RPG Saint Seiya : Saints Of The Past
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 [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]

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Eléonore T. Rousseau


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MessageSujet: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Mar 11 Juil - 13:08

[HRP : il s'agit d'un approfondissement de la rencontre entre Zaveid et Eléonore durant la quête des artefacts]

Les p’tites bêtes mangent rarement les grosses. C’est qu’il en avait de bien drôles, celui-là. Car le problème n’était pas réellement de cet ordre-là, mais plutôt que ces bestioles-là étaient purement et simplement dégoutantes. Dire que certains avaient ce genre d’horreur en animal domestique, c’en était presque inimaginable. Des fous. Oui, ils ne pouvaient être que cinglés, pour se satisfaire d’une telle chose. Premier degré, quand tu nous tiens. Chacun ses préférences. Les miennes allaient aux Ophidiens et cette peau si froide et agréable au toucher. Pas de poil, pas de plume. Pas d’impression de velu, aussi. Juste un corps cylindrique recouvert d’un tissu d’écaille. Puis cette langue bifide sifflant tel une douce mélodie. Douce, mais double de sens. D’une certaine fidélité envers son maître, et pourtant régent de ce qui était à la fois justesse et simulacre. Virtuose animal.

Un sourire se dessina pourtant sur mon visage, étirant mes traits. La demande d’un nom, dont mes lèvres taisaient la réponse. Pour le moment, néanmoins. Et ainsi, la question se posait. Devais-je lui dire ? En cette hésitation imperceptible, je me contentais d’observer cet inconnu, ce Zaveid. Si ce qu’il disait était vrai, sans doute avait-il fait un long voyage. Et probablement cet objet recherché était d’une extrême importance, pour qu’il se déplace de l’Inde jusqu’à ces terres perdues.

« Eléonore. C’est mon nom. »

Ou plutôt devrais-je dire qu’il s’agissait de l’un de mes noms. Mais le second était généralement tu, dissimulé aux oreilles du monde. Là où seuls les êtres de confiance en apprendraient l’existence, la sonorité. Autant dire qu’ils n’étaient pas nombreux. Invisibles, voire inexistants. Perdu dans ces terres et ciels, quelque part. Peut-être juste à nos côtés, aussi.

Une bille dériva alors rapidement vers la gauche, observant cet emplacement d’où provenait des grognements que moi seule pouvais entendre. Rire cristallin, bien vite étouffé. L’impression de ne plus avoir cette présence particulière, mais un chien de garde à mes côtés. Quelque part, cela me ramenait loin en arrière, cette tendance surprotectrice. Et probablement étais-je heureuse de constater que les choses n’avaient point changées. Une impression qui, parfois, semblait d’une réalité surprenante et, avec cela, l’espérance que le passé n’était nul autre qu’illusion. Fruit de l’imaginaire, inspiré par ce que certains nommeraient : « une tête pensante ». Mais au-delà de cela demeurait cette odeur de poudre dans mes narines : celle qui me ramenait bien assez vite dans notre monde dépourvu du moindre sens. Les prémices d’un songe d’ores et déjà réduit au néant. Des rêves balayés d’un revers de la main tel l’on tenterait d’éloigner une guêpe d’un visage. Une brutalité sans égard.

Et, finalement, cette paire de prunelles se posa de nouveau sur cet homme à l’allure singulière, cet étrange personnage. Un lot de questions qui arrivaient, plus pour la forme que par réel intérêt. Parce qu’en soi, je me fichais bien qu’une arme semble perdue dans le coin. Car ce n’était pas là le but que je m’étais fixé. Un heureux hasard, pourrait-on dire. Si tant est qu’il puisse être qualifié d’heureux. A vrai dire, je ne saurais le qualifier. Parce qu’il y avait cette présence étrangère, dans un lieu qui m’était des plus inconnus. Probablement y retournerais-je un jour, d’ailleurs. Qui sait ? Mais cette aversion pour cette espèce n’avait pas perdu un iota depuis ma jeunesse. Depuis cette promesse d’une vie à deux, notamment.

Tiraillée entre l’irrésistible envie d’être taquine, et cette chose tapit au fond de moi m’intimant que je ne devais m’approcher de ceux-ci sous aucun prétexte. Une demande à laquelle je me pliais toujours sagement, bercée par les amers souvenirs de paroles dénuées de la moindre émotion. Monstres au visage humain. Il y avait pourtant eu une exception, une désobéissance : celle d’une image comme gravée au fer rouge sur ma peau. Comment l’oublier ? Faible mouvement de la tête. Toujours était-il qu’il restait des éléments à trouver en ces lieux, peut-être.

« Tu penses qu’elle le sentirait ? » Dubitative. Car si cette partenaire avait été entrainée à percevoir les poussières d’étoiles, elle n’avait pas la moindre expérience dans le domaine des armes.

Lentement, ma tête se pencha alors légèrement sur le côté.

« C’est vrai ça Raut’ea, tu pourrais trouver cet objet ? T’ as senti quelque chose à ce sujet ?»

Comme si elle pouvait me répondre… Pourtant, l’animal savait se faire comprendre, et ne semblait pas le moins du monde perturbé en état. Haussement d’épaule, sans doute c’était-il trompé, cet homme des terres lointaines.

« Elle n’a pas l’air de sentir quoi que ce soit pour le moment, ni pour toi, ni pour moi. » Un soupir « Mais cette chose, cette arme est certainement importante pour qu’ tu viennes depuis l’Inde pour ça, non ? »

Et déjà ce sifflement revenait à mes oreilles, de ce son qui pestait. Cette provenance invisible. Qu’il ne s’y mette pas non plus, celui-là. J’avais déjà le serpent pour ce genre de bruits stridents, et c’était amplement suffisant. Un homme à la langue bifide lui aussi, semblait-il. Ou plutôt était-il dérangé par tout cela. Homme invisible, son inaudible, présence inexistante.


Dernière édition par Eléonore T. Rousseau le Ven 8 Sep - 22:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Mar 11 Juil - 13:38

Cette jungle était vraiment dense, et les effluves de cosmos assez nombreuses. Il devait bien y avoir quelques lieux sacrés dans le coin, et le cosmos ressenti qui pouvait fort bien représenter le Trident de son Empereur pouvait être n'importe où parmi eux.

Aussi, ils devaient explorer cet endroit de fond en comble, et pour l'heure, ils ignoraient qu'ils partaient déjà dans une mauvaise direction. Vu que la route serait longue, autant en profiter pour faire un peu la causette, surtout que cette fille semblait être une jeune éveillée au cosmos, un peu comme Amarok, si ce n'est qu'elle dégageait quand même quelque chose de familier pour l'indien... et il ignorait à quel point.

Éléonore. C'était un nom de quelle origine ça? Français peut-être? Mais dans la mesure où elle n'avait pas précisé, alors que lui avait bien dit venir d'Inde, cela signifiait qu'elle ne souhaitait pas en faire mention.

