle était comparée à Lydia ou moi-même, mais cela ne la privait pas d’intérêt comme elle semblait l’affirmer. D’autant que mon intrusion dans son propre cosmos m’avait révélé quelque chose la concernant, quelque chose que je préférai pour l’instant garder pour moi, mais qu’il me faudrait vérifier au plus vite.

« Même les plus sages ne peuvent entrevoir toutes les fins. Les moires et le Sombre Empereur t’ont choisi pour porter en toi une des cent huit étoiles infernales, mais peut être ton destin ne s’arrêtera-t-il pas là. Le passé n’est plus à notre porté, et demain est incertain. Ai foi dans notre Sombre Empereur Sivir. Mon instinct me dit que lorsque le moment viendra, Il ne t’abandonnera pas. »

Une vie passée au service du Sombre Empereur ne sera jamais une vie gâchée. Une vérité concernant la foi qu’elle devait assimiler de toute urgence, avant que je ne vérifie avec elle la véracité de mes propres théories.

Brunissen me rappela alors à elle par sa logique imparable, mais hors de propos. Ayant déjà purgée sa peine pour les crimes de sa vie passée, je n’avais plus pour elle aucune animosité, mais craignait sereinement que ces souvenirs auxquels elle s’accrochait désespérément ne soient au final qu’un cadeau empoisonné.

« Et bien si nous sommes d’accord, alors il ne te reste qu’à me prouver que ces souvenirs que tu chéries tant ne te mèneront pas sur un chemin hélas pour toi bien trop familier. »

Choisissant d’écourter cette conversation avec une âme visiblement aussi exaspérée par ma présence que par mes mots, j’allais répondre favorablement à la supplique de l’Etoile de la Magie, quand une nouvelle fois, l’image diaphane du Sombre Empereur se matérialisa dans ma salle d’audience.

« Votre Impériale Majesté. »

Posant un genou à terre devant sa divine image, et sentant qu’autour de moi les autres serviteurs du sombre empire faisaient de même, j’écoutais ses dires et ses ordres la tête basse tout en masquant l’indignation que la perte de Son épée sacrée par l’un des nôtres avait éveillé en moi.

« Il en sera fait selon vos ordres. »

Désormais, il n’était plus question de revenir à notre quotidien pour aucun d’entre nous. Pas tant que notre nouvelle mission ne sera pas accompli.

La silhouette éthérée du Sombre Empereur s’effaça aussi soudainement qu’elle était apparue, et alors que je me relevais, je sentis la colère bouillonner en moi comme une tempête prête à exploser.

« L’épée sacrée du Sombre Empereur… Perdue… Par l’un des nôtres… »

Acceptant à peine cette réalité que tout me désignait comme une odieuse hérésie, je me retournais brusquement vers Lydia, Sivir et Brunissen.

« Il nous faut nous hâter. Si nous sommes en mesure de trouver ces artefacts divins, d’autres le pourront sans doute. L’épée de notre Empereur ne doit en aucun cas tomber entre les mains de nos ennemis. En aucun cas, est-ce clair ? »

Désormais, chaque seconde allait compter, il me faudrait donc être bref.

« A la surface, nous ne pourrons plus communiquer que par familier, ce sera donc toi, Etoile des Ténèbres, qui sera notre relais de communication. Explique d’abords à Sivir et Brunissen comment tes petites compagnes fonctionnent, puis envois à chacun de nous un de tes plus rapides chiroptères. »

La communication entre nous assurée, il ne restait plus qu’à nous en aller vers nos destinations respectives.

