RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé

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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Dim 25 Juin - 16:33

Sans un mot, Lydia avait suivi l’ensemble des jugements encore en cours lors son arrivée. Immobile, impassible, elle avait tout d’une statue d’albâtre nacré. Chasseresse fine et rapide, elle excellait aussi dans l’art de se fondre dans le décor. Lointaine, elle paraissait alors sans réellement l’être. Tout cela faisait partie de sa non-vie, de ses talents. Se penchant sur les dernières condamnations, elle ne pouvait s’empêcher de songer à l’échec cuisant de la grande Athéna. Non point en la perte de son sceptre mais bien en l’égarement de ces hommes qu’elle chérissait tant. Combien d’entre eux se montraient dignes d’Elysion, une fois leurs heures venues ? Combien ? Si peu, si peu…

Pire encore, au fil des siècles, le nombre des élus n’avait eu de cesse de se réduire comme peau de chagrin. Fatalité ? Non pas réellement. Avec l’avènement de tous ces nouveaux dieux reniant les anciens, les couvrant d’opprobre avant de les vouer à l’oubli, l’existence même des Enfers mythologiques s’était effacée, laissant la place à d’autres Enfers déformés par la folie humaine, des Enfers qui n’avaient plus du tout la même signification.

Sacrilèges, tout n’était plus que sacrilège par ignorance…

Et ce n’était encore rien en regard des massacres perpétrés par pur péché…

Baissant les yeux sur ce constat, l’éternelle jeune femme soupira face à tant de gâchis. Quoique…

Se redressant d’un geste, elle réalisa soudain l’importance de cette prise de conscience quant à l’échec majeur de la déesse Athéna. C’était son aveuglement, son immobilisme face à l’évolution humaine et celle de ses idéaux. Ces hommes qu’elle défendait avec tant d’acharnement n’étaient plus ceux des temps mythiques mais bien leurs descendants prêts à l’interner en ces sinistres asiles si elle osait invoquer sa nature divine voire pire. Qui en dehors de ses saints fanatiques pouvaient la croire ? Sans son cosmos divin quelle chance aurait-elle face à la masse aveugle à ses paroles ? La césure entre elle et ses protégés se faisait de plus en plus vaste, gigantesque, ouvrant un abîme en lequel elle finirait par sombrer.

Et moi ? Que suis-je face à l'avancée du temps ?

Pareille à l’amazone qui s’était tenue un jour face à un juge Minos autrement plus jeune que celui expédiant des damnés de plus en plus nombreux, comblant les Enfers comme jamais ils ne l’avaient auparavant été, elle demeurait. Nulle évolution en son cœur, toujours aussi ardent, il n’avait plus jamais évolué.

Constat qui claqua aussi fort que la voix de Minos, même s’il ne l’avait pas réellement élevée. Se tournant alors vers lui de l’un de ces gestes empreints de grâce qui avaient toujours été les siens, elle lui fit comprendre qu’il avait toute son attention.

- Merci infiniment, seigneur Minos. Je n’ai fait qu’accomplir le vœu fait à notre seigneur Hadès depuis tant et tant de siècles. Puisse ce sceptre l’aider à purifier enfin le monde de la gangrène qui le ronge. Lui seul le peut… Lui seul peut ramener l’Humanité à la raison. Son idéal est le mien… A jamais…

De sa voix enchanteresse, elle avait répondu, reprenant le don de séduction qui avait toujours été le sien. Et écoutant tel un mantra les paroles de Minos, elle ne semblât pas réagir jusqu’à ce que le couperet tombe. Un avenir qu’elle n’aurait plus le pouvoir de repousser. Un futur dont dépendrait l’ensemble de sa lignée, de l’existence même des Carminia. Se retenant de serrer les poings, elle plongea alors son regard en celui du seul spectre dont elle ne pourrait jamais se détacher tant la puissance de l'amour qu'elle éprouvait pour lui s'était amplifiée au fil des siècles.

- Ainsi, les Moires en ont finalement décidé. Jamais plus, je ne pourrais repousser cette rencontre entre Lucinda et moi. Je suis désormais bel et bien au pied du mur. Après les fous qui ont voulu s’emparer de la puissance de l’Etoile des Ténèbres ou juste la détourner du seigneur Hadès, c’est au tour de la Vierge Solaire d’entrer en scène. Durant tant de siècles, j’ai tremblé à cette idée…

Et à ces mots, pour la première fois, elle osa laisser une part inimaginable de son être tambouriner aux portes de sa conscience.

- J’ignore ce qu’Athéna espère obtenir d’elle mais elle ne pourra pas la lancer aussi simplement contre nous car elle me tiendrai sur sa route, prête à l'intercepter. Aussi cruelle que soit cette éventualité, je ne me soustrairai pas à mon devoir. En tant que spectre mais aussi en tant que vampires. Au sein de notre lignée une seule No-Life Queen peut s'éveiller par génération. Une et une seule…

Aussi si le combat entre nous est inévitable, je veux être prête. Et si pour la contrer, la Bête reposant en moi doit être libérée, en dernier recours, elle le sera.


Enfin, elle avait osé le dire.

- La Bête que mon cœur rejette au plus profond de mon âme. L’horreur sans nom sous mon apparence. Celle qui ne se retire qu'une fois gorgée d’innombrables pintes vampiriques ou spectrales. Une force que je n’aurais aucune chance d’atténuer à défaut de contrôler aussi longtemps que mon cœur demeurera aussi fragile qu’il l’était au temps de ma première naissance…

Elle l’avait dit, elle avait reconnu le manque total d’évolution de son être depuis les temps immémoriaux qui avaient vu leur première rencontre. Un tel état tenait du miracle voire du rêve mais comme tout rêve, il devait prendre fin. Et posant la main sur son cœur, elle fit le geste de l’arracher avant de tendre sa paume vers Minos.

- A vous, juge Minos, je confie les clés et le destin de mon cœur. Donnez-moi la force de le maîtriser. Donnez-moi la force de lutter contre les élans qui m’ont autrefois entravée. Qu’importe ce qu’il en ressortira, face à la Bête qui hurle aux portes de ma conscience et à l’imminence d’une confrontation pire que toutes les précédentes, je me dois d’obtenir la puissance d’évoluer enfin.

* Et s’il me faut mourir, fasse Hadès que ce soit de votre main… Ne laissez pas Lucinda prendre mon sang… *
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 26 Juin - 22:33

La Bête… Un secret de polichinelle que Lydia s’était évertuée à me cacher depuis le premier jour, mais dont je savais l’existence depuis presque aussi longtemps.

« Tu te décides enfin à l’évoquer à voix haute. C’est une bonne chose, mais tu ne m’apprends rien que je ne sache déjà. Cela te surprend ? Allons Lydia, la bête est une partie de toi, et je te connais. Je te connais si bien et depuis si longtemps. Combien de fois ai-je exploré ta conscience ? Croyais-tu vraiment pouvoir me cacher une partie si importante de ton existence ? »

Nulle rancœur dans ma voix, seulement la satisfaction d’un inutile secret enfin révolu.

« J’apprécie que tu ouvres ton esprit à des possibilités que tu jugeais jusque-là absolument hors de question, mais je ne te demanderai jamais de troquer une dictature pour une autre. J’aimerai que tu deviennes maitre de toi-même, pas que tu t’abandonnes à une autre forme de passion incontrôlée. Aussi redoutable soit-elle, La Bête n’est que la partie refoulée de tes propres sentiments. Donc lorsque tu en seras maitre, la Bête t’obéira, ou disparaitra purement et simplement. »

Et me levant pour saisir la main qu’elle me tendait, je réaffirmais haut et fort ma décision la concernant.

« Tu es une amie fidèle, et de meilleure seconde, il n’y en a pas. Jamais je ne permettrais que tu deviennes moins que toi-même. Jamais je ne laisserai quiconque te voler ce qui fait de toi l’honneur de ta race. Cette gloire et cet honneur te reviennent, aujourd’hui et à jamais. Ta sœur n’en est pas digne, et elle ne le sera surement jamais. »

Je n’aurai jamais le pouvoir du Sombre Empereur, jamais je ne pourrais assurer l’immortalité aux êtres de mon choix, mais tant qu’il me resterait un iota de cosmos, je pourrais me battre pour protéger ce en quoi je croyais.

"Tu ne mourras pas. Pas tant que je serai là pour l’empêcher. Je crois en toi. Et aujourd’hui le moment est venu de te le prouver."