Ils avançaient donc jusqu'à ce que la forêt paraisse moins dense, le général freina un peu la course

«J'ai l'impression qu'on approche d'un truc...» ils débouchèrent sur une large clairière avec des ruines de ce qui devait être surement un autel pour des prières par le passé. Le jeune homme s'avança pour voir de plus près, Éléonore essaya de voir si son serpent pouvait sentir quoi que ce soit, mais il semblait qu'il n'y avait rien par ici

«Hum... s'il y a eu un cosmos par ici, il a malheureusement disparu.» soupirant, le général vint s'asseoir un peu dans l'herbe. Il aurait pu utiliser davantage de vitesse pour chercher le Trident, mais trop d'éléments contradictoires dans l'air le lui permettaient vraiment.

«Cette arme est importante, oui. Mais elle n'est pas pour moi. Elle appartient à mon supérieur hiérarchique, alors tu comprends bien que ça la fout mal si je ne reviens pas avec...» il ne pouvait pas lui expliquer clairement les détails, pas tant qu'il ne savait pas quel genre d'éveillé elle pouvait être. Elle pouvait très bien être destinée à devenir un Saint d'Athéna, ou pire, un Spectre. Certes, il y avait une chance pour qu'elle soit aussi née pour appartenir à l'armée de Poséidon, et elle dégageait toujours ce petit cosmos familier qui aurait pu le lui laisser croire.

Mais cette fois, ce n'était pas comme quand Poséidon l'avait envoyé vers le jeune amérindien. Non, là, il ignorait à qui il avait affaire. D'ailleurs, il avait parlé de cosmos à voix haute, surement qu'elle n'allait pas savoir de quoi il parlait, ou alors qu'elle allait justement se trahir un peu sur ce qu'elle était.

«Il va bientôt faire nuit. Je crains qu'on ne doive remettre nos recherches à demain. On va essayer de se monter un camps de fortune.» il soupira, en soit, il aurait du continuer encore et encore à chercher, mais il avait un mauvais pressentiment concernant l'idée que le Trident soit ici. Selon lui, s'il avait vraiment été dans les parages, le cosmos aurait été plus puissant. Mais Poséidon l'avait envoyé sur cette île, alors il allait l'explorer en long, en large et en travers.

«Sauf si t'as envie de te balader dans cette jungle au clair de lune! D'ailleurs, on peut aussi attendre qu'il fasse totalement nuit et essayer de repérer la fumée si ton gars fait un feu?» quoi que, les arbres étaient tellement hauts que c'était pas dit qu'ils la voient cette fumée..
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Eléonore T. Rousseau


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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Mar 18 Juil - 0:59

Des billes fixant tantôt l’horizon, tantôt cet homme qui m’accompagnait. Un gars qui n’était assurément pas banal. Car sans doute fallait-il avoir un grain pour venir d’aussi loin, afin se perdre sur cette île dénuée d’âmes. Vierge d’humanité, en apparence tout du moins. Hochement de tête de temps à autre, d’un geste dans le vide. Non pas que je n’écoutais pas, bien au contraire. En réalité, j’étais davantage intéressée par les bruits alentours. A l’affut du moindre son tel un prédateur guettant sa proie, à la seule différence que je mettais toute mon attention dans cette recherche, si bien que le reste semblait passer au second plan.

Certainement était-il préférable de suivre ce Zaveid, qui semblait connaitre la direction à suivre. Mieux que je ne le saurai jamais, en tout cas. Sans doute avait-il cette confiance qui m’était inconnue. Les prémices d’une recherche, d’un travail à faire sur moi-même. Probablement le ferais-je un jour. Seulement, les aiguilles du temps n’étaient pas encore suffisamment clémentes pour me le permettre. Et s’ajoutait à cela ce tiraillement en mon intérieur à la seule pensée des priorités et responsabilités qui m’incombaient. Non pas qu’elles étaient nombreuses, du haut de ces seize petites années. Cependant, celles-ci n’en demeuraient pas moins, et ce malgré la nature différente de ces obligations dont j’obligeais l’existence.

Une bouille se relevant brièvement à l’entente de ces quelques mots, et s’en suivit la déception. Parce que le fait qu’il y ait eu quelqu’un fût un temps, ayant laissé une quelconque trace, n’importait que très peu, dans les faits. Tout simplement car il brillait désormais par son absence. Un mot également, qui retentissait dans mes oreilles. Un sens non compris, celui de ce mot nommé « cosmos ». Et avec cela, une lueur de confusion éclairant succinctement mes prunelles grisâtres, cependant indécelable pour cet autre. Ainsi, un simple « Hum » accueillant ses paroles fût prononcé. Vague, sans pour autant inexistant. Parfaite illusion d’une neutralité sans faille.

Un partenaire bavard, bien plus que pouvait l’être cette présence rassurante suivant mes pas. Insaisissable intonation insonore. Car il se faisait étrangement muet, en ces instants. Si bien que je me demandais s’il n’était pas aphone, à tout hasard. Longues minutes transformées en heures. Une réponse arrivant alors, autant imprécise et vaporeuse qu’une œuvre charbonnée au fusain. Elle s’y dessinait ainsi en des traits grossiers tel un peintre ne voulant dévoilé que l’esquisse de son travail. Extrême prudence. Et en cela, un soupir silencieux s’échappant de mes lèvres rosées.

« ‘Fectivement, ton supérieur risque de n’pas être très joyeux de voir que son fidèle toutou ne lui ramène pas son p'tit jouet destructeur … » Ton lassé, billes éteintes.

Puis des bribes de souvenir, des flashs de ces évènements appartenant à ces temps révolus. Ou plutôt, qui n’avaient de révolu que la dénomination. Parce qu’ils avaient oublié eux : ces responsables dont je maudissais aujourd’hui encore l’existence. Parce qu’ils vivaient probablement leur vie paisiblement désormais, là où je restais figée dans l’effroi de la découverte embrasée, à ressasser ce désir de vengeance, de regrets, toujours plus fort chaque jour.

Tu as échoué, vieil homme. Quand bien même tes efforts eussent été louables en leur temps, je n’ai pas la force de progresser. Une vaine espérance, et me voici m’enlisant toujours dans ces préoccupations d’enfant. Ancrée dans mes croyances, mes amertumes et cette désolation, il n’était que prétention de tourner l’illusion en certitude. Vaste tromperie en laquelle tu m’as fait croire…


Et probablement l’avais-je secrètement espérée également, cette transformation. Mouvement vif de la tête, ce n’était pas le moment de laisser de telles absurdités m’envahir. Parce qu’il y avait cette arme à trouver, dont on refusait de me donner davantage de données. Mais également cet homme aux mèches étincelantes, qui embrassait ma curiosité.

« Hm, désolée... P’t’être pas le moment d’faire de l’humour, hein ? Fin, "humour"... »

Regard détaché vers le ciel, où la luminosité semblait décliner peu à peu. Puis mes bras relevés au-dessus du corps, laissant les doigts se rejoindre pour mieux m’étirer de tout mon long tel le ferait un chat à la suite d’une sieste.

« On dirait bien que la nuit tombe, oui. Autant arrêter là pour le moment et se chercher un coin pour dormir un peu. Ou en tout cas se reposer. » Puis une grimace. « Oui, alors non. Par contre, si on continue j’te préviens : tu passes devant. Pas que j’ai pas confiance, hein. Mais en fait si, un peu ! Puis bon, comme ça tu te prendras ces bestioles démoniaques là, ces trucs à huit pattes toutes poilues… »

Comme pour exprimer davantage mon dégout pour cet animal, quelques doigts partirent en direction du sommet du crâne du reptile qui nous accompagnait. Raut’ea était digne de confiance et ne donnait pas cette sensation de saleté au toucher. Sans doute ne comprenait-il pas, mais quelle importance ? Haussement d’épaule imaginaire, accompagnée d’une mine attendrie à la vue de cette langue bifide échappée de ces fines lèvres animales. Entre mensonge et duplicité… Une double parole dont je n’avais rien à craindre.