« Ne fuyez pas, ne vous cachez pas. Cette mission est sacrée. Aussi ne vous laissez aller à aucune pitié, aucune miséricorde. Si un ennemi vous barre la route, affrontez-le de face, qu’il soit homme ou dieu. Continuez encore et encore, jusqu’au cœur des sanctuaires ennemis s’il le faut. »

Laissant alors un dernier message aux gardes squelettes en poste à la demeure du jugement leur disant d’ordonner d’avantage le flux des âmes durant mon absence, je quittais la demeure du jugement porté par mes ailes avec une seule chose à l’esprit, l'épée sacrée du Sombre Empereur qu’il me fallait retrouver.
Arrow Amérique du Nord
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 10 Juin - 1:27

Enfin libre. Cependant, je ne pouvais quand même pas rester indéfiniment ici... nous avions fait perdre suffisamment de temps au Griffon qui devait avoir encore bien des âmes à juger, aussi il était préférable de retourner à Caïna où se trouvait mon temple, afin que Brunissen continue de prendre ses marques dans son nouveau monde.

J'ignorais ce que Minos avait lu en moi, et je ne remarquais même pas son trouble, trop occupée à lui être reconnaissant et à fixer un peu bêtement le dos de ma main où cette foutue marque avait enfin disparu. Mais lorsqu'il s'adressa à moi, je fus un peu... perplexe, mais malgré tout consciente de la vérité de ses propos.


«Peu importe le choix du Seigneur Hadès, ce sera forcément celui qui me conviendra le mieux.» je souriais, ses paroles étaient rassurantes, mais je n'avais jamais été de celles qui nourrissent de faux espoirs. Je verrai en temps voulu, et j'avais encore tant à apprendre que je n'étais guère pressée.

Alors que nous nous apprêtions à partir, un puissant cosmos vint envahir la place. Un cosmos forcément familier pour l'avoir ressenti à peine quelques heures plus tôt, je le cherchais du regard, mais il n'était pas là, seule sa voix résonnait, nous donnant des ordres très précis... retrouver l'épée de notre Seigneur.

«Qu'est-il arrivé à Charis?» je ne posais pas vraiment la question à qui que ce soit, c'était plutôt une interrogation personnelle puisqu'elle était celle qui disposait de l'épée sur l'île de la Reine Morte. Enfin, je me tournais vers Brunissen, elle allait devoir partir avec Lydia pour le moment, nos chemins se séparaient déjà

«Je dois y aller... mais un conseil, quand tu croiseras l'étoile de la Wyvern, reste bien avec le Spectre du Vampire.» mes dernières paroles n'avaient été qu'un murmure, disons que je ne remettais pas en cause le caractère de la Juge, mais on va dire qu'elle était... spéciale. Et Brunissen était encore à l'essai dans les Enfers, sa patience pouvait être mise à rude épreuve.

Minos expliquait alors la manière dont nous allions communiquer. Des chiroptères? Des chauve-souris? Étrange procédé, mais je supposais que Lydia m'expliquerait en temps et en heure. Pour le moment, moi, je devais me rendre en Asie, en Inde plus précisément... l'avantage des Enfers, c'est qu'il y a des portes de sortie un peu partout sur le monde


«Existe t'il vraiment un moment où nous pouvons avoir pitié de nos ennemis?» dis-je avec un léger sourire en coin, puis je me dirigeais après un dernier regard à l'attention de Brunissen. Au final, je n'aurais pas pu la guider bien longtemps...

====================

Direction: l'Inde.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 10 Juin - 12:26

[Post court pour faire avancer les choses]

Aux paroles de Sivir, la rousse chasseresse avait répondu d'un sourire avant d'y joindre la parole d'une voix aussi douce que mélodieuse.

- Un réceptacle ? Non, ce n'est pas ainsi que les choses fonctionnent. Comme l'a rappelé notre juge, le passé est révolu et doit rester dans le passé. Je ne suis plus l'amazone qui a franchi les portes de ce temple suite à sa chute sous les murs de Troie. Pas plus que je ne suis l'une mes nombreuses incarnations passées. Ton existence peut te paraître éphémère, dérisoire, mais non, ce n'est pas du tout cela...