Ouvrant alors ma toge de magistrat au niveau de la poitrine, je révélais le lustre immaculé de mon surplis entièrement régénéré de ses affrontements passés sur l’ile de la reine morte.

« Etoile des Ténèbres, ma chère amie. Trois milles ans d’existence commune à voir mon exemple ne t’ont pas fait changer le moins du monde. »

Apposant ma dextre sur la partie de mon surplis couvrant mon cœur, je la fis doucement s’évaporer pour laisser apparaitre ma chair presque aussi pale que celle de Lydia.

« Et ton existence millénaire est emplie de situations où ton âme elle-même fut mise en péril par tes sentiments incontrôlés, sans que cela ne te fasse jamais te remettre en question. Du moins jusqu'à aujourd'hui. »

De mes créations, je matérialisais alors entre mes mains tendues vers l’Etoile des Ténèbres stylet acéré pointé droit sur mon propre cœur.

« Aujourd'hui, la connaissance nécessaire à ton évolution, tu l’as en toi. De même que la volonté de changer. Il ne te reste donc plus qu’à franchir le pas. Oublie la peur, le doute, et le ressentiment. N’écoute que ta foi et ton esprit. Prouve-nous que dorénavant tu sauras mettre de côté tes sentiments pour accomplir ton devoir. »

Je savais son attachement tout particulier pour ma personne, tout comme elle savait mon propre attachement pour elle, aussi ne pouvions-nous pas trouver mieux comme partenaire pour cette épreuve.

« Lydia du vampire, voici ton ordre… »

La lame posée sur ma chair n’attendait plus qu’une pression de sa part pour accomplir son œuvre.

« Tue moi. »

J’étais un spectre, la mort était une partie de mon existence depuis que j’avais ouvert les yeux à cette non-vie, et Lydia le savait également. Il ne lui restait plus qu’à franchir le pas.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mar 27 Juin - 15:35

Le temps, le temps semblait avoir soudain ralenti sa course et ce dès l’annonce de cette révélation qui n’en était pas réellement une. En son âme et conscience, Lydia n’ignorait point le fait qu’elle n’avait pu dissimuler au juge cette part. Tant de siècles d’amitié, de complicité les liaient, tant d’échanges entre eux s’étaient faits. Si souvent, elle l’avait laissé plonger en toute liberté au plus profond de son âme, des tréfonds de son esprit. Au fil de tant de communions intimes, comment La Bête aurait-elle pu seulement lui échapper ? Pire encore, sur certains de ses prédécesseurs, elle s’était plus clairement déchaînée. Tel avait été le destin de Rochel du Griffon lors d’une crise qui s’était résolue aussi rapidement qu’elle était survenue. Et la Bête n’avait encore fait que surnager…

A ce souvenir, cette fausse révélation, un pur sourire de soulagement illumina ses traits avant qu’elle ne réponde d’une voix toujours aussi enchanteresse…

- L’évoquer… L’évoquer seulement était déjà une épreuve en soi tant elle représente à elle seule toute la noirceur, la violence et la Soif de Sang hurlant aux portes de ma conscience. Cet aspect sauvage et incontrôlé n’hésitant pas à s’en prendre aux spectres eux-mêmes… A vous même…

Tous ensemble, cela ne peut qu’aller à l’encontre de mes vœux sacrés, à l’encontre ma mission… et cela ne demeure jamais que la part émergée de l’iceberg. Tant d’autres choses lui sont si profondément liée. Depuis plus de trois mille ans, nous cohabitons elle et moi, nous sommes une et une seule, elle et moi…

Passionnées autant l’une que l’autre… et tout aussi déterminées…

Et souriant à la réponse du juge, elle ajouta.

- La contrôler ? Oui, je le souhaite tant, tant. Seulement, jamais nous n’apparaissons ensemble. Si seulement, cela était possible mais à chaque fois qu’elle apparaît, ma conscience en tant que Lydia Carminia s’efface, se dilue en sa fureur. Et avec elle, toutes mes prises sur ce monde. Plus qu’une étincelle, je ne suis plus qu’une cendre qu’elle veille aussi jalousement que je la repousse au plus profond de moi, l'isolant en un cocon de sentiments. Je l’aime autant qu’elle m’aime et pour son propre bien et celui des autres, je la repousse de tout mon être, de toute la puissance de mes sentiments aussi sauvages que sont les siens.

Sur ces mots qu’elle n’aurait jamais cru un jour prononcer, la splendide chasseresse rousse plongea son regard dans celui de l’Etoile de la Noblesse. Frémissant au contact de sa peau brûlante, en parfait contraste avec la froideur qu’il affichait, la No-Life Queen but littéralement ses mots.

- Merci, juge, merci… Sur mon honneur et ma non-vie, je vous jure de rester telle que je suis. Enfin, de ne pas me laisser m’étioler. Plus que tout j’aspire à briller encore et encore davantage pour servir au mieux notre seigneur sous vos ordres. Et pour répondre à vos paroles, je ne peux rêver meilleur supérieur que vous.

Occultant alors ses sentiments envers sa cadette, elle ne releva pas les termes de Minos concernant Lucinda. Déjà que le dieu des dieux avait retiré la protection qu’il avait attachée à son nom, autant ne pas aller plus en avant. Sans la moindre pitié, Minos la détruirait et Lydia le savait, plus que tout autre, elle le savait. Ses verbes, ses mots en étaient empreints tout comme sa raison d’être, de servir sans relâche le maître de ces lieux. Repoussant comme elle le pouvait la boule qui lui étreignait le cœur, menaçant de remonter jusqu’à sa gorge, la vampire au teint d’albâtre nacré reprit.

- Les Moires ont voulu que nous soyons deux, deux à nous dresser en cette époque, Ombre et Lumière, Terre et Outre-Monde . Si opposées et si complémentaires…

A croire que nous sommes deux faces brisées de la même réalité… Deux reflets de la même entité…


Et souriant tristement avant de se reprendre, elle acheva.

* Moi aussi, Minos, je crois en toi. Je crois en toi depuis le premier jour… Et tout comme tu es prêt à le faire pour moi, je donnerai tout ce que j’ai, jusqu’à la dernière goutte de mon sang vampirique, jusqu’à la dernière étincelle de mon cosmos pour te protéger. *

Rien ne pourrait jamais égaler un tel serment. Inébranlable comme pouvait l’être la volonté de l’Etoile des Ténèbres lorsque ses sentiments ne venaient pas l’entraver. Puissante et passionnée, elle avait été d’office placée aux côtés d’une Etoile consacrant tout son existence à son devoir, jugulant au plus profond d’elle la puissance de sentiments dont elle n’ignorait rien de l’existence et pas plus du fait qu’ils soient partagés. Aimer et être aimé, c’était à cela aussi que Minos avait renoncé, sacrifiant tout ce pan de son être sur l’autel du Devoir et de la Dévotion. Plus puissant que ne l’avait jamais été Lydia, le juge avait parfaitement réussi sur tous les plans.

Un instant de "paix" plana alors sur l’ensemble d'un tribunal devenu étrangement silencieux, guère troublé par l'ensemble des frottements des plumes des scribes sur les innombrables parchemins. A croire que rien ne pourrait jamais les arrêter d’officier, pas même les saints venant frapper aux portes du tribunal et mettre à mal les spectres s’y trouvant. Les Enfers étaient ainsi faits, tenir son devoir, tenir son rôle jusqu’à l’ultime moment. Puis, soudain la voix du fils de Zeus reprit tout comme ses gestes. Emplis de solennité comme à chaque fois, ils découvrirent le torse si pâle de Minos, laissant apparaître une peau qui comme celle de Lydia ne voyait quasi plus la véritable lumière, figée en son temps, en sa non-vie…

Aux mots qui suivirent, elle n’avait rien à redire. Le spectre du Griffon avait raison sur toute la ligne et elle le savait, elle le reconnaissait comme elle avait toujours reconnu ses fautes. Tout juste lui fit-elle comprendre d’un regard qu’elle acquiesçait à chacune de ses paroles. C’était ainsi, elle ne pouvait nier sa propre nature et les fautes en découlant.

Seule l’apparition du stylet lui fait ouvrir grand les yeux de surprise.

Où veut-il en venir ? Non…

Elle n’osait pas y croire pourtant elle n’avait pas d’autre choix que de se rendre à l’évidence.