« Bon, tu te sens d’attaque pour une p’tite virée nocturne alors, ou tu préfères qu’on reste là à se regarder dans l’blanc des yeux toute la nuit ? Parce que bon, c’est pas que j’n’ai pas sommeil… Mais je préfère ça que d’rester sans rien faire. Puis il n’fait pas particulièrement chaud, alors autant rester en mouvement non ? »

Non, parce que si on pouvait éviter l’option feu, j' préfèrerais.

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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Mar 18 Juil - 11:59

Marcher dans la jungle n'était pas facile, surtout quand on cherchait un truc particulier qui se voulait visiblement bien caché. Le jeune homme eut un sourire amusé face à la remarque de la demoiselle, même si celle-ci s'en excusait.
«T'en fais pas, je ne le prends pas mal. C'est le fait même d'être un soldat, on est forcément des chiens de guerre d'une certaine manière. Mais il faut bien qu'il y en ait après tout!» donc non, cela ne le vexait pas d'être qualifié de "toutou" de Poséidon, après tout, selon les points de vue, c'était bien ce qu'il était, non? Il se devait d'obéir au doigt et à l'œil de son dieu, davantage encore maintenant que celui-ci lui avait accordé une faveur qu'il fallait voir comme un honneur qui ne peut se répéter deux fois dans une vie.

La nuit tombait et il fallait décider d'une éventuelle pause ou poursuivre. Il fallait peut-être songer à se nourrir aussi, mais déjà, il y avait suffisamment de fruits en tous genres dans le coin pour tenir sans problème! La demoiselle semblait trop craintive des araignées pour vouloir rester sur place, cette fois, c'était un peu à lui de se moquer

«C'est sûr qu'il ne faudrait pas que l'une d'entre elles se glisse dans ta bouche dans ton sommeil!» tirant la langue sans la moindre gêne, il se remit donc en route. Ces ruines ne lui apporteraient rien, et vu qu'ils cherchaient aussi ce drôle de bonhomme, ils pouvaient le guetter peut-être plus facilement de nuit s'il lui venait l'envie de faire un feu.

Il passait devant de façon à se prendre toutes les araignées dessus si elles venaient à attaquer en grand nombre! Il savait bien que ce ne serait pas le cas, peu d'araignées s'amusaient à sauter comme ça sur les inconnus, la plupart du temps, elles vous tombent dessus si vous vous prenez sans le faire exprès dans leur toile!

Bref, il se frayait un chemin dans la végétation, lorsque la nuit tomba complètement, la lune éclairait tout de même bien la voie, mais il se tourna vers la petite brunette pour voir si par hasard, elle ne voulait pas manger

«Regarde, on est sous un manguier... et là bas, c'est un cocotier. Ça te dit quelques fruits?» tel un petit singe, il se dirigea d'abord vers le cocotier, grimpant souplement en utilisant ses mains et ses pieds bien sur le tronc, il attrapa quelques fruits pour les faire tomber

«Attention en-dessous!» deux, trois, quatre, ça devait faire l'affaire. Il en profita pour regarder autour de lui s'il voyait une fumée d'un éventuel feu, mais de toute évidence, l'homme qu'elle cherchait prenait soit ses précautions, soit il avait aussi poursuivi sa route sans s'arrêter.

Il redescendit avant de grimper vers l'arbre suivant et récupéra une petite dizaine de mangues. Une fois en bas, il prit d'abord les noix de coco, arrachant la première coque en usant d'une branche d'arbre saillante, il alla fracasser la seconde coque sur son front pour l'ouvrir, produisant un chtoc assez amusant sur le coup!


«Tiens... attention en l'ouvrant, y'a du jus.» il l'ouvrit doucement aussi pour sa part, buvant d'abord le lait avant d'ensuite arracher les morceaux de fruits. Ils reprirent la marche tout en grignotant en chemin

«Bon, slurp alors? Tu sais pourquoi je suis là, mais au final, je ne sais pas pourquoi t'es là. Ton gars semblait être sur le même bateau que toi, donc pourquoi faut le traquer en fait? Tôt ou tard, vous allez y retourner sur votre bateau, non?» et puis, pourquoi elle n'utilisait pas son cosmos pour se déplacer plus vite? Ça aussi, ça le dépassait un peu, mais il n'était pas sure qu'elle soit pleinement éveillée au cosmos, donc il n'osait pas encore poser la question.
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Eléonore T. Rousseau


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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Lun 7 Aoû - 14:00

Billes fixant le ciel qui s’assombrissait de minutes en minutes, jusqu’à finalement revenir vers cet homme qui n’était rien d’autre que l’un de ces chiens de guerre, comme lui-même le disait si bien. Une remarque ainsi faite, s’échappant de mes lèvres presque par automatisme. Parce qu’il n’y avait sans doute rien de pire que ces hommes prêts à tout pour exécuter un ordre. C’était en tout cas-là ma façon de voir les choses, bien que je pouvais tout de même comprendre que les avis divergeaient. Simplement parce qu’il y avait parfois des circonstances atténuantes, cette âme-là prête à sortir son prochain de la misère. Un peu comme ce vieil homme qui m’avait recueilli après l’incendie. Il avait certes échoué, au final, mais la reconnaissance demeurait. Et sans doute celle-ci pouvait prendre diverses formes que je n’osais même pas imaginer.

« Ouais… Faut bien, il parait. Mais bon, c’est pas chiant d’devoir se plier aux volontés d’un autre comme ça ? ça te tracasse pas parfois, que les ordres puissent aller à l’encontre de tes propres principes ? » Souvenir de ces hurlements absents d’une demeure en flamme. Mouais.

Un regard brièvement ombré qui ne semblait plus percevoir quoi que ce soit aux alentours. Perdue dans mes pensées, ma mémoire, jusqu’à ce que cette voix d’élève de nouveau. Un air bien assez vite remplacé par ce faux air de dégout, lorsque la possibilité d’une araignée dans la bouche fût abordée. Fausse : pas tant que ça. Parce que j’y croyais vraiment, moi, à ces conneries.

« Parle pas d’malheur… Et t’amuses surtout pas à m’faire ce genre de blague si tu veux pas finir sans possibilité d’procréer jusqu’à la fin d’tes jours ».

Des paroles prononcées davantage pour la forme, me rendant compte que l’homme avait pris les devants de la marche, afin qu’aucun animal étrangement écœurant ne me tombe dessus. Un fin sourire se dessina alors sur mes lèvres, à cette discrète attention. Tiens, il n’était peut-être pas si baratineur celui-là. Ou alors était-ce l’exact opposé. Puis finalement, ses pas s’arrêtant après plusieurs minutes à parcourir la dense végétation de l’île. Mon attention toujours dirigée vers ce partenaire de quelques heures, je cessai également tout mouvement, l’observant avec une pointe d’interrogation dans le regard. Ah oui, c’est vrai qu’il y avait des fruits, effectivement. Ma foi, pourquoi pas.