Laisse le temps faire son oeuvre, aie foi en notre maître, et le dessein que les Moires t'ont tracé finira par se révéler.


Ainsi en allaient les choses, il fallait que Sivir prenne confiance en elle et en son destin. L'une des cent-huit s'était penchée sur elle et elle était infiniment plus qu'une simple carcasse. Se pencher un peu sur le cas de l'Etoile de la Magie lui permettait d'oublier pour quelques instants ses soucis personnels. La tristesse dans son cœur et les futures épreuves qui l'attendaient.

Un répit qui touchait malheureusement déjà à sa fin avec la dernière question de Sivir.

Emmener Brunissen en ses appartements...

C'était normal après tout et patientant à la gauche du juge, la vampire ressentit soudain la présence divine du sombre empereur. S'agenouillant aussitôt face à l'apparition éthérée qu'elle ne pouvait en aucun cas manquer, elle écouta comme un chant magique les paroles de celui qu'elle avait juré de servir de toute son éternité.

Quoi ? L'épée sacrée de notre maître a été égarée...

Serrant les poings à cette nouvelle, elle s'en voulut soudain de s'être ainsi lancée à la poursuite des Gémeaux Noirs. Si seulement...

Glissant un regard vers le spectre du Griffon, la splendide Céleste ne pouvait que sentir la rage et l'indignation qui le submergeaient. Perdre une telle arme sacrée d'entre les sacrées... Rien ne pouvait être pire.

Levant alors les yeux à l'appel de son nom, la spectre répondit d'un trait enflammé.

- Il en sera fait selon vos désirs, seigneur Hadès. Je veillerai à ce que vos ordres et vos décisions soient transmises dans les plus brefs délais.

Une réponse qui s'envola aussi rapidement que s'effaça l'apparition divine. Ainsi, les choses venaient de se précipiter. A partir de maintenant, le temps et les secondes étaient comptées, il fallait être précis et rapide. Se concentrant sur l'ensemble de ses sens, Lydia avait déjà invoqué certaines de ses petites compagnes et se tournant vers le juge et les deux autres femmes présentes, elle répondit.

- Voici quelques-unes de mes roussettes les plus rapides. Nourries de mon sang et de mon cosmos, elles sont capables de voguer sur n'importe quel courant à une vitesse hallucinante et de suivre à la trace tous les cosmos que leur désignent.

Étendant les bras vers les chiroptères à la délicate fourrure rousse, elle poursuivit.

- D'un geste, je peux déposer sur leurs corps toutes sortes de messages aussi bien écrits que mentaux pour ceux capables de déchiffrer leurs langages. Elles peuvent parfaitement comprendre les mots humains mais ne peuvent évidemment pas parler. Pour le reste, prenez juste le temps d'embraser vos cosmos pour qu'elles puissent les mémoriser. Ensuite, trois d'entre elles vous suivront au maximum. Je leur expliquerai à quels gestes, elles doivent répondre pour vous approcher.

D'un mouvement, elle se tourna vers l'ensemble des spectres avant de bien leur montrer.

- Retenez bien. De ce geste de la main, vous pourrez les amener à vous rejoindre. Suivez la séquence que je vous montre. Ainsi, elles pourront se poser sur votre avant-bras et se laisseront manipuler si vous avez un message à leur faire porter. Ensuite, il vous suffira de bien dire le nom de celui que vous souhaitez qu'elles rejoignent. J'ai eu largement le temps de leur faire reconnaître le cosmos du juge Minos. Elles connaissent aussi celui de notre nouvelle Etoile de la Magie, reste juste le cas de Brunissen qui devrait demander encore quelques secondes pour être imprimé en leurs esprits...

Si tout est clair, nous pouvons déjà partir.

Brunissen, selon la volonté de notre empereur, nous allons de suite passer par la Caïna et porter son ordre de mission au juge de la Wyvern...