Non, non… Tu ne peux pas me demander cela…

Plus que le cœur du juge, c’était le sien qu’elle était en train de poignarder. A ses sens, l’ordre ne cessait de se répéter. Le tuer ? Il voulait qu’elle porte la main sur lui, aille au-delà de ses sentiments, de son serment.

Je…

Hésitations, elle ne pouvait qu’hésiter, sentant son cœur battre à tout rompre alors que l’ordre était donné. Plus de quelques secondes, elle n’avait guère plus de quelques secondes pour l’exécuter. Soudain, prise de tremblements, elle résista tant bien que mal à la tentation de fermer les yeux, de frapper en se désistant, en se dérobant au regard de Minos.

Non, je veux te voir. Je veux te voir et que tu vois la blessure ouverte en moi…

Il savait, il ne pouvait que savoir et avançant la main gauche, elle sonda le corps du juge, replaçant sans hésiter la pointe de la lame au mieux.

- Le cœur est là… Exactement là…

Furent les seuls mots qu’elle put dire alors que des larmes de sang s’écoulaient sans retenue de ses yeux d’azur. Rien de son aspect rougeoyant ne transparaissait en cet instant, pas même l’éclat vampirique de ses pupilles lors de sa montée en puissance. Puis, sans détacher ne serait-ce que d’une seconde son regard de celui du juge, indifférente au silence pesant s’étant comme abattu sur l’ensemble de la vaste salle, elle reposa sa main gauche sur l’épaule de Minos, affirmant sa prise sur le stylet de sa main droite.

Tremblante, elle hésita encore quelques secondes. Trop long, c’était sans doute trop long aux yeux du juge mais il ne pouvait qu’imaginer la lutte intérieure se passant en elle, à travers elle et l’immensité des sentiments la secouant. Le tuer, elle était forcée de le tuer pour ne pas se perdre. Ne plus penser à rien, elle ne devait plus penser à rien, juste à son devoir.

Tremblante encore, les mâchoires crispées pour ne pas montrer la blessure lui brûlant les entrailles jusqu'à totalement l'embraser en un feu inéteignable, elle réaffirma soudain sa prise sur l’arme blanche.

T’obéir, je dois t’obéir…

Derniers mots avant le geste qui lui déchira le cœur. Sans un tremblement sans une hésitation supplémentaire, elle plongea la lame au plus profond de l’organe. Un choc immense avant qu’elle ne la retire, libérant un flot de sang spectral…

Hagarde, choquée par son propre geste et la blessure mortelle qu’elle venait d’infliger dans la stupeur générale au juge Minos, le spectre du Vampire sentit ses défenses se rompre alors que l’odeur du sang montait de plus en plus à ses narines. Prise d’une vague de douleur soudaine à la suite de ce geste qui venait de lui déchirer le cœur, elle ne put contenir la montée soudain de sentiments contraires en elle. Une vague telle qu’elle rompit sous sa déferlante les chaînes retenant la Bête au plus profond de son âme….

Miracle que seul un choc d’une ampleur extrême pouvait provoquer. Et rien ne pouvait égaler ce que Minos avait exigé d’elle. Sans la moindre retenue, la Bête s’empressa de rompre les dernières résistances la maintenant sous la surface. Élevant alors un brouillard de cosmos, elle redressa la tête, droit vers le spectre du Griffon, puis sans attendre, elle déclencha la technique du Baiser du Vampire, aspirant d’office l’ensemble du sang s’écoulant de la plaie béante. Tant et si bien que si les choses demeuraient en l’état, elle ne tarderait pas à le vider du précieux liquide quasi totalement.

- En voilà une bien triste position, juge Minos. Tant d’efforts pour me faire remonter et vous pensez que je vais si simplement m’effacer ou me fondre totalement en la volonté de Lydia ? Quoique, tant que je le peux, je devrais plutôt vous remercier…

Ainsi la Bête était encore capable de parler, s’exprimant sur un ton guttural qui n’avait plus grand-chose à voir avec celui tout en charme de Lydia. Un ton dont les accords changeaient tout en parfaite harmonie avec le rythme des mots. Ainsi se traduisait la lutte naissante entre la Bête encore trop raisonnable et l’ancienne amazone en train de perdre pied en son propre monde…

Fait que son cosmos en pleine tempête ne faisait que souligner. Une lutte interne venait de commencer à présent que le cœur de la chasseresse s’était brisé. Une lutte où les sentiments portés à leurs paroxysmes joueraient un rôle immense avant d’être totalement jugulés. Une lutte auquel le juge aurait sans le moindre doute son rôle à jouer.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mar 27 Juin - 19:57

Mes yeux plongés dans les siens, je vis les mains d’albâtres de Lydia s’approcher doucement des miennes.

« Perfectionniste, jusque dans ces petits détails. Je te reconnais bien là. »

Aux larmes écarlates coulant de ses yeux, j’entrevoyais tout le dilemme de l’Etoile des Ténèbres. L’Amour contre le Devoir. Aujourd’hui, maintenant, elle devrait choisir, choisir entre deux chemins dont un seul avait un avenir.

« Surtout, n’hésite pas. »

Avec sa main gauche, elle saisit mon épaule tandis que de sa main droite, elle empoignait le fil qui allait servir à la libérer. Une scène d’une infinie longueur pour elle comme pour moi, mais qui devait être menée à son terme sans la moindre interruption.

« Maintenant. »

Tirant presque sur sa dextre, je sentis la froideur de mon propre cosmos me transpercer le corps de part en part tandis que la douleur m’irradiait la poitrine.

« Ghh… »

Une seconde de faiblesse passa alors tandis que ma conscience flottait entre deux consciences, avant que je ne reprenne mes esprits pour voir qu’aussi terrible que fut pour moi cette blessure, elle avait été cent fois pire pour le spectre du vampire.

Ma tête penchée vers l’avant, comme assoupie, je relevais les yeux sur le visage transfiguré de la face obscure de l’Etoile des Ténèbres que le traumatisme de ma soi-disant mort avait réveillée. Rayonnante et radieuse comme au lendemain d’une grande victoire, La Bête me souriait, et s’étant nourrie à la fois de la douleur de Lydia et de mon propre sang, elle était devenue encore plus dangereuse qu’à notre dernière rencontre.

« Au contraire… »

Me saisissant alors de son poignet d’une main de fer, je la maintenais au sol et à portée tandis que de ma main libre, je régénérai aussi bien ma chair meurtrie que mon surplis.

« C’est moi qui te remercie de t’être montré ainsi au grand jour. »

Elle l’ignorait, elle ne pouvait que l’ignorer, puisque Lydia l’ignorait également, mais un simple poignard dans le cœur ne serait pas ma fin. Pas plus que nombre de blessures qui suffirait à tuer le plus vaillant des mortels, tel était mon don obscur, celui d’une victoire de l’esprit sur la matière.

« Tu as gagné en vigueur depuis notre dernière rencontre. Mais cette fois tu n’affrontes pas un simulacre de mon essence, ni un réceptacle à demi-éveillé. Cette fois, tu ne t’en tireras pas. »

J’avais escompté un choc émotionnel lors de cette épreuve, mais je n’aurai jamais imaginé que la Bête elle-même en profiterait pour prendre l’ascendance.

« Cela fait trop longtemps que tu ronges Lydia de l’intérieur. Trop longtemps que tu hantes ses pas, et trop longtemps que vos deux existences coexistent dans ce conflit stérile. »

Trois milles ans. Plus de trois millénaire que l’Etoile des Ténèbres et la Bête luttait l’une contre l’autre pour l’ascendance au sein du même corps. Confiant, je lui avais laissé tout le temps nécessaire à l’éradication de ses démons intérieurs, mais paralysée par la peur que son ombre lui inspirait, Lydia n’avait fait que la fuir et la nourrir de ses propres frustrations.

« Jusqu’à présent, je pensais que votre conflit la ferait grandir, mais aujourd’hui j’ai enfin réalisé mon erreur. Lydia n’est pas de ceux qui s’épanouissent sous la pression, et elle ne le sera jamais. Pour grandir, il lui faut de la tranquillité, de la stabilité, et de la confiance en elle. Chose qu’elle ne pourra jamais avoir tant que tu existeras. »

Surprise, mais incapable de se libérer de mon étreinte, la Bête vivait ses derniers instants. Elle qui avait été la plus grande crainte de l’Etoile des Ténèbres, ainsi révélée au grand jour, perdait tous ses pouvoirs comme le cauchemar lors du réveil.