« Pourquoi pas, ça fait un moment qu’j’ai rien avalé. Et j’suppose que toi aussi non ? Par contre, comme j’suis plus- »

Même pas le temps de terminer ma phrase, à mettre en avant le fait que j’étais certainement plus à même d’attraper ces quelques morceaux de nourriture grâce à ma taille et mon poids, que Zaveid était d’ores et déjà en train de grimper le long du tronc.

« Un vrai p’tit singe ...» Un simple murmure, envolé.

Le temps de me décaler, et quelque unes des trouvailles tombèrent lourdement sur le sol. Un étirement des lippes, amusée d’assister à une telle scène. Ce n’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais, en venant dans le coin. Mais pourquoi pas, c’était amusant, en un sens. Bien que la solitude et la tranquillité avait également des bons côtés. Des côtés qui me manquaient d’ailleurs, parfois. Un singe finalement redescendu, lui apportant l’un des trésors de ce lieu, prenant garde à me prévenir du jus qui pourrait s’écouler lorsque je l’ouvrirai.

Hochement de tête, affirmatif. Il faut dire que je n’avais pas grand-chose à ajouter à cela, si ce n’est que mes mains s’approchèrent de cette même branche utilisée plus tôt par l’autre, afin de tenter de reproduire le mouvement sans succès. Un soupir s’échappa alors de mes lèvres, avant qu’une seconde tentative ne vienne, stoppée dans son élan par ces questions finalement posées.

« Comme j’te disais, je cherche quelque chose qui n’a pas de forme réelle. En tout cas, j’pense pas que ça en ait une. Ce gars, c’est pas vraiment lui que je cherche à vrai dire. Sinon, j’aurai aisément pu le choper directement sur le bateau, entre quatre yeux » Subtile référence au serpent docilement reposé autour de son cou. « C’est juste que, quand il est descendu, il y a eu ce p’tit truc qui a attiré mon attention. Comment dire… Y’avait des poussières d’étoiles autour de lui… Un peu comme dans l’lac de mon enfance. Alors j’ai cru qu’il pourrait m’aider à trouver ce que je cherche. Mais ce n’est pas lui que je cherche, en soi. C’est un truc qui n’a pas de présence physique. J’sais pas comment expliquer ça clairement… » Ou alors, j’ai juste pas envie d’entrer dans le détail pour un inconnu d’un jour. « Bref, pour te répondre : j’ai la sensation que j' le recroiserais pas sur le prochain bateau. C’pour ça que j’lui court après. »

Un sourire en coin, bref, mais aussi doté d’une certaine amertume, à la pensée de cette étendue d’une époque innocente, désormais tâchée de rouge. Puis un énième soupire, tandis que je tentais une nouvelle fois d’ouvrir la coque.

« Chacun sa misère, quoi. » Silence. « Bon tu t’ouvres oui ou merde ?! » Un arrêt sur image, à la vision de cette bestiole à pattes installée sur la noix de coco. « AAAAAAAAAAAH. RETIRE CE TRUC, VITE. VITE. VITE RAUT’EA BOUFFE LA ! »

Quelques pas en arrière, et le fruit d’ores et déjà trônant sur la terre. Saloperie d’araignée.

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Zaveid


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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Mar 8 Aoû - 14:27

Ah ben ça, c'est vrai que servir un dieu avait toujours ses risques. On ne pouvait pas toujours être d'accord sur tout au final, malgré tout, ainsi allait la vie?
«Quand tu es marin, tu dois obéir à ton capitaine. Quand tu travailles quelque part, tu dois obéir à ton patron, que tu sois d'accord ou pas. Et même si tu es ton propre patron, qu'est-ce qui te dit que tes choix sont justes? Que tu fais ce qu'il faut?» il sourit doucement, de cet air assez innocent et sincère qui le caractérisait. Zaveid était de ceux qui savaient bien que la vie ne pouvait pas être toute noire ou toute blanche. On devait faire des erreurs et savoir les assumer. C'était ce qu'il faisait encore aujourd'hui, faire de son mieux pour rattraper ses erreurs passées et être digne du pardon de son Empereur.

«L'important, c'est de faire de son mieux pour consigner les ordres et ses principes. Mais je crois aussi que l'on est destinés à suivre ceux qui s'accordent à nos principes. Je suis né sous une certaine étoile, je crois au destin et à ce qu'il signifie. Aussi, je crois que celui que je sers ira toujours dans le sens même de mes principes aussi, et si ça doit parfois différer, il y aura surement une raison et je devrai alors voir par moi-même si mes convictions sont plus importantes que mes actes.» c'est comme le fait de manger de la viande ou non. Ses propres convictions étaient assez strictes dans ce domaine, il ne pouvait pas manger n'importe quoi. Malgré tout, il savait s'adapter, manger une créature qu'il n'avait pas lui-même tuée impliquait qu'il ne la prépare pas du tout, en revanche, accepter un repas préparé par un autre n'allait pas à l'encontre de ses croyances. La vie était parfois faite de subtilités.

Il faisait désormais presque nuit, et autant manger un peu! Le jeune homme montra son agilité en allant cueillir quelques fruits, souriant lorsqu'elle le compara à un singe dans un léger murmure. Il n'en était pas vexé, loin de là! Les singes étaient après tout des créatures intelligentes, agiles et plus fascinantes qu'on ne le pensait!

Alors qu'elle essayait d'ouvrir sa noix de coco, il écoutait son histoire, ou plutôt ce qu'elle recherchait. Il s'arrêta une seconde pour essayer de comprendre, il s'apprêtait à l'aider un peu lorsqu'elle devint totalement hystérique face à une nouvelle agression de pattes velues!

«Décidément, tu ne les aimes vraiment pas!» autant il ne souhaitait pas la tuer, c'était une créature comme une autre qui méritait donc de vivre. Mais il pouvait laisser le serpent la manger s'il en était capable puisque cela faisait partie du cycle de la vie. Il attendit d'abord de voir si le reptile obéissait aux ordres, et force était de constater qu'effectivement, Rau'tea fut rapide comme l'éclair pour se jeter sur la bestiole! Manquant d'engloutir la noix de coco au passage d'ailleurs, mais Zaveid la récupéra avec un sourire

«Je vais te l'ouvrir, va... désolé, j'ignore où l'on pourrait s'installer pour qu'elles soient moins nombreuses, nous sommes dans leur domaine après tout!» il brisa d'un geste rapide la noix de coco en prenant soin de conserver le jus à l'intérieur pour qu'elle puisse le boire avant de manger, puis il lui tendit donc les deux moitiés tels des bols blancs nacré

«T'en fais pas, je ne me moque pas de toi... on a tous nos phobies, même moi!» pour ça d'ailleurs qu'il se rebutait encore à allumer un feu.

Il attendit qu'elle se calme un peu, assis dans l'herbe en tailleurs - lui n'avait pas peur d'être à même le sol, peu importe que des bestioles lui grimpent sur les jambes ou dans les cheveux - tout en grignotant des morceaux de coco... une fois qu'elle arrêta de regarder partout à la recherche de la moindre araignée survivante, il reprit d'un ton calme

«Tu as parlé de poussière d'étoile, toute à l'heure. En gros... tu crois que ce type est un éveillé, c'est ça?» peut-être qu'il pourrait lui faire gagner un peu de temps. Certes, il ignorait toujours qui elle était, sous quelle étoile elle était née, mais il était évident que ses connaissances dans le domaine ne faisaient pas d'elle une menace. Peu importait le cosmos dont elle disposait, même si elle était destinée à être plus puissante que lui un jour, ce n'était, actuellement, pas une ennemie, et sans armure de protection, elle ne pourrait rien face à lui.