Et parlant de la juge de l'Etoile de la Férocité, Lydia n'avait pu manquer l'avertissement bas de Sivir. Son ouie de vampire était si fine qu'on pouvait difficilement lui dissimuler ce genre de messe-basse.

Pourquoi se tenir près d'elle ? La juge était-elle un danger pour l'asgardienne ? Une combattante capable de l'attaquer avant même qu'elle ne puisse se présenter. Forte de cet avertissement, la spectre déploya alors ses propres ailes en un geste de salut.

- Mes respects, seigneur Minos. Je pars pour l'instant. Et se tournant vers l'Alraune. Qu'Hadès veille sur toi, Sivir...



=> Caïna puis l'Océanie.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 12 Juin - 8:35

D'un unique mouvement de tête, Brunissen avait répondu aux ultimes paroles du juge. Désormais, tout était dit. D'autres échanges, en cet instant précis, auraient été plus que superflus. Autant laisser faire le temps et voir ce qui allait en découler. Le reste ne pouvait de toute façon plus être changé.

Se tournant vers Sivir à l'énoncé de son nom, la blonde nordique ne put que rester muette alors que son sort se jouait. Ainsi, elle devrait se rendre au temple de la Caïna qu'elle avait pensé à tord être vide au vu de l'absence de l'Etoile de la Férocité au combat. Une singularité qui valait largement la peine d'être étudiée...

Brusquement tendue à l'idée de rencontrer celle qui avait laissé au juge du Griffon le soin de s'occuper du sort de sa propre subordonnée, signe qu'elle préférait éviter d'étudier pour l'instant, l'ancienne dame d'Asgard se maîtrisa pourtant si bien que plus aucune émanation de froid ne se fit ressentir. Exploit qu'elle parvint même à réitérer lors de l'apparition surprise de celui qui lui avait rendu la vie. Se retrouver aussi vite face à une nouvelle manifestation d'Hadès était une épreuve en soi surtout au vu de ce que le dieu apprit à tous de sa propre bouche.

Perdre les artefacts sacrés ? Sans que l'écran des dieux ne puissent les contenir en un espace aussi réduit ? Seule la conjonction de plusieurs puissances divines pourraient expliquer cela...

Se sentant étrangement détachée de tout cela, elle ne manqua pas pour autant la réaction des spectres. L'incrédulité, la colère, l'indignation face à ce qui ne pouvaient leur paraître que comme une véritable hérésie se lisaient si facilement en eux. Surprenant les paroles de l'Alraune, Brunissen se sentait plus qu'indifférente au sort de la dénommé Charis. Bien du temps serait encore nécessaire pour qu'elle se sente solidaire des spectres. Fait qui en aucun cas ne la gênait. Les soldats du sombres empereurs se montraient-ils davantage solidaires ? Au vu des paroles de la brune Etoile de la Magie, c'était plutôt le contraire.

A croire que Lydia et Minos soient les exceptions qui confirment la règle...

Une idée qui lui plaisaient au final. Personne ne viendrait la perturber le temps qu'elle se reconstruise. Être juste aux côtés de Sivir lui suffirait amplement pour prendre pied en cette vie. Quoique...

Non, impossible, déjà ?

Se redressant presque à l'idée d'être aussi vite séparée de Sivir, Brunissen se maîtrisa in-extremis, acceptant l'idée d'être auprès de Lydia.

- Bien, seigneur Hadès...

Lança-t-elle d'un ton qu'elle espérait aussi humble que dévoué. Et se relevant au moment où tout avait pris fin, le sombre empereur ne pouvant s'attarder davantage, la jeune femme sourcilla aux paroles de Sivir. Rester près de Lydia quand elle croiserait la juge ? Qu'est-ce que ces paroles pouvaient bien signifier ?