« Vous tous. Sortez immédiatement, et verrouillez les portes derrière vous. Ne revenez que si je vous le demande. »

Et alors que je concentrais en ma dextre le pouvoir qui faisait de moi l’un des rares élus choisis par les dieux comme possesseur du don de lecture, j’entendis les multiples portes de la salle d’audience se refermer à l’unisson pour nous laisser parfaitement seuls elle et moi.

« Disparais ! »

Reincarnation


Masse de passions et de péchés, la Bête aurait dû voir mille jours et milles nuit de ses propres exactions, mais tel ne serait pas son sort. Cette fois, au lieu d’une éternité de souffrance, je ne lui offrais qu’une fin fulgurante et miséricordieuse.

Usant de la forme offensive de mon arcane de fonction pour la seconde fois de ma très longue histoire, le récit complet des péchés de la Bête s’écrivit alors sur son corps, lui interdisant tout mouvement tandis que petit à petit, son esprit se dissolvait dans les souffrances qu’elle avait causée.

*Puisse Lydia n’en garder aucuns souvenirs.*

Puisse cette utilisation du Reincarnation ne jamais être révélée à des yeux autres que les miens et ceux de l’Etoile de l’Excellence.

Lévitant à quelques centimètres du sol, sans un mot, sans un bruit, mon arcane accompli son œuvre avant qu’avec la disparition de l’esprit de la Bête, les lettres ne s’effacent d’eux même, et que chute l’Etoile des Ténèbres.

Recueillant alors dans mes bras le corps de Lydia, j’assistais avec un franc sourire à son premier éveil libéré, tout en fixant ses yeux papillonnants à la recherche d’un quelconque signe de malaise.

« La Bête n’est plus. Comment te sens-tu ? »
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Dim 2 Juil - 15:41

[Je reprends directement après l’apparition de la Bête]

- Tu me remercies ? Vraiment ? Vraiment… !!!

Éructa la Bête au moment précis où la poigne du juge se refermait sur elle. Dénudant alors ses crocs, avec une ardeur dépassant de loin la simple violence, elle se débattait avec la force d’un beau diable tandis qu’il la poussait sur le sol. Sa fureur montant crescendo, elle n’avait de cesse de frapper, de griffer si finement que de délicates gerbes de sang glissaient sur elle. Si peu si peu de sang mais un sang si puissant qu’il agissait telle une manne inattendue qu’elle s’empressait d’absorber.

Sentant ses forces se décupler à ce puissant apport spectral, la rousse combattante ne manqua pas de repousser son agresseur tout en l’arrosant copieusement d’une série de termes fleuris que la décence interdisait de répéter en ce lieu sacré. Immense était la pression se dégageant entre les deux êtres tout comme l’âpreté de la lutte les opposant. De part et d’autre du duo s’élevaient éclairs sur éclairs tant leurs cosmos s’entrechoquaient. Silencieux, les scribes n’avaient toujours pas bougé, trop captivés par le drame intense qui se jouait sous leurs yeux. Fidèles au juge, conditionnés par des siècles de devoir servile, ils en avaient quasi perdu tout esprit d’initiative, demeurant comme enracinés à la base même des fondations du temple.

Tant de mots s’étaient échangés entre eux, tant de paroles, de menaces envers la Bête qui s’étaient envolées avant qu’elle ne semble soudain se réveiller et ne réponde d’une voix caverneuse de plus en plus sourde et lointaine.

- Si tu crois qu’amputer celle que tu appelles Lydia d’une part de son existence pourra la sauver d'une chute plus aussi lointaine que ça, tu te trompes, juge de mon cœur. Bien plus que tu ne pourras jamais l’imaginer. Me détruire, c’est détruire une part immense de Lydia, une part vitale de son être !!! Ce qui fait qu’elle est capable de combattre, d’être le monstre que tu veux tant qu’elle soit.

Inspirant sur cette dernière phrase, elle fit exploser toute la puissance du cosmos de l’Etoile des Ténèbres, faisant trembler l’ensemble des murs au plafond. Instant que choisit le juge pour faire sortir tout le monde. Signe qui ne trompait pas sur l’issue de ce pseudo-combat. Minos paraissait plus que déterminé à en finir avec la Bête et la Bête le savait. Rugissant comme aucun lion ne pourrait jamais le faire, elle déploya toute la puissance du désespoir, toute la force d’une proie repoussée en ses ultimes retranchements. En ses tympans, elle pouvait sentir son propre cœur battre à tout casser, véritable symphonie barbare à laquelle s’ajoutaient les innombrables pas des servant évacuant la salle…

Quelques instants de plus et les lourdes portes se refermèrent sur le couple en pleine scène. Un choc lourd, sourd sonnant comme l’halali. Un instant qui fit sursauter la Bête avant que l’arcane ultime du juge ne se referme sur elle.

- Comment oses-tu ? Comment peux-tu nous infliger cela ?

Mots qui se fondirent en un long râle de souffrance avant qu’elle ne se sente soulevée loin au-dessus des dalles de marbre.

Serrant en un premier temps les dents, elle ne put retenir une suite de cris au moment où la puissance de la technique déferla sur elle, en elle, arrachant une à une toutes les pièces de sa vie, toute l’essence de son existence.

- Non…

Fut le seul mot qu’elle put encore articuler alors que ses fautes se dévoilaient une à une en une éblouissante série de tableaux, de scènes qui s’effaçaient aussi vite qu’elles apparaissaient. Une expérience qu’elle ne pourrait jamais réitérer, son être s’effaçant d’instant en instant…

De longues si longues heures s’écoulèrent ainsi, du moins à ses sens avant qu’elle ne puisse plus rien ressentir. Tout s’était effacé, tout s’était délité. A présent, elle n’était plus qu’un souffle, une chimère qui ne tarderait plus à être éparpillée. Un souffle ultime qui balaya l’ensemble du temple avant qu’elle ne s’efface définitivement…

~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ ~


- Que…

Rien ne pourrait jamais égaler ce réveil d’entre les éveils. Cela faisait tant de siècles que toutes deux cohabitaient et maintenant, pour la première fois depuis tout ce temps, elle se réveillait seule. Seule sans la moindre volonté frappant aux portes de sa mémoire. Une sensation de calme, de vide qui la laissait désemparée en dépit de cette nouvelle liberté.

Avançant la main aux paroles de Minos, elle ne tarda pas à toucher son visage…

- Comment je me sens ? Non-vivante… Non-vivante et vide, si vide, tout simplement…


Dernière édition par Lydia le Lun 3 Juil - 7:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Dim 2 Juil - 19:02

Elle revenait à elle. Petit à petit, l'Etoile des Ténèbres refaisait surface après une expérience que j'espérais avoir été aussi discrète possible.

*Qu'aucunes traces de cet acte ne demeure dans ses souvenirs.*

Ses yeux ouverts fixèrent les miens, et sa main me toucha en même temps que ses mots. Des mots emplie d'une tristesse non-dite mais perceptible, comme celle que l'on ressentait après la perte d'un proche connu mais lointain.

« Vide ? »

Les premiers mots de l’Etoile des Ténèbres furent ceux d’une âme visiblement perdue dans sa nouvelle condition. Cela n’était guère étonnant, après tout, combien de temps avait-elle vécu ainsi, avec une autre conscience frappant aux portes de la sienne ?

*Au moins trois milles ans. Depuis son éveil à la non-vie du Sombre Empereur.*

La Bête avait été créé en même temps que sa nouvelle condition de vampire, et depuis lors, elles avaient partagé le même corps à tour de rôle sans jamais parvenir à coexister. Comment se sentait-elle à présent que son être lui appartenait pour entier ? Je ne pouvais que le deviner.

*Est-il possible que tu ais développé de l'empathie pour cette Bête ayant vécue en toi ? Après plus de trois milles ans de vie commune, cela ne serait guère étonnant. Surtout venant de toi.*

« J’imagine ce que tu ressens. Etre ainsi amputé d’une partie de toi est une expérience inédite, mais c’était le seul moyen. J'espère que tu le comprends. »

Elle le savait, elle ne pouvait que le savoir. La bête se nourrissant de sa faiblesse, elle était comme un cancer en son sein, un cancer qui aurait fini par la détruire ou l’absorber. Il fallait donc la détruire, et c’était à présent chose faite.

« Tel le nouveau-né, tu as désormais une toute nouvelle existence devant toi. Et tu pourras compter sur moi pour être à tes cotés comme je l’ai toujours été. »

Aidant alors Lydia à se relever, je la fis s’asseoir sur un siège tout proche avant de m’agenouiller devant elle.