Aussi, il intensifia son propre cosmos, une aura dorée l'entourait, le halo de soleil qui se trouvait naturellement sur son écaille dans son dos apparaissait légèrement comme un anneau d'or pur

«C'est ça que tu cherches?» au moins, si jamais un jour elle venait à rejoindre un camps ennemi, elle pourrait se souvenir de lui, ça pourrait toujours être utile, qui sait?
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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Mar 22 Aoû - 11:03

Et ce n’était pas faux. En soi, on avait tous des obligations provenant de quelque part : Croyance, travail, pression familiale. Et c’était précisément ce dernier point qui m’était le plus familier de tous. Parce que je n’avais pas vraiment connu l’impulsion de l’emploi, les revenus des parents étant largement satisfaisant durant l’enfance, ni même la croyance. Car mon esprit ne s’était jamais arrêté aux attentes d’un quelconque groupe religieux ou bien social : il n’y avait que mes propres convictions qui guidaient mes pas. Ne restait que l’influence de la souche privée, celle qui nous couvre d’âneries durant le jeune âge, qui nous inculque ces fausses valeurs. Longtemps ignorées, force était de constater que tout ce qui nous était appris n’était qu’infâmes mensonges. Le temps faisait son œuvre, se glissant patiemment sous les draps dans l’attente du réveil. Réveil parfois oublié, restant dans l’ignorance folle de l’enfance. Plus facile, plus gérable. La fuite des responsabilités, en somme. Et pourtant, il y avait une différence, entre obéir à quelqu’un et à soi-même. Une nuance qui prenait justement place là.

« Certes. Cependant, la différence réside dans le fait qu’en étant nos propres patrons, nous faisons les choix qui nous semblent juste sur l’instant, non ? J’veux dire… Quand t’es sous les ordres de quelqu’un, tu ne peux qu’obéir, quand bien même tu es en désaccord avec une façon de faire, ou que le choix ne te parait pas le meilleur. Parce que cette personne est au-dessus de toi. Ou parce que tu lui es redevable, et autres variantes. Mais si tu fais tes propres choix, tu n’assumes non pas les responsabilités d’un autre, mais bel et bien les tiennes. Tes choix, tes actes. » Un soupir. « J’me sens plus propre sur moi comme ça, en tout cas. »

Expression pour dire que je préférais largement faire mes propres choix, mes propres erreurs, et les assumer en parfaite connaissance de cause plutôt que d’agir pour quelqu’un, et assumer à sa place les possibles répercussions. Bien sûr, il y aura toujours cette envie du déni au départ : C’est humain et, quoi que j’en dise, je n’en restais pas moins de cette espèce-là, moi aussi. Et ce quand bien même l’impression était à la différence depuis quelques années déjà.

« J’vois ce que tu veux dire, blondi. »

Bondi, pour blondinet. Quelques mots, tandis qu’il ne restait que cet air pensif sur mes traits. Le destin, hein… Au final, qu’est-ce que c’était vraiment, ce truc que tout le monde appelait « destin » ? Parce qu’il y avait sans aucun doute de nombreuses définitions, et que chacun prenait celle qui lui correspondait le mieux. Ou qui l’arrangeait le plus. Quelque chose de très utilisé dans la croyance, semblait-il. Une chose qui m’était bien incompréhensible. Parce que ça renvoyait à cette notion absurde de fidélité, et en revenait toujours à cette question de « pour l’autre ».

Une noix de coco qui ne s’ouvrait pas, tandis que le sujet avait changé pour se porter davantage sur les raisons de ma venue dans ces terres lointaines. Lointaines et solitaires. Parce que je cherchais également quelque chose, quand bien même les traits n’étaient pas encore clairement définis. Quelque chose d’immatériel, certainement. Car l’objet de mes désirs étaient bien différent de tout ce que les hommes cherchaient en ce monde. Gloire, richesse, puissance. En état, je n’avais que faire de tout cela, excepté la puissance qui mènerait à une vengeance prochaine. Mais là encore, ce n’était en aucun cas certain. Non, au-delà de tout, ce que je cherchais se trouvait dans l’oubli. Mémoire vacillante, qui m’arrangerait certainement afin de plonger ces heures noires de l’existence dans le néant le plus complet.

Puis il y eut cette araignée sortant de sa cachette, me faisant allégrement sursauter jusqu’à en hurler des semblant d’ordres à cette partenaire de Raut’ea. Oui, bouffe là. Vite. Vite. Vite. Vite. Quelques mots criés, et déjà cet animal compréhensif partait à la recherche de sa proie, parcourant le sol jusqu’à s’empiffrer de la bestiole à éradiquer. Manger ou être manger. Ici, le serpent était le prédateur. Et moi dans tout ça, je continuais d’observer au loin, toute tremblante. Une enfant devant sa crainte. C’était très exactement ça : un retour à l’enfance. Brutal, d’ailleurs.

Une main finalement tenue, tenant la noix de coco qui venait d’être récupérée puis ouverte sous ses yeux. Parce qu’il avait pitié de la petite gamine, vraisemblablement. Et que c’était énervant, ce genre d’attitude. Le comportement type que je haïssais au plus haut point, qu’importe que l’intention eût été bonne. Certainement l’était-elle. Mais cela n’avait pas la moindre importance. La pitié… Qui aurait envie de faire pitié, franchement ? Qui aurait envie de paraitre telle une petite chose fragile prête à se briser au moindre coup ? Qui ?

« Pas vraiment, non. Mais bon, maintenant Raut’ea peut les avaler alors j’relativise on va dire. Et merci pour la noix, faut dire que j’suis pas bien costaud, un peu comme un gosse hein ?»

Un sale gosse, même. Et le ton avec lequel ces mots étaient sortis de ma bouche en disait bien assez sur cette sensation désagréable d’être prise pour ce que je n’étais pas. Un avis divergeant, probablement. Mais cela restait une chose non supportable. Point final.

« Y’en a partout dans c’trou paumé : on est en forêt après tout. Pas l’choix, on va rester là. Tant pis. Puis si une d’elles tente de s’approcher trop près : Raut’ea fera son boulot » Une pause. « Ah ouais ? Et c’est quoi toi alors, ta phobie ? »

Des jambes qui s’en allèrent rejoindre l’homme dans l’herbe, prenant la même position dans son origine, bien que déformée par cette habitude prise ces dernières années. Merci vieux gars du Sanctuaire. Merci pour tes habitudes moisies. Vraiment. Des mains qui prirent alors possession des pieds, et ce balancement de mon corps doucement, comme le ferait une mère berçant l’enfant. Enfin, j’imagine. Bien que cela n'avait pour but que d'occuper mes mains, une fois la noix dégustée.