Sa méfiance soudain éveillée, son instinct de prédatrice se manifesta soudain, aiguillant toutes ses pensées vers sa future rencontre avec l'Etoile de la Férocité. Pensées qui ne furent interrompues que le temps d'écouter les explications de Lydia au sujet des chauves-souris. Un moyen plus qu'efficace de communiquer qu'elle avait déjà vu à l'oeuvre sur Death Queen Island. Se pliant sans la moindre hésitation aux demandes de la Vampire Couronnée, elle se lia aussitôt avec les roussettes qui lui avaient été dévolues.

Puis, se tournant une dernière fois vers Sivir, elle lui offrit ces dernières paroles.

- Que les Nornes soient bienveillantes avec toi, Sivir. Sache que tous les adversaires n'inspirent pas que la haine ou le désir de les détruire. Certains sont des séducteurs nés mais je ne me fais pas de souci pour toi. En tant que spectre, tu dois sans le moindre sentir la noirceur et l'horreur sous une façade de beauté et de douceurs factices.

=> Caïna
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Jeu 22 Juin - 14:48

Arrow Je viens de là

Le voyage de retour ne fut pas le plus éreintant. A peine troublé par le flot toujours croissant d’âmes traversant la frontière entre les mondes, je rejoignis à tir d’aile le parvis de mon tribunal afin de me remettre à l’ouvrage.

Sans doute Lydia et Sivir devaient elle déjà se trouver plus en profondeur, probablement au Guidecca, et recevant les félicitations qu’elles méritaient pour avoir su mener à bien leur mission.

*Vous l'avez mérité. Puissiez-vous savourer les honneurs qui vous seront donné comme il se doit.*

Me hâtant pour ma part de reprendre ma tache, j’enfilais à nouveau ma robe de fonction avant de prendre place à nouveau sur le trône que j’étais encore seul à occuper, tout du moins pour l'instant.

« Faites entrer l’âme suivante. »

J’osais espérer que durant les quelques heures qu’avaient durés mon absence, les gardes du tribunal avaient réussi à organiser un peu mieux le flot des ames. Et lorsque je vis l’ame d’Ayana franchir le seuil de la salle d’audience, je sus qu’il en avait été ainsi.

« Entre Ayana, entre. »

Nouvellement parée de blanc, et voilée de noir, comme il était de coutume pour une scribe infernale, je la rejoignis d’un pas tranquille avant de chercher à confirmer un soupçon.

« T’a-t-on bien traité durant mon absence ?

Ou… Oui oui. Les squelettes ont été très obligeant, j’ai été escorté dès mon arrivée sur les bords de l’Achéron, Charon s’est même porté volontaire pour me faire traverser gratuitement. Puis on m’a apporté ces habits et on m’a dit d’attendre votre retour dans l’anti-chambre. »


Tout était donc pour le mieux. J’avais de tout temps laissés des consignes très claires et très strict concernant le traitement que l’on devait réserver aux âmes porteuses du don de lecture.

« Excellent. Mais t’a-t-on dit quelle serait à présent ta fonction en ces lieux ?

Et bien non. J’ai bien croisé des femmes vêtues comme moi allant et venant parmi les âmes, mais elles ont refusées de m’adresser la parole et les gardes n’ont pas voulu me parler d’elles.

Elles ne peuvent parler en présence d’âmes impures. Avec le temps, et une fois ta propre initiation achevée, tu les rejoindras.

Mon initiation ?

Tu vas comprendre. »


Invitant Ayana à rester au centre de la pièce tandis que je regagnais mon trône, je fis signe aux gardes squelettes d’ouvrir les portes encore une fois.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Une nouvelle ame fit son apparition. Une âme tourmentée à n’en pas douter. Une épreuve pour l’initiation d’Ayana.

« Apprends ses souvenirs Ayana. Visualise sa vie jusque dans ses moindres détails. »

Elle hésita. Chose parfaitement normal étant donné que ce don lui avait presque tout couté.