« Tu as dit te sentir vide, mais ressens-tu encore des sentiments ? Te souviens-tu de notre… Relation ? De celle que tu as avec ta sœur ? »

Il me fallait rapidement définir jusqu’où la cicatrice de l’ablation de la Bête remontait dans l’esprit de Lydia. Je doutais franchement qu’elle aille plus loin que la seule bestialité inhérente à sa condition, mais Lydia pourrait me le confirmer avec plus de précision.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 3 Juil - 8:31

Douceur…

Rien ne pourrait jamais égaler la douceur qu’elle ressentit au contact de la chair de Minos. Pas un instant, le juge ne l’avait repoussée ou ne s’était esquivé à son geste. C’était une première, sans doute le seul geste débordant du cadre que l’Etoile des Ténèbres s’était permis de toute son éternité. Une nouveauté que le Griffon était capable d’accepter avec toute la finesse et la souplesse qui pouvaient être siennes. Après tout, Lydia avait besoin de se retrouver, de reprendre contact avec la réalité privée d’une part de sa propre conscience, de son âme profonde. Rares, extrêmement rares étaient les êtres capables d’accomplir ce que le fils de Zeus venait de réaliser et rares étaient ceux capables de s'en relever.

Souriante comme on pouvait l’être au terme d’une longue fièvre, la splendide chasseresse cherchait en elle-même une présence qu’elle ne trouverait plus jamais. C’était si nouveau, si nouveau qu’elle ne savait si elle se sentait attristée ou soulagée.

Surprenant alors les mots qui ne tarderaient plus à revenir, elle se concentra pour n’en perdre aucune bribe.

- Perdre une part de moi…

Avait-elle répété sans la moindre nuance, rêveuse même tant cela lui avait toujours paru impossible.

- C’est donc bien la réalité. Je ne rêve pas. Je suis entre vos bras, tout près de vous et s’il n’y avait le surplis, j’aurais l’impression de flotter.

Trouble des sens, de la mémoire, de l’âme profonde, la nature avait horreur du vide même à ce niveau-là. Fermant un instant les yeux, la No-Life Queen se concentra, rassemblant en elle la presque totalité de ses forces primordiales. Puis, les rouvrant et les plongeant sans hésiter dans ceux de Minos, elle reprit.

- Oui, je comprends. Je comprends parfaitement. Cet état ne pouvait se prolonger indéfiniment pourtant je me sens coupable envers elle. Elle était moi, elle était la part animale de moi, si puissante, si viscérale. Une étincelle qui s’était allumée au plus profond de mon être suite aux enseignements reçus chez les Amazones et s’est réellement révélée avec mon entrée dans le monde des Non-vivants. Elle était une part de moi, une nymphe que je n’ai pu absorber… Pour notre grand malheur à toutes les deux.

Un ton doux, mélancolique mais non dépressif, Lydia n’était pas de cette trempe, pas plus qu’elle n’était décidée à se laisser aller. Loin de là, elle refleurirait à partir de cet instant, pareille et différente.

Hésitant à poser la main sur l’épaule du juge pour s’y appuyer, elle lui laissa la totale maîtrise sur son être. Se sentir faible à ce point aurait pu la faire hurler mais elle n’était plus vraiment elle-même, elle était même trop occupée à se redécouvrir pour s'y attarder. Aussi, ce ne fut que quand elle fut installée sur un siège, le juge agenouillé face à elle, en une attitude presque intime qu’elle reprit la parole.

- Oui, vous avez toujours été là pour moi et ce depuis le jour où notre maître suprême m’a remise à vous et je vous en remercie.

Plus que de la fidélité, c’était une ferveur mêlée d’amour qui se transparaissait en ses mots. Une puissante sensation dont la chaleur ne tarderait pas à envelopper la salle tant les deux êtres étaient proches en cet instant, seuls et si proches.

- Et oui, je ressens toujours le même amour pour vous.

Un poids immense s’était levé, emportant avec lui la retenue de chasseresse au teint d’albâtre nacré.

- Le même, aussi puissant, aussi doux mais moins violent, moins dévorant. Il ne me ferait plus perdre la raison comme auparavant. Au contraire, je sais que vous appartenez corps et âme au seigneur Hadès et que jamais, aussi longtemps que telle sera sa volonté, je ne pourrais poser la main sur vous…

Une tristesse certaine s’était faite sentir à cette idée, un sentiment puissant mais lavé de toute mauvaise pensée. Lydia avait changé au plus profond d’elle-même et cela Minos ne tarderait pas à en réaliser l’ampleur.

- Ma sœur ? Mais… toutes mes sœurs, non, toute ma fratrie a péri lors de l’attaque de notre demeure alors que j’avais à peine huit ans…

Si cela faisait bien des siècles que l’Amour de Lydia envers Minos existait, la révélation de l’existence même de Lucinda était trop récente, bien trop pour qu’elle puisse s’en souvenir suite au choc de la perte de la Bête et Hadès seul savait ce qu’elle avait bien pu perdre de plus…
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Lun 3 Juil - 9:48

Avec une infinie douceur comme je n’en déployais hélas que trop rarement, j’avais accompagné l’Etoile des Ténèbres lors de son nouvel éveil, et l’avais installé du mieux que je le pouvais étant donné les circonstances de sa nouvelle naissance.

Une naissance s’étant fait au prix d’une partie de son ancienne existence, dans une déchirure des plus abruptes, mais qui s’était avérée aussi vitale qu’indispensable.

En oblitérant la Bête, j’avais sauvé le spectre du vampire tel que je l’avais connu, mais qu’en resterai-t-il désormais ?

*Qu’importe ce que tu es à présent, qu’importe ce que tu deviendras. Je serai là pour toi, comme tu l’as été pour moi.*

Du temps, et de la tranquillité. Du soutien et un ami sur lequel se reposer. A défaut d’un amant à étreindre, je pourrais être pour Lydia le soutien infaillible sur lequel elle pourrait s’appuyer le temps pour elle de retrouver ses appuis.

« Tes sentiments n’ont donc pas disparu. C’est une bonne chose. Car même s’ils représentent un danger en l’état, devenir sans cœur serait un sort encore pire que la damnation. »

Rassuré d’obtenir la confirmation de la bouche de l’Etoile des Ténèbres que ma manœuvre avait été la bonne, je pris doucement ses mains dans les miennes avant de poursuivre.

« Je suis navré de ne pouvoir t’offrir la seule chose que ton cœur a toujours réclamé. Mais à présent que nous sommes seuls, sans même la bête pour nous écouter, je peux te confier une pensée ou plutôt un rêve qui m’anime depuis que je te connais. Celui de nous imaginer un jour tous deux libres de nos gestes et de nos envies. Un jour où l’idéal de notre Eternel Empereur sera accompli, et où il n’y aura plus besoin ni de juge ni de soldats, et où nous pourrons retrouver notre liberté. »

Je n’en dis alors pas plus. Elle avait compris. Entre elle et moi, il n’y avait pas besoin de long discours, pas besoin d’explications superflues. Nos âmes étaient liées depuis maintenant si longtemps…

« L’espoir n’est pas réservé qu’aux vivants. Nous aussi pouvons réver de jours meilleurs. »

Et quittant son contact pour me redresser, je fus alors surpris par sa déclaration concernant ses sœurs d’un temps aujourd’hui révolu, souvenir d’une époque lointaine.

« Je ne te parle pas de ces sœurs là, je te parle de Lucin… »

Je venais de comprendre et me stoppais net avant d’en dire d’avantage. Ce que j’avais cru être une incompréhension de sa part allait en fait bien plus loin que cela. La bête était partie, et avec avait disparue bien plus que sa noirceur.

« Voila qui est… imprévus. »

M’asseyant alors auprès du spectre du vampire, j’imaginais les différentes manières se présentant à moi de gérer son amnésie avant de choisir la méthode que je jugeais la plus adaptée.

« Lydia… Il semble que la disparition de la Bête ait entrainé la perte de quelques souvenirs récents. »

Premièrement, l’informer en douceur de sa nouvelle situation.

« A première vue, il ne s’agit de rien de grave. Tu te souviens de ton nom, de ta nature, et même de tes sentiments envers moi. Alors cela ne doit toucher qu’une petite partie de tes souvenirs. Peut être les deux ou trois derniers jours. »

Deuxièmement, la rassurer. Dans son état, il ne serait pas bon de paniquer, ni de la stresser d’avantage.