« Que c’est un quoi ? » Haussement d’épaule, naïvement. « Ah, non. J’te dirai rien. Les poussières d’étoiles m’ont défendu d’en parler plus sérieusement. Mais en gros, c’est juste des poussières qui flottent au-dessus d’certains endroits. Rien d’plus ».

Mine faussement boudeuse, dans cette plaisanterie qui n'en était pas réellement une. Ce n’était pas tant l’envie de cacher quoi que ce soit que celui de ne réellement voir cela que de cette manière. Ça, et ce que les poussières d’étoiles avaient bien voulu me dire, aussi. Puis il y avait les indications d’Emilien, qui se faisait plutôt discret depuis un moment. Etait-il encore présent ? Haussement d’épaule. Tant pis. Des billes fixant alors Zaveid qui commençait à briller. Des billes reflétant l’émerveillement, sans pour autant connaitre la source de cette lumière qui s’offrait à ma vue.

« Ce que je cherche n’a rien d’étrange, non. Rien de lumineux. Rien de tout ça. Bien au contraire… Mais comme ce gars a attiré mon attention, j’me disais qu’il pourrait peut-être trouver une solution, lui, là où les autres avaient fait chou-blanc. »

Les autres, Athéna et les Saints. Parce qu’ils ne m’avaient rien apporté de ce que j’espérais secrètement. L’oubli. La vengeance. Faire passer cette amertume présente sur les papilles. Des choses contradictoires, en somme. Mais ça m’allait plutôt bien, la contradiction. Parce que c’était l’essence même de ma nature. Un être entre deux mondes, tendre paradoxe.

« Au fait, tu parlais de Destin tout à l’heure… » Une hésitation, un instant. « T’y crois vraiment à ces trucs-là ? Tu penses vraiment que l’homme est prédestiné à accomplir une tâche d’ores et déjà inscrite dans la pierre de l’avenir, et que c’est son unique but ? Je veux dire, ça reviendrait à dire qu’on a pas d’existence propre, non ? Enfin… Comment dire… » Une réflexion. « Raaah, c’est compliqué d’expliquer ça. Bref, t’as compris hein j’te fais pas un dessin ! »

Parce qu’au final, ça me travaillait pas mal cette histoire de « Déjà prévu », cette notion de « Destin », cette perte de « Libre arbitre ». Tant de notions toutes plus larges les unes que les autres. Mais j’attendais des réponses, les espéraient. Parce que j’aimerai bien que l’on m’explique le but qui pouvait bien ce cacher derrière cette tourmente passée. Ça, et d’autres choses aussi. Mais j’imagine que j’ai encore le temps de voir tout cela. Pour le moment, ne restait qu’à écouter. Écouter et patienter, quelques doigts cherchant à tâtons le contact avec l’être à la langue bifide.
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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Ven 25 Aoû - 15:12

Sa phobie hein? Était-ce une bonne idée que de donner des armes à un éventuel ennemi? Après tout, il ne savait pas qui elle était réellement et dans quel camps elle risquait de se retrouver. Malgré tout, il se contenta de lever les mains pour lui montrer ses paumes

«Je te donne un indice!» il eut un rire un peu jaune avant de continuer à manger quelques fruits. Un certain silence s'installait jusqu'à ce qu'ils reprennent la conversation à propos de ce type et de ce qu'il impliquait. Pourquoi diable lui courait-elle après? Qu'avait-il de spécial? Elle parla finalement de poussière d'étoile, et sur le coup, il pensa qu'elle parlait du cosmos, aussi il se risqua à le montrer, mais de toute évidence, ce n'était pas ça non plus. Il calma donc son énergie avant de continuer à manger tout en l'écoutant tranquillement s'expliquer qu'à moitié. De toute façon, ça ne le regardait pas au final et il se contenta simplement d'écouter si elle avait quelque chose à dire.

Le silence était revenu, finalement brisé par une question existentielle pour chacun des êtres vivants sur cette planète

«Malheureusement, si j'espère qu'on a toujours la possibilité de forcer son destin, j'ai désormais la preuve que certains Dieux existent bel et bien. Des dieux dont la puissance dépasse totalement tout ce que tu peux imaginer, cela va bien au-delà de notre propre conception de la vie.» il soupira un temps et jeta l'écorce de noix de coco plus loin d'un air blasé «Et cela concerne aussi le Dieu de la Mort et des Enfers, Hadès. Et si lui existe vraiment, les Moires qui tissent le fil du destin des mortels sont également bien réelles...»

Il brisa une autre noix de coco pour pouvoir en boire le jus, il avait davantage soif que faim désormais «Mais bon, est-ce que notre destin peut vraiment être résumé à un simple fil? Ce n'est pas dit. Je pense que si Hadès avait eu le pouvoir de contrôler l'ensemble de nos destins, nous serions tous sous son emprise depuis longtemps. On doit donc quand même avoir notre mot à dire dans l'histoire. Le tout est d'être assez fort pour ça.»

Il leva les yeux au ciel, la nuit était bien installée désormais et les étoiles brillaient intensément
«Si tu veux dormir un peu, je peux prendre le premier quart.» ou alors elle voudrait peut-être se remettre en route? Quelques jours sans sommeil, il s'en remettrait.
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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Dim 3 Sep - 9:49

Plus le temps effectuait sa progression journalière, plus les questions fusaient d’un côté comme de l’autre. Non pas que cela était réellement dérangeant en soi, mais peut-être que cela l’était, au final. Parce que ma connaissance de cet homme était plus que limité. Un presque inconnu, et déjà cherchait-il à connaitre cet aspect personnel de ma vie. Furtivement, mes billes roulèrent d’un coin et d’autre de mon corps, à la recherche de cette présence rassurante qui ne se manifestait plus depuis quelques heures déjà. Étrange silence psychique. Quelque part, cela m’angoissait sans doute un peu, de ne plus l’entendre, de ne plus le percevoir par le biais de cette voix aux moult souvenirs. Et si ce don des poussières d’étoile avait disparu ? Non, impossible. Un « non » pas tant formel qu’il ne devrait l’être, pas tant assuré. Parce qu’au fond, je ne savais absolument pas le pourquoi du comment, la raison qui était à l’origine de cette mystérieuse capacité. Puis les poussières avaient été claires, à l’époque : « Garde le silence. » Une parole que je parvenais tant bien que mal à tenir, d’ailleurs.

Incompréhension momentanée lorsque mon partenaire de route dévoila les paumes de ses mains, offrant à ma vue les traces de ce qui semblait être des brûlures. Sans doute étaient-elles anciennes, au vu de la cicatrisation. Cependant, j’étais loin d’être un as de la médecine, quand bien même la compétence attirait de plus en plus mon intention. Un champ assurément large, que la connaissance des plantes et autres médicaments. Une utilisation imprécise, pour des fins toutes aussi immenses. Et bien plus encore : nul ne serait en mesure de m’empêcher à quoi que ce soit.