« Tu n’as plus à avoir peur. A présent, ce don sera ton plus grand allié. Ensemble, toi et moi, nous rendrons la justice du Sombre Empereur. »

Sa dextre se tendit alors, et effleura l’âme immobile, avant qu’une nouvelle transe ne la fit trembler des pieds à la tête.

Bien moins terrible était désormais son expérience de plonger dans les souvenirs d’un autre, d’une part parce qu’en plongeant dans les miens, elle s’était octroyé une vision qu’aucun de ses semblables n’avaient eut la chance d’observer, et d’autre part, parce que libéré des chaines de la mortalité, la douleur n’était plus qu’un mauvais souvenir.

Et voyant le premier compte rendu d’Ayana apparaitre sur le Registre des Morts, c’est avec un franc sourire de fierté que je lui adressais ces mots :

« Ton initiation est maintenant terminée. Bienvenue dans ta nouvelle vie. »

A ma voix, deux autres scribes infernales entrèrent alors par l’une des portes secondaires, et après m’avoir salué, prièrent Ayana de les suivre.

« Va Ayana. Ta place n’est pas dans cette salle, et ta tache ne fait que commencer. Va à présent, et ne t'inquiète pas. Nous nous reverrons très bientôt. »

La porte se referma sur elles, et ma voix s’éleva à nouveau.

« Vous qui êtes mort, dites-moi vos nom et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Ven 23 Juin - 20:57

J’ai déposé le Sceptre d’Athéna ici

Laissant le palais d’Hadès derrière elle, le spectre du Vampire avait de nouveau franchi les vastes portes. Étalant ses longues ailes hésitant entre la chauve-souris et le dragon, elle porta son regard redevenu de pure émeraude vers l’ensemble des Enfers. Au-devant, la Tolomea semblait l’appeler. Si attractif était ce lieu, le véritable arsenal qu’y avait fait installé en son temps Inferno du Démon perdurait en dépit de sa disparition. Le temps passait mais les Enfers restaient fidèles à eux-mêmes en l’attente du retour des Etoiles.

Soupirant à l’idée d’avoir employé un témoignage d’amour pour permettre à Lucinda de la poignarder, la No-Life Queen se rappela soudain lui avoir laissé. La lame et l’amour, c’était un bien tragique duo mais si beau si beau…

Souriante malgré tout, Lydia s’octroya quelques instants pour se poser dans l’étendue de terre qui lui était réservée en tant que subalterne du Griffon. A quelques pas de l’une des issues de sortie trônait encore l’arbre blanc qu’elle y avait aménagé. Posant sa paume sur la splendide écorce immaculée, elle en testa la douceur. Lisse et recouvert d’une délicate couche de poils épars, le tronc était déjà en lui-même une œuvre d’art tout comme ses feuilles d’un léger bleuté. Quant à la cavité qu’il renfermait, elle débordait de fruits et de sang… Ainsi ses souhaits avaient été exaucés par des gardes qu’elle n’avait jamais négligés.

Fermant alors les yeux, elle se concentra.

* Venez à moi, mes compagnes éparpillées.* De tous les coins des Enfers, les dernières roussettes en vadrouille surgirent. Non pas qu’elles s’étaient égaillées en tous sens mais juste qu’elles avaient du mal à quitter ceux qu’on leur avait assignées sans ordre direct de leur reine.

Les voyant revenir toutes les neuf, Lydia sourit, tendit les bras vers celles qui s'empressèrent de la cajoler du bout des ailes et du museau avant de reprendre en ces termes.

* Votre mission est achevée, que vos ailes se détachent des pas du juge Minos, du spectre de l’Alraune et de dame Brunissen. Qu’à présent vienne pour vous le temps du repos. L’arbre que je vous avais autrefois planté est toujours là, allez vous reposer dans les profondeurs de son tronc. Et soyez sans crainte, des tas de fruits vous y attendent. Vous avez merveilleusement travaillé. Reposez-vous bien mes petites compagnes. *

Des fruits arrosés de sang vampirique et aussi frais que s’ils venaient d’être cueillis. C’était l’un des avantages de vivre dans une zone aussi froide. Tout mettait des éternités à pourrir. Une particularité dont elle n’hésitait point à se servir pour accomplir son devoir au mieux.