« Aussi, ce que je te propose, c’est une série de question à réponse rapide. Je vais te donner les noms des derniers évènements survenus, et tu me répondras si oui ou non tu t’en souviens. Tu es prête ? »

Et enfin troisièmement, cerner le problème avec précision. Impossible de savoir si cette amnésie serait passagère ou définitive, mais en attendant, il nous fallait savoir jusqu’où elle remontait.

« Alors l’attaque d’Asgard par l’Archi-traitre Psema ? »

Je laissais alors le temps de répondre à l’Etoile des Ténèbres avant d’enchainer.

« L’attaque de l’Archi-traitre sur les Enfers ?... L’assaut de l’alliance des dieux sur l’ile de la Reine morte ?... La purge que nous y avons effectué ensemble ?... Ton combat contre le serpentaire noir ?... Notre retour aux enfers ?... Ta rencontre avec Lucinda de la vierge à la cathédrale ?... Notre départ pour la recherche des artefacts divins avec le spectre de l’Alraune et Brunissen ressuscitée ? Tes recherches en Océanie ?... Ton retour aux Enfers avec le sceptre d'Athéna ?... Et la raison de ton retour à la Demeure du Jugement ? »
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mar 4 Juil - 14:45

Instants de magie, instants de tendresse qui se graveraient à jamais en elle. Face à Minos, Lydia demeurait muette, les yeux brillants de ce bonheur qu’elle n’avait pas le droit de toucher mais qui ne cesserait jamais d’exister.

* Aussi longtemps que les Etoiles brilleront pour servir Hadès, aussi longtemps que les Enfers n’auront pu mener à bien l’idéal ultime de notre vénéré maître, nous ne pourrons nous donner l’un à l’autre mais ce jour viendra. Le jour de l’ultime bataille viendra et les Etoiles n’auront plus pour vocation que d’éclairer les cieux et de perpétuer l’idéal de notre roi. Tout jugement, toute guerre sera alors superflue et notre amour pourra éclater au grand jour et embellir au fil des ans… *

Romantique demeurerait à jamais la splendide Chasseresse du Crépuscule, ardente et passionnée. Une force d’âme, de sentiments propres à elle. Savourant la chaleur des mains de Minos enveloppant les siennes, la douceur et la puissance de sentiments qu’elle seule connaissait, la Rose infernale ferma un instant les yeux. Rien ne pourrait jamais égaler ce qu’il venait de lui offrir : une promesse éternelle dépassant tous les autres vœux. Une promesse à laquelle elle avait répondu directement en sa pensée. Plus qu’intimes, les deux Etoiles étaient depuis toujours liées, enchaînées l’une à l’autre.

Étais-je un présent pour toi ? Un présent de notre seigneur vénéré pour te remercier de ta fidélité et de ton dévouement à son égard et ce depuis la naissance même de notre ordre…

Même si elle ne le savait, ne pourrait jamais le savoir, l’Etoile des Ténèbres se plaisait à l’imaginer. Après tout, même Hadès pouvait aimer, aimer au point d’encourir la fureur de Déméter. Loin, il était si loin d’être le dieu néfaste que s’imaginaient les mortels et serviteurs d’Athéna.

D’autres instants s’écoulèrent ainsi dans la quiétude d’un temple encore déserté. Paix et sérénité régnaient enfin alors que les cris de la Bête s’étaient tus en son sein. Fébrile mais non blessée, le spectre du Vampire contempla la puissante silhouette du juge qui s’éloignait avant qu’il ne revienne, visiblement surpris par sa réponse.

Surprise qui ne manqua pas d’alerter la Céleste à la chevelure de flammes qui le suivait toujours des yeux tandis qu’il revenait vers elle avant de prendre place à ses côtés.

- Amnésique ?

Un bien étrange coup du sort, effrayant sans qu’elle ne perde la tête pour autant.

- Je serais devenue amnésique à cause de la Bête…

La No-Life Queen ne pouvait que se rendre à l’évidence. Cela ne pouvait qu’être cela. Elle et la Bête étaient si entremêlées, si fusionnées que la perte de l’une ne pouvait qu’avoir des répercussions sur l’autre. Aussi, se rattachant à la voix du juge tout proche, elle acquiesça à ses paroles avant de répondre à chacune de ses questions.

- Je n’ai appris la disparition d’Asgard que suite à l’appel de notre vénéré Hadès. J’étais encore en plein sommeil dans la lointaine Ecosse quand elle est survenue. Le nom du responsable m’a été révélé en même temps ainsi que son assaut sacrilège sur les terres de l’Outre-monde.

Première réponse, vinrent ensuite les suivantes.

- Death Queen Island, j'entrevois quelques images. Des instants fugaces où j’avance aux côtés d’une femme blonde, une purge sous le sol avec des bateaux, des humains qui fuient un sort juste. Des humains qui n’ont rien d’éveillés... Prenant une profonde inspiration, elle se concentra avant de poursuivre. Le volcan, je vois par intermittence, la lave et les fumées du volcan… Notre retour…

Refermant les yeux, elle se concentra encore et encore avant de finir.

- Non, je ne me rappelle pas. Je n’ai plus aucune image, aucun souvenir des raisons de notre retour ici. Je ressens juste une oppression, une sensation de douleur, comme si on m’arrachait le cœur…

D’autres questions s’enchaînèrent sans qu’elle ne puisse davantage y répondre jusqu’à ce qu’un prénom ne la fasse réagir.

- Lucinda ? C’était le prénom que mes parents comptaient donner à leur enfant à naître si elle avait été une fille. Sinon, il se serait appelé Lucian. Seulement, toute ma famille a été massacrée avant qu’elle ne puisse voir le jour. Ma mère était enceinte… Étrange coïncidence qu’une sainte puisse porter le même prénom.

Des mots dits avec cette sincérité empreinte de tristesse. Évoquer sa famille n’était pas forcément le plus agréable à faire mais elle souhaitait tant retrouver quelque chose qu’elle s’efforça de repousser cet aspect de son passé. De toute façon, à quoi, cela aurait pu servir ? Après tout ce temps...

Aussi se pencha-t-elle sur le reste, fouillant dans les éclats de lumière blanche qu’était devenue sa mémoire la plus récente.

- Non, plus rien, je ne vois plus rien. Aucune idée de cette traque à travers l’Océanie qui a débouché sur la prise du Sceptre de la Sagesse. Pas plus que de la résurrection de la nordique Brunissen. Je ne me souviens même pas de sa mort. Ni de son destin en notre monde… Quant à l’Alraune… Elle sourit à ce nom, elle l’appréciait, réellement. Le seul dont je me souvienne, c’est Regen. Regen de l’Alraune, nous étions amis et le sommes encore visiblement…

Le voir pourrait peut-être m’aider ? Même si je doute qu’il puisse faire plus que vous. Votre présence est encore et restera toujours la meilleure des thérapies pour moi…


Sans le savoir, elle avait évoqué ce mot, ce terme qui l’avait menée vers le temple du jugement et sonné le glas de la Bête. C’était bien une bouée de sauvetage qu’elle était venue chercher, la seule aide pouvant la sauver de sa propre passion mais cela aussi s’était si cruellement effacé. Un état dont Minos ne pourrait manquer d’évaluer le degré de gravité.
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mar 4 Juil - 15:55

J’avais réussi à stabiliser l’esprit de Lydia par mes mots, et à présent que je recevais ses réponses concernant les souvenirs qu’elle parvenait à faire remonter à la surface, je commençais moi aussi à percevoir la cicatrice ayant déchirée la mémoire de l’Etoile des Ténèbres.

« Je vois. Les six dernières heures semblent avoir été effacées de ta mémoire. C’est préoccupant, mais enfin… Cela aurait put être pire. Bien pire. »

Rassurant, toujours rassurant. D’autant qu’en l’occurrence, j’avais raison. Qu’étaient finalement une poignée d’heures au regard de l’immensité de l’existence du spectre du vampire ?

A cet instant, pour n’importe quel autre spectre, j’aurai cessé mes investigations sur le champ devant le pinaillage que représentait une telle entreprise, mais Lydia n’était pas n’importe quel autre spectre, en tout cas à mes yeux.

« J’imagine que tu désires que je te rafraichisse la mémoire concernant cette période que tu as oubliée ? »

Le récit promettait de prendre quelques temps, aussi, avant de commencer, je pris une longue inspiration.

« Alors voyons voir, par où commencer ? »

La réponse me vint d’elle-même comme une évidence.