« Ah ouais, violent ! » Siffla-t-elle alors, comme si de rien n’était. « Et t’as fait ce carnage comment au juste ? J’imagine qu’on a pas ce genre d’brûlure à cet endroit-là facilement. Sauf si t’as foutu les mains dans un foyer d’feu comme un gland »

Et quel intérêt pouvait-il bien y avoir à mettre soi-même ses mimines dans les flammes, en connaissance de cause ? Haussement d’épaule. Qu’importe, chacun était libre de faire ce qu’il voulait. Après tout, j’étais la première à ne pas accepter que l’on intervienne dans mes affaires. Alors pourquoi agirais-je comme cela avec quelqu’un d’autre ? Aucune raison. Pas même cette indiscrétion persistante à vouloir savoir ce qu’était les poussières d’étoile, à tenter de les relier stupidement à ce qualificatif « d’éveillé ». De toute manière, c’était quoi un éveillé, d’abord ? Rien à faire, il avait beau montrer ses capacités, cette lueur naissant autour de lui, je ne croyais pas en cette version. D’une part parce que ce n’était pas ce qu’elles m’avaient enseignées. D’autre part parce qu’elles m’avaient défendues d’en dire plus. Et si je n’avais rien dit à mon frère quelques années auparavant, ce n’était pas pour en parler à un inconnu autour d’une noix de coco.

« Qu’est c’que tu racontes là ? Les Dieux, c'est juste un truc pour foutre de l’espoir aux gens, pour dire ‘EH TU VOIS Y A QUELQU UN QUI T AIDE, QUI VEILLE SUR TOI’. Mais j’vais te dire, c’est que des conneries tout ça. Y’a personne pour veiller sur toi. Y’a pas d’justice. Y’a rien. En vérité, t’es juste tout seul, et tu dois t’démerder par tes propres moyens, à essayer de trouver une raison tant à ton existence qu’à c’qui arrive dans ta vie. »

Un ton originellement sur le ton de la taquinerie, allant même jusqu’à rire lorsque cette première phrase fût prononcée. Hélas, celui-ci changea d’une rapidité déconcertante, lorsque la suite arriva. Non, je refusais de croire à ces conneries d’être supérieur guidant les autres. Parce que personne ne pouvait trouver une logique à la disparition de Théodore. Personne n’avait le droit de le bafouer de la sorte. Personne ne pouvait oser affirmer que son âme était soi-disant aux Enfers, alors qu’elle-même pouvait encore l’entendre. Personne ne pouvait offenser sa mémoire. Personne. Tout cela n’était qu’ineptie. Rien d’autre.

« Je ne crois pas à ces choses-là » Finissais-je par affirmer, d’une voix plus basse. Plus calme, aussi. Fermes paroles.

Des paroles et un agacement m’ayant pour le moins réveillée presque totalement. Lentement, mes billes suivirent les siennes afin d’observer cette chose qui sommeillait au-dessus de nos têtes. A ciel découvert, voilà une façon bien originale de passer la nuit. Au final, sans doute n’était-ce pas si mal ; cela me permettrait de me calmer.

« Pas besoin, j'suis plus une gamine. Si t’as besoin d’dormir, je prends l’premier quart. Même le deuxième, c’pas un souci. Sinon, on continue. C’est toi qui vois ».

Précisément. Malgré les apparences, je n’étais pas une enfant au sommeil fréquent. Non pas que je ne souhaitais pas dormir, ni même que mon corps et mon esprit ne s’épuisaient pas. Néanmoins, à chaque fois que mes yeux se fermaient, je prenais le risque de revivre cette scène, comme un serpent se mordrait la queue. Cycle vicieux. Ainsi, mes jambes relevèrent mon buste puis commencèrent à marcher pour s’éloigner de quelques mètres.

D’ailleurs, en parlant de serpent, où était donc passé Raut’ea ?


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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Mar 5 Sep - 10:49

Spoiler:
 

Ah ça.. ses mains.. d'autant que la gamine avait vu juste et Zaveid grimaça alors qu'elle mentionnait avoir mis ses mains dans un foyer
«Presque... je suis tombé sur de la lave...» et s'il n'avait pas eu son écaille à ce moment là, les conséquences auraient surement été pires, et puis il s'était plutôt bien réceptionné pour que seules ses mains n'aient été brûlées.

Bref, on voyait bien qu'il n'était pas super chaud pour en parler, et préférait donc parler d'autre chose. Évidemment, ce n'était jamais chose aisée que de parler des dieux avec quelqu'un qui refusait d'y croire, mais quand on les avait rencontrés, c'était autre chose. Poséidon dégageait une telle prestance, une telle puissance, on ne pouvait que le respecter, du moins aux yeux du Général. Certes, un dieu pouvait aussi avoir ses défauts, prendre de mauvaises décisions, mais qui était-il pour le juger hein? Parfois, il vaut mieux ne pas s'arrêter au bout de son nez.

Concernant les moires, c'était un peu pareil. Au final, Zaveid n'avait aucune preuve qu'elles existaient, il savait juste pour Hadès, et ses satanés spectres, mais rien de plus. Il préférait donc ne rien ajouter, et laisser Éléonore découvrir tout ça par elle-même. La jeune femme était clairement une éveillée, tôt ou tard, elle allait s'en rendre compte et allait devoir l'accepter


«Chacun est libre de sa foi.»

Ce furent ses derniers mots.

Ils finirent de manger, et Zaveid proposa de se reposer un peu, mais au vu de l'enthousiasme de la jeune femme, il soupira et se leva

«Si tu n'es pas fatiguée, alors avançons. Autant en profiter, on rattrapera peut-être ton gars plus vite.» ils se remirent donc en route, il n'avait pas remarqué que le serpent s'était fait la malle, mais de toute manière, il finirait bien par les rattraper.

Ils se remirent en route et maintenant que Zaveid savait ce qu'il pistait, il se concentra davantage sur l'effluve de cosmos que lui-même cherchait. Ils déboulèrent finalement sur un lac, et le gars qu'Éléonore cherchait en sortait justement... de toute évidence, il n'avait rien trouvé non plus. Zaveid de son côté plongea dans l'eau pour ressortir avec une sorte de pierre précieuse emplie de cosmos


«Et merde...» il garda tout de même le caillou, au cas où, jusqu'à ce que la voix de son Seigneur et Maître se fasse entendre dans sa tête. Il ramena sa main sur son front, écoutant attentivement les paroles du Dieu des Mers avant de se tourner vers la demoiselle

«Je suis désolé, je vais devoir filer. Je dois me rendre au Canada. Tu devrais te mettre à courir vite pour rattraper ton gars avant qu'il ne disparaisse!» de son côté, il sortit souplement de son point d'eau et se rapprocha pour la toiser d'une certaine hauteur «notre collaboration aura été courte... j'espère que tu trouveras ce que tu cherches. On se reverra peut être!»

Petit clin d'œil charmeur, puis il fila vers la plage à toute vitesse avant de plonger avec souplesse et disparaître comme ça, dans l'eau. Pour sûr que ce n'était pas banal, mais c'était pas comme si le Canada était la porte à côté non plus!
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [Automne 1755 - Terminé] Un grain de sable dans le vent BIS. [Zaveid - Nouvelle-Zélande]   Ven 8 Sep - 22:11

Tomber sur de la lave. La scène se déroulant dans mon esprit était d’une telle absurdité que je ne savais pas s’il fallait en rire ou si, au contraire, cette maigre histoire était sérieuse. Un doute non perceptible, ceci-dit. Une apparence davantage pensive, sur l’instant. Toujours était-il que, si tel était effectivement le cas, ce gars ne devait pas être des plus malins pour tomber sur de la lave. Ne serait-ce que pour s’en approcher. Étrange. Et plus j’y pensais, plus cela perdait en logique, en explication. Pourtant, il ne semblait pas mentir, en apparence.