Et parlant de devoir, il était plus que temps qu’elle rejoigne le juge Minos. Hadès savait si Sivir l’avait déjà rejoint ? A moins qu’elle ne fasse son rapport à sa supérieure directe ? Chose aisément repérable une fois qu’elle survolerait l’immensité de la Caïna. Quant à Brunissen, la somptueuse chasseresse n’avait aucune idée de ce qu’elle avait pu devenir une fois ses roussettes renvoyées mais elle gardait confiance. Sans trop savoir pourquoi, elle gardait confiance.

Reprenant alors son vol, elle ne tarda pas à dépasser l’Anténora et la Caïna, recevant la réponse à sa question au vu des cosmos s’y trouvant. Ne pouvant s’y poser pour l’instant, elle reprit de la vitesse et fila vers le temple du jugement qu’elle rejoignit sans perdre de temps.

Passant les portes, elle salua à nouveau les gardes avant de reprendre sa place en retrait du juge qui avait déjà repris son travail.

- Lydia du Vampire au rapport, juge Minos. Je viens de déposer le sceptre de la déesse Athéna au sein de Giudecca. Ceci fait, je me tiens à votre entière disposition.

Et sur ces paroles, elle se tut, veillant à déranger le moins possible un juge pris dans l'éternel exercice de ses fonctions.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Sam 24 Juin - 13:21

Le rapport d’Ayana, le premier de sa nouvelle existence, était en tout point conforme à celui d’une novice. Fourmillant de détail que le temps lui révélerait insipides et inutiles dans l’exercice de nos fonctions. Aussi, pour cette fois, et avec une infinie patience, il me fallait cette fois faire le tri entre ce qui était inscrit dans le Registre des Défunts, et ce que l’âme damnée me narrait.

Une tâche qui n’était pas sans me rappeler les premiers jours du Tribunal Silencieux, à l’époque où je n’étais pas encore assisté par les scribes infernaux, il y a de cela maintenant plus de trois mille ans.

« Pour avoir trompé vos pairs et parasité leur existence, je vous condamne à une éternité de souffrance dans la huitième bolge du huitième cercle infernal. »

Mon fouet cosmique claque de nouveau, s’enroula huit fois autour de l’âme implorant ma clémence, avant que ne s’ouvre sous ses pieds le gouffre infernal l’envoyant rejoindre les fourbes, mauvais conseillers et autres instigateurs de perfidie et de trahison.

« Faites entrer l’âme suivante. »

Les âmes ayant durant mon absence était classées par ordre chronologique de décès, je m’attelais à la tâche ardue de rattraper le temps perdu durant mon sommeil en jugeant les âmes de ceux décédés il y a déjà six ans.

De pauvres ères sans envergure, pécheur par bêtise plus que par fourberie pour la plupart. Un genre qui semblait proliférer sur Terre avec l’accroissement de la population humaine.

*Si Athéna voyait ceci. Si elle savait pour tous ceux souffrant de leurs péchés en ces lieux qu’elle méprise autant. Choisirait-elle de nous blâmer pour leur souffrance au lieu d’ouvrir les yeux sur la naïveté criminelle de ses idéaux ?*

Cela était plus que probable. En l’esprit pervertie de celle qui fut proclamée déesse de la Sagesse, nous étions le mal incarné. La source de toute la perfidie et de toute la souffrance universelle même peut être. Et si le seigneur Poséidon n’était pas là pour se rappeler à elle de temps à autre, nous serions surement désignés comme les seuls empêchant l’avènement de ses rêves de paix et de félicité.