« Les raisons de notre départ de l’ile de la Reine morte. »

Je narrais alors à l’Etoile des Ténèbres le message de notre Empereur ainsi que la nouvelle mission qu’il nous confia. Je parlais de l’arrivée du chevalier d’or de la vierge à la cathédrale des enfers après la trahison du serpentaire noir, et du rôle que Lydia avait joué dans sa mise en sureté conformément au pacte passé entre Athéna et notre Empereur.

Je lui parlais ensuite de nos retrouvailles en ces lieux avec Brunissen que j’avais exécutée puis jugée avant qu’elle ne reçoive la miséricorde du sombre Empereur que la curiosité de Sivir avait provoquée ; je lui narrais la nouvelle mission que nous avions tous reçu en cette pièce, lorsque nous fumes charger d’aller chercher de part le monde les trois artefacts divins et comment nous fumes séparés à cet instant en partant chacun dans notre direction ; je lui racontais ensuite comment elle et Brunissen avaient sut découvrir la position du sceptre d’Athéna et l’avaient alors ramené aux enfers tandis que Sivir, nouvel incarnat du spectre de l’Alraune, avait rapporté quant à elle l’épée sacrée de notre Empereur.

Et enfin, après une longue histoire fourmillant de détail et de réponse aux questions qu’elle me posait, je lui parlais du pacte qu’elle et moi avions passé avant de nous quitter, de ce cœur impétueux et sauvage que j’avais promis de lui apprendre à maitriser, et de la raison de sa présence en ces murs à cet instant précis.

« Voila. A présent, tu sais à peu près tout ce qu’il y a à savoir. Je ne peux te donner les détails de ton périple en Asie et en Océanie, car je n’y étais pas. Mais peut être que Brunissen pourra te les fournir, quand vous vous recroiserez. Sivir de l’Alraune pourra également t’aider. Son âme est bienveillante, et elle semble t’apprécier. »

Elle avait compris. Elle n’était pas seule, et ne le serai jamais. Pas tant que je serai là pour elle.

« Et maintenant que tu sais aussi pour Lucinda et votre rencontre à la cathédrale, qu’est-ce que tu ressens ? »
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mar 4 Juil - 19:11

- Oui au moins, ne suis-je pas totalement vidée de tout souvenir. T’oublier, oublier tout ce qui fait mon existence et sa beauté aurait été pire que tout mais je sais aussi que cela ne peut arriver. Tous, autant que nous sommes, sommes les hérauts et les combattants sacrés du grand Hadès et de sa merveilleuse Coré. Et cela personne ne pourra jamais l’effacer ou nous en priver. En nos surplis, nos âmes sont fusionnées, épousées de la plus belle des façons. Tout spectre finit par retourner à son seigneur quel que soit la route empruntée... Et cela, nul ne pourra jamais totalement l’oblitérer.

Pas plus que les sentiments que j’éprouve pour toi. Compléta-t-elle par la pensée.

Tout comme son âme et son cosmos, ses sentiments les plus profonds étaient immortels. Ardente, la somptueuse chasseresse ne pouvait en aucun cas désespérer. Cela n’était pas dans la nature des spectres de laisser ainsi aller. Cela faisait même des éternités qu'ils en étaient préservés. Le sombre empereur, en sa gloire éternelle y avait plus que veillé.

Ainsi, souriant aux nouvelles paroles de Minos, elle accepta avec enthousiasme débordante d’une soif de connaissance tout à son honneur.

- Oui, je le souhaite ardemment. Tant de choses semblent s’être passées en si peu de temps. Un peu comme l’explosion d’une flamme soudaine au cœur de la nuit éternelle. Intense et magnifique avant de disparaître aussi vite qu’elle était venue.

Feu follet, rien ne pourrait jamais mieux résumer la pensée de la rousse chasseresse que cette idée d’une flamme éphémère traversant un plan qui n’était pas le sien. Prenant alors une pause plus savante, la belle se concentra. Au vu des interrogations de l’Etoile de la Noblesse, le récit ne pourrait qu’être long, dense et d’une richesse incomparable. Et elle ne fut pas déçue. Se concentrant sur tout ce qu’elle connaissait de l’île et des armures d’or, elle s’imagina sans peine les différentes scènes se succédant sur Death Queen Island. Son seul vrai regret n’était en fait de ne pas être doué en l’art de l’illusion. Cela aurait été si parfait pour supporter, compléter par "miroirs interposés" les récits et autres verbes de Minos.

Ainsi se dévoilèrent leurs récents exploits sur sur l'île de l'Archi-traître avant leur retour à tous deux aux Enfers, émaillés de questions et de réponses. Plus que tout Lydia voulait savoir même si cela lui ferait mal. Fait qu’elle ne pouvait nier, apprenant de la bouche même de celui qu’elle aimait par-dessus tout l’existence de sa cadette et pire encore son allégeance à Athéna. Les Moires avaient été cruelles tout comme elle avait failli entraîné la perte de Lydia avant de totalement retourner une situation qui ne pouvait qu'être désespérée. Sauver la Vierge nouvellement étreinte avait au final servi plus que tous les intérêts du sombre empereur. Fait qui l'avait ainsi absoute d’une faute qu’elle aurait pu commettre sans pour autant totalement la purifier…

Cette phase plus que pénible passée, ce fut au tour de la blonde Brunissen de reprendre le devant de la scène et avec elle, la nouvelle incarnation de l’Alraune. Tout cela s’était passé si près dans le passé, si vite en regard de la lenteur presque l’immobilité d’une éternité. De quoi alimenter toujours autant la curiosité de la Vampire Couronnée. Un passage aussi riche en émotions qu’intenses avant que l’ordre d’aller chercher les artefacts ne résonnent en ces lieux décidément bien agités.

- Ainsi, j’ai tenu le Sceptre d’Athéna…

C’était si extravagant, si intense comme pensée.

- Quel dommage… Quel dommage de ne pouvoir le détruire à jamais ou mieux encore de le vider de toute la puissance y étant enfermée et se l'accaparer. A jamais privée de son pouvoir, la déesse ne pourrait plus aussi simplement nous attaquer voire se faire simplement reconnaître de ses propres guerriers. Rien que le fait de voir des imposteurs prendre si aisément sa place montre à quel point son pouvoir peut être parfois se retrouver ébranlé. Sans son sceptre, elle n’est plus qu’une reine privée de son sceau sacré…

Les yeux étincelants suite à cette rapide déception, l’Etoile des Ténèbres reprit.

- Enfin, je suis certaine que notre empereur pourra déjà en tirer le meilleur parti. Surtout si aucun témoin n’était présent lors de sa capture. L’idéal serait de demander confirmation à Brunissen. Qui sait si avec un peu de chance, les saints ne vont pas s’obstiner en vaines recherches et s’épuiser à sillonner l’immensité de la divine Gaïa.

Un souhait somme toute compréhensible mais plus qu’impossible à réaliser. Seulement, la No-Life Queen l’ignorait.

- Le jeter là où plus jamais personne ne pourrait le retrouver, non, mieux encore l’annihilation totale plutôt que le risque de le voir retourner à sa maîtresse. Sans doute est-ce que je souhaiterai le plus pour une telle arme. Qu’à l’image de la puissante Balmung, il n’en reste rien… Juste quelques fragments agonisants.

Celui qui détruit une chose est maître de cette chose…

Quelques mots, quelques mots lourds de sens que Minos apprécierait avant qu’elle ne passe à un autre sujet tout aussi préoccupant.

- Enfin, je n’ai fait que te confier mon rêve à ce sujet dans l’intimité, l’isolement complet de cette salle. Toi seul en est le dépositaire, toi seul…

Mots qui n’en appelaient aucun autre, Minos comprendrait aussi aisément qu’elle le comprenait.

- Et pour en finir avec cet objet plus que sacré que sa déesse ne peut qu’ardemment rechercher et que le pire ne vienne finalement à se réaliser... Je sais que je n’aurais pas d’autre choix. Il faudra que je sois forte. Que je surpasse les limites de mon cœur. De ce cœur qui saigne tout autant qu’il se réjouit de savoir la dernière de mes sœurs encore en vie. Mon devoir passe avant tout, je le sais, je l’accomplirai quoi qu'il m'en coûte. Mais je n'ignore pas non plus l’immense bassesse avec laquelle peut agir la déesse. Envoyer Lucinda contre moi, en misant sur ma plus grande faiblesse, serait parfaitement dans ses cordes. Aussi, je ne pourrais que me résoudre à la subjuguer et en faire mon esclave puis, en ultime recours la dévorer.