Dans tous les cas, Zaveid n’avait pas l’air très motivé à l’idée d’aborder le sujet plus en profondeur. Ainsi, j’estimais qu’il était préférable de ne pas insister. Parce que j’avais beau mettre régulièrement les pieds dans le plat, certainement ma réaction aurait été identique si cet homme avait insisté sur les raisons de mes recherches concernant cette chose immatérielle. Un retour en arrière, une mémoire brûlante de vengeance. Une vengeance fumée au petit bois.

Il y eut également cette parole concernant les Dieux. Énervants mots. Agaçant parce que, quand bien même j’étais forcée de croire en l’existence de certains d’entre eux, liée à mon bref passage au Sanctuaire d’Athéna, ma croyance n’allait tout simplement pas en ce sens. Les Dieux, c’était de la poudre aux yeux. Mais au final, que faisaient-ils vraiment ? Y avait-il un dieu qui observait, le soir de la disparition de Théodore ? Y avait-il la moindre justice là-dedans? Moi, j’y croyais pas. Et si l’on voulait que je change, il faudrait commencer par m’expliquer pourquoi. Pourquoi un être supérieur cherchant à abattre le fer de la justice sur Terre irait laisser dépérir ce frère si gentil. Parce qu’il était un peu con sur les bords, parfois, Théo. Con et agaçant. Mais il n’aurait jamais fait le moindre mal à qui que ce soit. Juste une illusion, pour mieux se rassurer dans la déchéance : voilà ce qu’était “un dieu”. Mais, comme il le disait si bien, cet inconnu : Chacun était libre de sa foi. Lui, moi. Tous. Cependant, j’aurais aimé qu’il m’explique en quoi j’étais dans l’erreur, au lieu de s’enfermer dans cette simple phrase, rompant ainsi le contact précédemment instauré. Fragile contact, un peu comme moi. Forte de l’extérieur, faible à l’intérieur. Force était de constater que mon caractère prenait parfois le dessus sur la réalité.

«Fectivement’. Plus vite on avance, plus vite on l’trouve. Plus vite on l’trouve, plus vite on r’prend nos occupations d’origine, toi et moi ».

Un ton plus détaché s’échappa de mes lèvres désormais sèches. La sensation que quelque chose manquait, dans cette scène. Puis, un poing frappant le creu de la main. Mais oui, bien sûr!

«Raut’ea, on bouge. T’as trois minutes pour rappliquer avant qu’j’te laisse ici ».

Assurément que cette petite peau lisse allait rapidement détaler, ondulant dans les herbes à toute vitesse. Parce qu’elle n’aimait guère la solitude. Et sans doute me ressemblait-elle en ce sens; ne dévoilant rien de son mal, mimant un désir de tranquillité, souffrant en silence, hurlant une rage sans pour autant que les sons ne sortent. Mes pas reprirent alors, une fois l’animal parvenu jusqu’à moi. Une longue marche, si bien que les jambes tremblaient parfois, ne sachant quand elles pourraient stopper leur avancée. Une route qui s’effectuait à tâtons. J’en ai marre bordel. Finalement, un horizon attirant l’attention. Au loin, il y avait cet autre bout de plage qui nous tendait les bras. Mais avant d’atteindre ce point où se fixaient mes yeux pour une raison qui demeurait inconnue, il y avait cette broussaille à dégager du chemin. Celle qui griffait la peau, l’écorchant parfois. Mais qu’importe. Là-bas. C’était là-bas que je devais me rendre. C’était comme si cet emplacement m’appelait. Sensation que je compris alors, lorsque l’homme aux mèches de soleil apparut dans le champ de vision, après ce bruit attirant mon attention un peu plus encore que les différentes couleurs de bleus qui jouaient dans l’océan.

Un arrêt brusque. Il était enfin là. Bouche entrouverte, mais aucun mot de parvenait à passer la barrière de ma gorge. Impressionnée, étonnée, mais également choquée. Un mélange d’impression que je ne saurais décrire correctement quand bien même j’essaierais. Futile tentative d’un silence qui demeurait malgré moi. Des mots qui résonnaient, et déjà ces jambes qui s’éloignaient à nouveau. Un pied en avant, espérant le suivre. Mais bien vite arrêté dans son élan par le son que venait de faire Zaveid, qui venait de plonger dans l’eau. Hésitation, un instant. Un esprit divisé. Devais-je le suivre tout de suite, ou aller voir la trouvaille de ce gars ?

« Chier’ » Murmuré.

Si l’homme s’était arrêté là, c’était pour une raison n’est-ce pas ? Peut-être était-ce la raison pour laquelle je sentais qu’il fallait le suivre. Tout se regroupait, cette impression, et les mots prononcés lors de notre première rencontre. Regrets qui arriveront peut-être plus tard, ou jamais. Et, dans les mains de ce partenaire de quelques courtes heures, se trouvait un caillou. Paire d’yeux écarquillée, remarquant cette poussière. Faible, mais bien là.

« Dis, j’peux l'prendre… ce caillou ? ».

Un murmure inaudible. Si bien que je ne pus rien ajouter d’autre en voyant qu’il l’emportait avec lui. Tant pis, ce n’était pas pour moi. Probablement était-ce ce qu’il cherchait sur cette île sauvage. Gentille petite fille, dans le fond. Sage aussi, comme à l’époque de mes parents. Finalement, je n’avais peut-être pas tant changé que cela. Pas autant que je l’espérais, en tout cas. Ou alors était-ce le malaise de cette présence.

« Oui, je vais faire ça. Plus mes pas avancent, plus j’ai l’impression que mes recherches ne vont pas dans le bon sens, que je ne cherche pas de la bonne manière. Une chose sans matière, c’est peut-être ça… » Se reprenant. « Tu as l’air d’avoir trouvé ce que tu cherchais. Ça en fait au moins un sur deux de comblé ! »

Et déjà il s’en allait, plongeant de nouveau dans l’océan. Vraiment un drôle d’animal, cet homme. Une incompréhension qui me prenait également. Comptait-il réellement aller jusqu’au Canada à la nage ? C’était surhumain, de penser voyager d’une telle manière. Mes épaules montèrent alors brièvement, sans doute avait-il un bateau qui l’attendait, quelque part, plus loin. Non pas que j’y croyais foncièrement, mais il fallait bien penser quelque chose.

« Bonne chance pour le Canada ».

Signe de la main, qui ne sera sans doute jamais perçu. Chacun son chemin. Lui partait vers d’autres contrées et moi, je me devais de retrouver cet inconnu de Soleil. Parce que j’avais encore des choses à vérifier, ici. Soupir, tandis que ma main partait maintenir ma tête un instant. Fichu soleil.

« Bon, si ma mémoire est bonne, il est parti par là… En route, Raute’a »

Quelques mots, avant que mes pas ne s’enfoncent de nouveau dans cette dense forêt, mon fidèle camarade longeant ce bâton de chair. Faibles regrets à l’avoir laissé partir, quelques temps auparavant. Certainement aurais-je dû le rattraper lorsque j’en avais l’occasion. Mais, il est probablement encore sur cette île, n’est-ce pas ?

Oui, il le fallait.

Suite : Par ici.

RP Terminé.
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