*Quand bien même n’existerions nous pas. Quand bien même les enfers et le Sombre Empereur disparaitrait. Les humains en seraient-ils meilleurs ? Si même la peur du jugement dernier ne les pousse pas sur le chemin de la droiture et de la vertu, alors qu’auriez-vous à leur proposer ? Vous dont même les plus proches chevaliers possèdent un passé plus riche de maux que n’en compte mon propre vocabulaire ?*

Un paradoxe évident si l’on prenait la peine de réfléchir. Ceux se voulant être ainsi l’exemple de justice et de raison, ainsi corrompu par leur plus bas instincts…

*Que le Cocyte soit votre récompense, falsificateurs de parole et traîtres aux dieux.*

Une nouvelle fois les portes s’ouvrirent à mon commandement et une nouvelle âme pénétra dans la salle d’audience.

« Vous qui êtes mort, dites-moi vos noms et prénom, et énumérez-moi vos péchés sans mentir. »

Un cosmos des plus familiers se fit alors sentir. L’Etoile des Ténèbres venait de se poser en mon domaine. Et tandis que l’âme me narrait sans pouvoir s’arrêter la liste de ses exactions, je ressentis à l’approche de Lydia comme une… Hésitation. Quelque chose avait changé en elle, peut-être à cause de ce qu’elle s’apprêtait à faire.

« Pour avoir abusé de vos richesses et de votre prestige, et méprisé ceux que vous jugiez inférieur, je vous condamne à une éternité de souffrance dans la prison du cinquième cercle infernal. »

Un nouveau claquement, et mon fouet cosmique s’enroula cinq fois autour de l’âme avant que ne s’ouvre sous ses pieds le gouffre infernal l’envoyant rejoindre les indifférents et les colériques avec qui elle croupirait dans les eaux boueuses du Styx en ne souhaitant jamais être née.

*Combien sont-ils là-haut, vivant comme des princes qui deviendront un jour des porcs dans le bourbier, laissant pour souvenir un horrible mépris ?*

Sans doute trop pour pouvoir les compter, à moins d’avoir l’éternité à y consacrer.

« Etoile des Ténèbres, soit la bienvenue. »

Je n’avais pas appelée de nouvelle âme, car ce dont nous avions à discuter Lydia et moi était des plus importants, et nécessitait du coup ma pleine attention.

« Ainsi, c’était le sceptre d’Athéna. Je m’en doutais je l’avoue. L’Etoile de la Magie ayant découvert à la fois le Trident de Poséidon, et l’Epée sacrée de notre Empereur, cela ne laissait donc que le sceptre à Brunissen. »

Ainsi, dans son infinie miséricorde, notre Eternel Empereur s’était révélée encore une fois possesseur d’une sagesse transcendant l’esprit humain. Brunissen, la traîtresse, l’hérétique, celle qui avait toute sa vie prit plaisir à verser le sang de ses ennemis, sortie du lac de sang par la curiosité de l’Alraune, et graciée pour accomplir ce brillant exploit. Quel tour de force.

« Félicitations à vous deux. Que la gloire du sombre empire rejaillissent sur vous qui en êtes en ce jour les pourvoyeuses. »

Déposséder ainsi notre mortelle ennemie de son attribut, et humilier du même coup ses laquais, un succès qui méritait bien que l’on s’y attarde un instant.

« Athéna ne nous pardonnera pas la prise de son symbole, mais nous sommes prêts à la recevoir, elle et les fous bercés d’illusions qui la suive. Nous tous, sauf toi. »

Elle savait où je voulais en venir. Car avec Athéna, se trouvait un être sur lequel Lydia ne pouvait pas porter la main. Du moins pas encore.

« Si Athéna le lui ordonne, ta sœur viendra. Et tu sais qu’elle n’hésitera pas à faire son devoir. Aussi, dans l’hypothèse où tu doives toi-même mettre un terme à sa folie, es-tu prête à emprunter la voie qui te conduira à la maîtrise de toi ? »
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Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé

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