Des paroles qui lui coûtaient, qui la faisaient souffrir tout comme le laissait entrevoir sa voix avant qu’elle ne poursuive.

- Je n’aurais pas d’autre l’alternative mais je ne pourrais pas aller au combat aussi simplement que cela. Ce cœur, je dois achever de le dompter et pour cela, je ne peux que m’en remettre à toi pour arriver et à la pire des batailles me préparer.

Longue et terrible sera la route mais tu seras à mes côtés…
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mer 5 Juil - 8:52

Mon récit des quelques heures manquantes à la mémoire de l’Etoile des Ténèbres semblait lui avoir été d’un grand réconfort, car déjà son regard changea d’expression, passant de l’appréhension à la surprise, puis au dégout, avant de revenir vers ces notes indéfinies, entre espoir et mélancolie.

« Il n’est pas chose aisée de détruire ce qui fut construit par les dieux. D’autant que si l’on en croit les légendes, ce sceptre lui-même serait une divinité ayant changée de forme, et tu sais que détruire une divinité est à jamais au-dela de nos forces. »

De nos forces, et de celles des dieux eux-mêmes. Le pire châtiment qu’ils puissent subir résidant dans l’enferment éternel au sein du Tartare, ce n’était en rien une fin, et encore moins un anéantissement.

« Je doute qu’Athéna soit assez stupide pour ne pas se rendre compte que son attribut se trouve en notre domaine. Ce sceptre est lié à elle, comme nous sommes liés à nos surplis. Les forces de la Sagesse viendront pour lui, cela ne fait aucun doute. Et ce qui se passera alors ne dépendra que des plans de notre Empereur. »

Il était fort à parier qu’un affrontement total serait ce qui départagerai encore une fois nos forces respectives, mais qui pouvait savoir ce que le Sombre Empereur avait en tête.

« Des fragments agonisant ? D’où tiens tu cela ? Le fait que Balmung ait disparue ne signifie en rien son anéantissement, et quand bien même ce serait le cas, Balmung n’est pas une divinité, et se résume à un outil, aux même titres que les protections portée par les dieux. Protection que nous savons toutes deux loin d’etre indestructibles. »

Un secret bien gardé, seulement connu des plus anciens et des plus fort d’entre nous. Ceux qui avait eut l’insigne honneur d’affronter ou de voir se battre les dieux.

« Tu connais ton devoir, mais sauras-tu l’accomplir ? Subjuguer ta sœur et la vider de son sang ? Le sauras-tu ? »

Lydia était depuis peu passée au tutoiement me concernant. Un changement subtile dans sa manière de parler qui faisait surement écho à l’espoir que je lui avait offert, un espoir qui a ses yeux devait valoir tous les joyaux.

« Je serai là pour toi. Tu as ma parole. »

Dompter son cœur. Plus facile à dire qu’à faire. La disparition de la Bête était certes une étape cruciale, mais elle n’était qu’un pas sur une longue route.

« Dompter ton cœur ne se fera pas en une journée. Il te faudra du temps, et énormément de volonté. Il est facile de s’abandonner à ce que l’on ressent, il est bien plus ardu de le contrôler. »

Lydia le savait. Même si elle avait oublié son dernier geste me concernant, cette expérience ne pouvait pas avoir entièrement disparue de sa conscience.

« Il va te falloir te blinder. Emmurer ce cœur dans un carcan de principes et de règles irrévocables qui iront parfois contre ses désirs. Et pour cela, il va te falloir passer des épreuves. »

Me relevant alors en douceur, j’invitais Lydia à en faire de même.

« Mais pas ici. »

La suite se déroulerait dehors. Loin des murs sacrés du tribunal silencieux. Là où nous pourrions nous exprimer plus… librement.
Arrow La suite ici


Dernière édition par Minos le Mer 5 Juil - 14:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   Mer 5 Juil - 11:23

Se plonger de plus en plus loin en la discussion, mettre de côté l’état d’amnésie partielle qui était le sien demeurait à ses yeux le meilleur à faire. En Minos, la splendide étoile avait toute confiance et le récit qu’il lui avait fait comblait largement les zones blanches qu’elle finirait bien par déchirer.

A sa suggestion, une réponse plus qu’intéressante avait jailli sans qu’elle ne réponde sur-le-champ.

- Une autre divinité réduite à cela ? Ce serait donc vrai…

L’horreur avait pointé en ses yeux à cette idée. Imaginer qu’un être aussi puissant que le seigneur Hadès puisse en être réduit à un objet totalement dévolu pour ne pas dire soumis à la volonté d’un autre. Quelle pire servitude pouvait exister...

- C’est… Comment dire… Si extrême, si horrible en son état. D’un être divin, passer à un objet, fut-il sacré, totalement soumis à la volonté d’une autre divinité…. Mais est-ce réellement le cas ? Que les dieux s’entraident est une chose mais que l’un finisse par se réduire à sa seule utilité et demeurer éternellement en cet état. La Victoire n’a-t-elle aucun désir de retrouver sa forme première, de redevenir une essence, un être à part entière volant sur les champs de bataille ou n'importe où d'autres au gré de sa seule volonté ?

Penchée sur cette question, l’Etoile des Ténèbres se demandait si Athéna était seule à pouvoir la contrôler. Assurément non vu que les légendes mentionnaient aussi la proximité entre Zeus et Nike. Cela laissait tant de questions en suspens.

- Enfin, à moins d’invoquer la déesse emprisonnée en cette forme, tout cela ne pourra jamais dépasser que le simple stade de la réflexion et des suppositions. La seule certitude demeurant sur le fait que même si personne ne nous ait surprises, Brunissen et moi, Athéna finira bien par retrouver la trace de son sceptre quand bien même se trouverait-il au plus profond du tartare. Enfin l’avenir dépendra de notre maître et non de nous mais je suis tellement heureuse de pouvoir en parler aussi librement avec toi…

Un splendide sourire avait éclairé le visage encore trop pâle de Lydia, marque évidente de l’épreuve qu’elle venait de traverser mais aussi de la Soif naissante. Tout cela avait tant puisé en elle qu’elle devrait sous peu se désaltérer. Dès qu’elle le pourrait…

- Quant à Balmung... si elle ne peut être totalement éparpillée ou scellée en un lieu hors de portée des mortels, ne risque-t-elle pas un jour de revenir en des mains plus indignes et sacrilèges encore que celles de Pséma ? Sans que le seigneur Odin ou le moindre asgardien ne soit là pour s’en rendre compte et alerter qui de droit. Si tous sont morts, hormis… mais acceptera-t-elle nous éclairer ?

Il était inutile d’en ajouter plus. Minos avait parfaitement compris de qui Lydia parlait et cela ne pourrait que faire son chemin en son esprit. Sans le moindre doute y avait-il déjà songé…

Entrevoir les diverses possibilités, les pions en place, tout ce qui pourrait aider les spectres à préparer l’avenir et les futures batailles, tout cela entrait aussi dans les prérogatives d’un juge. Se préparer, la No-Life Queen en était plus que consciente, il était plus que temps de se préparer…

Ce qui inclurait sans le moindre doute le domptage de ses sentiments.

- Lucinda… J’ai encore du mal à réaliser qu’elle soit de retour et étreinte de mon propre sang…

C’était si incroyable pour elle.

- Il le faudra, Minos, je n’ai pas d'autre choix. Je devrai le faire même si mon cœur sera le pire de tous les obstacles, bien davantage qu’une lutte entre cosmos pure. Je suis vampire depuis déjà tant de temps et elle, elle vient juste d’éclore et doit seulement tout découvrir sans celle qui l’a faite à ses côtés. Entre nous le gouffre est énorme autant que peut l’être la puissance des élans de mon cœur… Même débarrassé de la Bête.

Je suis prête à tout faire pour y arriver, à entourer mon cœur d’une muraille telle que plus personne ne pourra aussi simplement l’effleurer. Sinon toi vu que tu y vis depuis des millénaires déjà et j’espère de toute mon âme qu’un jour, je pourrais moi aussi t’aider…


Et se relevant à la suite du spectre du Griffon, la somptueuse spectre répondit.

- Je suis prête…

Jamais, elle n’aurait pu davantage l’être.

-> Je suis Minos quelque soit l'endroit où il va
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MessageSujet: Re: Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé   

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Jusqu'à ce que mon infini futur soit rattrapé par mon formidable passé

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